Tristesse

Mort l'écrivain Binyavanga Wainaina, icône de la cause homo au Kenya

L'écrivain kényan Binyavanga Wainaina, devenu une icône de la cause des droits des homosexuels en Afrique après avoir fait son coming-out en 2014, est décédé dans la nuit à l'âge de 48 ans, a annoncé mercredi sa maison d'édition.

L'écrivain kenyan Binyavanga Wainaina en 2014 à Naïrobi (SIMON MAINA - AFP)

"Il est décédé la nuit dernière", a déclaré à l'AFP Tom Maliti, président du Kwani Trust, une maison d'édition basée à Nairobi et fondée par Wainaina.

 

Il avait remporté en 2002 le prix Caine, une des plus prestigieuses récompenses pour la littérature africaine en langue anglaise. L'écrivain et journaliste avait été victime d'une crise cardiaque en 2015 et avait le sida. L'an passé, il avait indiqué vouloir épouser son partenaire de longue date en Afrique du Sud.

 

"Je suis homosexuel, maman"

Son frère James a raconté à la radio Capital News que les condoléances affluaient du monde entier. "Nous avons perdu Ken la nuit dernière. Nous pleurons sa perte (...), mais Ken était une personne incroyable, avec une finesse d'esprit incroyable", a-t-il déclaré.

 

Wainaina avait reçu des éloges et bénéficiait d'une large audience pour l'ensemble de son oeuvre, dont son essai satyrique How to Write About Africa. Mais sa figure divisait parfois dans son Kenya natal, où des lois datant de la période coloniale criminalisent l'homosexualité. Wainaina avait provoqué un énorme débat en 2014 en révélant son homosexualité dans une nouvelle publiée en ligne intitulée Je suis homosexuel, maman.

 

"Moi, Binyavanga Wainaina, je jure très honnêtement avoir su que je suis homosexuel depuis que j'ai cinq ans", écrivait-il dans cette nouvelle dédiée à sa mère décédée. Ce texte est "un acte politique", avait à l'époque expliqué à l'AFP Wainaina, qui l'avait écrit quelques jours après la promulgation d'une loi anti-homosexualité au Nigeria, pays qu'il admirait et considérait comme sa seconde patrie.

 

Un exemple en Afrique

Il avait reçu d'innombrables messages de soutien et avait été nommé parmi les personnalités les plus influentes au monde par Time Magazine cette année-là. Mais il était aussi la cible publique de tous ceux qui dénoncent l'homosexualité sur le continent. Vingt-huit pays sur 49 en Afrique sub-saharienne ont des lois pénalisant les relations homosexuelles.

 

Un tribunal kényan doit rendre vendredi son jugement sur la constitutionnalité de deux lois datant de l'époque coloniale et criminalisant l'homosexualité. Ce jugement était attendu en février, mais les juges avaient repoussé à mai leur décision, arguant alors d'une charge de travail trop importante. Les activistes voient là l'opportunité pour le Kenya de servir d'exemple en Afrique.

 

(Avec AFP)

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Transphobie

L'agresseur de Julia Boyer condamné la prison ferme

Un tribunal a condamné l'agresseur de Julia Boyer pour "violences commises en raison de l’identité de genre" à 10 mois de prison dont 6 mois ferme. Il écope aussi d'une mise à l’épreuve de deux ans et d'une interdiction de contacter la victime et d’apparaître aux abords de son domicile. 

Julia Boyer
Julia Boyer

Seddik A., 23 ans, jugé en comparution immédiate par le tribunal correctionnel de Paris, a été condamné pour "violences volontaires sans incapacité totale de travail (ITT) commises à raison de l'identité de genre".

 

Son sursis a été assorti d'une mise à l'épreuve. Il a également interdiction d'entrer en contact avec la victime et de paraître aux abords de son domicile.

 

"La justice a fait son travail", a déclaré Julia à l'issue de l'audience. "Je ne suis pas sûre que la prison soit la meilleure solution mais j'espère qu'il réfléchira et qu'il ne recommencera pas". "Ce procès est un symbole, car la justice française aujourd'hui a pris en compte le caractère discriminatoire des actes transphobes", a ajouté son avocat Me Etienne Deshoulières.

 

Le 31 mars, lors d'une manifestation dans la capitale contre l'ex-président algérien Albdelaziz Bouteflika, Julia, 31 ans, avait été prise à partie à proximité d'une bouche de métro.

 

"Sale pédé", jets de bière, chants humiliants, cette vendeuse dans une boutique de luxe qui a commencé sa "transition" il y a 8 mois est alors prise pour cible par un groupe d'hommes.

 

Sur une vidéo-surveillance projetée mercredi lors de l'audience, on voit Seddik A. lui toucher les cheveux et lui asséner plusieurs coups violents au visage. Julia finit par s'échapper par la bouche de métro grâce à l'aide de plusieurs agents de la RATP.

 

S'il n'a pas nié les violences, Seddik A. a en revanche affirmé ne pas avoir proféré d'insultes visant les personnes transgenres, déclarant à l'audience ne pas être "homophobe".

 

"C'est une peine sévère, qui répond à l'engouement médiatique autour de ce dossier", a estimé son avocate Me Mariame Touré. "Le caractère transphobe n'a pas été prouvé", a abondé son second avocat Rachid Madid.

 

"Contrairement à ce que certains ont dit, ce n'était pas le procès de la transphobie : c'était le procès d'un homme qui a commis des violences sans ITT, comme on en voit quotidiennement dans ce tribunal", a-t-il ajouté.

 

Le prévenu a aussi été condamné à verser 3.500 euros d'amende à Julia ainsi que 1.500 euros à trois associations de défense des droits des personnes LGBT, qui s'étaient portées parties civiles. 

 

Le verdict prononcé, l'agresseur est donc maintenu en détention.

 

(Avec AFP)

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Justice

Condamné pour avoir révélé l’homosexualité de ses ex-petits amis à leurs proches

Le tribunal de grande instance de Paris, statuant en référé, a condamné à plusieurs milliers d’euros de dommages et intérêts un homme accusé d’avoir "outé" de force deux ex-petits amis.

C’est un jugement important. Le 15 mai dernier, le tribunal de grande instance de Paris a condamné un homme pour avoir "outé" de force deux ex-petits amis, Jamel et Sofiane, auprès de leurs familles et sur les réseaux sociaux.

 

Aucun des deux hommes, originaires de région parisienne, n’avaient parlé de leur orientation sexuelle à leurs proches. 

 

Outing sur fond de rupture amoureuse

Sofiane, 21 ans, a été le premier à rencontrer Damien en juin 2018. C’est après leur rupture que Damien aurait créé de faux profils sur Grindr et Hornet en utilisant ses photos. Ce dernier aurait également contacté le frère et des amis de Sofiane pour leur révéler son homosexualité. "Il a aussi dit à mon frère que j’avais le sida", nous racontait-il en avril dernier. 

 

Jamel, 25 ans, a rencontré Damien sur Grindr quelques mois plus tard, en octobre. Et l’histoire se répète. "Soit tu restes avec moi dans la discrétion, soit je balance à tout le monde et tu assumes", lui aurait-t-il dit juste avant leur rupture. Il mettra ses menaces à exécution. Peu de temps après, sa mère et son frère auraient envoyé des photos et des vidéos des deux hommes en train de s’embrasser.

 

Des faux comptes sont également apparus sur Instagram, Grindr et Hornet. "Il racontait que j’étais passif, que je me faisais baiser trois fois par jour et que kiffais les mecs blancs, nous expliquait Jamel. En moins de 24 heures, l’information a circulé auprès de tout le monde et je faisais l’actualité dans ma cité."

 

"Le préjudice subi" par les demandeurs "est réel et sérieux"

Multiples preuves à l’appui (enregistrements audio, captures d’écran, e-mails…), et soutenu par leur avocat, Me Nicolas Cellupica, les deux hommes ont porté l’affaire devant les tribunaux le 3 avril dernier.

 

Dans le détail, l’audience jugeait une procédure de référé, permettant de demander au juge qu’il ordonne des mesures provisoires, en urgence. L’affaire devra donc être de nouveau jugée sur le fond. Mais pas avant quelques mois, voire quelques années.

 

Dans son jugement, le tribunal estime que "la publication sur les réseaux sociaux d’éléments concernant la sexualité des demandeurs, et d’autre part  la révélation auprès de leurs proches de leur homosexualité (…) relèvent incontestablement de la sphère de l’intimité de la vie privée."

 

Le tribunal ajoute que "le préjudice subi" par les demandeurs "est réel et sérieux". Cette "révélation relève de la plus stricte intimité et le fait de la révéler à sa famille, notamment à sa mère (ou son frère, NDLR) et à ses amis sans son accord est gravement attentatoire à sa vie privée et source d’un préjudice incontestable."

 

"Ils sont soulagés et très heureux"

Damien a été condamné à verser une provision de 10.000 euros à Jamel et 7.000 euros à Sofiane au titre du préjudice moral subi. Le tribunal a également condamné le jeune homme de 29 ans à verser 2.500 euros de frais de justice à chacun des deux plaignants.

 

Me Nicolas Cellupica avait, de son côté, réclamé 40.000 euros de dommages et intérêts prévisionnels pour chacun de ses clients ainsi que la suppression de tous les faux comptes Instagram, Hornet et Grindr (ce serait déjà le cas, selon l’avocat de la défense, NDLR).

 

L’avocat de Damien, Me Charles Ohlgusser, a annoncé son intention de faire appel de cette décision dans les jours qui viennent. "Nous estimons que le montant de cette provision est disproportionné au regard de la jurisprudence constante", ajoute-t-il avant de rappeler qu’il ne s’agit "aucunement d’une condamnation définitive et que le fond n’a pas encore été jugé."

 

"Ils sont soulagés et très heureux, a de son côté confié l’avocat de Jamel et Sofiane, Me Nicolas Cellupica. C’est l’une des premières décisions de ce type en France, ça peut servir d’exemple."

 

*Les prénoms ont été changés

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La Roche-sur-Yon

Enquête judiciaire après la dégradation d'un stand LGBT en Vendée

Le parquet de La Roche-sur-Yon a ouvert une enquête après des dégradations commises samedi à l'encontre d'un stand LGBT en Vendée par un groupe de jeunes hommes criant "homo-folie, ça suffit !", a-t-il confirmé dimanche à l'AFP.

"Le #parquet de #LaRocheSurYon ouvre une enquête sur ces faits pour en déterminer la nature juridique puis en identifier le ou les auteurs et décider de la réponse judiciaire la plus adaptée", a écrit dimanche le procureur sur Twitter.

