Liban

Annulation d'un concert d'un groupe de rock pro-LGBT accusé d'atteinte aux valeurs et symboles chrétiens

Les organisateurs d'un festival international au Liban ont été "contraints" d'annuler mardi un concert d'un groupe de rock alternatif pro-LGBT pour éviter des violences après une vaste polémique au sujet du groupe accusé d'atteinte aux valeurs et symboles chrétiens.

Le groupe Mashrou' Leila a été déprogrammé du festival international de Byblos. 
Le groupe Mashrou' Leila a été déprogrammé du festival international de Byblos. 

Avec un chanteur ouvertement gay et des textes engagés disséquant des questions sociales et abordant les problématiques LGBT, le groupe Mashrou' Leila formé en 2008 par des étudiants de l'Université américaine de Beyrouth est accusé d'avoir porté atteinte à la sacralité de symboles chrétiens.

 

"Dans une démarche sans précédent et suite aux rebondissements successifs, le comité (du festival) a été contraint d'annuler le concert de Mashrou' Leila prévu le vendredi 9 août 2019 pour éviter une effusion de sang et maintenir la sécurité et la stabilité (...)", a annoncé la direction du Festival international de Byblos dans un communiqué. "Nous regrettons ce qui est arrivé et nous nous excusons auprès du public", ajoute le communiqué.

 

A l'origine de la controverse: un article partagé sur Facebook par le leader du groupe, Hamed Sinno, illustré par un photo-montage où le visage de la Vierge Marie a été remplacé par celui de la star américaine Madonna. Mais aussi deux chansons, "Idols" et "Djin", qui portent atteinte, selon des membres du clergé catholique maronite, aux "valeurs religieuses et humaines".

 

L'annonce de l'annulation du concert intervient au lendemain d'un nouvel appel à ce sujet lancé par le centre catholique d'information, une institution religieuse qui collabore avec les autorités en matière de censure artistique et culturelle.

 

La polémique a atteint son paroxysme ces derniers jours, sur fond d'insultes et de critiques virulentes à l'égard du groupe, voire d'incitation à peine voilée au meurtre.

 

Le groupe de rock, qui détonne dans le paysage arabe, a déjà vu ses concerts annulés dans d'autres pays de la région. En Jordanie, des concerts avaient été annulés en 2016 et en 2017, à la suite notamment de protestations de parlementaires conservateurs. Après un concert du groupe en Egypte en 2017 durant lequel des spectateurs avaient brandi le drapeau arc-en-ciel, symbole de la communauté LGBT, les autorités avaient lancé une vague de répression contre la communauté homosexuelle, procédant à plusieurs arrestations.

 

(Avec AFP)

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Pologne

L'opposition centriste a ignoré un meeting contre la violence homophobe

Trois leaders de partis de gauche polonais ont animé dimanche un rassemblement contre la violence homophobe à Bialystok, mais l'opposition centriste a ignoré ce meeting tenu une semaine après l'attaque d'ultranationalistes contre une Gay Pride dans cette ville du nord-est du pays.

Robert Biedron, leader du jeune parti progressiste Wiosna (Printemps)
Robert Biedron, leader du jeune parti progressiste Wiosna (Printemps)

Robert Biedron, leader du jeune parti progressiste Wiosna (Printemps), a appelé - paraphrasant une expression célèbre prononcée en 1979 par le pape Jean Paul II - à "changer la face de la Pologne" pour empêcher la répétition d'incidents tels que l'attaque de hooligans contre la marche LGBT, le 20 juillet.

 

Cette évolution est déjà en cours, a-t-il assuré, confiant que lorsque sa mère avait appris qu'il était gay, elle avait été "très affligée". "Aujourd'hui ma mère est ici avec nous. Elle tient un drapeau arc-en-ciel. Le changement est possible", a ajouté Robert Biedron, acclamé par quelques centaines de manifestants.

 

Les leaders du petit parti de gauche Razem (Ensemble) Adrian Zandberg et du parti social-démocrate SLD, héritier de l'ancien PC, Wlodzimierz Czarzasty, ont appelé à la solidarité avec les victimes des violences homophobes.

 

Mais plusieurs manifestants ont déploré, parlant aux journalistes sur place, l'absence des deux principaux partis d'opposition présents au parlement, la Plateforme Civique (PO, centriste) et le PSL (paysan, conservateur), à quelques mois des législatives.

 

Le PSL a publié dimanche une déclaration expliquant sa décision par des "provocations accompagnant les marches et les manifestations des milieux LGBT qui blessent les sentiments des croyants et servent à profaner des symboles religieux sacrés pour les catholiques".

 

Il semblait faire allusion à l'apparition sur le web d'annonces proposant la vente, au bénéfice d'une organisation LGBT, de figurines de la Vierge Marie en forme de sexe féminin peintes aux couleurs de l'arc-en-ciel. Plusieurs plaintes ont été déposées contre leur auteure pour offense aux sentiments religieux.

 

Dimanche à Bialystok, un petit groupe de contre-manifestants conservateurs a également reproché aux participants au rassemblement de "propager la haine à l'égard de l'Eglise" catholique et d'"exposer des abominations dans l'espace public". Mais l'échange de propos n'a pas dégénéré et la police s'est bornée à le filmer, sans intervenir, selon des images transmises par les médias polonais.

 

(Avec AFP)

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Israël

Poignardé devant un refuge pour LGBT

Un garçon de 16 ans a été grièvement blessé en pleine rue, vendredi à Tel-Aviv. Il aurait identifié son assaillant comme étant son propre frère.

La scène d'une agression au couteau près de l'auberge de jeunesse LGBT Beit Dror à Tel Aviv le 26 juillet 2019. (Capture d'écran: Channel 13) 

Un adolescent de 16 ans a été grièvement blessé à l’arme blanche, vendredi après-midi à Tel Aviv.

 

Le garçon sortait de Beit Dror, un centre d’hébergement pour jeunes LGBT en rupture familiale, quand il a été attaqué par un individu sortant d’une voiture, qui a ensuite quitté les lieux.

 

Avant de perdre connaissance, la victime aurait eu le temps de dire que l’assaillant était son propre frère, rapporte "The Times of Israel". Ce garçon originaire de Tamra, une ville arabe de Galilée (nord), était hier soir dans un état qualifié de "grave, mais stable!".

 

"Très choqués"

"Nous sommes inquiets pour les adolescents qui ont été très choqués par l’événement, et nous nous efforçons de nous occuper d’eux et de maintenir leur santé mentale", a déclaré Yaël Sinaï, directrice de Beit Dror, à Ynet.

 

"Cette agression n’avait rien d’une coïncidence. C’est un crime de haine contre la communauté LGBT. Il y a un prix aux insinuations et à la LGBT-phobie que nous entendons quotidiennement", a commenté l’organisation Israel Gay Youth. Une marche de protestation et de soutien à la victime est prévue ce dimanche.

 

L’attaque survient presque 10 ans jour pour jour après la fusillade de Bar Noar, qui avait coûté la vie à deux personnes lors d’une soirée pour jeunes LGBT. Une affaire toujours non élucidée.

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Rhône

Un couple homosexuel agressé par une vingtaine d’individus, une enquête ouverte

Un couple homosexuel a été pris à partie par un groupe d'individus dans la nuit de vendredi à samedi à Villeurbanne près de Lyon.

Des insultes suivies par des coups. Une violente agression homosexuelle s'est produite dans la nuit de vendredi à samedi à Villeurbanne, en banlieue lyonnaise. Le parquet a ouvert une enquête.

 

Deux hommes se promenaient main dans la main quand ils croisent un groupe d'une vingtaine d'individus. Dans un premier temps, des insultes homophobes sont proférées, avant que les agresseurs n'en viennent aux coups.

 

A leur arrivée, la police a elle aussi été prise à partie par le groupe d'individus. 

 

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Un couple homosexuel a été pris à partie par un groupe d'individus dans la nuit de vendredi à samedi à Villeurbanne près de Lyon.

 

Des insultes suivies par des coups. Une violente agression homosexuelle s'est produite dans la nuit de vendredi à samedi à Villeurbanne, en banlieue lyonnaise. Le parquet a ouvert une enquête.

