Pays-Bas

Pas d'objection du gouvernement à un mariage royal homosexuel

Le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, "ne voit aucune objection à ce que l'héritière du trône épouse une personne du même sexe", a-t-il indiqué.

La famille royale des Pays-Bas : le roi Willem-Alexander des Pays-Bas et son épouse Maxima, entourés de leurs filles - © Reporters

Le gouvernement néerlandais considère que l'héritier du trône des Pays-Bas, qui ont été le premier pays en 2001 à légaliser le mariage homosexuel, peut épouser une personne du même sexe sans perdre ses droits à la succession, a déclaré le Premier ministre Mark Rutte.

 

Les parlementaires ont demandé à Mark Rutte de se prononcer après la parution d'un livre d'un spécialiste en droit constitutionnel estimant que la princesse héritière Amalia, 17 ans, devrait théoriquement être exclue de la succession au trône si elle épousait une autre femme.

 

"Le gouvernement estime que l'héritier du trône peut épouser une personne du même sexe et ne pas renoncer à son droit au trône", a souligné le Premier ministre dans une lettre au parlement mardi. "Le gouvernement ne considère donc pas qu'un héritier présomptif ou le monarque doit renoncer au trône si il/elle souhaite épouser un partenaire du même sexe", a ajouté Mark Rutte.

 

Amalia, la fille aînée du roi Willem-Alexander et de la reine Maxima d'origine argentine, n'a pas fait de commentaires concernant cette question ou sa vie privée en général.

 

Les mariages entre homosexuels sont légaux au Pays-Bas depuis vingt ans, mais les mariages royaux requièrent l'approbation du parlement. Quant aux droits à la succession des enfants d'un couple royal homosexuel, le Premier ministre a reconnu que c'était une question "un peu plus compliquée".

 

La Constitution pourrait à cet égard "être en conflit avec le droit de la famille", a-t-il déclaré à la télévision, soulignant que le gouvernement et le parlement pourraient examiner cette question si une telle éventualité se présentait. Des commentateurs de médias ont salué cette décision.

 

La lettre de Mark Rutte sur "un héritier du trône qui souhaite épouser une personne du même sexe est dans l'esprit du temps", a jugé l'un d'eux, Frits Wester, cité par RTL.

 

La famille royale des Pays-Bas elle-même s'est efforcée de s'adapter aux changements en cours. En juin, la princesse Amalia a renoncé à ses droits à un revenu annuel de 1,6 million euros (1,8 million de dollars) car elle se sentait mal à l'aise à l'idée de recevoir cette somme avant d'assumer pleinement ses responsabilités royales, d'autres étudiants étant confrontés à des difficultés financières. 

 

Avec AFP

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Le plongeur britannique Tom Daley veut faire interdire de JO les pays où l'homosexualité est passible de peine de mort

Le champion olympique Tom Daley veut lutter contre les discriminations envers la communauté LGBTQ+ en collaboration avec le Comité international olympique (CIO).

Tom Daley © Reporters / Splash
Tom Daley © Reporters / Splash

Le plongeur britannique Tom Daley, fraîchement médaillé d'or aux JO de Tokyo, ne se contente pas d'exceller dans sa discipline. Athlète engagé, il a récemment annoncé vouloir se consacrer à une nouvelle lutte: bannir des JO les pays qui interdisent l'homosexualité sous menace de mort, et, plus largement, interdire la tenue des grandes compétitions sportives dans les pays qui ne respectent pas les droits de l'Homme.

 

"Je veux faire ma mission, d'ici aux Jeux olympiques de Paris en 2024, de faire en sorte que les pays qui criminalisent et punissent de mort les personnes LGBT ne soient pas autorisés à participer aux Jeux olympiques",

a déclaré le Britannique lors des Attitudes Awards 2021, le 6 octobre dernier.

 

Selon le champion olympique âgé de 27 ans, dix pays ont participé aux JO de Tokyo cet été malgré leur non-respect des droits humains et leur sanction de peine de mort pour les personnes homosexuelles. "Je pense que ces dix pays, où l'on ne peut pas être soi-même, ne devraient pas être autorisés à concourir aux Jeux olympiques, et définitivement pas à les accueillir".

 

En outre, le plongeur a fustigé la tenue de la Coupe du Monde de Football 2022 au Qatar, déplorant des "restrictions drastiques envers les personnes LGBT et les femmes".

 

En 2018, il avait notamment appelé les pays du Commonwealth à abroger leurs lois pénalisant l'homosexualité.

