Espagne

Madrid accueille la marche mondiale LGBT

La grande marche de la WorldPride, la plus importante du monde pour les droits des personnes homosexuelles, bi et trans, s'est élancée à Madrid ce samedi après-midi. 

Madrid est en fête ce week-end. La capitale espagnole accueille cette année la cinquième édition de la WorldPride Parade. Les organisateurs espéraient réunir entre un et deux millions de personnes. 

 

Toute une ville aux couleurs arc-en-ciel

Depuis plusieurs jours, toute la ville se prépare à accueillir l'événement. L'an dernier, entre 800 000 à 1,2 million de personnes avaient participé à la "marche des fiertés" annuelle de Madrid. 

 

Chars et course en chaussures à talons

En guise de mise en bouche avant la grande parade de samedi, diverses activités ont attiré l'attention, comme cette course en talons hauts.  

 

La fête et les activités excentriques ne font toutefois pas oublier le côté revendicatif de l'événement.

"C'est une manifestation politique derrière son aspect festif et ludique", affirme ainsi le président de la Fédération LGBT espagnole (FELGBT), Jesus Generelo, en réponse à ceux qui jugent qu'elle a pris une tournure trop mercantile et frivole. 

 

"Il faut continuer la lutte"

"Nous avons obtenu beaucoup de choses mais dans d'autres pays du monde - et même en Espagne dans de petits villages - il faut continuer de lutter", dit ainsi Jesus Gonzalez, un photographe espagnol de 41 ans.

 

L'Association internationale LGBTI (ILGA) rappelle de son côté que les relations sexuelles consenties entre hommes adultes restent illégales dans 72 pays et les rapports entre femmes dans 45. 

 

Unité politique

En tête du défilé qui s'est élancé samedi vers 17 heures, les principaux partis espagnols de droite comme de gauche étaient pour la première fois tous représentés, derrière la banderole "pour les droits dans le monde entier des LGTBI" (lesbiennes, gays, bisexuels, trans et intersexes). 

 

Netflix, eBay, Google... le côté mercantile dérange certains

Un bémol peut-être ? Une partie de la communauté LGBT dénonce en effet cette année la présence de chars sponsorisés par des multinationales - Netflix, eBay, Google... - et le fait que le succès soit mesuré aux centaines de millions d'euros de retombées économiques. 

 

Grande présence policière

Sur fond de craintes de nouveaux attentats en Europe, Madrid a renforcé cette année les précautions, mobilisant 3500 policiers, agents de sécurité, et pompiers rien que pour le défilé. Des contrôles sont aussi effectués aux carrefours. Et pour la première fois, les chars circulent dans un périmètre protégé. Enfin, un hélicoptère survole la zone. L'Espagne a été épargnée par les attentats meurtriers de l'EI qui ont frappé Londres, Paris, Bruxelles, Berlin. Mais c'est à Madrid qu'avaient eu lieu, en 2004, les attentats islamistes les plus meurtriers jamais commis en Europe, avec 191 morts. 

 

World Pride

Une course en talons aiguilles d'au moins 10 centimètres

Les festivités ont déjà commencé à Madrid. En marge des concerts et de la parade, les plus sportifs ont participé à une course insolite.

 

Chaussures aux pieds, quelques dizaines de coureurs se sont élancés dans les rues de Madrid pour participer à la course annuelle organisée dans le cadre de la World Pride. Les participants, uniquement des hommes, ont dû troquer leurs baskets contre des talons aiguilles d'au moins 10 centimètres, soigneusement mesurés avant le top départ (les images en cliquant ICI).  

 

Tout est déjà prêt dans la capitale espagnole qui a revêtu les couleurs de l'arc-en-ciel avant d'accueillir au moins deux millions de personnes ce week-end. La parade organisée samedi dans les rues de Madrid devrait être l'une des plus grandes marches LGBT jamais organisée.

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La 40e Marche des Fiertés de Paris au nom de la fête et de la PMA

La 40e édition de la "Gay Pride" de Paris a réuni des milliers de personnes dans le centre de la capitale. Les participants ont réclamé l'élargissement du droit à la procréation médicalement assistée (PMA). 