 

Les faits se sont déroulés samedi après-midi sur la place Napoléon de La Roche-sur-Yon où un stand du centre LGBT de Vendée avait été installé à l'occasion d'une "journée de lutte contre l'homophobie et la transphobie".

 

"Un groupe d'une vingtaine de jeunes extrémistes de la Manif pour tous, a traversé violemment notre village en scandant 'Homo-folie ça suffi' en arrachant drapeaux et ballons et en renversant des grilles d'exposition. Lors de ce passage, ils ont également bousculé des membres des associations partenaires présentes", écrit le centre LGBT sur sa page Facebook, en annonçant son intention de porter plainte.

 

Contacté par l'AFP, le parquet a confirmé l'ouverture d'une enquête sans plus de précision.

 

Dans plusieurs vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, on voit de jeunes hommes, dont certains portent un drapeau ou un sweat à l'effigie de La Manif pour tous, commettre diverses dégradations sur ce stand avant d'être repoussés par les organisateurs.

 

"La Manif pour tous condamne très fermement ces événements", a réagi auprès de l'AFP la présidente du mouvement, Ludovine de La Rochère, en dénonçant des "actes inqualifiables et odieux, contraires à notre philosophie".

 

"Nous n'avons aucun lien avec ces jeunes, n'importe qui peut commander un sweat. S'il s'agissait de vrais sympathisants de la Manif pour tous, ils sauraient que nous n'avons jamais toléré les propos et les actions homophobes", a-t-elle insisté, en expliquant réfléchir à "porter plainte pour usurpation et détournement de notre image"

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Football

Les supporters lensois refusent de rencontrer un collectif anti-homophobie

Un mois après avoir repris des insultes homophobes lors d'un match de Ligue 2 contre Valenciennes, les supporters lensois ont refusé de rencontrer un collectif anti-homophobie qui s'était déplacé vendredi au stade Bollaert pour dialoguer avec eux.

"Cela m'inspire une terrible déception parce qu'on se faisait sincèrement une joie de se parler de vive voix et les supporters ont préféré doucher nos espoirs de dialogue", a regretté auprès de l'AFP Julien Pontes, porte-parole du collectif Rouge Direct.

 

Les militants ont en revanche eu un échange très constructif avec les dirigeants artésien, notamment le président Joseph Oughourlian et le directeur général Arnaud Pouille.

 

"Ils ont pris les choses au sérieux et on a eu une explication vive et très franche. Nous leur avons fait la proposition d'obtenir un engagement formel des supporters du RC Lens de bannir toute expression homophobe au stade Bollaert. La direction s'est engagée à y travailler", a expliqué Julien Pontes. "Malgré tout, je ressors un peu plus inquiet sur l'état d'esprit des supporters qu'avant ma venue. Ce rendez-vous manqué reste une énorme déception", a-t-il ajouté.

 

Une enquête avait été ouverte mi-avril par le parquet de Béthune à propos de chants "provocateurs, à possible caractère homophobe" lors du choc de Ligue 2 entre les clubs rivaux Lens et Valenciennes. 

 

Insultes et menaces

Dans une vidéo relayée par le collectif Rouge Direct, constitué d'anciens membres du Paris Foot Gay, on voit le "capo" (celui qui anime les tribunes au micro) de Lens crier "Oh VA bande de pédés !", des insultes reprises par une partie du public de la tribune Marek.

 

Les supporters lensois concernés n'ont "pas pensé que les mots pouvaient blesser" quiconque, avait plaidé auprès de l'AFP Pierre Revillon, porte-parole des Red Tigers, groupe d'ultras lensois.

 

Saisie, la commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP) a infligé le 9 mai au RC Lens une lourde amende de 50.000 euros ainsi qu'un match à huis clos avec sursis pour la tribune Marek.

 

Par ailleurs, un supporter lensois qui avait dénoncé ces chants en avril a déposé plainte mardi à Paris après avoir reçu plus de 300 messages publics "d'insultes et de menaces" sur les réseaux sociaux.

 

"Le problème, c'est que la grande majorité des supporters ont fait le lien entre mes tweets et l'amende (...) Depuis, j'ai été affiché partout sur Facebook et Twitter, ça n'a pas arrêté pendant un mois", a déclaré vendredi à l'AFP Jacky Majda, 44 ans, qui a publié sur sa page Facebook un échantillon de ces messages. "Certains incitent clairement à me frapper si je viens à Bollaert", a-t-il ajouté, précisant ne pas vouloir pour l'heure retourner au stade par crainte de se faire agresser.

 

(Avec AFP) 

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Taïwan

Le Parlement légalise le mariage gay, une première en Asie

Le Parlement taïwanais a légalisé vendredi le mariage entre personnes de même sexe, une première en Asie, deux ans après un arrêt historique en ce sens de la plus haute juridiction de l'île.

Des manifestants taïwanais célèbrent la légalisation du mariage gay le 17 mai 2019 devant le Parlement
Des manifestants taïwanais célèbrent la légalisation du mariage gay le 17 mai 2019 devant le Parlement

Les députés taïwanais ont largement voté une loi permettant aux couples homosexuels de former "des unions permanentes exclusives" ainsi qu'une clause qui les autorise à demander une inscription par l'administration au "registre des mariages".

 

Cet arrangement législatif, qui confirme la place de Taïwan à l'avant-garde asiatique en ce qui concerne les droits des homosexuels, est une victoire pour les associations de défense des droits des LGBT qui sont mobilisées depuis des années pour obtenir les mêmes droits au mariage que les couples hétérosexuels.

 

"Le 17 mai 2019 à Taïwan, l'amour a gagné", a déclaré la présidente Tsai Ing-wen dont la légalisation du mariage gay était une promesse de campagne. "Nous avons fait un grand pas vers une véritable égalité, et fait de Taïwan un pays meilleur", a-t-elle ajouté dans un tweet accompagné du drapeau arc-en-ciel.

 

En mai 2017, la Cour constitutionnelle de l'île avait jugé contraire à la Constitution le fait de priver les personnes de même sexe du droit de se marier. Elle avait donné deux ans au gouvernement pour modifier la loi, en précisant que le mariage pour tous deviendrait une réalité si rien n'était fait.

 

Page nouvelle

Mais l'opposition conservatrice s'était mobilisée en organisant en novembre une série de référendums au cours desquels une majorité a rejeté l'idée que le mariage puisse être défini autrement que ce qu'il est actuellement, à savoir une union entre un homme et une femme, ce qui avait considérablement réduit la marge de manoeuvre législative du gouvernement.

 

Vendredi, Journée mondiale contre l'homophobie et la transphobie, le Parlement était saisi de trois projets de loi concurrents visant à régler la question des unions homosexuelles, à moins d'une semaine de la date butoir fixée par la Cour.

 

Le texte le plus progressiste, celui qui a été voté, était celui du gouvernement, le seul qui contenait le mot de "mariage". Les deux autres, déposés par des adversaires du mariage pour tous, proposaient quelque chose ressemblant davantage à une union civile.

 

Les associations de défense des droits des homosexuels ont salué le vote de vendredi, en expliquant que la possibilité de demander une inscription au "registre des mariages" -disposition appelée "Clause Quatre"- plaçait les homosexuels dans une position de quasi égalité avec les hétérosexuels et permettait d'avoir le mot "mariage" dans la loi.

 

Des milliers de partisans du mariage pour tous s'étaient réunis vendredi à l'extérieur du Parlement, en dépit de pluies diluviennes, pour faire pression sur les élus.

 

L'adoption en débat

A l'intérieur de la chambre, d'autres sections de la loi étaient toujours débattues, et notamment celles sur la question de savoir ce qu'elle prévoira pour les couples homosexuels en matière de droits à l'adoption.

 

Une chose est sûre, les couples homosexuels n'obtiendront pas sur ce sujet l'égalité avec les hétérosexuels car la version législative la plus progressiste ne prévoit que la possibilité d'adopter l'enfant biologique de son partenaire.

 

Les associations de défense des droits LGBT s'étaient cependant dites prêtes à des concessions sur ce sujet s'ils obtenaient une reconnaissance du concept de mariage. L'idée pour elles est que les batailles sur l'adoption et la gestation pour autrui peuvent attendre.

 

Ces dix dernières années, Taïwan a été une des sociétés les plus progressistes d'Asie sur la question des droits des homosexuels, en organisant notamment la plus grande gay pride du continent.

 

Pour autant, l'île qui vit séparée de la Chine depuis 1949 est également d'une société très conservatrice, où les lobbies religieux sont très puissants, en particulier en dehors des villes.

 

Les adversaires de la légalisation ont fustigé le vote. Tseng Hsien-ying, de la Coalition pour le bonheur de notre prochaine génération, a déclaré aux médias taïwanais que ce vote avait "piétiné l'avis des Taïwanais selon lesquels un mariage et une famille sont constitués par un homme et une femme, un mari et une épouse".

 

Annie Huang, d'Amnesty International Taiwan, a dit espérer dans un communiqué que "ce vote historique soit imité en Asie."

 

(Avec AFP)

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Festival de Cannes 2019

Pedro Almodovar se met à nu dans Douceur et Gloire

En compétition à Cannes, le maestro espagnol suit un réalisateur en crise, formidablement incarné par Antonio Banderas.

Trois ans après "Julieta", racontant la perte, l’abandon, la culpabilité, Pedro Almodovar revient avec "Douleur et gloire", son 21e long métrage au titre évocateur, réunissant deux de ses acteurs fétiches, Antonio Banderas et Penelope Cruz.

 

À nouveau sélectionné en compétition à Cannes, le réalisateur oscarisé et césarisé mais en mal de Palme d’or en dépit de pronostics souvent unanimes de la critique sur la Croisette, se révèle encore un très sérieux prétendant à la récompense suprême. Réponse le 25 mai.

 

Évitant à son habitude les excès du mélodrame en évoquant avec sobriété, retenue et pudeur l’amour, le deuil, la réconciliation, Almodovar suit un réalisateur en crise formidablement incarné par Antonio Banderas. Il se met émotionnellement et intensément à nu, mêlant "son côté le plus sombre aux moments les plus lumineux de son enfance", dans ce film mélancolique baigné de tristesse. Il s’agit là de la plus intime et de la plus introspective de ses œuvres, tournant autour de ses premières passions, celles qui sont suivi, la mère, la mort, les acteurs avec qui il y travaillé, les ruptures. Et les retrouvailles, dont l’une bouleverse avec le long baiser que son personnage mature échange avec un ancien amant, avant que ce dernier parte retrouver sa femme et ses enfants.

