Australie

Le cardinal Pell en prison après sa condamnation pour pédophilie

Le cardinal australien George Pell passera mercredi soir sa première nuit derrière les barreaux au lendemain de l'annonce de sa condamnation en Australie pour pédophilie, qui couronne la disgrâce de celui qui était encore il y a peu l'un des plus proches conseillers du pape.

 Le cardinal George Pell se rendant au tribunal de Melbourne, le 27 février 2019.
Le cardinal George Pell se rendant au tribunal de Melbourne, le 27 février 2019.

Plus haut représentant de l’Église catholique jamais reconnu coupable de viol sur mineur, l'ex-numéro trois du Vatican, qui clame son innocence et a fait appel, s'est vu notifier mercredi son placement en détention par un juge de Melbourne.

 

Le prélat de 77 ans avait été hué dans la matinée par la foule à son arrivée, libre, au Tribunal de Comté de Victoria. Mais c'est une salle d'audience silencieuse, comme sans voix face au spectacle de la chute d'un des plus puissants hommes d’Église, qu'il a quittée quelques heures plus tard pour être conduit en détention.

 

Le cardinal a été reconnu coupable le 11 décembre d'un chef de pénétration sexuelle et de quatre chefs d'attentat à la pudeur contre deux enfants de chœur alors âgés de 12 et 13 ans en 1996 et 1997 dans la sacristie de la cathédrale de Melbourne, dont il venait d'être nommé archevêque.

 

Pour des raisons légales, ce verdict n'a pu être annoncé que mardi. Le juge Peter Kidd a qualifié mercredi pendant l'audience d'"évidente" la faute de l'ex-secrétaire pour l’Économie du Saint-Siège. "C'est un crime cruel et honteux", a affirmé le magistrat. "Il a impliqué un abus de confiance. Il a profité de deux jeunes garçons vulnérables".

 

La peine du prélat, passible de 50 ans de prison, sera annoncée le 13 mars. Ses avocats avaient obtenu que son placement en détention, qui aurait dû intervenir en décembre, soit différé car il devait subir d'urgence une double opération des genoux.

 

La défense devait initialement demander mercredi à la cour d'appel une nouvelle libération sous caution dans l'attente de son procès en appel. Mais elle y a renoncé en indiquant qu'elle pensait "approprié qu'il attende de connaître sa peine". Le procureur de la Couronne, Mark Gibson, a déploré de son côté que l'ancien archevêque de Sydney et Melbourne n'ait "montré aucun remord".

 

Relevant que la préméditation n'avait pas été retenue, son avocat Robert Richter a invoqué quant à lui les dix témoins produits par la défense: "Personne ne le croit capable de tels actes". "En dépit de la couverture médiatique sans précédent, le cardinal Pell a et continue de clamer son innocence", avait dit la défense un peu plus tôt. "Comme quiconque, il a des droits et continuera de les exercer."

 

Après l'annonce de son placement en détention, George Pell s'est incliné devant le juge et a été emmené sans menotte à l'extérieur de la salle d'audience. Sa condamnation a suscité l'effroi en Australie, car le prélat, qui recueillait naguère les louanges des plus hautes autorités du pays, était une voix très écoutée dans le camp conservateur, sur des sujets aussi variés que le mariage gay ou le réchauffement climatique.

 

Mercredi, l'ex-archevêque de Melbourne et Sydney a été confronté à une foule hostile à son arrivée au tribunal. "Tu es le diable. Tu es le Mal. Tu es un pédophile. Tu es un criminel. Tu es un monstre", criait un homme. "Va pourrir en enfer !"

 

Il s'agit d'une nouvelle gifle pour une Église catholique qui vient d'organiser un sommet historique sur la lutte contre la pédophilie, au terme duquel le pape François a promis dimanche "une lutte à tous les niveaux", mais qui peine à convaincre les victimes du sérieux de sa réponse face à la gravité et l'ampleur du problème. "C'est une nouvelle douloureuse", a réagi mardi le Saint-Siège, exprimant son "profond respect" pour la justice australienne et rappelant que le cardinal Pell "a réaffirmé son innocence et qu'il a le droit de se défendre jusqu'en dernière instance".