 

Avec AFP

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Essonne

Une enquête est ouverte après l'agression homophobe d'un mineur

Une enquête a été ouverte lundi par le parquet d'Evry à la suite de l'agression homophobe jeudi d'un mineur de 17 ans à Montgeron (Essonne), ville de près de 24.000 habitants située au sud-est de Paris.

Montgeron, quartier de la Forêt. La vidéo du lynchage, diffusée ce week-end, a été très partagée sur les réseaux sociaux. DR

Lors de son audition, le jeune homme a dénoncé avoir été, "à raison de son apparence", "gratuitement frappé par une meute d'individus lui criant 'PD'", a indiqué le parquet d'Evry.

 

Le parquet a ouvert une enquête, confiée au commissariat de Montgeron, pour "violences aggravées par trois circonstances" : "en réunion, à raison de l'orientation sexuelle supposée et par personne dissimulant son visage". Ils étaient une "dizaine d'individus" à s'en prendre à l'adolescent lors d'une "rencontre fortuite" à Montgeron, a-t-on précisé de même source.

 

Le jeune homme violemment agressé n'est pas originaire de Montgeron, a indiqué à l'AFP la maire (LR) Sylvie Carillon. Les faits remontent au jeudi 30 septembre et se sont déroulés dans le "secteur sensible" du quartier la Forêt, selon la police de l'Essonne. Vers 18H30, une personne alerte la police, mais, une fois sur place, les effectifs n'ont pu retrouver ni la victime ni les auteurs ni les témoins, explique la police.

 

Il n'y a pas eu de dépôt de plainte. Toutefois, une vidéo est fortement relayée sur les réseaux sociaux. Elle est signalée dimanche à Pharos, la plateforme permettant aux internautes de signaler des contenus en ligne qui leur semblent illicites. Cette vidéo est composée de deux séquences.

 

Sur la première, qui dure 21 secondes, on voit un groupe de jeunes hommes qui frappent un autre placé le long d'une barrière, au pied d'immeubles. Une femme tente de faire écran aux coups le visant, puis un homme plus âgé intervient à son tour, le tout sous des cris.

 

Une seconde séquence de 22 secondes se déroule à une centaine de mètres de la première, selon une analyse d'images effectuée par l'AFP. On y voit un jeune homme recroquevillé au sol, entouré par six autres jeunes hommes, dont quatre le frappent violemment à coups de pied. Là encore, deux personnes tentent de s'interposer.

 

Outre les agresseurs, les enquêteurs recherchent aussi les personnes ayant enregistré ou diffusé cette vidéo. Le "happy slapping", le fait d'enregistrer ou de diffuser des images de violence, est passible de cinq ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende.

 

Avec AFP

 

Vidéo Twitter

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Grande-Bretagne

Une universitaire britannique accusée de transphobie dénonce une campagne de harcèlement

Une enseignante britannique de philosophie, accusée de transphobie car elle estime que les gens ne peuvent pas changer de sexe biologique, a dénoncé le "harcèlement" dont elle fait l'objet, les menaces qu'elle subit faisant craindre pour sa sécurité.

Kathleen Stock
Kathleen Stock

"Depuis le début de la semaine, j'ai subi une campagne de harcèlement, conçue explicitement pour que je sois limogée en raison de mon point de vue universitaire", a dénoncé Kathleen Stock, de l'université du Sussex (sud de l'Angleterre), dans un texte publié dimanche sur son site internet.

 

Dans cette déclaration, lue lors d'un événement samedi auquel elle a dû renoncer en raison de la polémique, elle a dénoncé le fait que ces dix dernières années, les réseaux sociaux "ont permis à quelques étudiants avec des tendances totalitaires d'avoir un effet disproportionné effrayant sur les autres".

 

S'exprimant dans le Sunday Times, l'universitaire de 48 ans, féministe et lesbienne, a exprimé ses "craintes pour l'avenir" et a fondu en larmes en évoquant la "culture de la peur" qui s'empare dit-elle des campus universitaires. "Je me sens très tendue et un peu folle. Je ne dors pas très bien, c'est surréaliste", a-t-elle déclaré au journal.

 

Elle fait également part de sa crainte d'être contrainte malgré elle de quitter le milieu universitaire et raconte être tombée la semaine dernière sur le campus sur une affiche barrée de l'inscription "transphobe", avec l'inscription d'un étudiant: "Virez-la, je ne vais pas payer 9.250 livres sterling pour ça". "A ce moment-là j'ai fait demi-tour, éclaté en larmes et j'ai couru à la gare pour essayer de rentrer chez moi", a-t-elle raconté.

