Paris

Les saillies homophobes du forain Marcel Campion

Le forain a publiquement qualifié de "pervers" des responsables homosexuels de la mairie de Paris.

Marcel Campion
Marcel Campion

Un enchaînement de propos homophobes. Le forain Marcel Campion a tenu un discours stigmatisant à l’encontre de plusieurs responsables de la mairie de Paris, selon un extrait vidéo mis en ligne par le JDD.

 

À l’occasion d’une réunion le 27 janvier, à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), pour lancer son mouvement "Paris libéré", Marcel Campion commence à s’en prendre à la politique de la maire de Paris, Anne Hidalgo (PS).

 

Il décrit une œuvre exposée place Vendôme en 2014 comme ne représentant qu’un "plug anal". "Vous savez, le truc qu’ils se mettent dans le fion, pour les pervers là. À Noël, c’est bien pour les enfants." L’œuvre en question jouait sur l’ambiguïté, puisqu’elle ressemblait aussi à un arbre.

 

Puis, après avoir qualifié les élus écologistes de "vers de terre" et de "merdes" qu’on "peut écraser", il s’en prend à Bruno Julliard, qui a quitté cette semaine son poste de premier adjoint. "Lui c’est le plus beau. C’est lui qui commande toute la ville. Il arrive des syndicats étudiants. Comme il était un peu de la jaquette (NDLR : expression péjorative désignant un homosexuel), il a rencontré Delanoë (l’ancien maire). Ils ont fait leur folie ensemble et paf, il est premier adjoint."

 

Marcel Campion s’en prend ensuite à la gouvernance en général de la mairie de Paris, tout en attaquant une nouvelle fois Bruno Julliard. "Avec Anne Hidalgo, il est super parce qu’en même temps il lui a amené tous les homos de la terre. C’est-à-dire que toute la ville maintenant est gouvernée par des homos", dit-il.

 

Marcel Campion nie

"Moi, je n’ai rien contre les homos. D’habitude, je dis les pédés, mais on m’a dit hier qu’il fallait plus que je dise ça. Donc je ne dis plus les pédés, je dis les homos. J’ai rien contre eux, sauf qu’ils sont un peu pervers", ajoute-t-il, avant de préciser, deux fois, qu’il cible "ceux qui sont là", en poste à la mairie, et de qualifier Bruno Julliard d’"affairiste". Il s’appuie d’ailleurs sur sa défense d’Yves Mourousi, ancien présentateur du journal de TF1, ou d’une foraine qu’il présente comme lesbienne.

 

Sollicité par le JDD, Marcel Campion aurait démenti ces propos pourtant capturés en vidéo. "Il reconnaît seulement avoir qualifié Julliard de pervers pour dénoncer sa perversité en affaires", écrit l’hebdomadaire.

 

Bruno Julliard a annoncé ce dimanche des poursuites judiciaires. "Certaines injures, par celui qui les prononce, deviennent des décorations... Mais l’homophobie doit être combattue sans relâche, parce qu’elle opprime, stigmatise et tue chaque jour", déclare-t-il. Parmi les premiers responsables politiques à réagir, l’élu communiste Ian Brossat, adjoint au Logement, parle de "bêtise crasse" et de "haine homophobe".

Dernière minute

Insultes homophobes: les excuses de Marcel Campion

Pour lui, ses propos ont été "sortis de leur contexte." Quelques heures après la diffusion d’une courte vidéo au cours de laquelle le "roi des forains" Marcel Campion est entendu tenant des propos homophobes à l'encontre de Bruno Julliard durant une réunion publique à Saint-Ouen, ce dernier a tenu à présenter ses excuses.

 

Dans un communiqué transmis au média Jeanmarcmorandini.com, Marcel Campion affirme que ses propos ont été "sortis de leur contexte" mais "tiens tout d’abord à présenter (ses) excuses à toutes celles et tous ceux qui peuvent en être blessé." "Pris isolément et au pied de la lettre, je mesure à quel point ils peuvent être interprétables et donc blessants" admet-il.

