Rennes

Cinq ans de prison, dont deux ferme, contre un prêtre pour agression sexuelle

Un prêtre a été condamné jeudi à cinq ans de prison, dont trois avec sursis, par le tribunal correctionnel de Rennes pour agression sexuelle sur un adolescent entre 2004 et 2006, principalement à Rome puis à Renne

Le prêtre, 46 ans, devra également verser 20.000 euros à la victime, est soumis à un suivi socio-judiciaire avec injonction de soins et a interdiction d'exercer une activité professionnelle ou bénévole avec des mineurs de manière permanente.

 

Lors du procès qui avait eu lieu le 18 juin, le père Gaël Carissan, exclu depuis 2008 de tout ministère public mais qui perçoit toujours son traitement du diocèse, avait reconnu des actes qui n'étaient "pas conformes à la morale catholique" mais "consentis" selon lui. "Je n'ai pas pu résister à mes pulsions et désirs", avait reconnu le prêtre homosexuel, qui vit dans un monastère. "Il me manquait à l'époque la case moralité", avait-il dit.

 

Près de quinze ans après les faits, la victime, désormais âgé de 31 ans, entouré de sa famille et de sa compagne, avait fait part de la difficulté de ce type de procès, où c'est "parole contre parole" et de la difficulté de se reconstruire.

 

Troisième d'une fratrie de six enfants, dans une famille très catholique, Dominique (prénom d'emprunt) s'intéresse tellement à la religion, quand il est adolescent, qu'il réfléchit à la vocation. Il rencontre le jeune prêtre Gaël Carissan, ordonné en 2000 et officiant à Saint-Malo et Redon (Ille-et-Vilaine), qu'il considère comme "son père spirituel".

 

En 2004, il part à Rome, seul avec le prêtre, avec lequel il partage une chambre dans un couvent. Selon la victime, le prêtre a alors une première fois abusé de lui, avant d'autres agressions sexuelles à Rennes.

 

Lors du procès, l'évêque de Rennes Mgr Pierre d'Ornellas avait été appelé à la barre comme témoin, alors qu'il a été très critiqué par le conseil du plaignant sur l'enquête canonique qui avait été confiée à un prêtre de 86 ans que connaissait le Père Carissan.

 

Dominique avait finalement déposé plainte à Saint-Malo en 2010, deux ans après avoir révélé les faits à un prêtre de Dinard. "Peut-être n'ai-je pas fait tout ce qu'il fallait", avait reconnu Mgr d'Ornellas à la barre, qui avait été alerté par le prêtre de Dinard. Le prêtre condamné avait été écroué une dizaine de jours en 2010 à la suite de sa garde à vue.

 

(Avec AFP)

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Business / Diversité

L'agence de pub de Nivea cesse sa collaboration avec la marque après des remarques homophobes

L’une des plus grandes agences de publicité au monde a renoncé à servir la célèbre marque Nivea après qu’un haut responsable de la société de cosmétique ait déclaré "Nous ne faisons pas les gays chez Nivea" lorsqu’on leur a montré une annonce mettant en vedette deux hommes mains dans la main.

L'agence, FCB, a annoncé dans une note interne qu'elle renonçait à Nivea en tant que client après 100 ans de relation commune.

 

Selon AdAge, les tensions entre les deux entreprises étaient en hausse depuis des années.

 

Le divorce est intervenu après que les créatifs de l’agence aient présenté un visuel mettant en scène deux hommes mains dans la main.

 

Un responsable marketing de Nivea aurait alors déclaré "Nous ne faisons pas les gays chez Nivea" en réponse à l'annonce proposée.

 

"Il y a un moment dans chaque relation de long terme où vous réfléchissez à ce que vous avez accompli ensemble et ce que vous souhaitez pour le futur", a déclaré Carter Murray, PDG de FCB.

 

"Parfois, ce chemin exige des choix difficiles qui mènent à des voies différentes".

 

Nivea a qualifié ses affirmations de "spéculations non fondées". Nivea dépense en moyenne 300 millions de dollars en publicité média par an, mais ce total ne représente que 1% des revenus globaux de l’agence.

 

Un porte-parole de Beiersdorf, la société à laquelle appartient Nivea, n’a pas commenté ces informations survenues au cours du mois de la fierté LGBT.

 

Le porte-parole a ajouté que les allégations ne reflétaient pas les valeurs de Beiersdorf, Nivea et de leurs employés dans le monde entier.

 

"Aucune forme de discrimination, directe ou indirecte, n'est ou ne sera tolérée. Nous sommes fermement attachés à la diversité, au respect mutuel, à l'égalité des chances et à la tolérance. Cette position et cette conviction sont partagées et vécues dans tout Beiersdorf", a-t-il précisé. 

 

(Avec AFP)

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Église catholique / Lyon

Accusé de pédophilie, le père Preynat révoqué de la prêtrise

Le père Bernard Preynat, accusé d’agressions sexuelles sur de jeunes scouts de la région lyonnaise avant 1991, a été condamné ce jeudi 4 juillet à un "renvoi de l’état clérical", la plus lourde peine de l’Église.

Le prêtre Bernard Preynat a été réduit à l’état laïc par la justice ecclésiastique Document TF1
Le prêtre Bernard Preynat a été réduit à l’état laïc par la justice ecclésiastique 

"Au regard des faits et de leur récurrence, du grand nombre de victimes, du fait que l’abbé Bernard Preynat a abusé de l’autorité que lui conférait sa position au sein du groupe scout (...), le tribunal a décidé de lui appliquer la peine maximale prévue par le droit de l’Église dans un tel cas à savoir le renvoi de l’état clérical", détaille le tribunal ecclésiastique dans un communiqué dont l’AFP a obtenu copie.

 

Le tribunal "pourra désormais se consacrer plus entièrement à l’étude de chacune des demandes de réparation financières des victimes", précise ce dernier. 

 

Il dispose d’un mois pour interjeter un appel qui serait suspensif.

"Ils sont contraints d’arriver à une décision qu’ils auraient toujours dû prendre”, a réagi François Devaux, cofondateur de l’Association de victimes La parole Libérée". Il s’interroge par ailleurs sur le processus d’indemnisation des victimes qui débute, ce procès étant une première selon lui en France".

 

Mis en examen par la justice de l’État en 2016, le père Preynat, âgé de 74 ans, devrait être jugé dans les prochains mois pour des agressions sexuelles dont il est soupçonné.