 

Deux hommes se promenaient main dans la main quand ils croisent un groupe d'une vingtaine d'individus. Dans un premier temps, des insultes homophobes sont proférées, avant que les agresseurs n'en viennent aux coups.  

 

Selon nos confrères du Progrès, le couple parvient à se réfugier dans le hall d’un immeuble, avant d'appeler la police. Mais avant que les policiers n'arrivent, l’un des deux hommes ressort pour récupérer ses lunettes perdus et est de nouveau frappé.

 

Violences aggravée par trois circonstances

A leur arrivée, les policiers ont eux aussi été pris à partie et ont subi des jets de projectiles. Les agresseurs, munis de barres de fer, se sont dispersés lorsque les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes.

 

Les victimes, frappées sur l’ensemble du corps, se sont vue prescrire deux et quinze jours d’incapacité totale de travail (ITT). Leurs jours ne sont pas en danger.

 

L’enquête, confiée à la sûreté départementale, porte sur des violences aggravée par trois circonstances : en réunion, pour une ITT supérieure à huit jours et pour un motif lié à l’orientation sexuelle des victimes.

 

(Source Le Dauphiné)

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Tinder lance une "alerte voyageur" dans 70 pays pour mettre en garde ses utilisateurs LGBTQ+

L'alerte sera active dans les pays où l'homosexualité est condamnée par la loi.

Une nouvelle mesure de sécurité pour protéger les utilisateurs LGBTQ+. L’application de rencontre Tinder a annoncé la création d’une mise à jour sécuritaire, la Traveler Alert (alerte voyageur), visant à mettre en garde ses utilisateurs LGBTQ+ se trouvant dans un pays où l’homosexualité est interdite par la loi.

 

"Il est important de rappeler qu’il existe encore près de 70 pays dans le monde dont les lois érigent effectivement en infraction le statut de LGBTQ", explique l’entreprise américaine dans un communiqué.

 

Cette alerte apparaîtra donc dès que Tinder sera ouvert dans un de ces 70 pays pour "veiller à ce que nos utilisateurs soient conscients des dangers potentiels auxquels la communauté LGBTQ+ est confrontée - afin qu’ils puissent prendre des précautions supplémentaires et ne pas se mettre inconsciemment en danger pour le simple fait d’être eux-mêmes", précise ce communiqué.

 

Ainsi les personnes homosexuelles n’apparaîtront plus automatiquement sur Tinder au moment de l’ouverture de l’application dans un de ces pays. Une fois l’alerte activée, les utilisateurs auront le choix de rester masqué lorsqu’ils se trouveront à cet endroit ou de rendre leur profil public, et d’utiliser l’application dans ces pays.

 

Tinder n’a cependant toujours pas précisé la liste détaillée des pays concernés. Le Maroc, où l’homosexualité est sanctionnée par l’article 489 du code pénal, qui punit de "l’emprisonnement de six mois à trois ans et d’une amende de 200 à 1.000 dirhams quiconque commet un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe", devrait être touché par cette mise à jour.

 

Ce n’est pas la première fois qu’une application de rencontre met en place des notifications pour alerter ses utilisateurs membres de la communauté LGBTQ+.

 

En octobre 2017, lors d’une violente répression policière contre la communauté homosexuelle en Égypte, des applications de rencontre gay, comme Grindr, auraient été utilisées pour piéger des homosexuels. Suite à cela, plusieurs sites de rencontres gay avaient envoyé à leurs utilisateurs égyptiens des conseils pour éviter d’être arrêtés par la police.

 

(Source www.huffpostmaghreb.com/)

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Injures homophobes / Corruption

Porto Rico en liesse après la démission du gouverneur

Des Portoricains ont célébré dans la liesse jeudi leur victoire après la démission du gouverneur de l'île des Caraïbes, Ricardo Rossello, au centre d'un scandale de messages sexistes et homophobes dans ce territoire américain dévasté par des ouragans en 2017.

Manifestation à Porto Rico ce jeudi 25 juillet pour célébrer la démission du gouverneur Ricardo Rossello. REUTERS/Marco Bello 

Juchés sur un camion, les rappeurs Residente et Bad Bunny menaient le cortège de plusieurs centaines de manifestants à San Juan, la capitale, pour fêter le départ du gouverneur, dont la situation était devenue intenable après près de deux semaines de contestation.

 

Autour d'eux, la foule brandissait des drapeaux aux couleurs de l'île et des pancartes reprenant le slogan "Ricky démission". "Les gens qui sont au gouvernement et qui sont associés à Ricardo Rossello doivent partir", a lancé Residente, de son vrai nom René Perez. "Nous ne voulons plus personne du passé, nous voulons des gens nouveaux", a assuré le chanteur.

 

Mercredi soir, après une journée de rumeurs persistantes sur son départ, M. Rossello, 40 ans, avait annoncé qu'il quitterait le pouvoir "le 2 août à 17H00", dans une vidéo diffusée par le gouvernement sur Facebook. Ses services ont diffusé jeudi sa lettre officielle de démission, adressée aux représentants des pouvoirs législatif et judiciaire de l'île. Il sera remplacé temporairement par la secrétaire à la Justice, Wanda Vazquez. Mais cette nomination n'a pas calmé la contestation.

 

Artistes engagés 

"Les gens n'en peuvent plus et ont besoin de quelqu'un qui représente Porto Rico de manière honnête", a expliqué Marilyn Negron, une serveuse âgée de 36 ans, alors que le gouvernement est également accusé de corruption et de détournement de fonds.

 

La colère grondait depuis le 13 juillet, quand le Centre de journalisme d'investigation de Porto Rico a révélé le contenu de conversations entre le gouverneur et onze hauts responsables locaux, anciens ou actuels, sur la messagerie cryptée Telegram. Ces hommes y échangent blagues misogynes et commentaires homophobes, visant notamment le chanteur vedette portoricain Ricky Martin.

 

Ils s'en prennent aussi à des journalistes et des fonctionnaires. Un collaborateur de Ricardo Rossello plaisante même sur les victimes de l'ouragan Maria, qui avait fait près de 3.000 morts en septembre 2017.

 

Le mouvement de protestation spontané, lancé par la société civile et suivi par les syndicats, s'est propagé à mesure que les artistes de l'île s'engageaient aux côtés des manifestants, Ricky Martin en tête. Avec les rappeurs Nicky Jam, Residente et Bad Bunny, il avait participé à une manifestation géante qui avait paralysé la capitale lundi. Le duo de "Despacito", Daddy Yankee et Luis Fonsi, le chanteur Marc Anthony, l'acteur Benicio del Toro ou le metteur en scène Lin-Manuel Miranda ont aussi apporté leur soutien au mouvement.

 

Comme Gandhi

Ricky Martin a salué jeudi la mobilisation "pacifique, sans armes, comme Gandhi" de la population et appelé les Portoricains à maintenir la pression sur le pouvoir. "Ne laisse pas tomber, Porto Rico, c'est maintenant que commence le travail", a-t-il écrit sur son compte Instagram suivi par 12 millions de personnes, appelant les gens à "sortir dans les rues".

 

Le président de la Chambre des représentants, Johnny Mendez, a suspendu la procédure de destitution visant le gouverneur jusqu'à son départ effectif du pouvoir. Un comité de juristes mis en place par ses soins a conclu qu'il y avait matière à des poursuites contre le gouverneur.

 

Leur rapport, dévoilé par Telemundo, a identifié cinq délits possibles dans la conversation sur Telegram, notamment malversation de fonds publics. Le ministère de la Justice avait indiqué mardi que des mandats de perquisition avaient été émis contre les protagonistes de l'affaire.

 

Ancienne colonie espagnole devenue territoire américain avec un statut spécial d'"Etat libre associé", Porto Rico peine à se relever des ravages de deux ouragans, Irma et Maria, qui se sont succédé à l'été 2017. L'île est aussi secouée par un scandale de corruption.

 

Six responsables locaux sont accusés d'avoir détourné quinze millions de dollars de fonds fédéraux destinés à la reconstruction après les ouragans. Porto Rico a déclaré en mai 2017 le plus gros processus de faillite jamais lancé par une entité locale aux Etats-Unis. Quelque 44% des 3,2 millions d'habitants vivent sous le seuil de pauvreté.