 

"Que les choses soient claires, il n’y a pour moi aucun lien entre le fait que Bruno Julliard soit gay, ou que certains de ses amis le soient, et la politique anti-forain qu’il a mise en place. Il l’a fait avec rouerie -j’ai dit  avec perversité!- mais cette politique aurait naturellement être pu mise en œuvre par quiconque comme lui voulait chasser les forains de Paris" poursuit-il.

 

"Rien de stigmatisant à mes yeux" Dans la suite du document, Marcel Campion tente d’apporter une nouvelle justification, culturelle cette fois-ci. "Je tiens d’abord à dire que définir quelqu’un par sa communauté fait partie de ma culture -d’ailleurs moi-même on me définit comme forain, il n’y a donc rien de stigmatisant à mes yeux de parler de la communauté homosexuelle."

 

"Je tiens ensuite à dire que ma vie et mes amitiés prouvent l’absence de toute homophobie de ma part. Par le passé avec mes amis forains, nous avions invité la Gay Pride au Tuileries et encore l’été dernier j’avais avec les forains, spontanément proposé d’offrir une partie  des recettes d’une journée de la fête des Tuileries au profit des Gays Games et des associations de soutiens."

 

Candidat à la prochaine élection municipale à Paris, Marcel Campion, en guerre ouverte avec l'actuelle administration, préside son propos courant nommé "Paris libéré." Dans la journée, Bruno Julliard, visé par les insultes, avait fait part de sa volonté de porter plainte.

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Pas-de-Calais

Deux personnes incarcérées après l'incendie de la maison d'un couple homosexuel

Deux personnes soupçonnées d'avoir incendié au printemps une maison de Bully-les-Mines (Pas-de-Calais) où vivait un couple d'homosexuels ont été écrouées jeudi, a-t-on appris de source judiciaire. 

Déferrées jeudi devant le parquet de Béthune, elles ont été mises en examen pour tentative d'homicide à caractère homophobe et dégradation par incendie, a-t-on précisé de même source, confirmant une information de France 3 Hauts-de-France, qui indique que les deux suspects sont âgés de 24 et 30 ans.

 

Les faits remontent à la nuit du 26 au 27 mai, lorsque la maison où résidait un couple d'hommes avait été incendiée, brûlant gravement l'un des deux et tuant les deux chiens du couple.

 

Dans la presse locale, les victimes avaient rapporté être la cible de menaces régulières du voisinage, à caractère homophobe. Une information judiciaire avait été ouverte en juin.

 

(Source AFP)

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Homophobie

SOS homophobie tire la sonnette d’alarme face à la succession d’agressions LGBTphobes

Devant la succession d’agressions LGBTphobes ces dernières semaines, SOS homophobie demande aux pouvoirs publics de se mobiliser et d'engager au plus vite des mesures concrètes pour lutter contre les LGBTphobies.

L'équipe de SOS homophobie
L'équipe de SOS homophobie

Ajda, personne trans agressée à Limoges au début du mois d'août. Vanesa Campos, personne trans tuée à Paris mi-août. Une jeune femme agressée parce qu’elle embrasse sa petite amie à Paris fin août. Plusieurs jeunes hommes piégés sur Grindr puis agressés à Nîmes la semaine dernière. Un couple de femmes aspergé d’eau de javel et de peinture noire à Lille début septembre. Une travailleuse du sexe trans volée et violentée lundi au bois de Boulogne. Arnaud, agressé avec plusieurs jours d'ITT car il embrassait son compagnon dans la rue à Paris hier.

 

La France connaît une succession frappante d'agressions homophobes, lesbophobes et transphobes depuis plusieurs semaines.

 

"Jusqu'où irons-nous ?  Interrogé l'association SOS homophobie. Cette succession d'agressions nous met face à la réalité de la persistance des LGBTphobies aujourd’hui en France. Quand pourrons-nous vivre et aimer librement sans risque et sans haine ?