 

Déclaration d’amour au cinéma

Entre émois, regrets, impossibilité de séparer l’art de la vie privée, ce cinéaste si doué qui se demande avec autodérision comment il peut avoir du succès dans un pays aussi différent de l’Espagne que l’Islande, déclare son amour au cinéma.

 

La pellicule libératrice de cet enfant intelligent, sensible et malheureux, qui a grandi au sein d’un milieu paysan et catholique, dans une caverne repeinte par un maçon. Et qui découvre soudain son homosexualité, prétexte à une scène proprement sidérante. Même si l’auteur mêlant réalité et fiction avoue, fait en soi insignifiant, ne pas être absolument fidèle à sa biographie.

 

Le film est ainsi rythmé par des allers et retours entre les années 60, 80 et aujourd’hui. Pedro Almodovar brosse le portrait envoûtant d’un homme se disant incompris, en panne d’inspiration, plongeant dans ses souvenirs. Un homme tourmenté physiquement et psychiquement. En proie à toutes sortes de douleurs musculaires, des migraines, des acouphènes un lancinant mal de dos, il souffre également de troubles de l’âme, de dépression. Un homme se shootant sur le tard à l’héroïne, pour qui "la vie tourne autour de sa colonne vertébrale et dégoûte comme un remède inutile". Mais il va finir par se remettre à écrire.

 

Comme des poissons dans l’eau

Si Almodovar ne cesse de nous fasciner, ses comédiens évoluent comme des poissons dans l’eau dans un univers qu’ils connaissent sur le bout des doigts. À commencer par Antonio Banderas, qui a collaboré huit fois avec lui. Séduisant, attachant avec des fêlures et une vulnérabilité non feintes, il représente, sans pourtant l’imiter en dépit de sa coiffure ananas et de ses vêtements colorés, le double idéal du cinéaste torturé par les affres de la création. Et se terrant de préférence dans son appartement madrilène, où il nous invite à entrer.

 

De son côté la solaire Penelope Cruz, qui a travaillé à six reprises avec l’auteur, est parfaite dans le rôle de la mère jeune d’Almodovar, peu épargnée par les soucis et les difficultés, mais au sourire toujours au bord des lèvres. Dans celui de la mère âgée, on retrouve Julieta Serrano, apparue dans le tout premier métrage du maestro ibère, "Pepi Luci Bom et autres filles du quartier" en 1980. Cela nous vaut une séquence où elle lui parle de son enterrement, manifestant notamment la volonté d’être pieds nus dans son cercueil… Une respiration comique dans ce magnifique opus où la douleur l’emporte sur la gloire.

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Chiffres

Les infractions homophobes ont augmenté de 30% en un an

Selon un bilan du ministère de l’Intérieur, publié ce mardi, 1.378 plaintes ont été déposées en 2018 pour des crimes ou des délits homophobes et transphobes. Un chiffre en hausse importante par rapport à 2017.

Dans le cadre du Plan de mobilisation contre la haine et les discriminations anti-LGBT voulu par le gouvernement, le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMI) du ministère de l’Intérieur a établi le bilan annuel 2018 des victimes de crimes ou de délits enregistrés par les forces de sécurité (police et gendarmerie) commis à raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre, réelle ou supposée, des victimes.

 

En 2018, les forces de police et de gendarmerie ont enregistré 1.378 victimes d’infractions à caractère homophobe ou transphobe contre 1.026 en 2017 (+ 34,3 %).

 

Les injures et les outrages représentent 31,7% des infractions enregistrées, tandis que les violences (physiques et sexuelles) concernent 30% des plaintes, précise le ministère.

 

Ces chiffres marquent une hausse des actes de haine anti-LGBT et témoignent de la persistance de l’homophobie et de la transphobie dans la société.

 

"Cette évolution pourrait en partie s'expliquer par une tendance des victimes à davantage porter plainte", estime le ministère dans un communiqué.

 

Une enquête de l’IFOP réalisée en avril 2019 pour la Fondation Jasmin Roy, l’observatoire LGBT+ de la Fondation Jean Jaurès et la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH) a par ailleurs établi que 55 % des personnes LGBT avaient déjà été confrontées au cours de leur vie à au moins une forme d’agression anti-LGBT, et plus d’un sur cinq à des violences physiques.

 

A l’approche de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, le 17 mai 2019, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner et Marlène Schiappa, Secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et la lutte contre les discriminations réaffirment dans un communiqué leur "totale détermination à faire reculer toutes les formes de haines et de discriminations à l’encontre des personnes LGBT+".

 

Le ministère de l’Intérieur se dit "tout particulièrement engagé pour améliorer l’accueil et la prise en charge des victimes de discriminations". Il rappelle l'adaptation de la formation des policiers et gendarmes en ce sens et l'extension expérimentale de la pré-plainte en ligne aux discriminations ainsi que le renforcement de la lutte contre la haine en ligne.

 

La délégation interministérielle à la lutte le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH) prépare actuellement le nouveau plan national de lutte contre la haine et les discriminations anti-LGBT en coopération avec l’ensemble des ministères et les associations mobilisées dans la lutte contre la haine anti-LGBT. 

 

Ce nouveau plan s’inscrit dans le prolongement du plan national 2017-2019, qui a acté l’élargissement des compétences de la DILCRAH et la mise à disposition d’une enveloppe dédiée de 1,5 million d’euros par an, dont 500.000 euros pour un appel à qui a permis de financer 292 projets gérés par les préfets et dédiés à la lutte contre la haine et les discriminations LGBTphobes en 2019.

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Cinéma

Pourquoi Doris Day était une icône pour l’Amérique gay et lesbienne

L’actrice et chanteuse star d’Hollywood avait marqué des spectateurs souvent dans le placard et à la recherche de sous-texte gay et lesbien au cinéma.

 Crédit photo : Universal (Doris Day et Rock Hudson dans "Confidences sur l’oreiller"
Crédit photo : Universal (Doris Day et Rock Hudson dans "Confidences sur l’oreiller"

Dès 1978, le film "Grease" l’évoquait comme une icône de l’Amérique des années 1950. 

 

L’actrice et chanteuse Doris Day est décédée le 13 mai dernier, à l’âge de 97 ans.

 

La star d’Hollywood avait connu le succès avec des films et comédies musicales marquantes dans les années 1950 et 1960, notamment "Pique-Nique en Pyjama", ou "L’Homme qui en savait trop" , d’Alfred Hitchcock.

 

Bien qu’elle n’était plus apparue sur grand écran depuis 1973, elle demeurait une figure du cinéma mondial. Et notamment auprès du public LGBT.

 

Message caché

L’attachement était né notamment grâce à son rôle en 1957 dans le film "Calamity Jane". Doris Day y chantait "Secret Love". Un titre considérée par toute une génération d’Américains comme un hymne gay et lesbien.

 

Au-delà du sous-texte des paroles, l’allure considérée à l’époque masculine de l’actrice dans ce film sur une femme forte, aventurière et indépendante avait marqué beaucoup de spectatrices.

 

Relation avec Rock Hudson

L’artiste était aussi connue pour son amitié avec l’acteur Rock Hudson, acteur hollywoodien gay.

 

Ils avaient tous deux partagés l’écran en 1959 pour le film "Confidences sur l’oreiller". Doris Day y incarnait une femme amoureuse d’un homme, joué Rock Hudson, qui se faisait passer pour homosexuel. Ironie de l’histoire, l’acteur était alors dans le placard.

 

Leur relation avait perduré jusqu’au décès de Rock Hudson en 1985 des conséquences du Sida.

 

En 2012, elle avait publié un communiqué aux cyclistes de Aids-LifeCycle, qui parcourent des kilomètres en vélo pour lever des fonds pour la lutte contre le Sida. "Je voulais prendre un moment pour vous remercier de parcourir des kilomètres pour honorer ceux que le Sida a tué, y compris mon cher ami, Rock Hudson. Cela fait 30 ans que le Sida existe. Et ça fait presque 30 ans que Rock a été diagnostiqué. Ça a été tellement dur de le voir être arraché à nous, un peu plus d’un an après. Je sais que beaucoup d’entre vous ont aussi perdu des êtres chers. Ce que vous faites est important, à la fois pour se souvenir de ceux qui sont partis, et pour s’assurer que ceux qui sont encore là vivent beaucoup plus longtemps que Rock. Alors continuez à pédaler." 

 

Ne t’en fais pas Doris, on est nombreux à continuer.

 

(Article TÊTU)

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Au rapport

"2018 a été une année noire pour les personnes LGBT"

Le rapport annuel de SOS Homophobie, rendu public ce mardi, fait état d'une explosion des agressions signalées à l'association, en hausse de 15% par rapport à l'année précédente.

SEVERIN MILLET
SEVERIN MILLET

D’emblée, le diagnostic est clair : 2018 a été une "année noire pour les personnes LGBT".

 

Ce mardi, l’association SOS Homophobie livre son rapport annuel. Et une fois de plus, il est alarmant. Cet état des lieux, le 23ème en vingt-cinq ans d’existence de l’association, permet une nouvelle fois de prendre la mesure de l’ampleur de la haine dont sont victimes les lesbiennes, les gays et les trans, chaque jour en France.

 

Sur 176 pages, et au fil des 1 905 témoignages recueillis, SOS Homophobie continue d’alerter sans relâche.

 

En 2018, et pour la troisième année consécutive, le nombre de témoignages reçus est en hausse. Sauf que cette fois, il bondit de 15% par rapport à l’année précédente.

 

A titre de comparaison, en 2017, le nombre d’actes LGBTphobes signalés avait augmenté de 4,8%. Dans plus de la moitié des cas (54%), les faits évoqués se produisent dans la vie quotidienne, que ce soit dans des lieux publics (12% des cas), au travail (11%), ou encore dans des commerces (6%). Sur Internet aussi, la haine fait son nid : 23% des cas de LGBTphobies relatés se sont produits en ligne.

 

Dans la vraie vie, la haine anti-LGBT prend d’inquiétantes proportions, puisqu’une nouvelle fois, SOS Homophobie alerte sur la "hausse alarmante des agressions physiques" : 231 attaques sont à déplorer en 2018, soit une explosion de 66% par rapport à l’année précédente, au cours de laquelle 139 agressions ont été enregistrées par les bénévoles.

 

L’association relate ainsi avoir reçu jusqu’à un témoignage d’agression physique par jour au cours du dernier trimestre de l’année 2018. A cette époque en effet, la parole des victimes semble s’être libérée, y compris sur les réseaux sociaux, où ont afflué les témoignages, bien souvent accompagnés de photos de visages tuméfiés.