 

Dans cette affaire, le cardinal Barbarin a été condamné en mars par le tribunal correctionnel de Lyon à six mois de prison avec sursis pour la non-dénonciation des agressions pédophiles de ce prêtre de son diocèse.

 

L’affaire lyonnaise a eu un écho retentissant cette année avec la sortie du film de François Ozon "Grâce à Dieu", en référence à un lapsus très maladroit du cardinal Barbarin.

 

(Avec AFP)

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Moussa Camara, Guinéen homosexuel, obtient l’asile en France

Le Guinéen homosexuel Moussa Camara, qui avait passé deux mois en prison l’année dernière, a finalement obtenu l’asile en France.

Crédit photo : Aides.
Crédit photo : Aides.

"Nous sommes tous et toutes soulagé-es de cette annonce."

Le président de Aides, Aurélien Beaucamp s’est réjoui mardi 2 juin dans un communiqué de presse de la décision de la cour nationale du droit d’asile (CNDA). Un an et demi après sa première demande, la juridiction a en effet décidé d’accorder l’asile à Moussa Camara, Guinéen homosexuel.

 

Le jeune homme de 29 ans était arrivé en France en 2015 avec une autorisation temporaire de travail et sa demande d’asile avait été rejetée une première fois en 2017. Accompagné de l’association Aides, qui le soutient, il avait fait appel de la décision devant la CNDA, sans succès.

 

Moussa affirme que son compagnon a été lynché à mort par sa famille en Guinée, qu’il a quittée pour fuir les persécutions contre les homosexuels. Dans ce pays d’Afrique, l’homosexualité est passible d’une peine allant jusqu’à trois ans de prison.

 

Deux mois de prison ferme

Le 22 mars 2018, il avait arrêté et placé en centre de rétention administrative (CRA) en vue de son expulsion vers son pays natal. Le 3 mai 2018, Moussa avait finalement refusé d’embarquer à l’aéroport de Lyon-Saint-Exupéry pour Conakry et avait été condamné à deux mois de prison ferme.

 

Une fois libre, il avait fait une nouvelle demande d’asile auprès de l’Ofpra en juillet 2018, là encore rejetée. "Cette décision a suscité une incompréhension collective, compte tenu de la solidité des éléments apportés à son dossier : témoignages des membres de sa famille, de ses amis.e.s en France, articles parus dans la presse faisant état de son homosexualité et montrant le danger qui pesait sur lui en cas de retour dans son pays d’origine", s’insurge Aides dans son communiqué de presse.

 

"Nous regrettons qu’il ait fallu tant se battre"

"L’entretien était très long, très détaillé et très fourni, nous avait expliqué en septembre dernier le désormais ex-directeur général de l’Ofpra Pascal Brice à propos de cette deuxième demande. La seule chose que je puisse vous garantir, c’est que l’Ofpra s’est donné, comme elle le doit à tout demandeur d’asile en l’occurence, les moyens d’une instruction extrêmement minutieuse et très bienveillante".

 

Finalement, c’est la CNDA qui a décidé d’accorder l’asile à Moussa Camara. "Mais nous regrettons qu’il ait fallu tant se battre, se mobiliser, résister, multiplier les procédures pour faire valoir ce qui aurait dû être de droit", a réagi le président de Aides Aurélien Beaucamp.

 

Emotion sur les réseaux sociaux

Le cas de Moussa avait suscité beaucoup d’émotion sur les réseaux sociaux et parmi la classe politique française. "Son compagnon a déjà été assassiné en raison de son homosexualité. Son expulsion serait un scandale", avait affirmé le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure.

 

"Il est temps que le gouvernement fasse preuve de l’humanité qu’il évoque si souvent. Messieurs Macron et Collomb, mettez fin à cette procédure", avait de son côté lancé part Emmanuelle Cosse, ancienne ministre du Logement et ex-présidente de l’association Act-Up.

 

"Aides et l’Ardhis (Association pour la reconnaissance des droits des personnes homosexuelles et transgenres à l’immigration et au séjour) poursuivront leur combat pour la reconnaissance du droit d’asile pour toutes les personnes étrangères persécutées, en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre", conclut le communiqué de presse de Aides.

 

Le nombre de nouveaux demandeurs d’asile LGBT+ pris en charge par l’Ardhis a quasi-triplé en trois ans, passant de 289 en 2015 à près de 800 en 2017.

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États-Unis / Présidentielle

Impressionnante levée de fonds du candidat gay à la Maison Blanche Pete Buttigieg

Encore inconnu en début d'année, le jeune démocrate Pete Buttigieg, premier candidat de poids à la Maison Blanche à se déclarer homosexuel, a récolté 25 millions de dollars au deuxième trimestre, une somme qui l'ancre fermement dans le peloton de tête malgré des difficultés dans sa campagne.

Le candidat gay à la Maison Blanche Pete Buttigieg
Le candidat gay à la Maison Blanche Pete Buttigieg

Maire de South Bend (Indiana) et benjamin, à 37 ans, de la course à l'investiture démocrate, Pete Buttigieg a reçu 24,8 millions de dollars entre avril et juin, a indiqué lundi son équipe de campagne.

 

Cinquième dans les sondages pour l'investiture démocrate, Pete Buttigieg dispose de plus de 22,6 millions de dollars prêts à être dépensés, a précisé son équipe, ce qui lui permettra de financer une solide machine de campagne électorale dans les prochains mois. Il a reçu une moyenne de 47,42 dollars versés par plus de 294.000 donateurs à travers les États-Unis.

 

Cette annonce suit sa bonne performance lors du débat démocrate la semaine dernière, malgré les grandes difficultés qu'il traverse dans sa ville depuis la mort d'un Noir, abattu mi-juin par un policier blanc.

 

Signe qu'il est satisfait de ces chiffres, Pete Buttigieg a été le premier de la vingtaine de candidats démocrates à publier ses comptes. Tous devront le faire d'ici la mi-juillet. Il avait récolté sept millions de dollars au premier trimestre.

 

Cet ex-militaire polyglotte a enregistré une ascension fulgurante depuis son entrée en piste fin janvier, lorsque la plupart des Américains ne le connaissaient pas. Il a ensuite lancé officiellement sa campagne le 14 avril, lors d'un discours à South Bend. Son époux, Chasten, l'avait rejoint sur scène.

 

Lors du débat, jeudi soir, Pete Buttigieg a admis sobrement ses responsabilités exécutives après la mort de Eric Logan, tout en déplorant avec émotion "l'ombre du racisme systémique planant sur la police".