 

La police lui a conseillé dit-elle de mettre une caméra à sa porte d'entrée ou encore évoqué la possibilité qu'elle ait besoin d'être accompagnée d'agents de sécurité pour se rendre sur le campus. Sur Twitter, la présidente de la Commission pour l'égalité et les droits humains, Kishwer Falkner, a dénoncé comme "honteuses" les "attaques anonymes" contre Kathleen Stock.

 

"L'université du Sussex a raison d'enquêter à ce sujet pour protéger la liberté d'expression", a-t-elle ajouté, entraînant le soutien à son tour un tweet de soutien de la ministre des Affaires étrangères Liz Truss, également chargée du portefeuille des Femmes et de l'Egalité: "Personne ne devrait être ciblée et harcelée simplement pour une opinion".

 

Avec AFP

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Cuba : l'Eglise catholique réaffirme son opposition au mariage homosexuel 

L'Eglise catholique a mis en garde, dans un message publié mardi par la Conférence épiscopale cubaine, contre l'adoption du mariage homosexuel à Cuba, prévue dans le prochain Code des familles, estimant que ce "sacrement" est entre un homme et une femme.

La police cubaine a interrompu samedi une marche pour les droits des LGBT. — R, Espinosa/AP/SIPA
La police cubaine a interrompu samedi une marche pour les droits des LGBT. — R, Espinosa/AP/SIPA

"Dans le monde dans lequel nous vivons, dans cette vie moderne, il y a souvent des atteintes au mariage quand on veut mettre sur un pied d'égalité l'union d'un homme et une femme avec d'autres formes de cohabitation et de relations humaines", a déclaré dimanche le prêtre Osmany Maso, lors de la messe.

 

"L'Eglise, avec joie, avec un grand respect, préfère toujours l'option, au nom de l'amour, du mariage entre un homme et une femme", a-t-il ajouté.

 

Curé dans la province de Santiago de Cuba (est), le prêtre a prononcé son homélie dans le Sanctuaire national de la Charité du cuivre, sainte patronne de Cuba, et le texte est reproduit mardi par le site de la Conférence épiscopale.

 

Ces déclarations surviennent alors qu'un groupe d'experts discutent actuellement du nouveau Code des familles, qui inclut le mariage pour tous et l'adoption pour les couples homosexuels. Selon le texte en projet, diffusé par les médias cubains et sur les réseaux sociaux, "le mariage est l'union, concertée volontairement, de deux personnes avec la capacité légale pour le faire, afin de mener leur vie en commun, sur la base de l'affection et de l'amour".

 

La version finale du texte sera soumise au vote de l'Assemblée nationale à la fin de l'année puis à un référendum national.

 

Les autorités cubaines avaient essayé d'inclure le mariage homosexuel lors de l'approbation de la nouvelle Constitution, en 2019, mais le fort rejet manifesté par les Eglises évangéliques et l'Eglise catholique les avait poussées à faire marche arrière, laissant ce projet pour le Code des familles.

 

Avec AFP

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Turquie

Une dizaine de participants à une marche des fiertés échappent à la prison

Dix-huit étudiants et un universitaire turcs, poursuivis pour avoir organisé et participé à l’événement en 2019 sur leur campus à Ankara, ont été relaxés ce vendredi. Une victoire pour les associations, qui dénoncent l’interdiction de ces rassemblements dans le pays. 

2018: Les militants ont dansé et déplié un long drapeau arc-en-ciel, et lu une déclaration à la presse, parmi une forte présence policière. Photo Bulent KILIC/AFP

"Le droit a été respecté", s’est félicité l’avocat de la défense, maître Öykü Didem Aydin, auprès de l’AFP, jugeant que "tout cela n’aurait jamais dû arriver". Dix-huit étudiants et un universitaire turcs ont été relaxés ce vendredi, alors qu’ils risquaient jusqu’à trois ans de prison pour avoir participé à une marche des fiertés. En 2019, pour la première fois depuis 2011, la direction de la prestigieuse Université technique du Moyen-Orient (ODTU) d’Ankara avait interdit ce rassemblement. Ce qui n’avait pas empêché plusieurs de ses membres de défiler.

 

Certains participants avaient ensuite été interpellés, après des tirs de gaz lacrymogène par la police pour disperser la foule. Une vidéo publiée sur les réseaux sociaux avait montré des policiers s’en prendre violemment à des manifestants.

 

"Dans sa décision, le tribunal a jugé qu’une personne devait être condamnée à une amende pour avoir insulté les forces de l’ordre et les autres prévenus ont été relaxés en raison de l’absence d’élément criminel", a détaillé Amnesty International Turquie.