 

Les trans et les lesbiennes particulièrement ciblés

Les personnes trans semblent les plus touchées : 19% d’entre elles ont été la cible de coups, à l’image des faits récemment dénoncés par Julia, insultée et frappée en marge d’un rassemblement place de la République, à Paris, début avril.

 

Selon les données publiées dans le rapport, dans plus d’un tiers des cas (35%), ces agressions physiques se sont produites dans des lieux publics. Mais le domicile ne semble pas être un refuge, puisque dans 15% des cas, la violence émane du voisinage des victimes.

 

Le nombre d’actes lesbophobes a quant à lui carrément bondi de 42% entre 2017 et 2018, passant de 257 faits dénoncés en 2017 à 365 en 2018.

 

C’est par exemple l’histoire d’Élise et de sa compagne, qui se sont vues invectivées alors qu’elles déjeunaient dans un restaurant parisien. "Les lesbiennes n’ont pas le droit d’être ici", a lancé leur agresseur, avant de frapper l’une d’elles au visage. Pour autant, SOS Homophobie estime que cette hausse des actes lesbophobes peut être liée à la libération de la parole des femmes entraînée par les mouvements #balancetonporc et #metoo, survenus en fin d’année 2017.

 

Les agresseurs sont majoritairement des hommes, selon l’association, qui observe que les lesbiennes sont non seulement injuriées, mais aussi souvent agonies d’avances sexuelles, voire de menaces de viol.

 

"La honte change peu à peu de camp"

La gayphobie et la transphobie ne sont pas en reste pour autant, en hausse respectivement de 10% et 13%. Ce que les victimes dénoncent le plus ? Le rejet et l’ignorance, qui frappent plus particulièrement les personnes bisexuelles (92% d’entre elles), et 85% des trans disent aussi se sentir rejetés.

 

Pour SOS Homophobie, ces chiffres attestent à la fois d’une "persistance de la haine" mais aussi d’une volonté de ne plus laisser passer chez les victimes, qui hésitent moins à dénoncer. "Les victimes ne se cachent plus et la honte change peu à peu de camp", écrivent les auteurs.

 

Lundi, une étude de l’Ifop pour la fondation Jasmin Roy-Sophie Desmarais, en partenariat avec la fondation Jean-Jaurès et la Délégation interministérielle de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah), dressait un état des lieux tout aussi alarmant : selon ces travaux, plus de la moitié des personnes LGBT (55%) ont déjà été victimes d’une forme d’agression au cours de leur vie.

 

Rapport sur l'homophobie 2019, téléchargement gratuit sur le site de SOS Homophobie en cliquant ICI

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Cuba

La police interrompt une marche non-autorisée pour les droits des LGBT

La police cubaine a interrompu ce samedi une marche pour les droits des LGBT organisée comme alternative, sans autorisation, au traditionnel défilé annuel de la Gay Pride annulé en début de semaine par les autorités.

La police cubaine a interrompu samedi une marche pour les droits des LGBT. — Ramon Espinosa/AP/SIPA

Aux cris de "Oui, c'est possible", les manifestants n'ont réussi à parcourir que 400 mètres le long de la célèbre promenade Paseo del Prado à La Havane, avant d'être dispersés par la police.

 

Ils entendaient protester contre l'annulation de la traditionnelle "conga" organisée chaque année lors de la Journée contre l'homophobie et la transphobie par le Centre national pour l'éducation sexuelle (Cenesex) sous le parrainage du ministère cubain de la Santé.

 

Au moins trois manifestants qui ont refusé d'obtempérer ont été interpellés, selon des journalistes de l'AFP.

 

L'interruption de la marche "ne me semble pas juste, parce que nous ne faisons rien de mal", a déclaré à l'AFP Laydel Alfonso, 31 ans, serveur dans un restaurant de la ville, le visage dissimulé derrière un masque argenté et brandissant un drapeau arc-en-ciel symbole de la communauté LGBT.

 

L'appel a participer à cette marche a été lancé sur les réseaux sociaux avec pour slogan "Marchons pour non rêves, pour la diversité, pour une Cuba diverse".

 

Cette semaine, le Cenesex, dirigé par la députée Mariela Castro, fille de l'ancien chef de l’État et premier secrétaire du Parti communiste (parti unique au pouvoir), avait annoncé que la "conga" n'allait plus avoir lieu.

 

La décision était justifiée par "les nouvelles tensions dans le contexte international et régional" qui affectent la vie quotidienne à Cuba, sans d'autres précisions, le Cenesex demandant néanmoins de respecter les appels officiels.

 

En dépit de l'absence de défilé officiel, les journées contre l'homophobie se tiennent du 7 au 23 mai avec une trentaine d'activités prévues dans la capitale cubaine et la ville de Camagüey.

 

Le projet de la nouvelle Constitution cubaine prévoyait l'autorisation du mariage homosexuel, mesure qui a été abandonnée avant son entrée en vigueur en mars.

 

(Avec AFP)

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Russie

Des Russes cherchent à décomplexer la parole sur la sexualité

Entourées de sex-toys trônant sur des étagères, une demi-douzaine de femmes sont assises, studieuses face à un tableau blanc sur chevalet, dans un sous-sol du centre de Moscou.

Un stand d'accessoires érotiques lors d'un salon à Moscou - AFP Yuri KADOBNO
Un stand d'accessoires érotiques lors d'un salon à Moscou - AFP Yuri KADOBNO

Les "étudiantes" de l'école Sex.rf, de tous âges, écoutent les conseils de Viktoria Ekaterina Frank. Cette psychologue et sexologue tente de leur apprendre à parler ouvertement de leurs envies et de leurs inquiétudes liées au sexe. "Je veux savoir enfin ce que c'est d'être une femme épanouie, ce qu'est le plaisir sexuel", confie une élève de 45 ans, divorcée.

 

Conséquence des non-dits de l'Union soviétique et du retour en force des valeurs conservatrices prônées par le Kremlin, les plaisirs charnels restent entourés de nombreux tabous en Russie... dans les conversations, bien plus que dans les pratiques.

 

Pour favoriser une parole décomplexée, des "formations" de sexologues, psychologues et "sex coaches" se multiplient, s'ajoutant aux divers talk-shows télévisés et articles dans la presse féminine. "Nos cours ne visent pas à apprendre des techniques sexuelles (...) mais à aider les femmes à comprendre les barrières psychologiques ancrées dans leur tête", explique Viktoria Ekaterina Frank.

 

Le sexe du quotidien

Malgré une "très grande" liberté sexuelle dans les actes en Russie, "des tabous subsistent", assure Dmitri Rogozine de l'Institut de sociologie auprès de l'Académie russe des sciences. C'est, selon lui, le cas de l'homosexualité, qui était considérée en Russie comme un crime jusqu'en 1993 et comme une maladie mentale jusqu'en 1999.

 

Ces dernières années, les autorités, au nom des valeurs traditionnelles défendues aussi bien par l’Église orthodoxe que par les communistes, ont interdit les gay pride et pénalisé la "propagande" de l'homosexualité auprès des mineurs, favorisant le retour d'une parole ouvertement homophobe, voire de violences.

 

Selon ce sociologue, "le sexe dans la vie quotidienne d'un couple" est aussi peu évoqué: "No us avons l'habitude de parler de pratiques sexuelles surprenantes ou scandaleuses. Mais le maintien de relations sexuelles harmonieuses dans le couple après 20 ans de mariage ne fait jamais l'objet de discussion".

 

La société russe reste marquée par le discours officiel très prude de l'époque soviétique, sous l'influence notamment des "Douze commandements sexuels du prolétariat" publiés en 1924 par le psychiatre Aron Zalkind et prônant "l'ascétisme révolutionnaire".

 

Les autorités soviétiques faisaient la promotion de l'idée que "l'acte sexuel ne doit servir qu'à la reproduction", rappelle la sociologue Elena Kotchkina. "Du coup, on ne parlait de la sexualité ni en famille, ni à l'école".

 

Une scène du début de la Perestroïka est devenue le symbole de cette pudibonderie affichée, très loin de la réalité des chambres à coucher.

 

Lors d'un talk-show diffusé en 1986 en URSS et aux États-Unis, une Américaine demande à une Soviétique si les publicités font référence au sexe dans son pays. "Chez nous, il n'y a pas de sexe et nous sommes entièrement contre cela", répond Lioudmila Ivanovna dans le public. Une autre lance dans la foulée : "Il y a du sexe chez nous, mais nous n'avons pas de publicités !"

 

"Dégoût" et "rejet"

"Pendant l'Union soviétique, c'était un tabou dans le discours public. Mais tout le monde pratiquait le sexe, peut-être même trop", sourit le professeur Rogozine. A cette époque, l'avortement faisait fréquemment office de méthode de contraception, faute d'accès à la pilule et au préservatif, au point que le nombre d'IVG était l'un des plus élevés au monde au début des années 1990.

 

Avec la disparition de l'URSS en 1991, une avalanche de films érotiques sur cassettes et au cinéma, des magazines publiant toutes sortes de photos "sexy" ou encore des publicités dans la presse populaire pour de la lingerie "comestible" ont fait irruption dans la vie quotidienne des Russes.

 

"Si avant, on faisait semblant que le sexe n'existait pas, tout d'un coup, il y en a eu trop. Et ce 'trop' faisait tellement peur aux gens qu'il a provoqué un dégoût, un rejet", affirme la "sex coach" Elena Rydkina.

 

Loin de ces années débridées, c'est aujourd'hui dans un contexte plus conservateur que Tatiana Dmitrieva, fondatrice du populaire site d'éducation sexuelle Sexprosvet, assure vouloir promouvoir un "sexe non ennuyeux" auprès des Russes.

 

Cette jeune femme organise régulièrement à Moscou des ventes d'accessoires érotiques, dévoilant notamment au public moscovite les secrets des pratiques sado-masochistes. Mais au début, il y a trois ans, "l'objectif, c'était d'entamer au moins une discussion publique".

 

Pour Dmitri Rogozine, si la société russe contemporaine s'intéresse plus à la sexualité, c'est aussi en raison des limites à la répression de plus en plus forte imposée en 20 ans de pouvoir de Vladimir Poutine dans les médias, puis sur internet. "Les restrictions de l'expression dans d'autres domaines ont obligé les gens à se tourner vers la sphère intime", explique-t-il. "On parle désormais plus volontiers de sexe que de politique".