 

En tant qu'association de soutien aux victimes de LGBTphobies, SOS homophobie interpelle le Président de la République et le gouvernement.

 

"Nous attendons un message fort de soutien adressé aux victimes de LGBTphobies, a réagi l'organisation mercredi. Nous attendons une politique beaucoup plus efficace contre la haine anti-LGBT. Nous demandons à ce que des politiques publiques ambitieuses de prévention et de lutte contre les LGBTphobies soient mises en place sans attendre".

 

SOS homophobie invite également toutes les personnes concernées ou alliées à s’exprimer et à se faire entendre pour montrer que les LGBTphobies n’ont plus leur place dans nos foyers, dans nos rues, dans notre société avec le hashtag #LGBTphobieCaSuffit.

 

(Source SOS Homophobie)

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Homophobie

Après une agression homophobe à Paris devant un théâtre, ce comédien publie une photo de son visage tuméfié

"Un câlin. Juste un câlin." Il était 22h00, ils étaient six.

Arnaud Gagnoud
Arnaud Gagnoud

Homophobie - "Je savais qu'un jour ça m'arriverait". Arnaud Gagnoud a choisi de partager ce mercredi 19 septembre une photo de son visage tuméfié pour témoigner de la violence d'un moment qu'il redoutait depuis longtemps : se faire agresser parce qu'il est gay.

 

"Une agression homophobe violente en pleine rue. Je savais qu'un jour je devrais faire ce choix: prendre une photo et la publier ou ne pas la publier. Avec les conséquences que cela aura dans les deux cas. Je ne savais juste pas quand cela aurait lieu. C'est donc aujourd'hui", écrit ce jeune comédien sur Instagram avant de raconter cette épreuve.

 

L'attaque a eu lieu mardi dans la soirée, dans le 20e arrondissement de la capitale. "Avec mon copain, nous sommes allés voir jouer une amie et collègue comédienne dans un petit théâtre (...). Alors que nous sortions prendre l'air (pour l'attendre), nous avons eu le malheur, en discutant, de nous serrer dans les bras", détaille-t-il. "Un câlin. Juste un câlin. Il était 22h00".

 

Six agresseurs

"Un groupe de trois jeunes, postés à une vingtaine de mètres, nous a vus. Ils nous ont interpellés. Comme nous les avons ignorés, ils se sont rapprochés. Un flot d'insultes homophobes sortait de leurs bouches. Ils exigeaient que nous quittions 'leur quartier' où 'y a pas de PD ici'", continue le jeune homme. Devant le refus du couple de quitter les lieux, "les insultes sont devenues plus graves, plus haineuses". "Puis un quatrième (jeune) les a rejoints. Un gamin qui paraît avoir douze ans. Et c'est lui qui a appelé des renforts. Un scooter avec notre cinquième et sixième agresseurs."

 

Ne cédant pas aux "insultes, bousculades et menaces", Arnaud Gagnoud est alors frappé deux fois au visage par le chauffeur du scooter, armé de son casque. "Tout va très vite. Les spectateurs du théâtre voient la scène, arrivent en courant, les font partir et nous mettent à l'abri. Mon copain n'a rien, fort heureusement."

 

Le comédien rapporte avoir, lui, écopé "d'un traumatisme facial, avec ecchymose et œdème périorbitaire", sans compter les "sept points de sutures et plusieurs jours d'interruption totale de travail". "Voilà. Nous avons fait le choix de partager cette photo et notre histoire. Nous avons fait le choix de porter plainte. Pour que ces violences cessent enfin, même si nous ne nous faisons pas d'illusions..."

 

Alors que la ville de Paris a récemment fait face à une vague de dégradations homophobes, un dernier sondage rapporte qu'en France une personne LGBT sur deux a déjà fait l'objet d'insultes, de moqueries ou d'agressions physiques.

 

(Source Le HuffPost)

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Limoges

Agression et menaces de mort transphobes, la police indifférente

Une transgenre a été menacée de mort devant un supermarché limougeaud dans l’indifférence générale, notamment de la police.