 

(Avec AFP)

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Projet de loi

Le RN hostile à la PMA pour toutes, Jean-Marie Le Pen favorable

L'eurodéputé du Rassemblement national Jordan Bardella a rappelé mercredi que son parti était opposé à la PMA pour toutes au nom du "droit de l'enfant à avoir à la fois un père et une mère" et a réclamé un référendum sur le sujet.

 Jean-Marie Le Pen
Jean-Marie Le Pen

"Nous serons évidemment opposés à la PMA et à la GPA", a souligné sur LCI Jordan Bardella, car "tout ce qui est technologiquement possible n'est pas toujours humainement souhaitable et parfois pour qu'une société fonctionne, il faut savoir poser des limites". Selon lui, "il y a pas de droit à l'enfant, mais il y a un droit de l'enfant et le premier de ses droits, c'est d'avoir à la fois un père et une mère". "L'intérêt de l'enfant lorsque l'enfant grandit, c'est de connaître à la fois son père et sa mère et la PMA remettrait en cause ce droit", assure-t-il.

 

Autre argument de l'eurodéputé : "Est-ce qu'on élargit à tous et toutes, sachant que cela ouvrirait la porte derrière mécaniquement à la gestation pour autrui" car "les juges nous expliqueront qu'il y a une discrimination entre les couples homosexuels femmes et hommes". Un référendum s'impose selon lui. "Des questions aussi essentielles que la PMA et la GPA doivent être soumises à référendum parce que ça permettrait le débat et je pense que c'est la manière la plus juste de considérer si oui ou non, les Français estiment que c'est une avancée ou non", argumente-t-il.

 

"A titre personnel, je n'y suis pas opposé", a annoncé pour sa part le fondateur du Front national Jean-Marie Le Pen, sur le site du Figaro, tout en précisant "qu'il ne s'agit pas d'un combat fondamental". Adversaire résolu du mariage homosexuel, Jean-Marie Le Pen se félicite d'une décision en faveur de la natalité. "Je suis pour les enfants. Je préfère la méthode traditionnelle. Mais après tout... Je préfère un enfant sans père que pas d'enfant du tout", insiste-t-il. "Nous devons nous défendre contre l'invasion migratoire, qui tient avant tout à une différence de dynamique démographique considérable entre le continent boréal et le reste du monde", argumente-t-il.

 

La première grande réforme sociétale du quinquennat Macron, l'extension de la PMA à toutes les femmes, est présentée en Conseil des ministres mercredi avant son examen à l'Assemblée à la rentrée. L'ouverture de la procréation médicalement assistée aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires est la mesure phare du projet de loi de bioéthique, destiné à réviser la loi de 2011.

 

(Avec AFP)

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Russie

Une militante LGBT tuée à l'arme blanche

Une militante russe des droits LGBT et de différentes causes de l'opposition, Elena Grigorieva, a été retrouvée morte à Saint-Petersbourg, tuée à l'arme blanche, ont annoncé lundi les autorités et des proches.

Elena Grigorieva, militante LGBT, massacrée à coups de couteau au visage et dans le dos
Elena Grigorieva, militante LGBT, massacrée à coups de couteau au visage et dans le dos

"Le corps d'une femme de 41 ans portant de multiples blessures au couteau a été découvert dimanche dans le sud de Saint-Petersbourg", ont indiqué les enquêteurs.

 

Elena Grigorieva était une militante locale participant régulièrement à des rassemblements en faveur de la communauté LGBT, mais aussi des prisonniers politiques, qui militait aussi contre l'annexion de la Crimée par la Russie et pour d'autres causes.

 

Selon le militant de l'opposition Dinar Idrisov, Elena Grigorieva "a été sauvagement tuée près de chez elle" vendredi soir.

 

"Elle avait été récemment victime de violences et de menaces" et avait déposé plainte à plusieurs reprises, "sans qu'il n'y ait de réaction", a-t-il déploré.

 

Selon la Fontanka, un journal en ligne de Saint-Petersbourg, un suspect a été arrêté. Les coups lui avaient été portés dans le dos et au visage. Elle aurait également été étranglée.

 

(Avec AFP)

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Russie

le spectre de la chasse aux gays ressurgit en Rusie

Une plateforme "ludique" destinée à terroriser, violenter et rançonner des gays et lesbiennes a été fermée par les autorités. Les militants LGBT restent vigilants.

"Notre futur sans ces foutus homosexuels et pédophiles dépend de vous !" Apparu au printemps de 2018, un site de "chasse aux gays" appelé Pila a été bloqué cette semaine par les autorités russes à la demande de l’organisation locale LGBT Network. Ce nom (qui signifie "scie" ou "tronçonneuse" en russe) se réfère à la série de films d’horreur "Saw", où un tueur sadique confronte ses proies à un «jeu» censé tester leur volonté de survivre.

 

Le site était présenté comme une plateforme "ludique", publiant les photos et coordonnées de personnes prétendument LGBT en vue d’actes de violence. Pila suggérait la possibilité de harceler, tabasser, enlever ou "livrer en Tchétchénie" les personnes visées. "Vous pouvez tout faire sauf les tuer."

 

Plusieurs militants des droits de l’homme et journalistes y étaient répertoriés, obligeant certains à quitter le pays, comme le leader de LGBT Network, Mikhail Tumasov. Pila proposait aussi de pourchasser les rescapés des rafles anti-LGBT ayant fui la Tchétchénie depuis 2017 pour se réfugier ailleurs en Russie.

 

Rançon

Les informations sur les cibles potentielles étaient accessibles aux "chasseurs" moyennant 200 roubles (2,80 euros). Pour les effacer, les personnes visées devaient quant à elles débourser 1500 roubles (21 euros).

 

De quoi alimenter une cagnotte pour récompenser les auteurs d’attaques et assurer leur défense en cas d’ennuis judiciaires, promettait la plateforme.

 

L’affaire rappelle la campagne d’agressions "Occupy Pedophilyaï", en 2013-2014, inspirée par le néonazi Maksim Martsinkevich. Cette chasse aux gays avait été relayée par les réseaux sociaux, notamment via des vidéos virales, dont les images étaient republiées sur Pila.

 

LGBT Network précise toutefois qu’elle n’a trouvé à ce jour aucune preuve d’agressions menées au moyen du site Pila. Mais l’organisation estime la menace bien réelle. Elle prévient d’ailleurs que Pila a déjà été fermé, avant de rouvrir. En outre, aucune procédure pénale n’a été lancée à ce jour contre les auteurs du site.

 

Le site prenait pour mascotte Billy, la marionnette de la franchise d'horreur "Saw".

 

(Article 360°)

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Pologne

Un défilé de la fierté gaie attaqué par des ultranationalistes

Un défilé de la fierté gaie organisé pour la première fois à Bialystok, grande ville de l'est de la Pologne, a été attaquée samedi par des ultranationalistes, dans un contexte d'homophobie à l'approche des législatives de l'automne.

Selon des témoins, certains hooligans portaient des tee-shirts avec des symboles ultra-nationalistes - PHOTO ASSOCIATED PRESS

Une quinzaine de personnes ont été interpellées, selon la police.

Alors qu'une importante campagne contre "l'idéologie LGBT", devenue un des thèmes majeurs des prochaines législatives, se déroule dans ce pays catholique, quelque 800 participants, selon la police, ont traversé le centre de Bialystok pour la première fois dans l'histoire, entourés d'importantes forces de l'ordre.

 

Les manifestants arboraient des drapeaux arc-en-ciel et des banderoles "L'amour n'est pas un péché" ou "Égalité des sexes".  

 

Mais des groupes de supporteurs de soccer venus de tout le pays ont stoppé la marche à plusieurs reprises, forçant la police à intervenir.

 

Selon des témoins, certains hooligans portaient des tee-shirts avec des symboles ultra-nationalistes, d'autres criant "Pas de sodomie à Bialystok !".

 

Ils ont lancé contre les manifestants et les policiers des pétards, des pierres et des bouteilles, selon un porte-parole de la police.

 

La marche a été fortement critiquée par les milieux catholiques et nationalistes, qui ont organisé une quarantaine de contre-manifestations à Bialystok, dont un pique-nique familial à l'initiative du préfet de la région, membre du parti conservateur Droit et Justice (PiS) au pouvoir.

 

Quelques centaines de personnes ont également prié devant la cathédrale pendant que la marche traversait la ville.