 

En décembre, au lendemain de la condamnation alors encore secrète du cardinal, le Saint-Siège l'avait écarté du premier cercle de neuf conseillers du pape. Mardi soir, le porte-parole du Vatican a annoncé dans un tweet que Gerorge Pell n'était plus plus préfet du secrétariat pour l’Économie, le troisième poste dans la hiérarchie vaticane.

 

Les avocats du prélat ont affirmé mardi que son appel attaquerait notamment le caractère déraisonnable du verdict et la composition du jury. En appel, un panel de trois juges doit réexaminer les mêmes preuves qui ont été présentées aux jurés de première instance. Le processus pourrait prendre un an.

 

Pour Jeremy Gans, spécialiste du droit criminel à l'Université de Melbourne, ces juges pourraient mettre en cause le fait que le verdict ne repose que sur le témoignage de la seule victime encore en vie. Le deuxième enfant de chœur, mort d'une overdose en 2014, n'avait jamais fait état à ses parents de l'agression.

 

George Pell a notamment été reconnu coupable d'avoir imposé une fellation à l'un des adolescents et de s'être masturbé en caressant l'autre.

 

(Avec AFP)

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Liban

L'ONU devrait ouvrir une enquête après la répression injustifiée d'activités LGBT

Les forces de sécurité libanaises ont à plusieurs reprises perturbé des événements relatifs à la sexualité et à l'identité de genre, en violation des protections garanties par le droit international, estime Human Rights Watch dans une plainte adressée aux responsables des Nations Unies en matière de droits humains. 

Des participants à une manifestation de la Gay Pride en faveur des droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels (LGBT) scandent des slogans après que la police leur ait appliqué un canon à eau pour les disperser, à Istanbul, le dimanche 28 juin 2015. AP Photo / Emrah Gurel

Cette plainte fait suite à des tentatives infructueuses de Human Rights Watch de rencontrer des responsables de la Direction générale de la Sûreté générale au sujet de récentes interventions des forces de sécurité qui ont eu pour effet de remettre en cause les droits des minorités sexuelles et des défenseurs des droits humains au Liban.

 

"Les interdictions d'événements de ce genre constituent non seulement une discrimination à l'encontre des minorités sexuelles et de leurs défenseurs, mais aussi une remise en cause des droits de chacun aux libertés de réunion, d'association et d'expression au Liban", a déclaré Lama Fakih, directrice adjointe de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch

 

La plainte a été soumise aux rapporteurs spéciaux de l'ONU sur le droit de réunion pacifique et la liberté d'association, et sur les défenseurs des droits humains, ainsi qu'à l'expert indépendant de l'ONU sur la protection contre la violence et la discrimination fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre.

 

Human Rights Watch a exhorté les responsables onusiens à insister auprès du gouvernement libanais pour qu'il fasse rendre des comptes à ses forces de sécurité pour leurs violations du droit international et qu'il s'abstienne d'invoquer des motifs injustifiés, tels que de vagues revendications de "moralité", pour remettre en cause les droits des minorités sexuelles.

 

Le 29 septembre 2018, la Sûreté générale libanaise a tenté de fermer la conférence annuelle NEDWA de la Fondation arabe pour les libertés et l'égalité, qui travaille à l'avancement des droits des personnes LGBT et d'autres droits humains.

 

Les agents de la Sûreté générale ont également relevé les informations concernant tous les participants à la conférence dans le registre de l'hôtel où celle-ci se déroulait, y compris de participants en provenance de pays comme l'Égypte, où la police a arrêté plus de 70 personnes en 2018 pour le simple fait qu'elles étaient homosexuelles ou transgenres, et l'Irak, où des groupes armés ont assassiné des personnes LGBT en toute impunité.