 

Son score a légèrement chuté - de 7% (le 23 juin) à 6% - dans le premier sondage publié après le débat, par Politico/Morning Consult, réalisé les 27 et 28 juin auprès de 2.407 électeurs.

 

La sénatrice noire Kamala Harris a signé la performance la plus remarquée du débat, en mettant en difficulté Joe Biden qui mène les sondages du côté démocrate. Les intentions de vote pour Mme Harris ont bondi de 6% à 12% dans ce même sondage, tandis que celles de Joe Biden ont chuté de 38% à 33%.

 

L'Iowa sera le premier État à se prononcer dans ces primaires en février 2020.

 

(Avec AFP )

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LGBTphobies

L'Assemblée nationale s'apprête à muscler la lutte contre la haine en ligne

Retrait sous 24 heures des contenus haineux, bouton unique de signalement, coopération judiciaire: au menu mercredi de l'Assemblée, une proposition de loi LREM entend responsabiliser réseaux sociaux et plateformes, au risque de leur donner trop de pouvoir selon les oppositions.

 La députée de Paris Laetitia Avia
La députée de Paris Laetitia Avia

Internet est "le premier lieu d'expression de la haine aujourd'hui", selon son auteure, la députée de Paris Laetitia Avia. Or "l'impunité règne" après menaces de mort, injures, propos racistes, antisémites, homophobes...

 

"Peu de plaintes sont déposées, peu d'enquêtes aboutissent, peu de condamnation sont prononcées", constate cette avocate de profession, elle-même déjà victime d'un "torrent de haine" pour "le seul fait d'être noire".

 

"On pose des briques pour une régulation, mais ça prendra du temps", avertit déjà le secrétaire d’État au Numérique Cédric O, soulignant dans une interview au journal 20 Minutes lundi qu'"aucun pays dans le monde n'a encore résolu le problème".

 

En première lecture jusqu'à jeudi soir, la proposition de loi sera mise au vote mardi 9 juillet. Le gouvernement entend s'afficher aux avant-postes d'un mouvement mondial de régulation, que même certains géants de l'internet comme Boniface appellent de leurs vœux.

 

Emmanuel Macron est à l'origine, avec la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Arden, de "l'Appel de Christchurch" lancé mi-mai, par lequel une vingtaine de pays ainsi que les géants d'Internet tels Google et Twitter ont promis de lutter contre "les contenus en ligne terroristes ou extrémistes violents".

 

Opinion versus délit

Complétant l'arsenal français, la proposition Avia est le fruit d'un travail depuis 2018 dans le cadre du plan gouvernemental contre le racisme et l'antisémitisme. Elle reprend des préconisations du rapport coécrit avec l'enseignant franco-algérien Karim Amellal et le vice-président du Conseil représentatif des institutions juives (Crif) Gil Taïeb, remis en septembre au Premier ministre.

 

Mesure phare, sur le modèle d'une loi allemande de 2018 : les plateformes et moteurs de recherche devront retirer sous 24 heures les contenus "manifestement" illicites en raison de la référence notamment à la race, la religion, le sexe, et encore le handicap. A la clé en cas de refus, une amende jusqu'à 1,25 million d'euros pour les plateformes. Les députés ont ajouté en commission la provocation au terrorisme et encore la pédopornographie parmi les contenus dont le retrait pourra être exigé. 

 

Pour les utilisateurs, la proposition de loi prévoit aussi la mise en place d'un dispositif unique de signalement ("bouton unique"), commun à toutes les plateformes. Celles-ci devront rendre compte publiquement des "actions et moyens" mis en œuvre. Elles auront aussi l'obligation d'informer "promptement" les autorités et devront avoir un représentant légal chargé de répondre aux réquisitions.

 

Prenant les devants, Facebook vient de s'engager à communiquer à la justice française les adresses IP des internautes aux propos haineux. Enfin, prévoit le texte, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) veillera au respect du devoir de coopération des opérateurs, et pourra, en cas de manquement persistant, prononcer une sanction allant jusqu'à 4% du chiffre d'affaires annuel mondial. La majorité LREM-MoDem soutient ardemment ce texte à enjeux pour "notre démocratie".

 

A gauche comme à droite, tous les députés soutiennent aussi le combat contre la cyberhaine, mais expriment réserves voire franche opposition aux modalités prévues. Les Républicains, comme les élus UDI, PS ou PCF, veulent redonner sa place au juge, et non aux algorithmes des plateformes, pour apprécier ce qui est illicite. "Il ne faut pas confondre opinion et délit", prévient Philippe Gosselin (LR).

 

"Il faudra des moyens financiers et humains extrêmement importants, pour la justice, pour la police, pour l'éducation", alerte aussi Hervé Saulignac (PS).

 

Les Insoumis vont plus loin, jugeant le dispositif "dangereux pour la liberté d'expression". La "multiplication des motifs de blocage est une incitation au surblocage et une multiplication des possibilités de censure par une plateforme privée", alerte Danièle Obono.

 

"Il faut bien évidemment trouver une ligne de crête entre liberté d'expression et protection", temporise Cédric O. La ministre de la Justice Nicole Belloubet a annoncé lancer "une réflexion approfondie sur la liberté d'expression sur les réseaux sociaux".

 

(Avec AFP)

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États-Unis

La communauté noire LGBTQ n'est pas au bout des ses combats

A l'image du mouvement tout entier, la communauté noire LGBTQ célèbre ce week-end les avancées obtenues depuis les émeutes de Stonewall, mais continue à faire face à des discriminations de tous bords.

Ils étaient environ 15.000, attendus ce samedi à la Harlem Pride, déclinaison de la parade des fiertés dans le quartier emblématique de la culture afro-américaine aux États-Unis. Il y a dix ans, pour la première édition, seuls 2.000 personnes étaient venues.

 

"J'aime beaucoup", explique Leon McCutcheon, artiste du quartier, noir et gay, qui vient de fêter ses 60 ans. "C'est important que nous ayons une communauté gay, particulièrement les Afro-Américains parce qu'on n'entend pas beaucoup parler d'eux."

 

La visibilité, c'est une partie importante de l'action de la National Black Justice Coalition, dont David Johns est le directeur exécutif. "Les gens comme moi, qui sont fiers d'être noirs et altersexuels (queer, c'est-à-dire à la sexualité sans genre) sont exclus de beaucoup des acquis associés au mouvement de libération gay ou plus généralement au mouvement LGBTQ", estime David Johns.