 

(Avec AFP)

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Brésil

Jair Bolsonaro se défend d'être raciste ou homophobe

Le président brésilien s'est défendu d'être raciste ou homophobe lors d'une interview diffusée une chaîne TV.

Jair Bolsonaro
Jair Bolsonaro

"Le racisme est une chose rare au Brésil", a affirmé lors d'un entretien télévisé le président d'extrême droite Jair Bolsonaro, malgré les graves discriminations dont souffrent les personnes de couleur dans son pays.

 

Le chef de l’État a tenu ces propos lors d'une interview diffusée mardi soir par la chaîne Rede TV, pour se défendre des reproches qui lui sont faits sur ses dérapages racistes, machistes et homophobes.

 

"Le racisme est une chose rare au Brésil. J'en ai marre de cette manie de mettre toujours les Noirs contre les Blancs, les homos contre les hétéros", a affirmé le président, interviewé par Luciana Gimenez, présentatrice de variétés célèbre pour avoir eu un fils avec le chanteur des Rolling Stones, Mick Jagger.

 

"On dit que je suis homophobe, raciste, fasciste, xénophobe, mais je gagne l'élection. Avec un tel CV, je ne devrais même pas être élu conseiller municipal. La population a compris qu'on tirait sur un innocent", a déclaré Jair Bolsonaro.

 

Pour tenter de prouver qu'il ne serait pas raciste, l'ex-capitaine de l'armée a raconté qu'en 1978, il avait sauvé de la noyade un soldat, qui "par coïncidence, était noir". "Si j'étais raciste, en voyant un Noir tomber dans l'eau, j'aurais fait quoi? J'aurais croisé les bras", a raconté Jair Bolsonaro, dont le gouvernement ne compte aucun Noir.

 

Au Brésil, de nombreuses personnes de couleur sont régulièrement victimes d'insultes racistes, notamment sur les réseaux sociaux. Malgré une politique de quotas qui ont permis à de nombreux Noirs d'accéder aux universités, les inégalités restent criantes sur le marché du travail. D'après l'Institut Brésilien de Géographie et Statistiques, parmi les 54% de Brésiliens noirs ou métis, seuls 5% occupent des postes d'encadrement. 

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Grande-Bretagne

Le métro londonien bannit les publicités de 11 pays homophobes

Sur ces 11 États, 6 d’entre eux punissent encore l’homosexualité de peine de mort Les pays homophobes sont désormais "persona non grata" dans le métro londonien.

L’organisme public responsable des transports en commun de Londres, Transport for London (TFL), a décidé de ne plus afficher de publicités venant de 11 pays ne respectant pas les droits humains des personnes LGBT (lesbiennes, gays, bi et trans), rapporte le quotidien britannique, The Independent.. 

 

Le Qatar, les Émirats arabes unis, le Pakistan, l’Afghanistan, l’Iran, l’Arabie saoudite, le Yémen, le Nigeria, la Somalie, le Soudan ou encore la Mauritanie… Le métro londonien a décidé de boycotter les publicités de ces 11 pays, mais aussi leurs entreprises publiques. Sur ces 11 États, 6 d’entre eux punissent encore l’homosexualité de peine de mort.

 

Le sultanat de Brunei banni le mois dernier du métro londonien

"Le maire [Sadiq Khan] est très fier que Londres soit une ville où l’on est libre d’être qui on veut, et d’aimer qui on veut, a déclaré un porte-parole au quotidien. Les publicités du métro sont vues par des millions de gens tous les ans et compte tenu du rôle de la ville dans la lutte pour les droits des personnes LGBT +, le maire a demandé à TFL d’étudier son traitement des publicités venant de pays ayant mis en place des lois anti-LGBT + détestable", a confié un porte-parole du maire au quotidien britannique.

 

Le mois dernier, l’organisme public responsable des transports en commun de Londres avait déjà décidé de bannir le sultanat de Brunei de ses espaces publicitaires après les critiques déclenchées par ses nouvelles lois anti-LGBT. 

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Hong Kong

Un pasteur philippin défend le mariage gay devant la justice hongkongaise

En tant que pasteur transgenre membre d'une petite église de Hong Kong ouverte à toutes les sexualités, Marrz Balaoro veut célébrer des mariages religieux entre couples du même sexe. Mais craignant l'arrestation, il a porté son combat devant la justice.

Le révérend philippin Marrz Balaoro
Le révérend philippin Marrz Balaoro

Malgré le soutien croissant au mariage gay dans l'ex-colonie britannique revenue en 1997 dans le giron chinois, les militants des droits LGBT se heurtent à l'hostilité des gouvernements pro-Pékin successifs et des conservateurs religieux.

 

Mais le révérend philippin Marrz Balaoro a saisi la Haute cour en prenant à rebours l'argument religieux le plus fréquemment brandi par les opposants à l'union entre personnes du même sexe. Il fait ainsi valoir que la liberté de religion de sa congrégation, un droit inscrit dans la mini-Constitution de la mégapole financière, est bafouée par l'interdiction du mariage gay.

 

"Tout ce qu'on demande, c'est d'être autorisés à pratiquer notre foi religieuse devant Dieu, libres de toute persécution", dit le pasteur de 62 ans.

 

Le religieux, qui travaille à Hong Kong comme domestique depuis 1981, ne connaît que trop bien son sujet. En 2017, il fut arrêté pour violation présumée des dispositions légales sur le mariage pour avoir célébré des "saintes unions" dans l'église chrétienne lesbienne, gay, bisexuelle, transgenre et hétéro (LGBTH) de la ville.

 

Cette église, qui se définit comme "chrétienne oecuménique", est née aux Philippines mais compte une petite communauté de fidèles parmi les domestiques gays du territoire semi-autonome du sud de la Chine.

 

Cérémonies "joyeuses"

Ces "saintes unions", en fait une bénédiction des couples du même sexe, n'ont aucun caractère légal et le parquet avait abandonné les poursuites. Mais malgré ses demandes répétées, le révérend Balaoro n'a pas obtenu l'assurance écrite des autorités qu'il ne serait pas arrêté à nouveau s'il célébrait des "saintes unions", voire des "saints mariages" considérés par son église comme un "sacrement aux yeux de Dieu".

 

Il demande à la justice de dire que ces cérémonies ne sont pas illégales car protégées par la liberté de religion. Il sait parfaitement que ces unions n'ont aucun poids juridique mais explique qu'elles ont une importance spirituelle fondamentale pour les fidèles. "Ils savent que c'est une célébration de leur amour, du fait d'être ensemble." Ces cérémonies sont "joyeuses".

 

Le mariage gay ou les unions civiles ne sont pas reconnues à Hong Kong, où l'homosexualité n'a été dépénalisée qu'en 1991. Mais une lesbienne britannique a obtenu l'année dernière le droit de vivre et de travailler dans la mégapole auprès de sa conjointe, une décision saluée par les défenseurs des droits LGBT.

 

La justice est parallèlement saisie par un couple de Hongkongais qui conteste directement l'interdiction du mariage gay qu'il juge anticonstitutionnelle.

 

La requête de Marrz Balaoro a ceci d'inhabituel qu'elle se fonde sur l'argument de la liberté religieuse. Le pasteur est en effet tenu par son ministère de célébrer des mariages qui ne sont pas réservés aux personnes du même sexe aux yeux de son église, celle-ci considérant en outre que les relations sexuelles ne peuvent avoir lieu que dans le seul cadre "sacré" du mariage, soulignent ses avocats.

 

Refus des robes 

La législation qui limite "la célébration du rite religieux du mariage aux couples hétérosexuels monogames" est donc discriminatoire. Le pasteur et ses fidèles "sont traités différemment à cause de leur foi, à leur détriment".

 

Le pasteur Balaoro est originaire de la province philippine d'Abra. Né Marietta, il s'identifie comme un garçon depuis ses cinq ans. "Quand j'étais plus jeune, mes parents n'arrivaient pas à m'imposer de porter des robes et des jupes, jusqu'à ce que j'aille dans une école catholique privée. Je portais des shorts sous ma jupe, un t-shirt sous mes manches longues et en sortant de l'école, j'enlevais tout", dit-il en riant.

 

En plus de travailler à temps plein comme domestique, il officie comme pasteur depuis 2013, fondant l'année d'après la branche hongkongaise de la LGBTH. Il fut ordonné révérend en 2017. Il arrêta de fréquenter l'église catholique à l'adolescence en raison des discriminations subies, explique-t-il.

 

Quand il découvrit le slogan de la LGBTH - "Vous êtes acceptés pour qui vous êtes, vous pouvez être ce que vous êtes en toute sécurité" --, il s'est dit qu'il avait trouvé sa vocation, la possibilité d'allier sa foi et son militantisme. "C'est mon rôle, mon devoir, pas seulement envers la communauté LGBT mais envers tout le monde, dire qu'on existe, qu'on a rien qui cloche."

 

Près de 370.000 domestiques travaillent à Hong Kong, pour la plupart des Philippines et des Indonésiennes, occupées à des tâches ingrates et mal payées. Les employés de maison gays sont spécialement vulnérables, ostracisés par les autres églises, dit-il. "On a besoin d'être défendus, que notre cause soit soutenue, notre identité de genre respectée."

 

 

(Avec AFP)

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Pologne

Icône profanée par les couleurs de l'arc-en-ciel

Le ministre de l’Intérieur polonais s’est félicité de l’arrestation de l’auteure présumée d’affichettes représentant la vénérée Vierge noire de Czestochowa aux couleurs LGBT. On ne transige décidément pas avec les symboles religieux et nationaux en Pologne.

Une militante d’opposition de 51 ans a ainsi été arrêtée lundi à Varsovie. Elzbieta Podlesna est soupçonnée d’avoir affiché des reproductions de la Vierge noire de Czestochowa, une image sainte vénérée dans le pays, avec une auréole arc-en-ciel.

 

Les affichettes étaient apparues dans la nuit du 26 au 27 avril dans la ville de Płock, "sur des poubelles et des toilettes mobiles" selon la police.Le ministre de l’Intérieur, Joachim Brudzinski, a remercié les enquêteurs pour l’identification et l’interpellation de la "profanatrice" : "Aucun discours sur la liberté et la tolérance ne donne droit à quiconque d’offenser les sentiments des croyants", a-t-il déclaré. A l’été 2018, Brudzinski avait déjà menacé des participants à la Pride de Czestochowa de poursuites pour avoir déployé une banderole où l’aigle des armoiries polonaises apparaissait sur un fond arc-en-ciel.