 

Cette conférence de quatre jours se tient chaque année au Liban depuis 2013 et réunit des personnes de diverses orientations sexuelles et identités de genre. L'ingérence de la Sûreté générale a fait suite à des déclarations publiques de l'Association des oulémas musulmans dans lesquelles ceux-ci accusaient les organisateurs de promouvoir l'homosexualité et l'abus de drogue. L'association a appelé à l'arrestation des organisateurs et à l'annulation de la conférence pour "incitation à l'immoralité". 

 

Cette organisation a également porté plainte contre le programme de prévention contre le virus VIH du sida de la Fondation arabe, affirmant qu'il équivaut à promouvoir la débauche. Les Forces de sécurité intérieure, réagissant à la plainte, ont convoqué le directeur de la fondation, Georges Azzi, pour interrogatoire en décembre.

 

En mai, les Forces de sécurité intérieure du Liban ont arrêté un activiste et fait pression sur lui pour qu'il annule des événements associés à la Beirut Pride, dont une lecture de poésies, une soirée karaoké, une discussion sur la santé sexuelle et le VIH, et un atelier d'initiation au droit.

 

(Source HRW)

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Médias

"Homo", "accent du Maghreb"... La Cnil épingle Europe 1 pour le fichage de ses auditeurs

Dans son enquête publiée dimanche, Médiapart indiquait que la radio avait enregistré des fiches contenant des informations sur plus d’un demi-million d’auditeurs via un logiciel qui les stockait depuis 2002 

La Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) a épinglé la radioEurope 1 pour des "commentaires excessifs" sur des auditeurs, contenant parfois insultes ou informations personnelles comme l’orientation sexuelle, un avertissement qui n’a pas été rendu public, révèle Mediapart.

 

Dans son enquête publiée dimanche, Mediapart indique que la radio a enregistré des fiches contenant des informations sur plus d’un demi-million d’auditeurs via un logiciel qui les stockait depuis 2002.

 

Sur Twitter, le vice-PDG de la station Laurent Guimier a réagi à ces révélations. "Mediapart révèle un rapport de la CNIL mettant au jour, en 2017, des pratiques honteuses de fichage des auditeurs d’Europe 1. La direction avait alors corrigé ces dérives inadmissibles".

 

Un "avertissement non public"

Sur le site de la CNIL, il est indiqué qu’en avril 2017 un "avertissement non public" a été prononcé contre une "station radiophonique" pour des "commentaires excessifs sur les auditeurs d’une radio". Les principaux manquements que relève le régulateur sont : "non-pertinence, non-adéquation et caractère excessif des données, collecte de données sensibles, non-définition et non-respect d’une durée de conservation des données."

 

Concrètement, les standardistes de la radio remplissaient des fiches sur les auditeurs qui souhaitaient passer à l’antenne, ce qui n’est pas anormal sauf qu’ils ajoutaient parfois des appréciations personnelles type "facho", "voix de vieille pédale" "accent du Maghreb" et des commentaires sur la santé ou l’orientation sexuelle : "il est homo", "séropositif", "a besoin de parler de son cancer", détaille Mediapart.

 

"Une erreur technique"

La secrétaire générale d’Europe 1, Anne Fauconnier, a assuré au site d’enquête que "la conservation des données sur une longue période provient d’une erreur technique". La station a également purgé ses bases de données et rappelé à l’ordre ses équipes de téléopérateurs.

 

Quand un manquement sérieux est identifié par la CNIL, elle peut prononcer des sanctions publiques ou non publiques, pécuniaires ou non pécuniaires (rappel à l’ordre, injonction…).

 

 

Dans le cas d’Europe 1, aucune amende n’a été adressée et les faits n’ont pas été transmis à la justice, souligne Mediapart, auprès de qui un membre de la commission ayant participé au contrôle s’est justifié : "On est là pour accompagner les entreprises dans leur mise en conformité. Pas pour les pénaliser. Europe 1, c’était globalement un problème de management."