 

Pour lui, lors de la Gay Pride, on considère "acquis de pouvoir porter des arcs-en-ciel (les couleurs LGBTQ), parader, occuper l'espace (...) alors que les Noirs LGBTQ sont oubliés." Il attire aussi l'attention sur les problèmes que rencontrent des Noirs LGBTQ hors de la communauté arc-en-ciel.

 

En 2017, 52 agressions mortelles visant, à dessein, des non-hétéros ont été répertoriées aux États-Unis par l'Anti-Violence Project (AVP), dont 71% visaient des personnes de couleur. Depuis le début de l'année, 11 femmes noires transgenre ont été assassinées dans le pays, selon l'Human Rights Campaign.

 

Peur du "coming-out"

La discrimination prend aussi d'autres formes que la violence, comme en témoigne une étude du Williams Institute datée de 2009, qui montre que 32% des enfants de couples gays noirs vivaient sous le seuil de pauvreté, contre 13% seulement pour les couples hétéros afro-américains.

 

"Le plus gros défi pour un Noir LGBTQ, c'est que vous êtes noir ET LGBTQ", souligne David Johns. "Et dans beaucoup de milieux et d'endroits à travers les États-Unis, les gens n'ont pas les outils pour avoir une conversation sur l'identité."

 

Même à Harlem, la communauté LGBTQ reçoit encore sporadiquement des marques d'hostilité, comme ces deux drapeaux arc-en-ciel brûlés, fin mai, par un vandale à l'entrée du seul bar LGBTQ du quartier, Alibi Lounge. "Nous avons une grande communauté (LGBTQ) ici" à Harlem, explique Leon McCutcheon, "mais il y a encore beaucoup de gens de mon âge qui ont peur de sortir du placard."

 

Il y voit d'abord le poids de la religion, qui rend encore aujourd'hui, selon lui, le "coming out" quasiment impossible dans certaines régions, notamment sa Caroline du Sud natale. Se superpose, selon lui, une certaine image de la masculinité. "Si tu es gay", résume-t-il, "tu es une chochotte".

 

"L'homophobie est toujours une réalité", estime Kemar Asphall, du NBLCA, spécialisé dans la lutte contre la propagation du VIH au sein de la minorité afro-américaine. "Il y a toujours un côté dégradant" aux yeux de certains, poursuit-il. "Ce sont des facteurs qu'il faut traiter au sein de la communauté."

 

Mais les choses changent, doucement, reconnaît Leon McCutcheon, dont la soeur, qui a longtemps mal accepté son orientation sexuelle, se fait peu à peu à l'idée. Après l'incendie des drapeaux devant l'Alibi Lounge, "des gens de tous bords, gays, hétéros, jeunes, vieux, sont venus dès les premières heures pour témoigner leur soutien et montrer qu'il s'agissait d'un incident isolé, qui ne reflétait en rien les valeurs de Harlem", explique Alexi Minko, le propriétaire de l'établissement.

 

Presque au même moment, le maire de New York Bill de Blasio a annoncé qu'un monument allait être dédié à l'héroïne transgenre noire Marsha P. Johnson, l'une des figures de Stonewall, conjointement avec une autre activiste trans, Sylvia Rivera, une initiative présentée comme une première mondiale. Une étape marquante dans la reconnaissance des grandes figures noires LGBTQ, souvent oubliées jusqu'ici par l'Histoire du mouvement.

 

"Ces gens ont été essentiels dans le démarrage de Stonewall", rappelle Carmen Neely, présidente de la Harlem Pride. "Donc nous célébrons Stonewall, parce que cela fait partie de l'histoire afro-américaine."

 

(Avec AFP)

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Paris

Paillettes, PMA et liberté pour la Marche des Fiertés

La 41e édition de la Marche des Fiertés a réuni samedi des dizaines de milliers de personnes à Paris, pour défendre l'ouverture de la PMA à toutes les femmes, annoncée par le gouvernement pour septembre prochain.

Une Marilyn queer perchée sur un char agite un drapeau arc-en-ciel et une sono puissante réclame la "PMA pour toutes" : ils étaient des dizaines de milliers à défiler samedi à Paris pour la 41e édition de la Marche des Fiertés.

 

"Sortez nos sexes de vos états-civils", "Nos enfants vont bien", "Filiation, PMA : marre des lois a minima" : le ton est donné par les pancartes, un tempo saccadé rythme la marche, écrasée de soleil.

 

"Nous voulons une réforme de la filiation pour toutes les familles. Aujourd'hui, c'est une filiation sous condition pour les LGBT, comme si notre vie devait toujours rester en sursis", affirme Vanessa, mi-short et étoiles dessinées sur les seins.

 

"Quel officier d'état-civil demande à un père qui vient déclarer la naissance de son enfant de prouver qu'il est le père ? Nous avons arraché le mariage de haute lutte, mais le mariage doit être un droit, pas un devoir", renchérit Alex, sa voisine, qui voudrait que la loi aille maintenant "beaucoup plus loin".

Le combat pour la Procréation médicalement assistée (PMA) a été choisi cette année comme thème de la Marche des Fiertés par son organisatrice, l'Inter associative-Lesbienne, Gaie, bi et trans (Inter-LGBT) : il s'agit de maintenir la pression alors que la PMA ouverte à toutes les femmes doit figurer dans le projet de loi de bioéthique présenté en juillet avant un examen au Parlement à l'automne.

 

Boulevard du Montparnasse, la foule multicolore cuit sur le bitume. Pendant plus de trois heures, le défilé, joyeux, combatif, s'est étiré jusqu'à la place de la République.

 

L'Inter-LGBT attendait jusqu'à 500.000 personnes. La canicule ne semble pas avoir découragé grand monde. Les "Goudoues en roue libre" ont trouvé la solution : elles sont seins nus sur leurs vélos, paillettes légères sur le torse.

 

Une reine de la samba a enlevé ses talons et marche pieds nus. Deux barbus ont relevé leurs robes carmin sur des bas résille "pour laisser passer l'air". Des clameurs de joie s'élèvent quand, en différents points du parcours, les pompiers arrosent la foule.

 

Rien n'est acquis

"Vous êtes beaux et belles", crache la sono sur le pont au Change. Infatigables, ils dansent, rient. Le cortège prend des allures de friture d'été, luisant, en traversant la Seine.

Deux jeunes femmes - une blonde nordique et une métis - savourent "le plaisir de s'embrasser dans la rue sans regarder dans son dos si on risque de se faire agresser", dit la blonde Amandine, 26 ans.

 

"Rien n'est acquis, il faut toujours se battre. Il y a encore eu une agression violente dimanche dernier à Paris", rappelle Hector, 40 ans, lunettes roses.