La préfecture de Haute-Vienne - Capture d'écran Google Street View / Google Maps
La préfecture de Haute-Vienne - Capture d'écran Google Street View / Google Maps

En juillet 2013, Mylène, une transgenre, était assassinée à son domicile, en banlieue de Limoges. Cinq ans après, Ajda a été menacée de mort devant un supermarché limougeaud dans l’indifférence générale, notamment de la police.

 

Le 6 août 2018, Ajda, étudiante trans réfugiée politique d’un pays du Caucase, fait ses courses dans un supermarché de Limoges. Sur le parking, un homme en voiture commence à l’insulter et à la menacer : "PD, tafiole, je te baise, je t’encule".

 

Alors qu’elle prend son téléphone pour appeler la police, il la menace de mort, s’écriant "je te ferai la peau". Puis il exprime son sentiment de totale impunité : "PD, si je te tue, je ne risque rien".

 

Finalement, l’homme tente de lui foncer dessus avec sa voiture. Par chance, le véhicule ne fait que la frôler mais la victime souffre de plusieurs blessures, constatées par le CHU de Limoges, entraînant plusieurs jours d’interruption totale de travail (ITT).

 

La victime finit par se réfugier dans le supermarché où son agresseur la suit avant, par chance, de quitter les lieux. L’agresseur est filmé par les caméras de vidéo-surveillance du supermarché et la victime a eu le réflexe de prendre en photo la plaque d’immatriculation de la voiture.

 

Le lendemain de l’agression, la victime dépose plainte à l’hôtel de police de Limoges. L’officier de police judiciaire retient l’infraction "d’insultes non-publiques à raison de l’orientation sexuelle". Ni le caractère évidement public des insultes transphobes tenues sur un parking de supermarché, ni les coups et blessures constatées par le CHU, ni les menaces de mort, ni la tentative de meurtre à l’aide d’une voiture n’ont été retenus par les services de police.

 

Un mois plus tard, la victime n’a aucune nouvelle de la police et aucune enquête ne semble avoir été conduite. Les films des caméras de surveillance du centre commercial n’ont pas été réquisitionnés, et la photo de la plaque d’immatriculation du véhicule de l’agresseur ne semble pas avoir été exploitée. 

 

SOS homophobie dénonce l’inaction des services de police de Limoges dans cette affaire et exprime tout son soutien à Ajda. 

 

L’association demande à ce qu’une enquête soit ouverte dans les plus brefs délais pour que toute la lumière soit faite sur les circonstances de cette agression transphobe. L’association se réserve le droit de se porter partie civile. 

 

(Source SOS homophobie

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Cuba

Le président Diaz-Canel se dit favorable au mariage homosexuel

Le président cubain, Miguel Diaz-Canel, s'est déclaré dimanche favorable à l'inscription dans la nouvelle Constitution, actuellement en débat, du mariage entre personnes du même sexe. 

Le président cubain Diaz-Canel
Le président cubain Diaz-Canel

"Je suis d'accord, moi je pense que le fait de reconnaître le mariage entre les personnes, sans limitations, répond au problème d'éliminer tout type de discrimination dans la société", a affirmé le dirigeant dans un entretien à la chaîne de télévision latino-américaine Telesur, diffusée dimanche soir.

 

Les Cubains ont commencé mi-août à débattre d'un projet de nouvelle Constitution, qui reconnaît notamment la propriété privée et ouvre la voie à une légalisation du mariage entre personnes du même sexe, une des principales revendications de la communauté LGBT de l'île.

 

La possible approbation du mariage homosexuel est fortement combattue par l’Église catholique locale.

 

"Je ne peux pas porter préjudice au débat populaire" sur cette question, a assuré le président cubain avant faire connaître, pour la première fois, son opinion personnelle sur ce sujet.