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Oscars

Rami Malek sacré meilleur acteur pour son interprétation de Freddie Mercury dans Bohemian Rhapsody

Rami Malek a remporté dimanche soir l'Oscar du meilleur acteur pour son interprétation du légendaire Freddie Mercury, le leader du groupe Queen, dans "Bohemian Rhapsody".

"Je n'étais peut-être pas le choix le plus évident mais j'imagine que ça a marché", a lancé avec humour en recevant la statuette celui qui l'a emporté face à Christian Bale, Bradley Cooper, Willem Dafoe et Viggo Mortensen.

 

La voix pleine d'émotion, Rami Malek a aussi rendu hommage à ses parents, qui ont émigré d’Égypte vers les États-Unis avant sa naissance. "Ma mère est là quelque part", a-t-il lancé sous les applaudissements. "Je t'aime! A ma famille, merci pour tout ça. Vous savez, mon père n'a pu rien voir de tout ça. Mais je pense qu'il me regarde de là-haut en ce moment. C'est un moment énorme", a-t-il ajouté. Et "merci à vous, Queen. Merci de m'avoir autorisé à jouer un tout petit rôle dans votre héritage extraordinaire. Je vous en suis redevable pour toujours", a-t-il encore dit.

 

"Je pense à quoi ça aurait ressemblé de dire au petit Rami qu'un jour tout ça lui arriverait. Et je pense que son cerveau de petit garçon aux cheveux bouclés aurait explosé. Il avait du mal avec son identité, essayait de savoir qui il était. Et je pense à chaque personne qui a du mal avec son identité. Regardez, nous avons fait un film sur un homme gay, un migrant, qui a vécu sa vie en étant lui-même, sans peur et sans reproches", a-t-il poursuivi.

 

"Le fait que je le célèbre et que je célèbre cette histoire avec vous ce soir est la preuve que nous avons besoin d'histoires comme celle-ci. Je suis le fils de migrants d’Égypte, un Américain de première génération", a-t-il conclu sous les applaudissements.

 

Un palmarès queer

Le meilleur film de l'année parle d'un pianiste de jazz gay dans les années 1960. "Green Book - A Special Friendship" a reçu le Oscar du meilleur film.

 

Olivia Colman a remporté le prix de la meilleure actrice pour son rôle de reine britannique lesbienne dans "La Favorite". Elle a battu Lady Gaga, nommée pour son interprétation dans "A Star Is Born". 

 

Malgré cette déception, Lady Gaga a remporté son premier Oscar, pour sa chanson "Shallow", co-écrite pour "A Star Is Born". "Je travaille dur depuis longtemps, mais il ne s'agit pas de gagner", a déclaré la femme de 32 ans dans son discours. "Il ne faut pas abandonner, si vous avez un rêve, vous devriez vous battre pour le réaliser." 

 

(Avec AFP) 

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États-Unis

Pourquoi la fausse agression raciste d’un acteur aux États-Unis peut avoir des conséquences graves

Le cas de l’acteur américain Jussie Smollett, accusé d’avoir inventé une agression, fait craindre une montée de scepticisme face à ces attaques, pourtant en augmentation.

Jussie Smollett risque jusque 3 ans de prison. FREDERIC J. BROWN AFP
Jussie Smollett risque jusque 3 ans de prison. FREDERIC J. BROWN AFP

Les victimes de crimes racistes ou homophobes auront-elles plus de mal à se faire entendre à l’avenir ?

 

Le cas de l’acteur américain Jussie Smollett, accusé d’avoir inventé une agression, fait craindre une montée de scepticisme face à ces attaques, pourtant en augmentation.

 

La police de Chicago accuse l’acteur de 36 ans Jussie Smollett, noir et ouvertement gay, d’avoir monté une fausse agression contre lui, pour tenter de doper sa notoriété et faire avancer sa carrière. 

 

Il aurait d’abord envoyé une fausse lettre contenant des insultes racistes et homophobes, avant d’engager deux hommes afin de simuler une agression dans le centre de Chicago.