 

Cette violence, subie au quotidien, n'est pas assez dénoncée, regrette Coralie, militante lesbienne de 32 ans : "Cette année, ce sont les 50 ans de Stonewall aux États-Unis (des émeutes qui opposèrent policiers et gays excédés par des années de répression, NDLR) et on n'en parle pas assez".

 

Un petit coup d’État a tout de même eu lieu au sein du défilé : les Intersexes - des personnes nées avec des caractéristiques sexuelles ne correspondant pas aux normes du féminin ou du masculin - ont pris la tête du cortège, aux cris de "Stop aux mutilations".

 

"On était invisible. Ça devait s'arrêter", explique Mischa, 19 ans. Avec son collectif, il se bat pour "faire respecter le choix des enfants intersexes à subir ou pas des opérations".

 

Arrivée à République, la reine de la samba est de nouveau perchée sur ses talons. "La fête commence", souffle une jeune femme, paupière arc-en-ciel.

 

Outre la maire de Paris Anne Hidalgo, quelques personnalités politiques comme Jack Lang, le premier secrétaire du Parti Socialiste Olivier Faure ou la Secrétaire d’état Marlène Schiappa ou certains candidats à la Mairie de Paris comme Benjamin Griveaux (LREM), Cédric Villani (LREM) ont pris part à la marche.

 

(Avec AFP)

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Violence

Six hommes victimes d'une agression homophobe à Paris

Six hommes ont été victimes d'une agression homophobe dimanche à Paris et l'auteur présumé a été placé en détention provisoire, a-t-on appris jeudi de sources concordantes, confirmant une information du magazine Têtu.

"Les six hommes, dont quatre étaient en couple, se baladaient dans le quartier (parisien) des Pyrénées dimanche vers 20H00 lorsqu'un homme s'est attaqué à quatre d'entre eux", a expliqué à l'AFP, l'avocat de cinq d'entre eux, Me Jean-Baptiste Boué-Diacquenod.

 

L'homme, "imposant physiquement" et qui se promenait avec une femme et deux enfants, "a asséné des coups sans raison apparente", a ajouté l'avocat qui a précisé qu'il n'y a eu ni "provocation" ni "incitation" de la part de ses clients, également victimes d'insultes homophobes.

 

Les policiers, prévenus par des passants qui filmaient la scène selon l'avocat du sixième homme, Me Philippe Baron, sont rapidement intervenus pour mettre fin à l'agression qui a duré une quinzaine de minutes. Son client a été admis aux urgences avec une double fracture de la mâchoire tandis que les trois autres se sont vu prescrire entre un à sept jours d'ITT.

 

L'auteur présumé a "été déféré au parquet le 26 juin et présenté à un juge d'instruction", a-t-on appris auprès du parquet. Une information judiciaire a été ouverte pour "violences commises en état d'ivresse et en raison de l'orientation sexuelle ou de l'identité de genre des victimes ayant entraîné des incapacités inférieures et supérieures à 8 jours". Il a été placé en détention provisoire, a ajouté le parquet.

 

Les victimes présumées "sont profondément choquées et restent à ce jour traumatisées par la violence gratuite dont ils ont été victimes", a témoigné Me Boué Diacquenod.

 

SOS Homophobie, qui compte se porter partie civile tout comme Stop Homophobie, rappelle que les agressions physiques envers les personnes LGBT ont atteint un record en 2018 avec 231 faits signalés, selon leur rapport annuel.

 

(Avec AFP)

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La haine n'aura jamais le dernier mot

SOS homophobie lance une opération anti-haine sur les réseaux sociaux

"La première façon de combattre l’homophobie, c’est de lui répondre". C’est le message fort que lance SOS homophobie sur les réseaux sociaux avec l’opération "La haine n’aura jamais le dernier mot".

En quelques années, Internet est devenu le théâtre de violences quotidiennes où des propos humiliants et insultants sont publiés chaque jour à l’encontre des personnes LGBT.

 

Depuis 2010, c’est le premier contexte dans lequel s’expriment les LGBTphobies dans le rapport publié chaque année par SOS homophobie.

 

Des insultes émises, trop souvent, en toute impunité alors qu’elles sont répréhensibles par la loi.

 

Les comptes aux propos homophobes ne sont pas toujours identifiés et bloqués à temps. La situation est très alarmante : en 2018 en France, 30 millions de post homophobes ont été recensés sur les réseaux sociaux.

 

Depuis le 24 juin et jusqu'au 29 (journée de la Marche des Fiertés de Paris), des dizaines de volontaires se sont coordonnés et réunis pour mener cette opération.

 

Elles et ils ont d’abord remplacé leur photo de profil Twitter par les 6 couleurs du drapeau LGBT. Chaque tweet LGBTphobe identifié reçoit alors 6 morceaux de réponse consécutive formant 1 seul message : "Tous unis, nous sommes plus fort que l’homophobie", ce message est signé par SOS homophobie avec un 7è et dernier tweet : "La haine n’aura jamais le dernier mot".

 

"Cette opération vise à démontrer que l’union fait la force, avec 6 couleurs plus fortes que la haine et 1 message plus fort que l’intolérance. Les LGBTphobies n’ont pas leur place sur les réseaux sociaux", explique SOS homophobie qui invite chacune et chacun à répondre positivement et à sa manière à toute forme d’intolérance.

 

Avec cette opération, SOS homophobie dénonce cette violence morale et prône haut et fort qu’aucune insulte LGBTphobe ne devrait rester sans réponse.

 

Cette opération digitale a été conçue par TBWA\Paris pour SOS homophobie.

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Anniversaire de Stonewall

Coup d'envoi de la Gay Pride géante à New York

Les festivités marquant les 50 ans de lutte pour les droits homosexuels ont officiellement commencé mercredi à New York avec un concert de bienfaisance animé par l'actrice Whoopi Goldberg, avec, en vedette, Cyndi Lauper, connue mondialement pour son tube "Girls Just Wanna Have Fun".

La chanteuse Cyndi Lauper sur la scène du Barclays Center à Brooklyn, New York, le 26 juin 2019
La chanteuse Cyndi Lauper sur la scène du Barclays Center à Brooklyn, New York, le 26 juin 2019

L’événement, dans l'enceinte du Barclays Center à Brooklyn, siffle le coup d'envoi de plusieurs jours d'hommages festifs, un demi-siècle après les émeutes de Stonewall qui opposèrent en 1969 policiers et gays excédés par des années de répression, dans le quartier de Greenwich Village.