 

Incitation à la haine

L’affaire de Płock fait suite à une polémique survenue à Pâques dans une église de la ville. Comme c’est de coutume lors de cette fête, les péchés sont figurés sous forme de boîtes disposées autour de l’effigie du Christ au tombeau. Le prêtre local avait jugé bon d’y rajouter des boîtes "LGBT" ou "Genre", ce qui avait provoqué un tollé, et donné lieu à une altercation avec des militants LGBT venus protester devant l’installation.

(Article 360°)

 

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Lapidation des homosexuels

Brunei renonce à la peine de mort en cas d'homosexualité et d'adultère

Le sultan de Brunei a déclaré dimanche que le moratoire sur la peine capitale s'appliquerait aussi pour les condamnations à mort par lapidation en cas d'homosexualité et d'adultère, dont l'instauration dans le cadre de la charia a suscité l'indignation internationale.

Hassanal Bolkiah sultan de Brunei
Hassanal Bolkiah sultan de Brunei

C'est la première fois que le sultan Hassanal Bolkiah s'exprime publiquement sur la nouvelle législation d'inspiration islamique depuis son entrée en vigueur en avril, et il semble avoir ainsi cherché à apaiser ses innombrables critiques. Le nouveau code, qui prévoit aussi l'amputation d'une main ou d'un pied pour les voleurs dans ce petit pays de l'île de Bornéo, a déclenché la réprobation de personnalités comme George Clooney, de l'ONU, d'ONG et de nombreux gouvernements.

 

Dans un discours télévisé avant le début du mois de jeûne musulman de ramadan, le sultan a déclaré : "Je suis conscient qu'il y a beaucoup de questions et de mauvaises perceptions à propos de la mise en place" du nouveau code pénal. "Il ne devrait y avoir aucune inquiétude concernant la charia, car elle est pleine de la miséricorde et des bénédictions d'Allah", a-t-il affirmé, selon une traduction officielle de ses propos.

 

"Comme il est évident depuis plus de deux décennies, nous avons pratiqué un moratoire de fait sur l'exécution de la peine capitale pour les affaires jugées dans le cadre du code civil", a-t-il poursuivi. "Cela s'appliquera aussi aux affaires jugées dans le cadre (du nouveau code pénal islamique), qui fournit un cadre plus vaste pour la remise" des peines, a-t-il indiqué.

 

Le sultan a également promis que Brunei ratifierait la convention des Nations unies contre la torture, signée par le pays il y a plusieurs années.

 

Brunei, à la population majoritairement musulmane, dispose d'un double système judiciaire, avec d'une part des tribunaux civils et de l'autre des tribunaux islamiques qui traitent notamment d'affaires de mariage et d'héritage. Certains crimes pouvaient déjà être punis de la mort par pendaison dans le cadre du code civil, mais Brunei n'a procédé à aucune exécution depuis plusieurs décennies, et les déclarations du sultan suggèrent que cela ne changera pas avec l'introduction du code islamique.

 

Le viol et le vol sont aussi passibles de peine de mort selon le code islamique, qui prévoit en outre que la peine capitale pour insulte au Prophète Mahomet s'appliquera aux musulmans comme aux non-musulmans.

 

Le sultan, l'une des plus grandes fortunes au monde, avait annoncé dès 2013 l'application progressive de la charia. De premières dispositions avaient été introduites dès 2014 avec des amendes ou des peines de prison pour exhibitionnisme ou manquement à la prière du vendredi. Face aux critiques, les peines les plus sévères avaient été repoussées, avant d'entrer finalement en vigueur en avril.

 

(Avec AFP)

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Étude

Les antirétroviraux empêchent la transmission du VIH dans les couples d'hommes

Un traitement efficace par antirétroviraux empêche la transmission du virus du sida dans les couples d'hommes où l'un des partenaires est séropositif et qui ont des rapports sexuels sans préservatif, montre une étude publiée vendredi.

Ces résultats, publiés avec "huit ans de recul", confirment et renforcent les conclusions auxquelles étaient parvenus les chercheurs lors de la première phase de leurs recherches, publiées en 2016.

 

L'étude a porté sur environ 1.000 couples homosexuels ayant des rapports non protégés chez qui l'un des partenaires est séropositif mais dont la charge virale est indétectable, grâce aux antirétroviraux.

 

Au cours des huit ans de suivi, aucun cas de transmission du VIH n'a été observé, soulignent les auteurs de l'étude, publiée dans la revue britannique The Lancet.

 

Quinze participants séronégatifs ont contracté le virus du sida, mais l'analyse génétique du virus a montré qu'il ne s'agissait pas du même type que celui de leur partenaire, et qu'il n'avait donc pas été transmis au sein du couple. L'étude a été menée sur 75 sites cliniques dans 14 pays européens entre septembre 2010 et juillet 2017.

 

Au cours de la première phase de recherche, aucune transmission non plus n'avait été constatée après 1,3 année passée en moyenne à suivre 900 couples hétérosexuels et homosexuels, mais les chercheurs restaient prudents. Ils estimaient en particulier qu'on ne pouvait pas totalement exclure un risque de transmission, particulièrement pour des rapports anaux sur une période plus longue.

 

Cette fois, "nos résultats apportent une preuve concluante pour les hommes gays que le risque de transmission du VIH avec une thérapie antirétrovirale qui supprime la charge virale est de zéro", estime Alison Rodger, professeure à l'University College London, qui a codirigé l'étude.

 

Ce principe, résumé par le slogan "U = U" (pour "undetectable equals untransmittable", en anglais), est défendu depuis plusieurs années par les associations de lutte contre le sida.

 

Parmi les limites de leurs recherches, les auteurs notent toutefois que la majorité des participants séropositifs étaient sous antirétroviraux depuis plusieurs années, et qu'ils disposaient donc de "données limitées sur le risque de transmission au cours des premiers mois de thérapie antirétrovirale".

 

Une autre étude de moindre ampleur portant sur le même profil de personnes (couples gays ayant des rapports non protégés, l'un des partenaires séropositif de charge virale indétectable) publiée en 2018 dans Lancet HIV, faisait également état de zéro cas de transmission.

 

(Avec AFP)

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Homophobie dans le sport

L’Équipe Magazine fait sa Une sur deux sportifs qui s'embrassent

L’Équipe Magazine fait sa Une sur deux sportifs qui s'embrassent pour illustrer un dossier de la rédaction sur l'homophobie dans le sport. 

Le magazine L’Équipe fait sa Une sur l'homophobie dans le sport. Sur la couverture du magazine, on peut lire "Embrassez qui vous voudrez", à l'occasion de ce numéro spécial.

 

En photo, on peut voir deux joueurs de water-polo qui s’embrassent dans le bassin. Il s'agit d'une image tirée du film "Les Crevettes Pailletées". Dans ce long-métrage, un homme jugé homophobe est condamné à entraîner une équipe de water-polo gay.

 

En publiant ce numéro spécial, L’Équipe Magazine entend montrer que "ce geste d’amour ne devrait pas choquer et que l’homophobie est une infraction pénale dans la rue comme sur les terrains de sport".

 

Cette couverture inhabituelle pour une publication sportive fait réagir sur les réseaux sociaux. Elle est dans l'ensemble plutôt bien perçue, mais le magazine est aussi la cible de propos homophobes. Certains lecteurs annoncent leur intention de "se désabonner".

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Homophobie

Les Pays-Bas interdisent la venue d'un pasteur américain anti-gay

Les Pays-Bas ont annoncé mercredi avoir "pris des mesures" afin d'interdire l'entrée d'un pasteur américain anti-gay et négationniste de la Shoah sur le territoire néerlandais, ainsi que dans les 25 autres pays de l'espace Schengen.

Steven Anderson porte une chemise de fierté droite.
Steven Anderson porte une chemise de fierté droite.

Steven Anderson, qui avait prié en 2009 pour la mort de l'ancien président américain Barack Obama en raison de ses convictions pro-avortement, ne sera pas autorisé à se rendre à Amsterdam le 23 mai, où il devait y prononcer un sermon, a indiqué le secrétaire d’État à la Justice Mark Harbers.

 

"J'ai pris des mesures afin d'empêcher l'entrée de cette personne dans l'espace Schengen", a écrit Mark Harbers dans une lettre envoyée au Parlement néerlandais, sans donner plus de détails.

 

L'organisation néerlandaise de défense des droits des homosexuels COC avait notamment demandé à Mark Harbers d'interdire la venue du pasteur controversé.

 

Le secrétaire d’État a averti que si Steven Anderson se rendait aux Pays-Bas malgré une interdiction de voyage au sein de l'espace Schengen, "il serait considéré comme une menace à l'ordre public". "Aux Pays-Bas, il y a beaucoup de place pour la diversité des points de vue, des systèmes de valeurs et de modes de vie", a estimé MarkHarbers.

 

Le gouvernement néerlandais agira toutefois "avec force contre les prédicateurs extrémistes qui répandent des idées limitant les libertés d'autrui et qui incitent à la haine et à la violence", a-t-il prévenu.

 

Steven Anderson, de la Faithful Word Baptist Church (Église baptiste de la parole fidèle) dans l’État américain d'Arizona, suscite régulièrement la controverse. En novembre 2015, il avait qualifié les victimes de l'attentat du Bataclan à Paris de "fidèles du diable".

 

En réaction à la fusillade sanglante dans une boîte de nuit gay d'Orlando en 2016, il avait déclaré qu'il y a désormais "50 pédophiles de moins dans ce monde".

 

Dans une interview accordée à la radio-télévision publique néerlandaise NOS, le pasteur a assuré que le but de sa visite à Amsterdam n'était pas de "prêcher sur l'homosexualité".

 

Il a cependant réaffirmé son point de vue sur la question, jugeant que "les homosexuels devraient être exécutés" car "cela est dit dans la Bible".

 

Steven Anderson a également été interdit d'entrée au Botswana et en Afrique du Sud par le passé.

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Agression homophobe en Charente

Morgan, agressé en Charente : "J’ai vécu en Tunisie et à Paris, c’est la première fois que ça m’arrive"

Un jeune homme a porté plainte pour agression à caractère homophobe après avoir été violemment pris à partie par un voisin à Cognac, en Charente, le 27 avril.

Morgan
Morgan

Morgan, 27 ans, est encore sous le choc quand il raconte son agression. Samedi 27 avril, lui et son compagnon ont été victime d’une violente agression homophobe, à Cognac, en Charente.

 

Vers 21 heures, il sortait de chez lui avec son copain quand un voisin s’est déchaîné sur eux. "Il n’arrêtait pas de nous insulter d "enculés", de "pédés", "et il nous a balancé des bouteilles en verre de chez lui", raconte Morgan, plus connu sur Instagram sous le nom de James Godrick.