 

"Campagne de haine"

Si l’homosexualité n’est pas réprimée sur le plan pénal en Turquie, l’homophobie y est en revanche répandue et se manifeste notamment par des agressions et des meurtres, selon des ONG.

 

Après une spectaculaire marche des fiertés qui avait réuni en 2014 plus de 100 000 personnes à Istanbul, les autorités turques l’ont interdite année après année, officiellement pour raisons de sécurité. En 2015, la marche avait par exemple violemment été réprimée par la police turque. Scène similaire en 2017, où les forces de l’ordre ont utilisé des balles en caoutchouc.

 

Les associations LGBT dénoncent une "campagne de haine" menée depuis des années à leur encontre par le gouvernement d’Erdogan, au risque d’encourager les violences contre une communauté particulièrement vulnérable. Ces dernières années, de nombreux événements concernant la communauté LGBT ont été interdits par les autorités locales turques, qui invoquent généralement les possibles provocations et les "sensibilités sociales".

 

Article publié sur le site du quotidien Libération

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Corée du Sud

Un tribunal sud-coréen soutient une soldate transgenre qui s'est suicidée

Un tribunal sud-coréen a estimé jeudi injuste le renvoi par l'armée d'une soldate après son changement de sexe, conduisant à son suicide en avril dernier.

Byun hee-soo - Yonhap News/Newscom/SIPA
Byun hee-soo - Yonhap News/Newscom/SIPA

L'armée aurait dû l'accepter officiellement en tant que femme après son opération, a estimé le tribunal du district de Daejeon. Byun Hee-soo, sergent d'une vingtaine d'années, s'était engagé volontairement sous les drapeaux en tant qu'homme en 2017 avant de se rendre en Thaïlande, deux ans plus tard, pour une opération chirurgicale de réattribution sexuelle.

 

Une commission militaire avait ordonné en janvier 2020 son renvoi de l'institution militaire, le ministère de la Défense estimant que la perte de ses parties génitales constituait un handicap mental ou physique. Mme Byun avait contesté cette décision devant la justice administrative en août 2020, mais s'est donné la mort sept mois plus tard.

 

Si elle avait été officiellement reconnue comme une femme, a ajouté le tribunal, il aurait été impossible aux autorités militaires de conclure qu'elle souffrait d'un "handicap mental ou physique" et de la renvoyer.

 

"Nous respectons la décision de la cour", a réagi le ministère de la Défense auprès de l'AFP, en précisant que la décision sur un éventuel appel n'était pas encore prise.

 

Mme Byun, sous-officier volontaire, avait confié lors d'une conférence de presse que servir dans l'armée était son rêve depuis l'enfance. Sa mort avait ému le pays et provoqué des appels à une loi contre les discriminations.

 

Des associations internationales de défense des droits ont exprimé leurs inquiétudes sur le traitement des soldats homosexuels, qui encourent jusqu'à deux ans de prison en cas d'actes homosexuels, même si ceux-ci sont autorisés dans la vie civile.

 

La Corée du Sud reste un pays profondément conservateur sur les questions d'identité sexuelle et moins tolérant que d'autres pays d'Asie à propos des droits LGBT. La Corée du Sud, confrontée à la menace de Pyongyang, a une armée de conscription dans laquelle tous les hommes aptes doivent servir près de deux ans.

 

Avec AFP

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Homophobie : l'Assemblée vote l'interdiction des thérapies de conversion à l'unanimité

L'Assemblée nationale a adopté à l'unanimité mardi soir une proposition de loi LREM réaffirmant l'interdiction des pseudo "thérapies de conversion", ces pratiques qui visent à imposer l'hétérosexualité aux personnes lesbiennes, gays, bi et trans (LGBT).

Elisabeth Moreno, ministre déléguée chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes, s'exprimait lors des discussions sur la proposition de loi interdisant les "thérapies de conversion", mardi. (Xose Bouzas/Hans Lucas) 

Voté en première lecture et transmis au Sénat, ce texte de la députée Laurence Vanceunebrock (LREM) prévoit un délit spécifique contre les soi-disant "thérapeutes" ou religieux qui prétendent "guérir" les homosexuels.

 

Sont punis de deux ans d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende les "pratiques comportements ou propos répétés visant à modifier ou réprimer l'orientation sexuelle ou l'identité de genre" d'une personne et "ayant pour effet une altération de sa santé physique ou mentale".

 

La sanction est portée à trois ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende en cas de circonstances aggravantes, notamment lorsque la victime est mineure, dépendante ou que l'auteur est un ascendant.