 

Au programme, concerts, expositions, films, représentations de théâtre et ateliers pour rendre hommage à ceux qui se sont battus pour leurs droits.

 

Les recettes des billets du concert de mercredi seront reversées à trois associations new-yorkaises défendant les droits LGBTQ dans la métropole américaine.

 

Les chanteuses Chaka Khan et Ciara devaient également se produire, tout comme l'acteur et chanteur Billy Porter.

 

Une foule massive est aussi attendue vendredi devant le bar Stonewall Inn, dans le sud de Manhattan : c'est là, le 28 juin 1969, que des centaines d'homosexuels et transsexuels se rebellèrent contre la police, prélude à six jours d'émeutes.

 

Outre des concerts d'icônes de la communauté gay comme Grace Jones et Madonna samedi et dimanche, le clou de la semaine sera le défilé géant de la "World Pride" sur la 5e Avenue.

 

Si la Gay Pride new-yorkaise est chaque année l'une des plus importantes au monde, les autorités ont indiqué attendre cette année "deux à trois millions de touristes" supplémentaires.

 

Un an après les émeutes de Stonewall, New York organisait sa première Gay Pride, défilé célébrant la communauté gay, qui devait essaimer dans les métropoles du monde entier, alors que l'homosexualité est toujours réprimée aujourd'hui dans certains pays.

 

(Avec AFP)

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Birmanie

Appels à dépénaliser l'homosexualité après le suicide d'un jeune gay

La communauté LGBTQ naissante en Birmanie a appelé mardi à dépénaliser l'homosexualité et lutter contre le harcèlement après le suicide d'un jeune gay qui a raconté sur Facebook le calvaire infligé par des collègues homophobes dans l'université où il travaillait.

Kyaw Zin Win, bibliothécaire à l'Université impériale birmane, s'est suicidé à l'âge de 26 ans après avoir posté un dernier message sur Facebook

Les relations homosexuelles restent illégales en Birmanie, aux termes des lois héritées de l'époque coloniale, et même si le premier festival LGBT a été autorisé l'an dernier, les groupes militants dénoncent l'homophobie et les discriminations persistantes dans ce pays socialement conservateur.

 

Kyaw Zin Win, bibliothécaire à l'Université impériale birmane, s'est suicidé à l'âge de 26 ans après avoir posté un dernier message sur Facebook, adressé à sa famille et à ses amis. Il dénonce un pays "où les supérieurs oppriment ceux qui sont sous leurs ordres" et raconte comment ses collègues l'ont harcelé.

 

Selon lui, ses chefs l'ont obligé à révéler son homosexualité et diffusaient des captures d'écran montrant des messages sur des chats pour montrer que ses collègues se moquaient de lui.

 

Les posts du jeune homme sur Facebook ont été partagés des milliers de fois, accompagnés de commentaires indignés. "Les mots peuvent tuer (...), c'est un meurtre", écrit ainsi Hein Aung Thu.

 

L'université a indiqué à l'AFP enquêter sur l'affaire. Lundi, elle a publié un communiqué pour transmettre ses sincères condoléances après cet événement "tragique", précisant avoir rendu visite à sa famille.

 

Le harcèlement au travail est très fréquent en Birmanie, a déclaré Hla Myat Tun, co-directeur de Colors Rainbow, un groupe LGBTQ, expliquant que son organisation recevait de nombreux appels de jeunes en quête de soutien psychologique.

 

Les militants LGBTQ comptent organiser un rassemblement cette semaine à la mémoire de Kyaw Zin Win et réclamer la dépénalisation de l'homosexualité ainsi qu'une loi contre les discriminations.

 

Les autorités birmanes avaient autorisé pour la première fois un rassemblement LGBTQ dans un parc public l'année dernière et environ 12.000 personnes y avaient participé.

 

Galvanisés par ce succès, les organisateurs avaient décidé cette année d'appeler officiellement "Pride" la première parade nautique gay qui s'est déroulée en janvier dans le cadre d'un festival LGBTQ, bien que les conditions ne soient pas encore réunies pour une véritable parade au grand jour dans les rues de Rangoun.

 

(Avec AFP)

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Monde

L'évolution des droits LGBT depuis les émeutes de Stonewall

Les émeutes de Stonewall, déclenchées par une descente de police dans un club gay de New York le 28 juin 1969, ont marqué l'éclosion du militantisme LGBT aux États-Unis et dans le monde, qui a conduit à des avancées majeures. En voici quelques grandes étapes.

Gay pride

Le premier défilé de la "Gay pride" a lieu le 28 juin 1970, un an après le début des six jours d'affrontements devant le bar The Stonewall Inn. Des milliers de personnes défilent à New York, pour protester contre des lois et un climat homophobes.

 

"Nous devons nous rendre visibles et cesser d'avoir honte", déclare au New York Times Michael Brown, fondateur du Front de Libération Gay (Gay Liberation Front).

 

D'autres villes des États-Unis, puis du monde entier organisent leurs propres défilés dans les années et décennies qui suivent. Les plus importants ont désormais lieu à Berlin, Sao Paulo et Sydney. Les marches mêlent revendications politiques - violences homophobes, sida, mariage gay - et festivités.

Dépénalisation 

Avant les émeutes de Stonewall, l'Illinois était le seul État américain à avoir dépénalisé les relations homosexuelles entre adultes consentants.

 

De nombreux États suivent dans les années 1970 et 1980. En 2003, la Cour suprême affirme que les relations homosexuelles ne peuvent être sanctionnées, ce qui était encore le cas dans une douzaine d’États, notamment au Texas.

 

Une dépénalisation qui intervient longtemps après des pays comme la Suisse (1942) ou l'Angleterre et le Pays de Galles (1967). En France, le "crime de sodomie" a été aboli en 1791. Le Parlement met fin en 1982 à la discrimination fixant la majorité sexuelle à quinze ans pour les hétérosexuels contre dix-huit ans pour les homosexuels.

 

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a rayé l'homosexualité de la liste des maladies mentales en 1990. Les rapports homosexuels restent illégaux dans environ 70 pays.

 

Dans l'armée

Le 20 septembre 2011, l'armée américaine met fin à l'interdiction pour les personnes ouvertement homosexuelles de servir dans ses rangs. Environ 14.000 militaires avaient été expulsés de l'armée depuis l'adoption de la loi controversée de 1993, dite "Don't Ask, Don't Tell" ("Ne demandez pas, n'en parlez pas"), qui autorisait les homosexuels à servir dans l'armée s'ils gardaient leur orientation sexuelle secrète.