 

La députée Mariela Castro, fille de l'ex-président Raul Castro et directrice du Centre national d'éducation sexuelle (Cenesex), milite depuis des années en faveur des droits des femmes et de la communauté LGBT.

 

Dans la foulée de la révolution castriste en 1959, les minorités sexuelles étaient stigmatisées et les homosexuels harcelés, voire envoyés en camps de "rééducation". S'appliquait alors une politique de marginalisation vouée à les exclure de tout emploi public.

 

En 2010, Fidel Castro avait reconnu les "injustices" faites aux homosexuels qui provoquèrent l'exil forcé de nombreux intellectuels et artistes dans les années 1960, 1970 et 1980.

 

(Source AFP)

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Italie

Cet activiste LGBT+ italien veut créer un parti politique gay

Une tentative assumée de mettre la pression aux politiques italien-ne-s afin d'obtenir de vraies avancées pour les droits LGBT+.  

Cet activiste italien veut créer un parti politique gay - Fabrizio Marrazzo / Facebook
Cet activiste italien veut créer un parti politique gay - Fabrizio Marrazzo / Facebook

Fabrizio Marrazzo, ancien président de l’association LGBT+ Arcigay et porte parole actuel de l’association Gay Center, est un militant queer italien de longue date. Sa nouvelle ambition ? Créer un parti politique gay.

 

Ce 30 août, l’activiste a déposé les appellations "Liste gay" et "Parti gay" auprès du Bureau italien des brevets et des marques. "Nous sommes disposés à descendre dans l’arène du moment que la politique se montre sourde à nos revendications", a commenté Fabrizio Marrazo, rapporte 360°.

 

Si ces noms sont officiellement déposés, la création concrète d’un tel parti politique n’est pas encore à l’ordre du jour. Toutefois, elle est basée sur une réelle intention de chambouler le paysage politique italien, suite à un sondage réalisé par l’association de Fabrizio Marrazzo en 2017, qui révélait que 6,2 % des Italiens et Italiennes se disaient prêt-e-s à voter pour une liste électorale estampillée gay.

 

Le pourcentage monte même à 14 % chez les personnes âgées de moins de 25 ans. Dans une interview accordée au journal Il Tempo, le militant a expliqué qu’il était surtout question de "stimuler la politique pour la pousser à affronter ces thématiques et à répondre à la communauté LGBT+". "Si ces réponses devaient ne pas venir, nous pourrions envisager un engagement direct dans la politique", a-t-il précisé.

 

Des projets similaires ont déjà étés tentés depuis les années 90, de la France jusqu’en Thaïlande en passant par Israël, sans réel succès.

 

(Source 360°)

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Asie

Après l'Inde, Singapour va-t-elle dépénaliser l'homosexualité 

Depuis la décision de la Cour suprême indienne, de nombreux médias suggèrent que Singapour pourrait faire de même. Pourtant, rien n'est moins sûr.

 Une manifestation pour les droits LGBT+ à Singapour en 2017
Une manifestation pour les droits LGBT+ à Singapour en 2017

"Essayer encore." Après l’Inde, c’est un autre pays aux lois homophobes héritées de la Grande-Bretagne qui pourrait dépénaliser l’homosexualité.

 

Depuis la fin de la semaine dernière, de nombreuses voix s’élèvent à Singapour pour que le territoire d’Asie du Sud Est se débarrasse de la Section 377A du Code pénal.

 

"J’encourage la communauté gay à mettre en place une action de groupe pour remettre en cause la constitutionnalité de la Section 377A", expliquait notamment l’ancien diplomate Tommy Koh la semaine dernière.

 

L’article en question punit les hommes qui auraient "commis un acte indécent" avec un autre homme d’une peine allant jusqu’à deux ans de prison.

 

Les poursuites ont beau être rares et la loi a beau ne pas concerner les femmes, les personnes LGBT+ singapouriennes sont bien décidées à se débarrasser de ce texte de loi.

 

Pétition… contre la dépénalisation

De son côté, le gouvernement du pays semble pour l’instant décidé… à ne pas décider.