 

Selon l'ONG Campagne contre l'homophobie (KPH), une trentaine d'entités territoriales polonaises, dont des villages et des assemblées régionales, se sont récemment déclarées "Zones libres de l'idéologie LGBT (Lesbiennes, Gays, Bisexuels et Transgenres").  

 

Le journal conservateur Gazeta Polska, proche du pouvoir, a annoncé vouloir offrir à ses lecteurs des autocollants d'une grande croix noire barrant un arc-en-ciel avec l'inscription : "Ceci est une zone sans LGBT".

 

"Je suis déçue et inquiète de voir certains groupes utiliser des autocollants pour promouvoir la haine et l'intolérance", avait réagi jeudi l'ambassadrice américaine Georgette Mosbacher sur Twitter.

 

Lors des élections européennes de mai, le puissant chef du PiS, Jaroslaw Kaczynski, proche de l'Église catholique, s'en était pris à la communauté LGBT, à la "théorie du genre" et même à certaines recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qu'il accuse d'être une "menace à l'identité, à la nation et à l'État polonais".

 

Les derniers sondages suggèrent que le PiS pourrait être reconduit au pouvoir lors du scrutin prévu en octobre.

 

(Avec AFP)

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La-Roche-sur-Yon

Prison avec sursis requise contre les étudiants catholiques ayant saccagé un stand LGBT

"Homo-folie, ça suffit" : douze jeunes gens, accusés d'injures homophobes et pour certains de violences ou vol lors de la journée de lutte contre l'homophobie à La Roche-sur-Yon (Vendée) en mai ont invoqué jeudi devant la justice le droit à la liberté d'expression.

C'était une action "pour exprimer notre opinion" : à la barre, les douze prévenus, onze hommes et une femme âgés de 18 à 22 ans, s'expriment avec un certain détachement dans une salle d'audience comble du tribunal correctionnel de La Roche-sur-Yon. "Je crains qu'il ne leur manque, au moins pour partie, des notions de compassion, fraternité, respect", a observé Hervé Lollic, procureur de la République, estimant qu'ils présentaient "des cursus et des éducations (...) qui jamais n'auraient dû aboutir aux faits".

 

Au terme de son réquisitoire, il a requis à leur encontre de 2 à 8 mois de prison avec sursis, ainsi que 100 à 250 heures de travail d'intérêt général. Le jugement a été mis en délibéré au 9 septembre.

 

Les prévenus, aux casiers judiciaires vierges, sont poursuivis pour injure homophobe, entrave à la liberté de réunion voire, pour certains, de violences et de vol, le 18 mai.

 

En ce samedi dédié à la "journée de lutte contre l'homophobie et la transphobie", ces étudiants, en économie et gestion d'entreprise, mathématiques, histoire et droit, de l'Institut catholique d'enseignement supérieur (ICES) de la ville, avaient décidé de délaisser leur révision de partiels.

 

Un témoin auditionné avance que le groupe voulait "casser du pédé", rappelle la présidente du tribunal, qui a tenté de savoir si l'action avait été fomentée, le slogan choisi à l'avance. Des échanges de textos prouvent que d'autres étudiants ont été avertis pour rallier la place Napoléon, où avait été monté le village associatif.

 

"Bé-bête, pas méchant"

Les prévenus ont reconnu avoir traversé ce village en scandant "homo-folie ça suffit !". L'un se dissimule le visage. Un autre vole le drapeau arc-en-ciel: de retour chez lui, il brûlera partiellement ce symbole et l'accrochera dans ses toilettes. "Ce n'était pas organisé", "on peut mettre ça sous le coup de la jeunesse", "une réaction d'enfants un peu énervés", se défendent-ils à tour de rôle pour justifier une action restée, selon eux, "pacifique".

 

Exploser des ballons avec une cigarette ? "C'est 'bé-bête', pas méchant", élude le principal intéressé, également poursuivi pour des violences, qu'il ne reconnaît pas, sur trois personnes dont deux militants septuagénaires de la Ligue des droits de l'Homme. "J'ai entendu les mots 'commando militaire', c'est tout à fait ce qu'on a ressenti et qui nous ramène à des heures sombres", déclare un témoin à la barre, convaincu du caractère prémédité de l'action.

 

Le slogan ? "Ni insultant, ni agressif", balaie un jeune participant. "J'avais trouvé ça assez pertinent, assez accrocheur", abonde un camarade. Tous se définissent comme des "militants et non des homophobes" qui revendiquent le droit à la liberté d'expression face à "la lutte politique pour l'acquisition de droits supplémentaires", GPA et PMA en tête.

 

"Je parle du délire qui tourne autour de ce sujet permanent, de la revendication de droits supplémentaires", dénonce un prévenu, parlant d'une "omniprésence" de "la LGBT". "Il aurait été autrement plus digne de solliciter un moment de dialogue, fût-ce dans une confrontation républicaine", a lancé Jean-Bernard Geoffroy, défendant des associations militantes qui revendiquent "les mêmes droits, pas plus de droits".

 

Mais le slogan n'est pas une injure et les prévenus n'ont pas "le profil des jeunesses hitlériennes" que la partie adverse a voulu leur donner, selon l'un des cinq conseils de la défense. "C'est une opinion politique exprimée dans l'espace public (...) il faut raison garder", a abondé son confrère Grégory de Moulins Beaufort.

 

Ces avocats ont demandé la relaxe de leurs clients des faits d'injure et d'entrave, après avoir remis en cause la probité de certaines parties civiles. Parmi ces douze étudiants, trois ont été exclus de l'ICES, fondé par Philippe de Villiers en 1985, dont deux de manière définitive.

 

(Avec AFP)

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Repères

Don du sang des homosexuels, de l'interdiction aux restrictions

Le don du sang par les homosexuels, qui va être autorisé après une période d'abstinence réduite à quatre mois, avait été interdit pendant plus de 30 ans, avant d'être soumis à des restrictions. L'exclusion des homosexuels du don du sang, entrée en vigueur en 1983 peu après la découverte du virus du sida, était totale jusqu'en 2016.

- 1983: interdiction

Le 20 juin 1983, le professeur Jérôme Roux, directeur général de la Santé, signe une circulaire "relative à la prévention du sida par la transfusion sanguine" selon laquelle "les populations à risque" doivent être écartées des collectes de sang, citant "les personnes homosexuelles ou bisexuelles ayant des partenaires multiples" et les "utilisateurs de drogues injectables par voie veineuse".

 

L'interdiction est fondée sur une présence beaucoup plus forte du VIH dans ces populations et sur l'existence d'une "fenêtre silencieuse" d'environ deux semaines pendant laquelle le virus est indétectable dans le sang collecté.

 

Les associations de défense des droits des homosexuels dénoncent une discrimination, soulignant que le danger de contamination concerne davantage "des pratiques" que "des groupes" à risque.

 

En 2002, sous la pression de ces associations, les médecins de l'Établissement français du sang (EFS) publient de nouvelles recommandations, ciblant spécifiquement "les relations homosexuelles masculines".

 

L'affaire du sang contaminé, avec plus de 4.000 transfusés infectés avant la mise en place le 1er août 1985 du dépistage obligatoire du virus du sida dans le don du sang, rend l'affaire éminemment sensible.

 

- 2016: levée de l'interdiction et restrictions

En 2012, François Hollande, alors candidat à la présidentielle, déclare vouloir mettre fin à "l'exclusion", "parce que chaque prélèvement est contrôlé d'abord et parce qu'il est dévastateur (...) d'accréditer une forme de présomption de séropositivité des hommes homosexuels".

 

Le 4 novembre 2015 la ministre de la Santé Marisol Touraine annonce la levée de l'interdiction, "par étapes", dans "le respect absolu de la sécurité des patients". Les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HsH) peuvent en théorie donner leur sang à partir de juillet 2016, mais un arrêté impose notamment une abstinence d'un an, qui doit être déclarée lors d'un entretien préalable.

 

Cette mesure est critiquée par des associations homosexuelles, estimant qu'elle "exclut dans les faits 93,8% des gays du don du sang".

 

- 2020: réduction de la période d'abstinence

En novembre 2018 une enquête de l'agence sanitaire Santé publique France montre que l'ouverture du don aux homosexuels n'a pas augmenté le risque de transmission du virus du sida par transfusion.