 

Dans sa plainte déposée fin janvier, il affirmait que les deux individus l’avaient abreuvé d’insultes racistes et homophobes avant de le frapper, criant "nous sommes en pays MAGA", référence au slogan de campagne de Donald Trump (Make America Great Again). 

 

Selon son récit, les agresseurs lui avaient enroulé une corde autour du cou, et ils l’avaient aspergé d’une substance chimique.

 

Inculpé pour dépôt de fausse plainte, il a été libéré sous caution jeudi, et a été débarqué des derniers épisodes de la série à succès "Empire", dont il était l’une des stars. 

 

Si cette mise en scène est vraie "alors c’est une exploitation honteuse du passé des victimes de crimes motivés par la haine, dont beaucoup ont enduré des souffrances abominables", dit à l’AFP Kami Chavis, ancienne procureure fédérale.

 

Jussie Smollett a par la voix de ses avocats dénoncé une présomption d’innocence "piétinée" et ré-affirmé son innocence.

 

Les crimes pourtant en hausse

"Les fausses plaintes causent des dégâts réels", a dénoncé le chef de la police de Chicago, Eddie Johnson, très en colère.

 

  • "Mon inquiétude est que les crimes motivés par la haine rencontrent dorénavant dans l’espace public un scepticisme qui n’existait pas auparavant.

 

La gêne était de fait palpable chez les personnalités et organisations qui avaient immédiatement condamné l’agression.

 

D’abord silencieux, les groupes de défense des droits ont choisi de réagir en soulignant un fait général : les crimes de ce type sont de plus en plus fréquents, même si le cas de Jussie Smollett n’en était pas un. 

 

Le FBI a rapporté une hausse de 17% des crimes racistes, antisémites et homophobes en 2017. 

 

Le Southern Poverty Law Center a recensé en 2018 un pic de 1.020 "groupes haineux",définis comme des organisations qui, dans leurs déclarations, s’en prennent à une catégorie de personnes. 

 

En 2018, 26 personnes transgenres ont été tuées, en majorité des femmes transgenres noires, selon Human Rights Campaign.

 

"Nous restons concentrés sur la bataille urgente à livrer contre les véritables problèmes que sont le racisme et l’homophobie", ont déclaré les organisations Color of Change et GLAAD. 

 

Ce fut aussi la réaction de la sénatrice démocrate de Californie et candidate aux primaires présidentielles de 2020 Kamala Harris. Elle avait qualifié l’événement de "tentative moderne de lynchage". 

 

Cette semaine, après les dernières révélations, elle s’est dite "triste, en colère et déçue", dans un message sur Facebook.

 

"Il faut dire la vérité : les crimes motivés par la haine sont en hausse aux États-Unis", a-t-elle écrit.

 

  • "Une partie de la tragédie de cette situation est qu’elle détourne notre attention de cette vérité, et que certains s’en sont saisis, qui aimeraient effacer et minimiser l’importance des vrais problèmes."

 

Être prudent sans minimiser

Mais certains, notamment chez les conservateurs, ont critiqué la réaction trop prompte au début de l’affaire. 

 

"Les médias devraient être révoltés. Il les a tous menés en bateau", a tweeté Nikki Haley, ancienne ambassadrice de Donald Trump à l’ONU. 

 

"Alors que certains observateurs plaidaient pour la prudence dans l’affaire Smollett, leur prudence a été condamnée comme de l’intolérance", a écrit l’auteur et éditorialiste Noah Rothman dans le New York Times.

 

  • "Munis de bonnes intentions, des observateurs prennent le risque de renforcer leurs préjugés en suspendant leur esprit critique." 

 

Kami Chavis, elle, est inquiète de l’avenir pour les victimes de crimes racistes qui, dit-elle, avaient déjà du mal à être prises au sérieux avant cette affaire. 

 

"Le cas de Jussie Smollet ne doit pas dissuader les forces de l’ordre, les procureurs ou les jurés d’agir", plaide-t-elle.