 

Le ministre des Affaires intérieures Kasiviswanathan Shanmugam a expliqué "qu’une minorité souhaite que 377A soit supprimée" mais que le gouvernement devait faire "attention quant à la criminalisation de préférences sexuelles".

 

Un discours peu engageant pour les associations LGBT+ du pays. Les choses vont-elles changer rapidement comme le suggère de nombreux médias ? Il est permis d’en douter, tant une partie de la population de la cité-État reste conservatrice.

 

D’après un sondage du Straits Times, 55 % des habitant.e.s du pays seraient contre la dépénalisation de l’homosexualité, pourtant hérité d’une loi coloniale britannique.

 

Une pétition, protestant contre la possible suppression de la Section 377A, a même réussi à réunir plus de 80 000 signatures.

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Brésil / Présidentielle

Le candidat homophobe poignardé pendant sa campagne

Avec son discours raciste, misogyne et homophobe, le député d'extrême droite brésilien Jair Bolsonaro, grièvement blessé lors d'une attaque à l'arme blanche durant sa campagne jeudi, suscite la haine, mais il est aussi adulé par des millions de Brésiliens qui en font le favori du 1er tour de la présidentielle.

Brésil : Jair Bolsonaro favori du 1er tour de la présidentielle
Brésil : Jair Bolsonaro favori du 1er tour de la présidentielle

Celui qui obtient le plus d'intentions de vote le 7 octobre, selon le dernier sondage, a été opéré jeudi en fin de journée après avoir subi une attaque au couteau à l'abdomen alors qu'il faisait campagne à trois heures de route de Rio de Janeiro.

 

Pour ses détracteurs, le député de 63 ans fait figure d'épouvantail d'extrême droite, qui exacerbe les tensions dans un Brésil fortement polarisé avec ses dérapages misogynes et homophobes et sa nostalgie affichée de la dictature militaire Mais ses partisans le voient comme le sauveur de la patrie en danger. Ses fans les plus ardents le surnomment "o mito" (le mythe).

 

Un mythe entretenu par un savant usage des réseaux sociaux et des petites phrases provocatrices pour les médias.

 

Regard vert perçant et cheveux grisonnants soigneusement peignés, cet ancien capitaine de l'armée épargné par l'avalanche de scandales de corruption qui ronge le Brésil aime tester sa popularité dans les aéroports, où il est régulièrement arrêté pour des pauses selfie.

 

Jair Bolsonaro obtient 22% d'intentions de vote, ce qui le place en tête du premier tour de la présidentielle, mais les sondeurs ne le voient pas remporter le 2e tour. Il fait notamment un tabac chez les jeunes (26%) et les classes les plus aisées (34%), tout en flirtant avec les évangéliques, avec notamment un discours farouchement anti-avortement.

 

La ligne politique de Jair Bolsonaro est floue, en témoigne ses nombreux changements d'étiquette au fil des années. En matière économique, son programme est tout aussi nébuleux. Sa proposition-phare pour lutter contre l’insécurité : "Donner l'accès au port d'arme aux gens bien", a-t-il affirmé dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux.

 

Dérapages en série

Reprenant le discours classique du "tous pourris" de la droite radicale, il tente de se placer au-dessus de la mêlée. Mais contrairement à Donald Trump, auquel il est souvent comparé, Jair Bolsonaro a déjà une longue carrière politique derrière lui : il siège à la chambre des députés depuis 1991.

 

"Il parle des 'politiciens' comme s'il ne faisait pas partie de ce monde. Il a réussi à faire passer l'image d'un homme fort, adepte de la ligne dure, qui va combattre la corruption", explique Michael Mohallem, professeur de droit à la Fondation Getulio Vargas.

 

Né en 1955 à Campinas, près de Sao Paulo, dans une famille d'origine italienne, Jair Bolsonaro a fait l'essentiel de sa carrière politique à Rio, où il a été élu conseiller municipal en 1988 et obtenu son premier mandat de député fédéral trois ans plus tard.