 

Le 20 juin 2019, plusieurs associations LGBT annoncent avoir porté plainte contre la France devant la Commission européenne pour discrimination.

 

Le 17 juillet, le ministère de la Santé annonce réduire la période d'abstinence à quatre mois à partir du 1er février 2020, promettant d'aligner les conditions du don sur celles des hétérosexuels - quatre mois d'absence de relations avec plusieurs partenaires - "à l'horizon 2022".

 

(Avec AFP)

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Bilan

Lutte contre le sida en 2018 : ombres et lumière

Côté face, un nombre de morts qui baisse et un accès aux traitements toujours plus large, mais côté pile, des infections en hausse dans certains pays et des financements insuffisants : la lutte contre le sida a connu une année 2018 contrastée.

Des succès...

L'an dernier, 770.000 personnes dans le monde sont mortes de maladies liées au sida, selon le rapport annuel de l'Onusida publié mardi.

 

C'est moins qu'en 2017 (800.000) et cela représente une baisse d'un tiers depuis 2010 (1,2 million), selon l'agence de l'Onu dédiée à la lutte contre le sida. Surtout, c'est sans commune mesure avec l'hécatombe enregistrée au pic de l'épidémie en 2004, avec un nombre de morts plus de deux fois supérieur (1,7 million).

 

Autre bonne nouvelle : plus de trois séropositifs sur cinq dans le monde - 23,3 millions sur 37,9 - suivent des traitements antirétroviraux, qui permettent de ne plus transmettre le virus du sida s'ils sont pris correctement. C'est la plus haute proportion jamais atteinte, et c'est environ dix fois plus qu'au milieu des années 2000.

 

Le nombre de nouvelles infections, lui, est stable par rapport aux années précédentes (1,7 million).

 

... mais en trompe-l’œil

Globalement, la baisse du nombre de morts et le meilleur accès aux traitements s'expliquent par les progrès notables réalisés en Afrique du sud et de l'est, région historiquement la plus concernée par le sida. C'est là que vit plus de la moitié de la population mondiale touchée par le virus.

 

Mais ailleurs dans le monde, certains indicateurs sont inquiétants.

Ainsi, en Europe de l'est et dans le centre de l'Asie, le nombre de nouvelles infections a augmenté de 29% depuis 2010. Sur la même période, le nombre de morts dus au sida a augmenté de 5% dans ces régions et de 9% au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ces huit dernières années.

 

L'argent, nerf de la guerre

"Pour la première fois depuis 2000, les ressources disponibles pour la lutte globale contre le sida ont décliné", s'alarme Gunilla Carlsson, qui assure l'intérim à la tête de l'Onusida après le départ du Malien Michel Sidibé.

 

En 2018, 19 milliards de dollars étaient consacrés à des programmes de lutte contre la maladie dans les pays à faible et moyen revenu. C'est un milliard de moins qu'en 2017, et sept de moins que la somme jugée nécessaire pour 2020 (26,2).

 

"Cette baisse est un échec collectif", juge l'Onusida, selon qui cela concerne "toutes les sources de financement" : contributions internationales des États, investissements des pays eux-mêmes ou dons privés à but philanthropique.

 

C'est pourquoi 2019 est une année cruciale. Organisée tous les trois ans, la conférence de financement du Fonds mondial aura en effet lieu le 10 octobre en France, à Lyon.

 

Une mère et son fils séropositifs à l'hôpital de Bangui, en Centrafrique, en décembre 2018

 

L'objectif est de lever 14 milliards de dollars pour la période 2020-22 afin de financer ce fonds, fruit d'un partenariat entre États, organisations de la société civile, secteur privé et malades.

 

Les principaux contributeurs sont les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne et le Japon.

 

Des objectifs difficiles à tenir

Tous ces obstacles compromettent le but que s'est assigné l'ONU pour 2020 : que 90% des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut, que 90% de ces dernières soient sous traitement, et que parmi celles-ci, 90% aient une charge virale indétectable.

 

En 2018, ces proportions se montaient respectivement à 79%, 78% et 86%, avec là encore des disparités régionales.

 

Pour rappeler l'importance de cet objectif, l'Onusida a organisé la présentation de son rapport à Eshowe, ville de la province sud-africaine du KwaZulu-Natal. Le triptyque "90-90-90" y a été atteint avant la date-butoir de 2020, grâce à des actions de prévention et de soin de proximité, au sein des communautés locales.

 

Une manière de préparer l'avenir, alors que les enfants restent une cible de choix pour le virus du sida. En 2018, 160.000 enfants dans le monde ont été infectés, loin de l'objectif de 40.000 que la communauté internationale s'était fixée.

 

(Avec AFP)

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Corée du Sud

La criminalisation de l'homosexualité au sein de l'armée facteur de violences, abus et discrimination

Les soldats homosexuels et transgenres en Corée du Sud sont en butte aux violences, au harcèlement et à la discrimination généralisée en raison de la criminalisation des relations homosexuelles entre adultes consentants au sein de l’armée, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport qui détaille pourquoi il faut abolir cette loi inique.

Intitulé "Serving in Silence : LGBTI People in South Korea’s Military", ce document révèle l’impact destructeur sur les personnes LGBTI de la criminalisation des relations sexuelles consenties avec une personne de même sexe au sein de l’armée sud-coréenne.

 

L’article 92-6 du Code pénal militaire sanctionne les relations sexuelles entre hommes au sein de l’armée, qu’ils soient ou non en service, d’une peine pouvant aller jusqu’à deux ans de prison au titre de la clause sur les "actes indécents".

 

"L’armée sud-coréenne doit cesser de traiter les personnes LGBTI comme des ennemis. La criminalisation des rapports sexuels entre personnes de même sexe ruine la vie de nombreux soldats LGBTI et a des répercussions sur l’ensemble de la société", a déclaré Roseann Rife, directrice des recherches sur l’Asie de l’Est à Amnesty International.

 

"Cet environnement hostile favorise les violences et les brimades infligées à des jeunes hommes qui préfèrent garder le silence par peur des représailles. Depuis bien longtemps, l’armée aurait dû reconnaître que l’orientation sexuelle d’une personne n’a rien à voir avec sa capacité à servir son pays". 

 

En Corée du Sud, tous les hommes doivent accomplir un service militaire obligatoire pendant au minimum 21 mois. Cette criminalisation crée un environnement où la discrimination est tolérée, voire encouragée, en se fondant sur ce que sont les personnes concernées. Bien qu’elle ne s’applique qu’au sein de l’armée, du fait qu’environ la moitié de la population remplit un service militaire obligatoire assez tôt dans la vie, elle a un impact social important. Pour de nombreux soldats, anciens et actuels, cela s’avère toxique.

 

Des violences et des viols

Les soldats qui se sont entretenus avec Amnesty International ont déclaré avoir subi des actes d’intimidation, des violences et l’isolement, du fait de la criminalisation des relations homosexuelles au sein de l’armée.

 

De nombreux soldats ont raconté à Amnesty International que des violences sexuelles sont commises contre des homosexuels réels ou présumés au sein de l’armée. Ces sévices sont généralement décrits comme des sanctions pour les soldats qui "ne sont pas assez masculins", montrent des "signes" comme par exemple le fait de marcher d’une manière "efféminée", ont le teint plus clair ou parlent d’une voix aiguë.

 

L’enquête de 2017

Si la criminalisation en vertu du Code militaire est en vigueur depuis les années 1960, la question est passée au premier plan en 2017 lorsque les autorités militaires ont mené une enquête agressive afin d’identifier et de sanctionner les soldats soupçonnés d’avoir des relations sexuelles avec des hommes. En conséquence, plus de 20 soldats ont été inculpés d’avoir eu des relations homosexuelles.

 

Yeo-jun Kim, l’un des soldats ciblés dans le cadre de cette enquête, a raconté que les enquêteurs ont tenté de le contraindre à admettre qu’il avait eu des relations sexuelles avec des hommes. 

 

Il a compris qu’il n’avait d’autre choix que d’admettre avoir enfreint l’article 92-6. "Je subis toujours les conséquences de cette enquête, même après avoir quitté l’armée en 2018. Les autorités se sont comportées comme des voyeurs. Elles auraient dû garantir la confidentialité. J’ai totalement perdu confiance dans les gens". 