 

Les deux jeunes hommes ont continué à marcher. "Mais après une vingtaine de mètres, j’ai vu quelqu’un courir vers nous. C’était lui. Il m’a fait un croche-patte par derrière", poursuit Morgan. Ce dernier confie alors son sac à son compagnon et lui dit d’aller se réfugier dans un bar. Son voisin continue et l’agresse physiquement.

 

Le jeune homme riposte en lui assénant un coup de poing, avant que les serveurs du bar à côté n’interviennent pour le protéger. Les autres personnes présentes n’ont pas bougé. "Il m’a arraché ma montre, mon t-shirt. Il voulait vraiment me casser le bras", décrit Morgan, encore très choqué.

 

"C’est la première fois que ça m’arrive"

Morgan a déposé plainte le soir-même, avant d’aller faire constater ses blessures aux urgences. De cette altercation avec ce voisin qu’il croisait de temps à autre mais ne connaissait pas, il est sorti sérieusement amoché : des excoriations au bras gauche, des douleurs, notamment lombaires, et huit jours d’interruption temporaire de travail (ITT). Mais Morgan garde aussi d’importantes séquelles psychologiques, ainsi qu’une grande tristesse. "J’ai vécu en Tunisie pendant cinq ans, ainsi qu’à Paris, et je n’avais jamais subi de propos ou d’agression homophobes. C’est la première fois que ça m’arrive", regrette-t-il.

 

Le même week-end, un deuxième homme du même âge a déclaré avoir été victime d’une agression à caractère homophobe, selon La Charente Libre. Il se serait fait foncer dessus par une voiture à Saint-Yrieix, à une centaine de kilomètres de Cognac.

 

Selon une source policière, l’individu ayant agressé Morgan a été interpellé. Il présentait un taux d’alcoolémie élevé quand il a été placé en garde à vue puis entendu, avec 1,08 mg/l d’air expiré. Il a été remis en liberté, avec une convocation devant le tribunal correctionnel d’Angoulême le 5 novembre prochain. Le caractère homophobe de l’agression a bien été retenu : l’homme devra répondre de faits de "violences volontaires n’ayant pas entraîné d’ITT supérieure à huit jours", commis "à raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre de la victime".

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Élections européennes / LREM

Nathalie Loiseau, accusée de banaliser l'homophobie dans une BD, se défend

Nathalie Loiseau est rattrapée par une polémique. Une bande-dessinée cosignée par la tête de liste La République en marche pour les élections européennes est accusée de banaliser l'homophobie par plusieurs internautes.

Dans le cadre de sa campagne pour le scrutin européen, l'ex-ministre a publié mercredi 17 avril une BD destinée aux enfants sur l'Europe. Mais une planche a particulièrement retenu l'attention : celle qui aborde le sujet du mariage entre personnes de même sexe.

 

Pour montrer qu'en Europe, "on ne pense pas pareil partout", un garçon polonais affirme : "Moi je suis polonais. Eh bien, deux garçons qui se marient, en Pologne, même pas en rêve !", peut-on y lire. Deux cases après, le professeur explique au tableau : "Nous avons des différences, c'est sûr et il faut se respecter. D'ailleurs, voici la devise de l'Europe : Unie dans la diversité".

 

La planche, repérée dès le 23 avril par un internaute, a été particulièrement relayée dimanche 28 avril, notamment par le co-président de l'association Urgence homophobie qui y voit une banalisation de l'homophobie.

 

"Qu'apprenons-nous aux enfants ? Que l'homophobie est culturelle ? Qu'il faut la tolérer chez nos voisins ? Non Madame, l'homophobie est une discrimination grave, à combattre partout !", s'est scandalisé Guillaume Mélanie sur Twitter, en interpellant la candidate aux européennes. 

 

"Décrire la Pologne telle qu'elle est ne veut pas dire qu'on l'approuve", a d'emblée répondu Nathalie Loiseau sur le même réseau social. La tête de liste LREM a poursuivi en publiant un extrait de son livre Choisissez tout, dans lequel elle évoque ses "frères homosexuels", "conscients que la société ne leur est pas souvent favorable".

 

Dans la foulée, l'ancienne ministre a condamné "l'homophobie de Jaroslav Kaczynski", le président du parti conservateur polonais Droit et Justice. "Une menace contre les valeurs de l'Europe. Ne laissons pas l'obscurantisme gagner en Europe", a-t-elle ajouté.

 

"Je ne vous ai pas attendu pour lutter contre l'homophobie, soutenir le mariage pour tous comme la PMA pour toutes et contester les choix polonais", a encore répliqué dimanche soir sur Twitter l'ancienne ministre des affaires européennes, en réponse à un tweet de Boris Vallaud, le porte-parole du PS. 

 

 

(Avec AFP)

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Val-de-Marne

De nouveau visé par des tags homophobes, le maire d’Ivry porte plainte

Ce vendredi, Philippe Bouyssou a porté plainte après la découverte, la veille du week-end de Pâques, d’une série de tags injurieux et homophobes sur les murs de l’hôtel de ville.

Mairie d’Ivry-sur-Seine
Mairie d’Ivry-sur-Seine

À peine huit mois après une première série de tags homophobes et injurieux découverts aux quatre coins de la ville, le maire (PCF) Philippe Bouyssou a de nouveau porté plainte, ce vendredi, pour une nouvelle série d’insultes à caractère homophobe découvert sur la façade de l’hôtel de ville, la veille du week-end de Pâques. Une plainte a également déposé par la ville pour dégradation. Comme au mois de septembre, l’auteur de ces injures amalgame homosexualité et pédophilie.

 

"C’est carrément insupportable !, a réagi l’édile sur sa page Facebook personnelle. Il ne faut rien laisser passer, et surtout pas l’homophobie, qui se banalise."

 

"L’homosexualité ne devrait pas être un sujet"

En septembre, la première plainte contre X pour dégradation avait été déposée au nom de la municipalité.

 

La seconde par Philippe Bouyssou. "Heurté", il avait expliqué voir dans ces insultes une "manifestation d’homophobie traditionnelle". Mais aussi l’exemple d’une "résurgence de discriminations préoccupante", homophobes mais pas seulement. L’enquête avait été confiée au service de l’accueil et de l’investigation de proximité du commissariat. "C’est la fonction de maire qui est attaquée", avait-il alors dénoncé.

 

"Je suis homosexuel, et ça ne devrait pas être un sujet, l’homosexualité ne devrait pas être un sujet", avait martelé Philippe Bouyssou, et de préciser qu’il est "d’abord communiste (…) pour l’égalité des droits, dans une société métissée, pleine de liberté."

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Brésil

Bolsonaro craint que le Brésil ne devienne un paradis du tourisme gay

Le président brésilien Jair Bolsonaro s’est de nouveau illustré par des propos homophobes, disant craindre que le Brésil ne devienne "un paradis du tourisme gay".

Le président brésilien Jair Bolsonaro
Le président brésilien Jair Bolsonaro

"Si tu veux venir ici et faire l’amour à une femme, fais ta vie", a-t-il dit à des journalistes réunis à Brasilia, "mais on ne peut pas laisser le pays devenir un paradis du tourisme gay. Le Brésil ne peut pas être le pays de tous les gays du monde. Nous avons des familles".

 

De nombreux élus et associations LGBT ont dénoncé les propos du président, s’inquiétant de leurs conséquences.

 

Jean Wyllys, militant des droits LGBT et député qui a quitté la vie politique et choisit l’exil en janvier dernier après des menaces de mort, a estimé que les déclarations du chef de l’Etat incitaient à la haine contre les minorités.

 

Le député de l'aile gauche du Parlement et activiste LGBT, David Miranda, a dénoncé "une honte nationale". "Il entache l'image de notre de pays de toutes les manières possibles" a-t-il ajouté.

 

"C'est une déclaration désastreuse. Aussi bien du point de vue des droits de l'homme que pour l'image du Brésil à l'international", a pour sa part commenté Renan Guinalha, un avocat et militant LGBT basé à São Paulo. 

 

Pour Renan Quinalha, avocat et militant LGBT cité par le Guardian, de tels propos "donnent le feu vert à des niveaux de violence déjà alarmants contre la communauté LGBT".

 

Jair Bolsonaro n’en est pas à sa première sortie homophobe. En 2011, il avait déclaré dans une interview au magazine Playboy qu’il "préférerait que (son) fils meure dans un accident plutôt que de le voir apparaître avec un moustachu".

 

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Homophobie

En banlieue, les agressions contre des homosexuels se multiplient

Depuis plusieurs années, les agressions très violentes contre les personnes homosexuelles se multiplient dans la banlieue des grandes villes.

Lyès Alouane, qui vivait à Gennevilliers, a déposé 22 plaintes à la suite d’insultes ou d’agressions homophobes en deux ans. Christophe Archambault - AFP

L’agression a eu lieu dans la nuit du 4 au 5 mars 2019. Kevin, 32 ans, descend de sa voiture tout juste garée dans une résidence privée de Drancy, au nord de Paris. Trois jeunes gens fondent sur lui, le frappent à la tête, le jettent à terre puis le rouent de coups de pied. Un coup de couteau lui perfore le poumon. Malgré tout, Kevin parvient à déclencher l’alarme de sa voiture, ce qui met fin à l’agression.

 

Trois jours plus tôt, le trentenaire était entré en contact, via un site de rencontres, avec un homme de 27 ans. Les deux internautes, qui échangent des messages pendant 72 heures, décident de se donner rendez-vous. 

 

"Il avait justifié l’heure tardive en disant qu’il travaillait dans un restaurant, raconte aujourd’hui Kevin, qui subit encore les séquelles de son agression. Nous avions parlé de nos vies et de nos projets professionnels. À aucun moment je ne me suis méfié." Depuis l’attaque, ses agresseurs ont été arrêtés. Kevin a alors découvert que c’est précisément cet homme qui l’a poignardé. "Je savais que ces guets-apens existaient, mais je pensais que ça n’arrivait qu’aux autres", souffle la victime.

 

345 agressions en banlieue en 2018

Drancy, Gennevilliers, Chanteloup-les-Vignes, en région parisienne mais aussi Vénissieux, près de Lyon, les agressions physiques contre les personnes homosexuelles, particulièrement violentes, se sont multipliées ces dernières années.