 

En tant que parlementaire, Jair Bolsonaro s'est davantage illustré par ses dérapages dans l'hémicycle que pour les projets de loi qu'il a fait approuver, seulement deux en 27 ans.

 

En 2014, il avait fait scandale en prenant violemment à partie la parlementaire de gauche Maria do Rosario, lui lançant qu'elle "ne méritait pas" qu'il la viole car elle était "très laide". Deux ans plus tard, il a fait l'éloge d'un tortionnaire de la dictature militaire (1964-1985).

 

Jair Bolsonaro a également multiplié les déclarations homophobes : dans un entretien au magazine Playboy en 2011, il a affirmé qu'il préférerait que son fils "meure dans un accident" plutôt que de le savoir homosexuel.

 

Même si son discours est plus policé depuis quelques mois, cela ne le rend pas forcément fréquentable aux yeux des partis traditionnels en vue d'une possible alliance avant un second tour. "Comme l'électorat est très éparpillé, sans aucun candidat qui ne se dégage largement dans les sondages, on ne sait pas s'il pourra récupérer les voix de ceux qui sont éliminés au premier tour. Ce n'est pas un candidat rassembleur", affirme Michael Mohallem.

 

(Source AFP)

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Inde : Historique

La Cour suprême dépénalise l'homosexualité

L'article 377 du code pénal indien, qui date de l'ère coloniale britannique, était contesté depuis des décennies. 

Pour la première fois de son histoire, l'Inde a pris la décision de dépénaliser l'homosexualité qui était passible de prison à vie.

La décision est historique. La Cour suprême indienne a pris la décision ce jeudi de dépénaliser les relations homosexuelles, l'aboutissement de décennies de combat pour la communauté LGBT de ce pays comptant 1,25 milliard d'habitants.  

 

Selon le code pénal indien datant de l'ère coloniale britannique, l'homosexualité était sur le papier passible de prison à vie.

 

Contesté depuis près de vingt ans devant les tribunaux, son article 377 prohibait tout "rapport charnel contre l'ordre de la nature". Cette disposition "était devenue une arme de harcèlement contre la communauté LGBT", a déclaré le président de la Cour suprême Dipak Misra.

 

"Cette loi n'aurait jamais dû exister"

Un panel de cinq juges de la Cour suprême avait entendu en juillet les arguments de plaignants homosexuels, parmi lesquels plusieurs célébrités, qui soutiennent que cet article est contraire à la Constitution indienne. "Cette loi n'aurait jamais dû exister. (Son abrogation) aurait dû avoir lieu il y a longtemps. Nous ne demandons que des droits de l'homme élémentaires, rien de plus", avait déclaré avant la décision Rituparna Borah, co-directrice de Nazariya, organisation féministe queer. 

 

Si une scène homosexuelle discrète mais vibrante existe dans les grandes villes d'Inde, comme Delhi ou Bombay, les rapports sexuels entre hommes ou entre femmes restent toujours très mal vus dans cette société profondément conservatrice.

 

De nombreux Indiens, notamment dans les zones rurales où réside 70% de la population, considèrent l'homosexualité comme une maladie mentale. Certains la mettent même sur un pied d'égalité avec la zoophilie.  Étudiant homosexuel de 20 ans, Utsav Maheshwari s'est dit "super enthousiaste" en anticipation de la décision de la Cour suprême et a exprimé son espoir qu'elle "légitime la communauté (homosexuelle) en reconnaissant son existence". 

 

Un premier jugement cassé

La dépénalisation de l'homosexualité a été prononcée une première fois en Inde en 2009 par la Haute Cour de Delhi, un jugement salué à travers le monde. Pourtant, en 2013, renversement de situation: la Cour suprême casse cette décision pour des raisons légalistes. Deux juges de l'institution estiment à cette occasion qu'il est du ressort du législateur, et non de la justice, de faire évoluer la loi sur ce sujet. 