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Des milliers de personnes se sont réunies samedi pour la quarantième Marche des fiertés parisienne, souvent appelée "Gay Pride".

 

Cette année, les participants étaient appelés à revendiquer un accès plus large à la procréation médicalement assistée (PMA).

 

Au rang des surprises : la participation, controversée, d'un groupe et d'un char "LGBT-En Marche !".

 

Sur Twitter, des militants LGBT se sont indignés du contraste entre la présence de ce groupe et d'anciennes prises de position hostiles au mariage gay de certains membres du gouvernement.

 

Les chars festifs ont traversé le coeur du Paris historique jusqu'à la place de la République, où des animations et concerts sont prévus jusqu'à 22 heures.

 

Près du char des militants LGBT des forces de l'ordre, Mickaël Bucheron, président de l'association Flag, dont était membre le policier Xavier Jugelé, tué dans un attentat djihadiste sur les Champs-Élysées en avril, est venu réclamer le droit de défiler en uniforme pour "dire à la population que la police est diverse, à son image".

 

Alors que se tient ce samedi la 40e Marche des Fiertés, des manifestants de "Pride de nuit", se félicitent d'avoir bloqué le char de "LGBT En Marche !" et publie un communiqué très amer à l'encontre d'Emmanuel Macron.

 

"Leur présence est une honte (...) Une imposture." Dans un communiqué, l'équipe de "Pride de Nuit" s'offusque de la participation d'En marche! à la 40e Marche des Fiertés, ce samedi à Paris.

 

Selon le groupe, soutenu par 64 associations et collectifs, le parti d'Emmanuel Macron "n'a rien à y faire" puisqu'il "cautionne les LGBT-phobies, aggrave le racisme d'Etat et renforce les violences policières et institutionnelles à l'égard des migrant-es". De virulentes accusations qui contrastent avec l'entrain affiché sur les réseaux sociaux par le président de la République et plusieurs ministres présents dans le cortège.

La PMA au coeur des revendications

 

La veille déjà, "Pride de Nuit" avait organisé, pour la 3e fois, une sorte de contre-manifestation pour être plus vindicatif que la traditionnelle Marche des fiertés LGBT, jugée trop consensuelle par une partie des militants. Au coeur des revendications cette année, le collectif s'est attaché à rappeler à Emmanuel Macron sa promesse de candidat d'ouvrir la Procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de lesbiennes et aux femmes seules. Après quatre ans et demi de réflexion, le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) doit justement rendre mardi son avis sur ce sujet sensible.

 

Après avoir réuni des centaines de manifestants autour de ce thème vendredi, le collectif s'est félicité cet après-midi du "blocage en cours du char d'En Marche! à la Marche des fiertés".

 

Sur Intenet, plusieurs militants regrettent également la présence des représentants d'En Marche !, critiquée dès sa confirmation la semaine dernière. "Commencez par virer les homophobes de votre parti", avait répondu l'une d'elles, MsTellington, sur Twitter.

 

Cette dernière fait notamment référence au nouveau député de Guadeloupe, Olivier Serva, maintenu investi par le comité d'éthique d'En Marche! malgré sa qualification de l'homosexualité en "abomination". Et plus récemment à plusieurs ministres du gouvernement Philippe II, épinglés par les internautes pour leur opposition au mariage pour tous. Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l'Intérieur, l'avait fait savoir dans une note de blog et dans une interview qu'elle était prête à voter contre la réforme "pour des raisons personnelles, d'éducation et de culture". Elle souhaitait un pacs amélioré, "solution plus apaisante", tout comme le nouveau secrétaire d'Etat Jean-Baptiste Lemoyne.

 

Enfin, pendant le vote, l'ancien LR Gérald Darmanin avait précisé qu'en tant que maire de Tourcoing, il "ne célébrerait pas personnellement de mariages entre 2 hommes et 2 femmes". Plus globalement, "Pride de nuit" souhaite utiliser ce temps d'exposition médiatique pour "retrouver l'esprit originel des premières Marches des fiertés, qui portaient un message de transformation de la société, au-delà des luttes" propres à la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bis et trans), explique Gwen Fauchois, ancienne présidente de l'association Act-up et porte-parole du mouvement.