 

Cette proposition de loi peut permettre de "sauver des vies", a estimé la ministre déléguée à l'Egalité Elisabeth Moreno. "Il n'y a rien à guérir. Être soi n'est pas un crime, on ne doit pas chercher à modifier l'identité de genre ou l'orientation sexuelle" des personnes. Venues des Etats-Unis, ces pratiques "moyenâgeuses" sont peu connues en France et difficilement quantifiables.

 

Lors d'une mission parlementaire de 2019, Laurence Vanceunebrock et l'Insoumis Bastien Lachaud ont évoqué une "centaine de cas récents", s'alarmant de "l'augmentation des signalements". Ils décrivent des traitements par "hypnose", "hormones" voire "électrochocs", des dérives "religieuses" entre "appels à l'abstinence" et séances "d'exorcisme", ou le recours aux "mariages forcés" hétérosexuels.

 

De tels actes peuvent déjà tomber sous le coup de la loi, via les violences volontaires, l'abus de faiblesse, l'exercice illégal de la médecine, le harcèlement ou la discrimination... Mais Laurence Vanceunebrock juge nécessaire un délit spécifique pour soutenir les victimes face à la difficulté de porter plainte et mieux prendre la mesure du phénomène.

 

Reste à savoir si le texte pourra aboutir, puisque le Parlement achève ses travaux fin février, en raison de l'élection présidentielle d'avril. "Cela dépendra de l'attitude du Sénat", prévient une source parlementaire, qui estime que cette proposition de loi "ne sert à rien juridiquement mais permet d'alerter et de rappeler que c'est illégal, alors que certaines structures font croire le contraire".

 

Chez les associations LGBT et dans la société civile, la mobilisation s'intensifie. Les messages se multiplient sur les réseaux sociaux, sous le hashtag #RienAGuerir, du nom d'un collectif de victimes lancé en 2020 par Benoit Berthe Siward, présent en tribune mardi. Et le chanteur Eddy de Pretto soutient la proposition de loi.

 

"Dérive sectaire"

"Des dizaines et des dizaines de témoignages sont sortis", assurait récemment à l'AFP Timothée de Rauglaudre, coauteur du livre "Dieu est amour" et du documentaire "Homothérapies, conversion forcée". Mi-septembre, la ministre chargée de la citoyenneté, Marlène Schiappa, a confié une mission sur cette "pratique indigne" à la Miviludes, l'organe de lutte contre les dérives sectaires rattaché au ministère de l'Intérieur.

 

Elle devra "quantifier" le phénomène et "analyser en particulier sa dimension de dérive sectaire", alors que plusieurs organisations "spirituelles" ont été pointées du doigt lors des auditions parlementaires. En juillet, la Miviludes indiquait toutefois n'avoir "réceptionné" de 2018 à 2020 que "très peu de signalements sur les thérapies de conversion alors que la mission parlementaire a permis de libérer la parole et de mettre au jour leur existence sur le territoire français".

 

L'Association Le Refuge avait expliqué recevoir une dizaine d'appels par mois à ce sujet.

 

La gauche a reproché au gouvernement ses "tergiversations" avant d'inscrire ce texte à l'ordre du jour, alors que l'avenir d'autres propositions de loi sociétales sur l'extension de la durée légale de l'IVG ou l'euthanasie semble encore plus incertain, voire compromis, avant la fin du quinquennat.

 

A droite, le LR Xavier Breton, proche de la Manif pour tous, a ferraillé contre le "concept d'identité de genre", une "notion" qu'il juge militante" (...) On est dans une idéologie trans" pour "tout déconstruire".

 

En Europe, Malte et l'Allemagne ont déjà interdit les "thérapies" de conversion. Des démarches similaires sont engagées aux Pays-Bas ou au Royaume-Uni. Au Canada, les députés ont adopté un projet de loi fin juin.

 

Avec AFP

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Pédocriminalité dans l'Eglise

Les différents profils des agresseurs

La commission Sauvé a estimé dans son rapport sur la pédocriminalité dans l'Eglise catholique en France entre 2.900 et 3.200 le nombreux d'agresseurs au sein de l'institution depuis 1950, et en a identifié plusieurs profils.

"Grâce à Dieu" est un film dramatique franco-belge écrit et réalisé par François Ozon, sorti en 2018. Il s'agit d'une œuvre de fiction inspirée des affaires Bernard Preynat et Philippe Barbarin.

Son rapport s'appuie sur des entretiens avec dix prêtres et un diacre agresseur, ajoutés aux près de 2.000 cas d'agresseurs que l'Ecole pratique des hautes études a examinés dans les archives de l'Eglise.