 

En réaction à de tels récits, Roseann Rife a commenté : "Ces poursuites scandaleuses ne représentent qu’une petite partie des préjudices que la criminalisation inflige aux homosexuels réels ou présumés. Le Code militaire fait plus que légiférer contre des actes sexuels particuliers ; il institutionnalise la discrimination et risque d’inciter ou de justifier les violences contre les personnes LGBTI au sein de l’armée et dans l’ensemble de la société". 

 

Voir son homosexualité dévoilée

De nombreux soldats sud-coréens ont expliqué qu’ils cachent leur orientation sexuelle ou leur identité de genre de peur d’être "découverts" et harcelés.

 

La peur des représailles dissuade de nombreuses victimes de signaler les violences au sein de l’armée, particulièrement lorsqu’elles sont le fait de personnes plus gradées. Ainsi, règne une culture de l’impunité : les auteurs de violences sont libres, les victimes sont punies.

 

Plusieurs militaires homosexuels ont déclaré qu’ils ont été envoyés dans des centres militaires de santé mentale, les "camps verts" ou "camps de guérison".

 

Des lacunes institutionnelles

En criminalisant les relations sexuelles entre hommes au sein de l’armée, le gouvernement sud-coréen manque à son devoir de respecter tout un éventail de droits humains, notamment les droits à la vie privée, à la liberté d’expression, à l’égalité et à la non-discrimination.

 

La Cour constitutionnelle de Corée du Sud va une nouvelle fois se prononcer sur la constitutionnalité de la criminalisation d’actes sexuels entre personnes de même sexe par des membres de l’armée, après avoir statué à trois reprises depuis 2002 que tel est le cas.

 

"La criminalisation des relations homosexuelles dans l’armée constitue une violation choquante des droits fondamentaux, a déclaré Roseann Rife. Nul ne devrait subir des discriminations et des sévices en raison de qui il est ou de qui il aime. La Corée du Sud doit de toute urgence abroger l’article 92-6 du Code militaire, première étape en vue de mettre fin à la stigmatisation généralisée dont sont victimes les personnes LGBTI". 

 

(Avec Amnesty International)

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Suisse

Guérir de l'homosexualité en deux ans... aux frais de l'assurance

Le magazine alémanique "Gesundheitstipp" a débusqué un nouveau médecin proposant une "thérapie de conversion" couverte par la LAMal. Pink Cross demande des mesures.

Très en vogue, l'EMDR (ici une démonstration) s'appuie sur les propriétés du mouvement rapide des yeux. 

"Une atteinte à la déontologie": voilà comment un rapport du Conseil fédéral qualifiait en 2016 les "thérapies" censées guérir de l’homosexualité, tout en minimisant leur existence en Suisse.

 

Pourtant, faute d’une interdiction explicite, elles restent toutefois pratiquées, comme l’a montré l’été dernier en Suisse romande l’affaire du Dr Henry. Un nouvel exemple est fourni cette semaine par le magazine de santé alémanique "Gesundheitstipp", qui a déniché un psychiatre prêt à "traiter" de jeunes homosexuels : le Dr Lukas Kiener, établi dans le canton de Schwytz.

 

Au terme d’une longue approche par e-mail, où ce médecin FMH s’était montré méfiant ("Comment êtes vous arrivé à moi ?" avait-il demandé), un faux patient de 24 ans accompagné par une journaliste a décroché un rendez-vous. Kiener y a détaillé sa méthode, consistant notamment à analyser les modèles de son client et à savoir s’il a été abusé sexuellement.

 

Stress post-traumatique

Le praticien a expliqué qu’il utilisait la technique EMDR ("Eye Movement Desensitization and Re-processing"), qui a fait ses preuves auprès de personnes ayant subi un stress post-traumatique, notamment des soldats de retour d’une zone de conflit. En outre, pour procéder à cette "reprogrammation", le jeune client devait amener des photos d’hommes qui lui plaisent – y compris pornographiques. "Quand on est entièrement homme, que l’on se sent pleinement bien dans son sexe, alors seulement l’autre sexe devient intéressant", a expliqué le Dr Kiener.

 

Le psychiatre a prévenu que la thérapie durerait au moins deux ans. Les 40 premières séances seraient prises en charge d’office par l’assurance maladie de base. Ensuite il devrait faire une demande, "ce que les caisses maladie acceptent pratiquement toujours", selon le médecin. Au jeune "patient" qui faisait mine de s’inquiéter du risque de rechute, le Dr Kiener a assuré que l’hétérosexualité était "un état très stable".

 

Influence religieuse

"Gesundheitstipp" rappelle que ce type de thérapie est populaire auprès des églises évangéliques, qui attribuent l’origine du "mal" à un désordre familial. Le Dr Kiener est lui-même proche de ce mouvement protestant ultraconservateur, comme l’indique une interview à la revue "Campus für Christus". Il y confiait qu’il priait pour ses patients.

 

Les confrères du Dr Kiener sont sévères. Pour le psychologue Henri Guttmann, ces pratiques s’apparentent à de l’"abus psychologique". Représentant de l’association professionnelle EMDR Suisse, le Dr Olivier Piedfort s’alarme quant à lui d’un mésusage de la technique : "L’EMDR ne peut pas forcer les patients dans une orientation sexuelle particulière."

 

Un "comble"

L’article de "Gesundheitstipp" est sorti dix jours après le dépôt d’une motion au Parlement fédéral, à l’initiative de la conseillère nationale Rosmarie Quadranti

 

(PBD/LU), visant à interdire pénalement les «thérapies de conversion", comme l’a récemment fait l’Autriche. Voir ces pseudo-traitements remboursés par l’assurance maladie est "un comble", réagit pour sa part Pink Cross : "Nous payons toutes et tous par nos primes des traitements prouvés inefficaces et qui ont des conséquences dramatiques pour les personnes LGBT+ qui y sont confrontés." L’organisation a lancé une pétition pour appeler le Conseil fédéral à agir.

 

(Article 360°)

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Girafes bi, pingouins gays et lionnes lesbiennes

Le zoo de Munich veut lever les tabous

Des visites thématiques y sont organisées pour montrer que les relations au sein d’un même sexe ne sont pas déviantes.

Munich (Allemagne), vendredi. Les girafes sont des animaux bisexuels avec jusqu’a 90% d’actes homosexuels au sein d’un groupe. AFP/Christof Stach

Le zoo de Munich (Allemagne) tente de montrer que l'homosexualité est fréquente et n'est pas une déviance ou une spécificité humaine. L'établissement propose ainsi, alors que la gay pride a lieu ce week-end dans la ville bavaroise, des visites guidées sur cette thématique.

 

"Les girafes sont bisexuelles. Dans certains groupes, 90% des actes observés sont de nature homosexuelle", déclare Günter Strauss, biologiste et guide d'une visite consacrée à l'homosexualité qui s'arrête devant un enclos de girafes.

 

Perchés sur des rochers quelques enclos plus loin, deux manchots mâles de Humboldt vivent en couple. Cette année, à défaut d'oeuf, ils se sont emparés d'une pierre pour la couver. "Les manchots entretiennent des relations homosexuelles qui peuvent durer toute une vie, ce qui est très rare dans le monde animal", explique Günter Strauss.

 

Des lionnes lesbiennes en captivité

Plus loin, un lion accueille les visiteurs avec un rugissement. "8% des actes sexuels chez les lions sont de nature homosexuelle. Les lionnes, elles, ne manifestent des comportements lesbiens qu'en captivité", poursuit le guide.

 

Si des centaines d'espèces ont des comportements homosexuels, ils diffèrent souvent de l'homosexualité humaine. "Chez l'être humain, on grandit avec une orientation sexuelle spécifique. Chez les animaux, ce n'est souvent pas le cas", raconte le biologiste. "Ils sont en fait bisexuels. Ils adoptent certains comportements sexuels à certains moments, de manière plus ou moins marquée."

 

Extrême droite au parlement et actes homophobes en hausse

Pour le zoo de Munich, lever le tabou sur les rapports homosexuels chez les animaux est une manière de promouvoir la tolérance chez les humains.