 

Une trentaine de pays dont le Royaume-Uni, le Canada et Israël acceptaient déjà les personnes ouvertement homosexuelles dans l'armée. Le président Barack Obama a ouvert l'armée aux recrues transgenres à compter du 1er juillet 2017 mais son successeur Donald Trump est revenu sur cette décision. Depuis avril 2019, les personnes transgenres ne peuvent s'engager que si elles acceptent de ne pas changer de sexe.

 

Mariage gay

En 2013, la Cour suprême des États-Unis accorde une victoire majeure aux couples homosexuels, en invalidant une loi fédérale qui définissait le mariage comme l'union entre un homme et une femme. Elle permet ainsi aux homosexuels légalement mariés - ce qui est alors possible dans treize États - d'obtenir les mêmes droits que les couples hétérosexuels au niveau fédéral, en matière fiscale, d'aides publiques ou pour l'octroi d'une carte verte, un permis de résident permanent.

 

Deux ans plus tard, le 26 juin 2015, elle inscrit dans la Constitution que les cinquante États américains doivent reconnaître et autoriser le mariage gay. Il est alors interdit dans treize d'entre eux.

 

En 2001, les Pays-Bas étaient devenus le premier pays à légaliser le mariage gay, aujourd'hui autorisé dans une trentaine de pays.

 

Discriminations au travail

En avril, la Cour suprême des États-Unis s'est saisie du dossier ultra-sensible des discriminations au travail contre les homosexuels et les personnes transgenres. Sa décision est attendue en 2020. Plus de la moitié des États américains n'interdisent pas les discriminations liées à l'orientation sexuelle dans des domaines comme l'emploi, le logement ou les services publics.

 

(Avec AFP)

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Anniversaire

Stonewall, 28 juin 1969: quand la communauté gay encercle la police de New York

"C'était la première fois que notre communauté emprisonnait des policiers alors que, jusque-là, c'était toujours eux qui nous emprisonnaient" : Mark Segal, un ancien de Stonewall, se souvient de la première des six nuits d'émeutes à New York qui ont propulsé la cause homosexuelle et changé la vie de millions de personnes.

C'était il y a cinquante ans, dans la nuit du vendredi 27 au samedi 28 juin 1969. Vers une heure du matin, de jeunes homosexuels dont Mark Segal, des lesbiennes, des "drag-queens" et des transsexuels décident de résister à une énième descente de police dans le bar gay The Stonewall Inn, au cœur de Greenwich Village, et d'encercler les policiers venus les appréhender.

 

Mark Segal a alors 18 ans. Il est arrivé quelques semaines plus tôt de Philadelphie. Il raconte aujourd'hui la "folle passion" et "la joie pure" de ces journées, même s'il ignorait encore la dimension historique qu'elles allaient prendre.

 

En cette fin des années 1960, l'homosexualité était considérée comme une maladie et les relations homosexuelles étaient hors-la-loi aux États-Unis, sauf dans l'Illinois. 

 

Les gays vivaient cachés : ils risquaient de perdre leur emploi ou leur logement si leur orientation sexuelle était découverte. Les agressions étaient fréquentes, tout comme les interpellations policières.

 

Refuge

Le Stonewall Inn, contrôlé par la mafia, n'avait pas de licence de vente d'alcool et vendait des boissons alcoolisées diluées avec de l'eau.

 

Connu pour son grand jukebox et pour être le seul bar gay où l'on pouvait danser, y compris des slows, c'était un refuge. "C'était un endroit extraordinaire. Dans ce bar, on pouvait être soi-même. Bien que ce soit un taudis, bien qu'il soit contrôlé par la mafia, nous étions heureux d'avoir un endroit à nous", raconte Martin Boyce, 71 ans, devant l'établissement désigné "monument national" par Barack Obama en 2016.

 

Au même moment, les mouvements pour les droits civiques, pour les droits des femmes, les manifestations contre la guerre du Vietnam, et la révolution sexuelle alimentaient un climat général de rébellion propice au changement.

 

L'historien David Carter, auteur de l'ouvrage "Stonewall : les émeutes qui déclenchèrent la révolution gay", rappelle que la Mattachine Society - une des premières organisations de défense des droits homosexuels, créée en 1950 - commençait à faire parler d'elle, en obtenant notamment la légalisation des bars gays. Suscitant un nouvel espoir.

 

Lorsque Martin Boyce arrive au Stonewall Inn cette nuit-là avec un ami, la police y est déjà. Entre les clients chassés du bar par les policiers et ceux qui attendaient dehors, il y a environ 200 personnes. Il voit un fourgon de police, puis "un policier y pousser violemment une  folle. Elle l'a frappé à l'épaule avec son talon, il est entré dans le fourgon et on a entendu des coups, des gémissements", se souvient-il.

 

Et le policier "a fermé la porte, et il a fait ce qu'ils faisaient toujours, il s'est tourné vers nous et il a dit, 'Allez les pédés, fini le spectacle, partez!'" Mais, pour la première fois, au lieu de s'exécuter, "on a commencé à marcher vers lui", raconte Martin Boyce.

 

Prêts à lutter

La foule était furieuse. Le policier a levé sa matraque, comme s'il se préparait à frapper, "mais je ne sais pas ce qu'il a vu sur nos visages, il s'est décomposé et a couru jusqu'au bar avec les autres policiers", rejoignant leurs collègues à l'intérieur. "On a formé un demi-cercle devant le bar (...) Au début, ça a commencé doucement, on lançait des pièces" de monnaie, puis des canettes, des bouteilles, des pavés, des briques et des cocktails molotov. Certains ont arraché un parcmètre, essayé de forcer la porte du bar, songé y mettre le feu.

 

Pour la première fois, il a senti "un consensus ": "Nous étions prêts à lutter". Les affrontements ont duré toute la nuit. Treize manifestants arrêtés, et au moins un policier blessé. "Ils ne nous ont pas eus, c'est nous qui les avons épuisés car on connaissait le Village comme les Indiens connaissent la forêt", raconte Martin Boyce, frappé dans le dos cette nuit-là à coups de bâton.

 

Un appel au rassemblement le lendemain est lancé, écrit à la craie sur les murs: "Tomorrow night Stonewall" ("Demain soir Stonewall"). La foule grossit, les manifestations deviennent plus violentes. "La bataille pour le contrôle du cœur du ghetto gay" avait commencé, résume David Carter.