 

Des constantes

Nés entre 1933 et 1954, les dix prêtres et le diacre interrogés sont pour la plupart issus de milieux populaires. Aucun d'entre eux ne signale avoir été confronté, dans sa famille, à un manque d'attention ou d'affection.  "Concernant leur conception du rôle de prêtre, la tendance la plus accentuée est celle qui assimile le sacerdoce avec l'écoute, l'aide, le soutien social", constate le rapport, précisant que tous sauf un défendent une vision plutôt horizontale de leur rôle.

 

Reproduction de la violence

Grâce aux entretiens et aux recoupements effectués dans les archives, il est possible d'établir que des jeunes séminaristes ayant été agressés pendant leur formation sont ensuite devenus eux-mêmes agresseurs. Certains prêtres déclarent avoir été eux-mêmes victimes, quand d'autres rapportent une grande proximité physique entre enseignants de séminaire et séminaristes, sans affirmer toutefois avoir fait l'objet de violences sexuelles.

 

Selon une étude dirigée par Florence Thibaut, membre de la Ciase, à partir des informations judiciaires, expertises psychiatriques et des enquêtes de personnalités contenues dans 35 dossiers judiciaires, les clercs auraient eux-mêmes été victimes d'agressions sexuelles dans l'enfance dans environ 27% des cas étudiés. Cependant, si la commission constate qu'il existe une certaine forme de reproduction des violences sexuelles par ceux qui en ont subi étant enfants, il n'est pas possible de soutenir qu'il existe en la matière une "spécificité de l'Eglise catholique". 

 

 

Le silence des églises un téléfilm fort sur le sujet de la pédophilie dans l'église réalisé par Edwin Baily, avec Robinson Stévenon diffusé en 2013 sur France 2.

Cadre

Dans l'Eglise catholique comme ailleurs, l'agresseur n'est pas un inconnu: il s'agit d'une personne déjà en lien avec la victime, qu'il fréquente de manière régulière dans le cadre d'activités éducatives (47% des cas) ou pastorales (36%). Les lieux les plus fréquents des actes pédocriminels sont les établissements et internats scolaires (30% des abus), le catéchisme et les aumôneries (21,2%), les mouvements de jeunesse, y compris les camps de vacances et les pèlerinages (20,2%), le bureau ou le domicile de l'abuseur (21,2%).

 

Quant aux auteurs des violences, ce sont d'abord des prêtres de la paroisse (30%), puis des enseignants membres du clergé (24,5%), des aumôniers et animateurs de mouvements de jeunesse (14,8%) et des religieux (7,7%).

 

Différences sur la sexualité

Certaines des onze personnes auditionnées par la commission affirment s'être interrogées sur la sexualité dès l'adolescence, tandis que pour d'autres, cette question "n'apparaissait pas alors comme centrale".

 

Plusieurs des personnes interrogées déplorent que "la sexualité ait été uniquement appréhendée sous le prisme du péché".

 

Un peu plus de la moitié des prêtres interrogés se déclarent homosexuels, certains d'entre eux indiquant avoir eu des relations avec des adultes de leur âge, avant ou après l'ordination.

 

Différences sur le rapport à l'accusation

Philippe Portier, sociologue des religions et membre de la commission, a identifié trois types de prêtres grâce à l'audition de ces onze religieux :

- "ceux qui assument ce qu'ils ont fait, qui sont dans une perspective de demande de pardon, d'acceptation de leur propre responsabilité. Ils sont extrêmement rares", explique-t-il à l'AFP.

- ceux qui "minimisent les faits", la catégorie la plus importante. "On dispose de leurs dossiers et on voit bien que les faits sont accablants", selon M. Portier.

- ceux qui estiment que l'agression n'a jamais existé. "Ils pensent qu'il y a une sorte de conspiration de l'Eglise, de l'Etat et des familles pour faire tomber un prêtre qui n'avait rien à se reprocher", ajoute-t-il.

 

Avec AFP

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Assemblée nationale

Les députés débattent d'un texte spécifique contre les thérapies de conversion

Un délit spécifique pour mieux lutter contre des pratiques "moyenâgeuses": l'Assemblée nationale s'empare mardi soir d'une proposition de loi LREM réaffirmant l'interdiction des "thérapies de conversion", qui entendent imposer l'hétérosexualité aux personnes LGBT.

Deux drapeaux aux couleurs LGBT ornent la façade de l'Assemblée nationale ce 30 juin 2018). - Compte Twitter de François de Rugy

Auteurs d'une mission sur le sujet en 2019, la députée LREM Laurence Vanceunebrock et l'Insoumis Bastien Lachaud évoquaient une "centaine de cas récents", s'alarmant de "l'augmentation des signalements".