 

Macron se réjouit de "la France arc-en-ciel"

Avant le blocage du char et le communiqué du collectif, Emmanuel Macron a pour sa part tweeté un message plein d'entrain : "La France est arc-en-ciel. Nous sommes riches de nos diversités, soyons en fiers !"

 

Dans le même temps, la secrétaire d'État auprès du Premier ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, a partagé plusieurs photos d'elle et du secrétaire d'État au Numérique, Mounir Mahjoubi, dans le cortège. La Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH) a par ailleurs officiellement apporté son soutien à l'édition 2017 de la Marche des Fiertés.

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1977 – 2017 

Quarante ans de combats pour la Marche des fiertés parisienne 

En 1977, la première Gay pride parisienne ferraillait contre la pénalisation de l'homosexualité; en 2017, les couples de même sexe peuvent se marier.

 

Samedi, la Marche des fiertés célébrera quarante ans de combats des lesbiennes, gays, bis et trans. "1977-2017 : 40 ans de marche, 40 ans de luttes". L'affiche anniversaire annonce la manifestation de samedi d'un poing fermé posé sur un parterre arc-en-ciel, et résume quatre décennies de "mouvement pour réclamer des droits", et les "consolider", explique Clémence Zamora-Cruz, porte-parole de l'Inter-LGBT, l'association organisatrice.

Le combat partait de loin. "La première fois que je suis allé dans une boîte de nuit gay, à un moment, toutes les lumières se sont allumées. La police est entrée. On a commencé à nous fouiller, à nous traiter comme des sous-hommes", se souvient Jean-Luc Romero, 57 ans, le premier élu français à avoir rendu publique son homosexualité.

 

Jusqu'en 1981, l'homosexualité était considérée comme une maladie mentale en France. Les actes "impudiques ou contre nature" ne cessèrent qu'en 1982 d'être passibles d'emprisonnement. Forêts, espaces verts et toilettes publiques furent longtemps les seuls lieux de rencontre disponibles.

 

Jeune adulte, "je me suis fait arrêter dans une pissotière de la gare Saint-Lazare avec un autre homme", raconte Rodolphe, un prénom d'emprunt, 66 ans. "Les policiers voulaient prévenir ma famille. J'ai pleuré pour m'en sortir". Des groupes homophobes sortaient pour "casser du pédé". "J'ai été frappé dans la rue à Toulon, où je vivais, puis à Paris, par des gens qui m'avaient repéré", narre Richard, la soixantaine.

 

La dépénalisation de l'homosexualité provoque un changement de décor radical. A Paris, les boîtes de nuit ouvrent en pagaille. "C'était les années Palace", du nom de ce bar légendaire dans la communauté LGBT, "avec des fêtes énormes, très drôles", se souvient Michel, actuel patron d'un bar gay réputé.

 

Au début du premier septennat de François Mitterrand, "on parlait de sept ans de bonheur" à venir, sourit Jean-Luc Romero. "Mais après, le sida nous est tombé dessus".

 

Dans la communauté LGBT, les morts se comptent par milliers. La "maladie honteuse", qui décime particulièrement les homosexuels, sert de déclencheur à de nouvelles revendications. "Dans les années 1970, on voulait un droit à la différence. Avec le sida, on a pris conscience que quand l'un mourait, l'autre était mis à la porte. C'est là qu'on a commencé à parler du Pacs", remarque Jean-Luc Romero, qui dans son livre "SurVivant" raconte ses "trente ans" avec le virus. Le pacte civil de solidarité, union civile accessible aux personnes de même sexe, est voté en 1999.

 

Le mariage pour tous le sera en 2013.

Au terme d'années de luttes, ponctuées chaque mois de juin d'une Marche des fiertés. La date n'est pas un hasard. La première "Gay pride" (fierté gay) fut célébrée en juin 1970 à New-York, un an après les "émeutes de Stonewall", un bar "LGBT-friendly" de la ville où des centaines de personnes s'étaient opposées à une descente policière.