 

Ce retour en arrière cause un grand émoi parmi les défenseurs de la dépénalisation, qui engagent alors de nouveaux recours judiciaires. La dépénalisation de l'homosexualité bénéficiait toutefois aujourd'hui d'un vent favorable depuis une décision capitale de la même Cour suprême l'an dernier. 

 

Cette dernière a en effet estimé que les Indiens bénéficient d'un droit fondamental à la vie privée, qui n'est pas mentionnée explicitement dans la Constitution, un droit dans lequel les juges incluaient l'orientation sexuelle.

 

"Le but d'élever certains droits au statut de droits fondamentaux garantis est de les protéger du dédain de la majorité, qu'elle soit parlementaire ou populaire", ont écrit dans cet arrêt plusieurs juges de la Cour suprême, dans un plaidoyer de défense des droits de la minorité homosexuelle. 

 

Des poursuites rares

Les poursuites judiciaires pour homosexualité sont, dans les faits, rarissimes en Inde. Selon les chiffres du gouvernement, sept personnes ont été condamnées dans le pays en 2016 pour "offenses contre-nature" et seize relaxées. 

 

"C'est la première étape de l'histoire de beaucoup d'autres pays qui ont d'abord dépénalisé les relations homosexuelles, autorisé les unions civiles puis le mariage", estimait lors d'une récente interview Keshav Suri, propriétaire d'une chaîne d'hôtels de luxe figurant parmi les plaignants devant la Cour suprême. "C'est une longue bataille pour arriver à l'égalité des droits mais je suis sûr que nous y arriverons à la fin", a-t-il déclaré. 

 

L'homosexualité reste à l'heure actuelle criminalisée dans 72 pays de la planète, selon un décompte de l'Association internationale des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans et intersexes. 

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Hétérosexualité fragile

Une statue de Saint Antoine de Padoue jugée "trop efféminée" en Colombie

En Colombie, les choix artistiques quant à la restauration d'une statue de Saint Antoine déchaînent les passions des adorateurs et adoratrices du Christ.

Jésus Marie Joseph. Cachez ce sourcil bien épilé que je ne saurais voir !

Dans la ville de Soledad, au nord de la Colombie, la statue rénovée de Saint Antoine de Padoue a suscité une vague de signes de croix paniqués.

 

La raison de cette liturgie affolée ? Le fait que le saint patron du Portugal, des marins, des femmes enceintes et des personnes âgées ait à présent un peu trop de couleurs sur le visage.

 

Les fidèles de l’église où il trône, la plus grande de la ville de près d’un demi-million d’habitant.e.s, estiment en effet que ce relooking lui donne plutôt l’air d’être maquillé comme une voiture volée. Ses sourcils fins, ses paupières foncées et ses lèvres écarlates lui donneraient "une tête de gay" (sic). Et pas d’ça dans la maison du seigneur, voyons…

Les pratiquants et pratiquantes catholiques de la ville se plaignent également que le petit Jésus en culotte de velours rose brodée de doré, que Saint Antoine tient tendrement dans ses bras, semble lui aussi avoir subi le dégradant traitement de paraître désormais plus féminin.

 

On a pourtant vu des ratés bien plus inquiétants dans l’histoire des arts religieux, ces dernières années

 

Drama doctrine

Le plus tristement comique dans cette histoire d’hétérosexualité blessée pour pas grand chose, si ce n’est une question de goût, c’est que, d’après 360°, une enquête aurait été ouverte par les autorités de la ville afin de résoudre cette scandaleuse affaire de désacralisation homosexuelle.

 

Un second restaurateur aurait même proposé ses pinceaux tout ce qu’il y a de plus hétéro à la paroisse pour re-restaurer gracieusement les virils traits du prêtre franciscain et effacer l’humiliant blasphème qu’il a subi des mains de l’artiste qui l’a précédé.

 

Prions donc Sainte Rita, patronne des causes désespérées, pour ces pauvres brebis égarées dans leur misogynie et leur homophobie.

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