 

Les deux parlementaires distinguent ces soi-disant "thérapies" en trois catégories: "religieuses", entre appels à l'abstinence et séances "d'exorcisme". "Médicales" avec traitements hormonaux, hypnose voire électrochocs. Et "sociétales" par le recours aux "mariages forcés" hétérosexuels.

 

De tels actes peuvent déjà tomber sous le coup de la loi, via les violences volontaires, l'abus de faiblesse, l'exercice illégal de la médecine, le harcèlement ou la discrimination... Mais Laurence Vanceunebrock juge nécessaire un délit spécifique pour mieux prendre la mesure du phénomène et soutenir les victimes face à la difficulté de porter plainte et "l'emprise" de certains entourages.

 

Examinée en première lecture, en procédure accélérée, sa proposition de loi punit ces pseudo "thérapies" de deux ans d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende, portés à trois ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende lorsque les faits sont commis au préjudice d'un mineur. Reste à savoir si le texte pourra aboutir, puisque le Parlement achève ses travaux fin février, en raison de l'élection présidentielle d'avril.

 

Confiante, Laurence Vanceunebrock compte sur "l'appui du gouvernement" et le "soutien de l'opinion publique". "Cela dépendra de l'attitude du Sénat", nuance une source parlementaire, qui estime que cette proposition de loi "ne sert à rien juridiquement mais permet d'alerter et de rappeler que c'est illégal, alors que certaines structures font croire le contraire". Chez les associations LGBT et dans la société civile, la mobilisation s'intensifie. Les chanteurs Eddy de Pretto et Hoshi ont demandé fin avril aux députés d'agir.

 

"Quantifier le phénomène"

"Des dizaines et des dizaines de témoignages sont sortis", assurait récemment à l'AFP Timothée de Rauglaudre, coauteur du livre "Dieu est amour" et du documentaire "Homothérapies, conversion forcée". Les soutiens se multiplient sur les réseaux sociaux, sous le hashtag #RienAGuerir, du nom d'un collectif de victimes lancé en 2020. Mi-septembre, la ministre chargée de la citoyenneté, Marlène Schiappa, a confié une mission sur cette "pratique indigne" à la Miviludes, l'organe de lutte contre les dérives sectaires rattaché au ministère de l'Intérieur.

 

Elle devra "expliciter" et "quantifier le phénomène, en analysant en particulier sa dimension de dérive sectaire", alors que plusieurs organisations "spirituelles" ont été pointées du doigt lors des auditions parlementaires. En juillet, dans son dernier rapport d'activité, la Miviludes indiquait toutefois n'avoir "réceptionné" de 2018 à 2020 que "très peu de signalements sur les thérapies de conversion alors que la mission parlementaire a permis de libérer la parole et de mettre au jour leur existence sur le territoire français".

 

L'Association Le Refuge avait expliqué aux députés recevoir une dizaine d'appels par mois à ce sujet. La proposition de loi devrait recevoir un large soutien dans l'hémicycle. En commission, des députés ont unanimement condamné des "maltraitances révoltantes", et leurs graves conséquences pour les victimes. A gauche, des élus ont reproché au gouvernement ses "tergiversations" avant d'inscrire ce texte à l'ordre du jour, alors que l'avenir d'autres propositions de loi sociétales sur l'extension de la durée légale de l'IVG ou l'euthanasie semble encore plus incertain, voire compromis, avant la fin du quinquennat.

 

A droite, le LR Xavier Breton, proche de la Manif pour tous, estime "à titre personnel" que le texte pose des problèmes de "solidité juridique" en raison de "conflits de qualification" pénale. Surtout, il déplore "l'introduction" dans la loi "du concept d'identité de genre qui pose", selon lui, "beaucoup de questions".

 

En Europe, Malte et l'Allemagne ont déjà interdit ces "thérapies" de conversion. Des démarches similaires sont engagées aux Pays-Bas ou au Royaume-Uni. Au Canada, les députés ont adopté un projet de loi fin juin.

 

Avec AFP

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Pédocriminalité dans l’Église :

un rapport dévoile l’ampleur du phénomène

Il y aurait eu près de 3 000 pédocriminels dans l’Église depuis les années 1950, selon le rapport de Jean-Marc Sauvé, président de la Ciase.