 

"Ce qui se joue dans cette manifestation, c'est la question de l'égalité des droits", rendue "visible" par un "collectif", analyse le sociologue Eric Fassin. En quarante ans, on est passé du traitement d'une "pathologie homosexuelle" à celui d'une "politique homosexuelle", ajoute-t-il.

 

"Avant, il y avait une homophobie d’État", observe Yohann Roszewitch, conseiller de la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme, et la haine anti-LGBT. "Cette année, pour la première fois, l’État est partenaire de la Marche des fiertés", se félicite-t-il.

 

Plus d'acceptation, d'intégration. Dans les grandes villes, des jeunes de même sexe se tiennent désormais librement la main, s'embrassent. Le mariage pour tous, qui avait provoqué des débats houleux en 2012-2013, est mieux accepté. Ce qui n'empêche une augmentation de 20% des actes homophobes en 2016, selon l'association SOS homophobie.

 

"Les rétrogrades sont toujours là", harangue Clémence Zamora-Cruz, de l'Inter-LGBT. "Notre mouvement doit continuer à se mobiliser". Samedi, le slogan de la Marche sera "la PMA pour toutes, sans condition et sans restriction".

 

La procréation médicalement assistée est aujourd'hui accessible aux seuls couples hétérosexuels. Le candidat Emmanuel Macron, au printemps 2017, s'était dit "favorable" à son ouverture "aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires".

 

(Source AFP) 

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Malaisie

Un adolescent décède après avoir été battu, brûle et violé par huit jeunes

Un adolescent malaisien a été tué lors d'une agression homophobe particulièrement violente commise par ses camarades de lycée. Le jeune homme de 18 ans a été battu, brûlé et violé pendant des heures. 

Nhaveen la victime, en arrière plan, quatre des cinq adolescents qui l'ont battu, brûle et violé
Nhaveen la victime, en arrière plan, quatre des cinq adolescents qui l'ont battu, brûle et violé

Nhaveen, âgé de 18 ans, devait déménager à Kuala Lumpur pour entrer à l'Université.

 

Cet adolescent malaisien est mort des suites d'une violente agression homophobe au cours de laquelle il a été battu, brûlé et violé pendant des heures par un groupe de jeunes âgés de 16 à 18 ans.

 

Ils ont attaqué l'adolescent à l'extérieur d'un fast-food vendredi dans une banlieue sud de George Town à Penang, en Malaisie, où il dinait avec un ami.

 

Nhaveen, 18 ans, a souffert de graves lésions cérébrales avant son décès.  

 

Le garçon subissait un harcèlement au sein de son lycée pour être prétendument "efféminé" et "homosexuel".

 

Huit personnes auraient pris part à l'agression des deux amis qui ont commencé par être frappés à coups de casque de moto.

 

L'un a réussi à s'échapper pour se réfugier à l'hôpital où il a été traité pour des pommettes écrasées.

 

Pendant ce temps le groupe a continué à s'acharner sur Nhaveen jusqu'à minuit. Il a été amené à l'hôpital à 2 heures du matin par un des frères des agresseurs.

 

Il avait subit de graves blessures à la tête, était gravement brûlé sur le dos et présentait une blessure à l'aine. Des signes de pénétration anale forcée et brutale, probablement avec un objet ont été relevés.

 

Cinq de ses assaillants ont été arrêtés mais trois n'ont pas encore été appréhendés.

 

Des centaines de personnes se sont rassemblées à l'extérieur de l'hôpital avant que Nhaveen ne soit déclaré mort pour une veillée aux chandelles.

 

L'agression survient après que le ministère de la Santé du pays a annoncé un concours de vidéos anti-gay visant à démontrer comment prévenir l'homosexualité et les identités transgenres.

 

Le concours de vidéos sur "les pratiques de vie saine" offrait notamment jusqu'à 1.000 dollars aux meilleures vidéos.

 

Les militants pour les droits des homosexuels ont immédiatement condamné l'initiative, y voyant le danger d'une attitude de plus en plus hostile, dans ce pays majoritairement musulman mais longtemps connu pour sa modération et sa tolérance.

 

L'homosexualité est officiellement interdite en Malaisie et peut être punie de prison, châtiment corporel ou amendes.

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