 

Officiellement, il n’existe pas de chiffres du phénomène, tant ces attaques sont difficiles à recenser. Réticences des victimes à porter plainte, classements sans suite par manque de preuves… Des associations établissent toutefois des décomptes à partir des demandes d’aide. Sur les 1 277 "dénonciations d’agressions physiques" recensées en 2018 par Stop Homophobie, 672 ont eu lieu en Île-de-France, dont 345 en banlieue.

 

Rejetés pour leur homosexualité, ils ont trouvé "Refuge"

"Il s’agit principalement de guet-apens", commente Terrence Katchadourian, le secrétaire général de l’association, qui a assisté 78 personnes lors de procès.

 

De son côté, le ministère de la justice enregistre très peu de condamnations : "En 2017, 25 condamnations ont été prononcées pour des atteintes aux personnes aggravées en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre de la victime", précise-t-on à la Chancellerie, qui estime que "ces chiffres sont probablement peu représentatifs du phénomène". Et précise : "Ces faits peuvent aussi être poursuivis et sanctionnés comme des violences volontaires avec arme, en réunion."

 

"Le guet-apens, un phénomène répandu"

Une source proche de Matignon donne d’autres éléments d’analyse. "Il n’y a pas forcément plus d’agressions, mais elles sont nettement plus violentes", dit-elle, s’inquiétant du "phénomène répandu des guets-apens, via des applications de rencontre".

 

L’homophobie, un fléau à l’école

Comment l’expliquer ? Pour Ludovic-Mohamed Zahed, imam, sociologue et l’un des fondateurs de l’association Homosexuels musulmans de France (aujourd’hui disparue), le problème "est avant tout socioéconomique.

 

Lorsque le niveau d’éducation est faible et que l’accès à l’emploi est restreint, cela aboutit à un phénomène de désignations de bouc émissaire, qui cible toujours les minorités. Selon lui, "le religieux n’est pas un facteur déterminant" des violences.

 

"Un homosexuel arabe, c’est la honte de la communauté"

Une analyse que ne partage pas Mehdi Aifa, président de l’Amicale du Refuge (regroupant d’anciens pensionnaires de l’association du Refuge, qui vient en aide aux jeunes homosexuels chassés de leur famille). "Il y a de l’homophobie partout en France, mais elle est évidemment beaucoup plus violente en banlieue, en particulier dans des quartiers où il y a une concentration de population d’origine maghrébine et de confession musulmane. Dans ces banlieues, être homosexuel et maghrébin est incompatible. Un homosexuel arabe, c’est la honte de la communauté."

 

Le jeune homme, qui a vécu à Vénissieux, poursuit : "J’ai en tête des dizaines d’histoires de gens que l’on essaye de faire changer d’orientation sexuelle en organisant des rencontres, voire des mariages forcés. Pour eux, soit on perd sa famille et sa communauté, soit on accepte le mariage et on entre dans une double-vie. On ne peut nier qu’en l’occurrence, l’islam fasse partie du problème." Ce responsable associatif porte un discours très dur envers les responsables communautaires et religieux et ne croit pas à un dialogue possible avec les imams.

 

"Casser du pédé est devenu une fierté"

Brahim Naït-Balk, lui, y croit au contraire. "Le combat se joue aussi dans le champ religieux. Je veux rencontrer des imams, faire venir des responsables musulmans à mes conférences pour qu’ils entendent mon témoignage." Âgé de 56 ans, cet éducateur sportif d’origine marocaine retrace d’une voix posée les épreuves qu’il a traversées lors de sa jeunesse à Aulnay-sous-Bois. Les fellations et les viols imposés, pendant sept ans, par un groupe de jeunes de sa cité. Son silence par peur des représailles, notamment vis-à-vis de ses frères et sœurs. Il a quitté la ville de Seine-Saint-Denis à 31 ans puis raconté son histoire en 2009, dans une biographie (1), qui l’a "sauvé du suicide", dit-il.

 

Aujourd’hui, quand il ne travaille pas comme directeur départemental handisport des Hauts-de-Seine, il multiplie les conférences dans les écoles. "J’arrive à faire changer progressivement les regards", estime-t-il, même s’il ne cache pas son inquiétude face à une forme de "montée de l’intégrisme. La violence est gratuite, très répandue. Casser du pédé est devenu une fierté."

 

"Certains me guettaient en bas de chez moi pour me traiter de sale pédé"

Son récit recoupe le témoignage de Lyès Alouane, 23 ans. En 2016, le jeune homme, qui habitait Gennevilliers, près de Paris, avait affiché sur son profil Facebook une photo de lui et de son compagnon.

 

Dès le lendemain, les insultes ont commencé à pleuvoir dans son quartier. "Le bouche-à-oreille a joué dans toute la cité, raconte le délégué de l’association Stop Homophobie pour l’Île-de-France. On me disait que j’allais aller en enfer, que l’homosexualité était "haram", que j’étais dégueulasse. Certains me guettaient en bas de chez moi pour me traiter de sale pédé."

 

Une partie de sa famille cesse de lui parler. "Ils auraient préféré que je me cache. Ma mère me lançait : "Moi, si je faisais le trottoir, je ne le dirais pas." Dans le quartier, il connaît bien ses agresseurs : l’un des meneurs était en 5e avec lui. En deux ans, il dépose 22 plaintes. Il est aussi victime d’un guet-apens à Saint-Denis, après une rencontre sur Facebook. "Je m’en suis sorti avec 4 points de suture au crâne." Il a depuis déménagé, trouvant refuge à Paris, chez une amie. Ses agresseurs doivent être jugés en juin.

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France 2

Un documentaire s'attaque au tabou de l'homosexualité dans le foot

Footballeur amateur, il avait été viré de son club en 2010 parce qu'il était gay: pour un documentaire, Yoann Lemaire a sillonné la France pour interroger stars du ballon rond, joueurs anonymes, dirigeants et supporters sur la question "tabou" de l'homosexualité dans ce sport.

Yoann Lemaire un footballeur amateur gay victime de discrimination chez lui dans le Nord de la France le 19 décembre 2017 – Photo AFP

Rare footballeur français en activité à avoir assumé son homosexualité, Yoann Lemaire est depuis plusieurs années l'une des figures de proue du combat contre l'homophobie dans le football.

 

En 2010, les médias s'étaient fait largement l'écho de l'histoire de ce modeste défenseur du FC Chooz, club amateur des Ardennes, victime d'insultes homophobes puis privé de licence par ses dirigeants.

 

Dans le documentaire "Footballeur et homo, au cœur du tabou", programmé le 14 mai sur France 2 dans l'émission Infrarouge, Yoann Lemaire interroge plusieurs gloires du foot français, actuelles ou passées, de Didier Deschamps à Antoine Griezmann, en passant Laurent Blanc, Fabien Barthez ou Jean-Michel Larqué.

 

Si leurs propos n'évitent pas toujours les lieux communs, "ils n'auraient pas parlé publiquement il y a quelques années", affirme Yoann Lemaire, membre du Variétés Club de France (équipe de foot qui rassemble des personnalités du foot et des médias), où il côtoie régulièrement les anciens champions du monde de 1998.

 

D'autres séquences, notamment une intervention au sein du centre de formation de Toulouse, ou le témoignage d'un autre footballeur gay amateur, constituent les moments forts du documentaire.

 

Les joueurs en activité ont été beaucoup plus difficiles à approcher. "Griezmann, on lui a couru après pendant un an!", souligne Michel Royer, le réalisateur.

 

L'attaquant de l'Atletico Madrid dit notamment qu'il serait "fier" si un joueur de son équipe venait à faire son coming-out publiquement. Deux autres champions du monde 2018 ont refusé de répondre, tout comme l'actuel président de la Fédération française de football Noël Le Graët, affirment-ils.

 

"Les joueurs ont peur d'aller sur un domaine qu'ils ne maîtrisent pas. C'est un sujet compliqué, ils ne se sentent pas concernés", explique Yoann Lemaire.

 

Interrogé dans le documentaire, l'ancien international Olivier Rouyer, 63 ans, est le seul footballeur professionnel français à avoir fait son coming-out, en 2008, plusieurs années après la fin de sa carrière.

 

"J'en veux beaucoup aux joueurs qui se cachent. Sans eux, on n'arrivera jamais à avancer. Aujourd'hui, une star qui joue en Ligue 1 n'a rien à perdre, tous les sponsors sont gay-friendly. C'est malheureux que ce soit aux amateurs de porter la cause", pointe Yoann Lemaire.

 

(Avec AFP)

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Turquie

Un tribunal d'Ankara lève l'interdiction des manifestations LGBT

Des événements LGBT peuvent désormais avoir lieu à Ankara, la capitale de la Turquie. Un tribunal a levé l'interdiction prise par les autorités locales contre ces manifestations.

La décision a été rendue jeudi 19 avril. Le groupe turc de défense des droits des LGBT, Kaos GL, avait fait appel de l'interdiction de toute manifestation LGBT. 

 

"Nous pouvons dire que la cour a accepté les arguments que nous défendions depuis le jour où l’interdiction a été décrétée, a déclaré l’avocate de Kaos GL, Hayriye Kara, dans un communiqué. Au lieu d'interdire les libertés et droits fondamentaux afin de protéger la paix sociale, ils ont déclaré que le groupe vulnérable à toute attaque devrait être protégé. On peut dire que la cour a décidé que l’État devait protéger les libertés et les droits fondamentaux des personnes LGBTI +".

 

L’interdiction des manifestations LGBT avait été mise en œuvre pour la première fois par le gouverneur d’Ankara en novembre 2017, en invoquant "la moralité publique" et "les sensibilités sociales".

 

Fotis Filippou, directeur des campagnes pour

l'Europe à Amnesty International, s'est félicité de la décision de justice en ces termes : "C’est un jour mémorable pour les personnes LGBTI en Turquie et une grande victoire pour les militants des droits des LGBTI. L'amour a encore gagné. Les personnes LGBTI et leurs alliés ont été interdits de manière scandaleuse et illégale d'organiser des événements liés aux LGBTI depuis novembre 2017. La saison de la fierté approchant le mois prochain, nous célébrons cette décision de justice importante".

 

Bien que l'homosexualité ne soit pas illégale en Turquie, de nombreux événements LGBT ont été interdits dans le pays ces dernières années.

 

En juillet 2018, alors que la Gay Pride d'Instanbul était interdite, des milliers de manifestants avaient bravé l'interdiction et brandit des drapeaux arc-en-ciel en signe de protestation près de la célèbre avenue Istiklal et de la place Taksim.

 

Les militants avaient été réprimés par la police qui avait utilisé des canons à eau et des balles en caoutchouc pour tenter de disperser la foule.

 

(Avec AFP)

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