 

"Nous voyons malheureusement qu'en Allemagne de plus en plus de personnes issues de la droite réactionnaire s'attaquent aux libertés des LGBTIQ", martèle le porte-parole du parc animalier Dennis Späth, en référence à l'abréviation de "Lesbien Gay Bisexuel Trans Intersexe Queer".

 

Le parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne, qui est entré au parlement allemand en 2017 et bavarois en 2018, s'est ainsi posé en parti de la famille dite traditionnelle et dénonce "la folie du genre", en référence aux études qui distinguent sexe et genre.

 

Si la tolérance a gagné rapidement du terrain ces dernières années dans la société allemande comme bavaroise, le gouvernement, dominé par des conservateurs depuis 2005, a mis plus de temps. Le mariage pour tous n'est intervenu qu'en 2018 et les autorités n'ont réhabilité qu'en 2017 les 50 000 hommes condamnés pour homosexualité sur la base d'un texte nazi resté en vigueur jusqu'en 1994.

 

Par ailleurs, les actes homo ou transphobes sont en hausse. En 2018, ce sont 91 actes de la sorte qui ont été recensés dans le pays, soit une vingtaine de plus qu'en 2017. Ces statistiques restent partielles, selon les associations et les médias, du fait de l'absence de données policières fédérales consolidées.

 

(Avec AFP)

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États-Unis

Le Congrès vote la levée de l'interdiction des transgenres dans l'armée par Trump

La Chambre des représentants américaine - à majorité démocrate - a approuvé jeudi 11 juillet un amendement visant à annuler l’interdiction décidée par Donald Trump d'interdire l'accès à l'armée aux militaires transgenres.

Donald Trump
Donald Trump

L’amendement voté instaure des garanties selon lesquelles toute personne peut servir dans l’armée sans distinction de race, de couleur, d’origine, de religion, d’identité de genre ou d’orientation sexuelle.

 

Dix élus républicains ont voté avec la totalité des démocrates pour soutenir le projet de loi.

 

242 députés ont voté en faveur de l'amendement, 187 contre. 

 

L’amendement porte le nom non officiel "Amendement Truman" en référence au décret de 1948 du président Harry Truman qui a mis fin à la ségrégation raciale au sein de l'armée américaine, laissant les forces armées ouvertes et égales pour tous les citoyens américains de sexe masculin, quelle que soit leur couleur.

 

"Cette interdiction sectaire a semé le chaos parmi les recrues potentielles, les militaires en service actif et d'innombrables familles.L'armée a besoin de personnes transgenres qualifiées, et nous saluons l'action de la Chambre pour faire en sorte que toute personne désireuse et capable de servir soit autorisée à servir. Il appartiendra maintenant à la commission de la conférence et au président de choisir l’égalité des chances ou la discrimination", a commenté Mara Keisling, directrice exécutive du Centre national pour l'égalité des transgenres.

 

"Au cours des trois dernières années, 14.000 membres transgenres ont servi ouvertement et avec succès. Les chefs des cinq forces ont convenu que cela ne nuirait ni à la force ni à la cohésion de la force", a fait valoir la représentante porteuse de la proposition de modification, Jackie Speier.

 

L'organisation de défense des droits LGBT Human Rights Campain a remercié les membres de la Chambre qui ont voté en faveur de la non-discrimination.

 

La loi doit encore être adoptée par le Sénat américain, qui est contrôlé par les républicains. Si les deux chambres ne votent pas dans le même sens, un comité de conciliation devra préparer un projet commun qui pourra ensuite être signé par le président Donald Trump.

 

Le président américain a mis en avant en 2017 "le fardeau des coûts médicaux énormes" et "les perturbations que des personnes transgenres dans l'armée entraîneraient" pour justifier sa décision de leur interdire l'accès aux forces armée.

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Tendance

A coups de mascara, des blogueurs bousculent le conservatisme en Russie

Face à un miroir, Guevorg applique du mascara sur ses longs cils puis du fond de teint au-dessus de ses pommettes: ce blogueur de 26 ans prodigue des conseils de maquillage féminin, quitte à se frotter au conservatisme de la société russe.

Comme lui, de plus en plus de jeunes blogueurs en Russie se lancent dans les cours de beauté en ligne. Quand on est un homme, surfer sur la vague planétaire du "beauty blog" n'est pourtant pas qu'une question de popularité et de revenus dans ce pays.

 

Cette activité y entre en opposition frontale avec des stéréotypes machistes et homophobes bien ancrés et parfois encouragés par le pouvoir au nom de la défense des valeurs conservatrices.

 

"Je considère mon travail comme des cours amusants qui aident à se développer d'une manière différente", explique Guevorg, qui a commencé à donner des conseils en ligne il y a plusieurs années, alors qu'il travaillait dans un magasin de beauté de Moscou.

 

Le blogueur aux cheveux argentés tient son audience, en majorité féminine, en haleine avec des publications régulières sur Instagram et des vidéos sur YouTube, dans lesquelles il répond aux questions et discute de ses derniers achats.

 

Guevorg, qui ne poste que sous son seul prénom, a plus de 250.000 abonnés cumulés sur les deux plateformes et gagne sa vie avec les contenus sponsorisés par des marques et des cours de maquillage qu'il dispense, cette fois en personne, dans plusieurs villes russes.

 

"Le but de mon travail est de montrer à une large audience que le maquillage, ce n'est pas pour avoir l'air d'une prostituée en goguette, mais pour ressembler à ce que vous voulez être et montrer qu'il y a toujours un choix, quoi que vous fassiez dans la vie", assure le jeune homme.

 

Éviter les problèmes

Des cours de beauté féminine donnés par des hommes ont acquis une popularité parfois spectaculaire dans le monde. Des stars comme les Américains James Charles et Jeffree Star donnent des conseils en fond de teint et gloss ou promeuvent de nouveaux produits pour plus de 15 millions d'abonnés sur YouTube chacun. Et des marques de maquillage comme MAC et Maybelline embauchent des hommes pour leurs campagnes publicitaires.

 

Mais en Russie, où le militantisme LGBT est sous la pression d'une loi controversée bannissant la "propagande" homosexuelle auprès des mineurs et où bien des hommes politiques sont plus prompts à louer la beauté féminine que l'égalité des sexes, cette tendance a une signification particulière.

 

Guevorg admet volontiers avoir souffert de commentaires agressifs en ligne lorsqu'il a commencé à parler de produits de beauté, qui le renvoyaient souvent à ses origines arméniennes, pays du Caucase où les mœurs conservatrices règnent en maître. "Avant, j'essayais de discuter avec eux, mais aujourd'hui, j'appuie juste sur le bouton 'bloquer' et ça ne me dérange plus", affirme-t-il.

 

Malgré ses activités en ligne, le blogueur ne porte quasiment jamais de maquillage - ou alors très discrètement - dans la rue, pour éviter les problèmes.

 

Un autre blogueur, Igor Siniak, qui a plus de 400.000 abonnés sur Instagram, a été menacé cette année par un groupe de jeunes et a dû être exfiltré par la sécurité alors qu'il donnait un cours de maquillage dans un magasin de Tcheliabinsk, dans l'Oural. Andreï Petrov, le blogueur beauté pour hommes le plus connu de Russie, a publié sur son compte des captures d'écran des messages haineux qu'il recevait en ligne.

 

Génération numérique

"Je ne pense pas que le problème réside dans le fait que la Russie soit un pays naturellement conservateur, mais plutôt dans le fait que, pendant si longtemps, c'était l'Union soviétique" aux mœurs très encadrées, assure Sergueï Naoumov, dont la populaire émission sur Instagram consiste à copier le maquillage d'un invité. "Il faut attendre que les gens deviennent plus ouverts, plus réceptifs à de nouvelles idées, ce qui n'est pas facile."

 

Originaire de Tcheliabinsk, cet homme de 27 ans a déménagé à Moscou et trouvé du travail comme visagiste avant de lancer sa marque de produits de beauté. Ses vidéos sont vues avant tout comme du divertissement mais l'entrepreneur assure vouloir aussi changer les idées au sein de l'opinion publique sur l'image des hommes.