A la tête de la Commission indépendante sur la pédocriminalité dans l'Eglise catholique, Jean-Marc Sauvé achève sa lourde tâche après avoir vu "le mal absolu" mais avec le sentiment d'avoir "ouvert des pistes". J. SAGET / AFP 

Il y aurait eu près de 3 000 pédocriminels dans l’Église depuis les années 1950, selon le rapport de Jean-Marc Sauvé, président de la Ciase

 

Les chiffres font froid dans le dos.

Il y a eu "entre 2 900 et 3 200 pédocriminels ", hommes prêtres ou religieux au sein de l’Église catholique en France depuis 1950, a déclaré à l'AFP Jean-Marc Sauvé, le président de la Commission qui enquête sur la pédocriminalité dans l’Église.

 

"Il s’agit d’une estimation minimale", fondée sur le recensement et le dépouillement des archives (Église, justice, police judiciaire et presse) et sur les témoignages reçus par cette instance, a-t-il ajouté. C’est un chiffre à rapporter à une population générale de 115 000 prêtres ou religieux au total sur cette période de 70 ans.

 

Après deux ans et demi de travaux, la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase) rend mardi les conclusions, dans un rapport qui, annexes comprises, montera finalement à "2 500 pages", a-t-il précisé. Le rapport donnera un état des lieux quantitatif du phénomène, et notamment du nombre de victimes. Il comparera la prévalence des violences sexuelles dans l’Église à celle identifiée dans d’autres institutions (associations sportives, école…) et dans le cercle familial. La commission évaluera également les "mécanismes, notamment institutionnels et culturels", qui ont pu favoriser la pédocriminalité et listera 45 propositions. 

 

Le rapport sera publiquement remis à la Conférence des évêques de France (CEF) et à la Conférence des religieuses et religieux des instituts et congrégations (Corref), qui l'avaient commandé. Cela se déroulera lors d'une conférence de presse à laquelle ont été invités des représentants d'associations de victimes. "Cela va être une déflagration", assure un membre de la Ciase, sous le couvert de l'anonymat. "Cela va faire l'effet d'une bombe", renchérit Olivier Savignac, du collectif Parler et Revivre. "Il ne va pas être complaisant", assure le sociologue Philippe Portier, autre membre de la Commission.

 

Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort, le président de la CEF, a dit craindre que le rapport "ne rende des chiffres considérables, effrayants", lors d'une réunion avec des paroissiens de son diocèse. Sa publication "va être une épreuve de vérité et un moment rude et grave", peut-on aussi lire sur le message diffusé par l'épiscopat en direction des prêtres et des paroisses pour les messes du week-end. Un message qui appelle "à une attitude de vérité et de compassion".

 

Pour ses travaux, la Ciase a fait de la parole des victimes "la matrice de son travail", selon Jean-Marc Sauvé. D'abord avec un appel à témoignages ouvert dix-sept mois, qui a recueilli 6 500 appels ou contacts de victimes ou proches. Puis en procédant à 250 auditions longues ou entretiens de recherche. Elle a aussi approfondi ses recherches avec une plongée dans de nombreuses archives (Église, ministère de la Justice, de l'Intérieur, presse).

 

Dans la majorité des cas, les faits sont aujourd'hui prescrits, les auteurs décédés, rendant un recours à la justice improbable. Les procédures canoniques (le droit de l'église), quand elles sont engagées, sont très longues et peu transparentes.

 

Quelles suites l'Église donnera-t-elle au rapport ? "J'attends que nous soyons confrontés à ce fardeau, aussi noir soit-il, afin que nous puissions ensuite prendre les mesures qui s'imposent", affirme Véronique Margron, présidente de la Corref. L'épiscopat a pris les devants en promettant non pas des réparations mais un dispositif de "contributions" financières, versées aux victimes à partir de 2022, qui ne fait pas l'unanimité chez les victimes. Les premières réponses de la CEF et de la Corref sont attendues en novembre, date à laquelle les deux institutions se réuniront en assemblées plénières.

 

Le rapport sera examiné à la loupe à Rome, où la question a été évoquée par le pape François et une partie des évêques français en visite au Vatican en septembre. Sanction d'évêques ou de prélats, visite du Pape en Irlande, organisation d'un sommet inédit en 2019 sur "la protection des mineurs", modification du droit canon... : la lutte contre la pédocriminalité est un dossier également traité au Vatican. Créée à l'automne 2018, la Ciase est composée de 22 membres, bénévoles, aux compétences pluridisciplinaires (juridiques, médicales, psychologiques et psychiatriques, secteur social et éducatif, protection de l'enfance, histoire et sciences sociales, théologie...). Elle a été financée par l'épiscopat et les instituts et congrégations religieux à hauteur de 3 millions d'euros.

 

Avec AFP

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