 

Ces six nuits d'émeutes ont signé l'acte de naissance du mouvement moderne pour la reconnaissance des droits homosexuels, qui allait faire boule de neige et inspirer des milliers de gens dans le monde. Cinquante ans plus tard, "Stonewall est devenu un verbe, un terme d'action, et il le restera toujours", souligne Martin Boyce. "Nous avons rendu ce bar célèbre, et il nous a libérés. Une bonne affaire!".

 

(Avec AFP)

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Géorgie

Une "milice populaire armée" menace les personnes LGBT+

Selon l’ONG Amnesty, une "milice populaire armée" anti-LGBT, visant à "éradiquer le pêché et l’hérésie" s’est créée le 16 juin dernier en Géorgie, à quelques jours de la semaine des fiertés.

C’est une information très inquiétante pour la communauté LGBT+ géorgienne. L’homme d’affaires local Levan Vassadze a récemment créé le "Conseil des vrais hommes", une "milice populaire" visant à "éradiquer le pêché et l’hérésie" et "défendre les valeurs traditionnelles", révèle Courrier International.

 

Nina Walch, chargée de campagne du programme "Protection des populations" pour la branche française de l’ONG Amnesty International, explique que cette "garde civile" date du 16 juin dernier et compte déjà "des dizaines de "membres" armés de matraques en bois". Elle ajoute que Levan Vassadze aurait des liens "très étroits avec l’Eglise orthodoxe".

 

L’influence de l’Eglise orthodoxe

L’Eglise orthodoxe géorgienne, très fortement majoritaire puisqu’elle regroupe plus de 80% de la population, est connue pour son conservatisme. Bien qu’officiellement séparée de l’Etat, elle joue un rôle prépondérant dans la vie sociale et politique du pays.

 

Le patriarche Ilia II, 86 ans, très influent, estime que l’homosexualité est une maladie comparable à une addiction à la drogue et a aussi appelé les autorités à interdire l’avortement.

 

La Marche des Fiertés annulée ?

Cette nouvelle intervient alors que se tient du 18 au 22 juin la première Semaine des Fiertés des LGBTI en Géorgie et dans le Caucase du Sud. Mais, selon Amnesty International, "les organisateurs ont reçu de menaces de mort" et la la marche publique, qui devait se tenir ce week-end à Tbilissi, pourrait bien être annulée.

 

Autre raison invoquée : les violences qui se sont déroulées dans la nuit de jeudi à vendredi devant le Parlement géorgien à Tbilissi. Jusqu’à 10.000 personnes s’étaient réunies pour protester contre l’intervention d’un député du Parti communiste russe, Sergueï Gavrilov.

 

Les protestations ont été marquées par des affrontements qui ont fait 240 blessés, dont 160 manifestants et 80 policiers, et conduit à 305 arrestations, selon les autorités.

 

Enquête ouverte

"Le ministère des affaires intérieures a rencontré les organisateurs de cette marche et leur a suggéré d’annuler l’évènement", explique Nina Walch.

 

Pourquoi ? "Car la police ne serait pas en mesure d’assurer la sureté des participants." "C’est pourtant à l’Etat de prendre toutes les mesures pour protéger la marche des fiertés", s’agace la militante.

 

"Alors certes, le ministère des affaires intérieures a ouvert une enquête pour "création de formation illégale", abonde-t-elle. "Mais d’un autre côté ils suggèrent aux organisateurs de la Pride de ne pas marcher. Le gouvernement promeut des lois mais, dans les faits, il ne se passe rien. C’est totalement contradictoire."

 

"Etre homosexuel en Géorgie entraine des discriminations et des violences quotidiennes"

 

Depuis 2014, les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre sont interdites en Georgie, mais les personnes LGBT+ restent encore très stigmatisées. "La société géorgienne est très LGBTphobe", estime Nina Walch qui se souvient d’une "enquête menée en 2014 qui avait montré que presque la totalité des personnes interrogées jugeaient l’homosexualité inacceptable".

 

Et de conclure :" Etre homosexuel en Géorgie entraine des discriminations et des violences quotidiennes"

 

(Article TETU)

 

Crédit photo : Movement for Equality/Facebook.

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Sida

L'appel à la mobilisation de Macron pour sauver "16 millions de vies"

Le président de la République a lancé un appel dans la cour de l’Élysée aux côtés d'Elton John.

"C'est simple, on est à un moment critique", a déclaré le président français Emmanuel Macron.
"C'est simple, on est à un moment critique", a déclaré le président français Emmanuel Macron.

Objectif : 13 milliards de dollars, ou plus. Le président Emmanuel Macron a lancé ce vendredi un appel à la mobilisation internationale dans la lutte contre le sida avec l'objectif de "sauver 16 millions de vies", au cours d'une apparition aux côtés d'Elton John durant la Fête de la musique à l’Élysée. 

 

"Le sida existe toujours, frappe toujours et continue d'avancer", a mis en garde le chef de l’État devant quelque 2000 personnes rassemblées dans la cour de l’Élysée. Il a souhaité que la prochaine conférence triennale du Fonds de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, qui se réunira le 10 octobre à Lyon, puisse réunir plus de 13 milliards de dollars pour les trois prochaines années. 

 

"Nous avons donc encore énormément à faire pour continuer à convaincre qu'on doive se protéger, que ce n'est pas une histoire de la génération d'avant mais des jeunes aujourd'hui", a-t-il ajouté. Et "partout dans le monde, le sida, la tuberculose et le paludisme frappent encore des millions de personnes, avec une inégalité écrasante car plus on est pauvre, plus on est touché", a-t-il ajouté aux côtés d'Elton John. 

 

Légion d'honneur pour Elton John

Avant cette prise de parole dans la cour de l’Élysée, Emmanuel Macron a remis la Légion d'honneur au célèbre chanteur britannique, actuellement en tournée en France. "Cet engagement pour la musique et pour la lutte contre le sida, c'est l'histoire de votre vie, cher Elton", a-t-il salué en s'adressant à la superstar britannique. 

 

Les groupes Brigitte, Iris Gold, Pongo et Saint Sister doivent se produire à l’Élysée dans le cadre de la Fête de la musique. 

 

Emmanuel Macron et Elton John célébraient également l'ouverture de la 21e édition du festival Solidays, organisé par l'association Solidarité Sida, qui se tient ce week-end à l'hippodrome de Longchamp, près de Paris. Pour l'occasion, ils devaient s'entretenir notamment avec le fondateur et directeur de Solidays, Luc Barruet, le directeur-général du Fonds international pour la lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose Peter Sands et le directeur d'Unitaid Leilo Marmora. 

 

(Avec AFP)

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