 

Sergueï Ostrikov, qui se présente comme le plus ancien blogueur beauté pour hommes en Russie avec 12 ans d'expérience, estime que les Russes sont déjà plus ouverts qu'auparavant à ce genre de contenu. "Il y avait beaucoup de haine à mon encontre au tout début. La plupart venait des femmes, qui disaient: 'Comment un homme ose-t-il s'emparer de cette activité purement féminine ?'", se souvient le blogueur de 31 ans, qui gère deux marques de maquillage.

 

Il estime cependant que la nouvelle génération née avec le numérique, qui a grandi avec ces vidéos sur internet, se montre bien plus tolérante: "Tout a changé ces dix dernières années et tout est devenu plus facile."

 

(Avec AFP - Photo AFP)

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Exposition

Champs d'amour - 100 ans de cinéma arc-en-ciel

Comédies populaires, documentaires, biographies, films rares et militants, histoires d’amour du monde entier : une exposition organisée en collaboration avec La Cinémathèque française met pour la première fois en lumière toutes les couleurs du cinéma arc-en-ciel.

Harris Glenn Milstead connu comme la drag queen Divine
Harris Glenn Milstead connu comme la drag queen Divine

Pendant cinquante ans, à quelques exceptions près, le cinéma homosexuel reste dans l’invisibilité ou au mieux dans le non-dit. En juin 1969, les émeutes de Stonewall marquent le début du mouvement de libération gay et lesbien : dans son sillage s’épanouissent, sur les écrans, des films rares et engagés sans tabou.

 

De "Autre que les autres" de Richard Oswald en 1919 à "Tomboy" de Céline Sciamma en 2011, le cinéma évoque progressivement davantage les questions de l’homosexualité et du genre à travers des œuvres marquantes et troublantes telles qu’"Un dimanche comme les autres" de John Schlesinger et "Mort à Venise" de Luchino Visconti en 1971, "L’homme blessé" de Patrice Chéreau en 1983, "La loi du désir" de Pedro Almodovar en 1988 ou encore "Baise-moi" de Virginie Despentes en 2000.

 

En 2013, "La vie d’Adèle" d’Abdellatif Kechiche reçoit la Palme d’Or et "L’inconnu du lac" d’Alain Guiraudie remporte la Queer Palm à Cannes.

 

En 2017 c’est l’Oscar pour "Moonlight" de Barry Jenkins, et en 2018 le César et le Grand Prix du Festival de Cannes pour "120 battements par minute" de Robin Campillo.

 

C’est cette histoire sur cent ans, où se lient intimement cinéma et révolution des mœurs, que "Champs d’amours" propose de raconter à travers plus de 100 extraits de films, affiches, scénarios, photos et archives inédites. Près de la moitié des œuvres présentées proviennent des collections de La Cinémathèque française.

 

Cette exposition, portée par les commissaires Alain Burosse, Jean-Baptiste Erreca, créateurs de la Nuit gay de Canal+, Laurent Bocahut, Michèle Collery et Didier Roth-Bettoni, est une invitation à découvrir les révolutions culturelles, sensuelles et sexuelles qui ont émaillé un siècle.

 

Elle se déroule alors qu'est célébré dans le monde entier le cinquantenaire des émeutes de Stonewall à New York en 1969. Un soulèvement qui, rappelons-le, marque symboliquement la naissance d’un mouvement identitaire LGBTQI+ et des longues luttes pour la reconnaissance des droits humains aux États-Unis, en Europe et dans le monde.

 

Hôtel de ville de paris - Salle Saint Jean - Jusqu'au 28 septembre

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Agressions sexuelles présumées

Le Vatican lève l'immunité de son représentant en France

Diplomate de carrière du Vatican, Mgr Luigi Ventura est visé par les plaintes de quatre hommes, dont trois au moins lui reprochent des attouchements. Compte tenu de ses fonctions, il bénéficiait de l'immunité diplomatique et ne pouvait être entendu sous contrainte par les enquêteurs.

Mgr Luigi Ventura
Mgr Luigi Ventura

Le Vatican a levé l'immunité de son représentant en France, Luigi Ventura, visé par une enquête à Paris pour "agressions sexuelles", a annoncé lundi un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

 

Le nonce apostolique est visé par les plaintes de quatre hommes, dont trois au moins lui reprochent des attouchements. Début avril, l'évêque septuagénaire a été entendu par la police judiciaire parisienne "à sa demande", selon une source judiciaire.

 

"Le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères qui avait transmis au Saint Siège la demande de levée de l'immunité du nonce apostolique en France présentée par le procureur de la République de Paris, a reçu confirmation de la part du Saint Siège de sa renonciation à l'immunité pour la procédure envisagée", a indiqué le porte-parole. La lettre du Vatican est parvenue au ministère "en fin de semaine dernière", a-t-il précisé.

 

L'affaire avait éclaté en février avec la révélation de l'ouverture d'une enquête par le parquet de Paris. La mairie de Paris avait signalé au parquet que Mathieu de la Souchère s'était plaint d'attouchements répétés du nonce apostolique - des "mains aux fesses" - lors de la cérémonie des vœux aux autorités diplomatiques en janvier.

 

Deux autres plaignants s'étaient ensuite manifestés et avaient relaté des faits similaires datant de 2018. Ces trois hommes ont été entendus par les enquêteurs et une quatrième plainte a été déposée par un autre homme.

 

Diplomate de carrière du Vatican, Mgr Ventura occupe le poste de nonce apostolique depuis 2009 à Paris. Il est chargé des relations du Saint-Siège avec les autorités françaises d'une part et avec les évêques de France d'autre part, pour lesquels il participe au processus de nomination.

 

Compte tenu de ses fonctions, il bénéficiait de l'immunité diplomatique et ne pouvait être entendu sous contrainte par les enquêteurs. Le ministère français des Affaires étrangères avait indiqué mi-avril avoir transmis la demande de levée d'immunité au Vatican.

 

(Avec AFP)

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Espagne

A Madrid, une gay Pride dédiée aux militants historiques

Quatre cent mille personnes ont défilé à Madrid pour la Marche des fiertés samedi selon les autorités, avec des festivités dédiées cette année aux pionniers de la cause homosexuelle, et des craintes vis-à-vis de la montée de l'extrême droite.

La marche des fiertés LGBT à Madrid, le 6 juillet 2019 en Espagne
La marche des fiertés LGBT à Madrid, le 6 juillet 2019 en Espagne

La police dénombre une affluence de 400.000 personnes à la manifestation des Fiertés 2019 à Madrid", a écrit la préfecture sur Twitter.

 

"Histoire, lutte et mémoire !" était le slogan de la marche de cette année dans la capitale espagnole, au mouvement LGBT particulièrement actif. Elle commémorait le cinquantième anniversaire des émeutes de Stonewall à New York, mobilisation fondatrice du mouvement pour les droits des homosexuels en 1969.

 

L'Espagne vivait à l'époque sous la dictature "nationale-catholique" de Franco, qui réprimait durement les homosexuels. L'homosexualité a été dépénalisée trois ans après sa mort, en 1978, puis l'Espagne est devenue en quelques décennies un des pays les plus ouverts du monde en la matière, autorisant dès 2005 le mariage et l'adoption pour les couples de même sexe.

 

"J'ai 53 ans et j'ai souffert. Mais ceux de 63 ans ont souffert davantage, et ceux de 73 ans encore plus, et je veux qu'on reconnaisse ces gens, qu'on les aide", a affirmé Manuel Carmona, grand drapeau arc-en-ciel en main, qui participe à la marche depuis 30 ans.

 

Le défilé était aussi le premier depuis l'irruption dans les urnes du parti d'extrême droite Vox, pour qui la Marche des fiertés est "une imposition idéologique" de quelques-uns, et qui a proposé de lui retirer les subventions publiques et la déplacer dans un parc loin du centre de la capitale.

 

"Ils ne veulent pas se rendre compte que quand nous parlons des droits LGBT, nous parlons des droits humains", a déclaré à la presse le ministre de l'Intérieur du gouvernement socialiste, Fernando Grande-Marlaska, lui-même gay et participant à la marche.

 

Vox dispose d'une minorité de blocage au conseil municipal de Madrid et au parlement régional, ce qui lui donne un pouvoir de négociation vis-à-vis des conservateurs du Parti populaire. "Personne ne va faire quoi que ce soit contre nous, parce qu'ils ne pourront pas. Ça déplace des masses !", croit Manuel Carmona.

 

(Avec AFP)

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