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Albi

Interdit de maquillage au lycée, Alexis reçoit le soutien de ses camarades

Un élève du lycée Bellevue d’Albi, âgé de 17 ans, a été convoqué par sa conseillère principale d’éducation parce qu’il portait du maquillage et des talons en cours.

Crédit photo : compte Instagram Alexis.
Crédit photo : compte Instagram Alexis.

L’administration lui aurait demandé d’arrêter. En soutien, de nombreux élèves sont venus maquillés au lycée.

 

Les talons sont vissés aux pieds. Le trait d’eye-liner est impeccable. Alexis, 17 ans, lycéen en L-ES au collège-lycée Bellevue d’Albi a fière allure. Et pourtant. Venir maquillé au lycée lui a valu une convocation dans le bureau de sa conseillère principale d’éducation, lundi 18 février dernier.

 

Une information rapportée notamment par nos confrères du Huffpost. Selon eux, la CPE lui aurait demandé de ne plus venir en cours maquillé. Le lycéen a obtempéré, mais a surtout décidé de contre attaquer en médiatisant l’affaire sur les réseaux sociaux.

 

"J’ai plus le droit de me maquiller sinon bye bye le lycée. C’est aberran", écrit-il sur une photo de lui largement relayée.

 

Une élève "choquée"

Selon le jeune homme, interviewé par France Bleu Tarn, une élève de sixième l’aurait aperçu au self juché sur des talons et maquillé. Elle aurait prévenu ses parents qui se seraient empressés d’appeler l’établissement. C’est ce qui aurait valu à Alexis cette fameuse convocation. Au micro de la radio locale, Alexis confie être dans l’incompréhension :

"On est dans une société qui change, où les codes se renversent. Et il faut s’assumer. Les hommes ont le droit de se maquiller. C’est un accessoire. C’est de l’art. Je ne vois pas où est le problème." 

 

De son côté, la direction de l’établissement a confirmé auprès de nos confrères de France Bleu les faits rapportés par l’élève. Pour autant, la proviseure a nuancé, en expliquant qu’on lui avait "demandé d’atténuer son maquillage qui était outrancier ce jour-là".

 

Au lendemain de cette convocation, de nombreux élèves du lycée, filles comme garçons, sont venus au lycée maquillés. Ils et elles arboraient eye-liner, ombre à paupières et rouge à lèvres en soutien à Alexis et pour protester contre les propos tenus par la CPE.

 

Sur son compte Twitter, Alexis a tenu à remercier ses camarades pour leur mobilisation

 

Selon le Huffpost, le lycée et la CPE auraient, depuis cette mobilisation, changé d’avis. Les élèves ont, quant à eux, prévu de se mobiliser à nouveau ce jeudi 21 février.

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Vatican

Deux cardinaux traditionalistes condamnent le fléau de la cause homosexuelle qui s'est propagé dans l’Église

Les catholiques les plus conservateurs, mais aussi un sociologue français, se sont invités cette semaine dans les débats d'un sommet du Vatican consacré à la lutte contre la pédophilie, en abordant avec fracas le sujet de l'homosexualité dans les rangs de l’Église.

Raymond Burke et Walter Brandmüller
Raymond Burke et Walter Brandmüller

Les présidents de 114 conférences épiscopales de tous les continents se retrouvent de jeudi à dimanche au Vatican, à l'appel du pape François, pour parler de "la protection des mineurs" et prendre conscience de leur responsabilité individuelle face aux scandales répétés qui ternissent l'image de l’Église.

 

Deux cardinaux traditionalistes, l'Américain Raymond Burke et l'Allemand Walter Brandmüller, les ont cependant appelés mercredi dans une lettre ouverte à condamner aussi "le fléau de la cause homosexuelle qui s'est propagé à l'intérieur de l’Église, promu par des réseaux organisés et protégé par un climat de complicité et la conspiration du silence".

 

Car pour ces deux gardiens inflexibles du dogme, la morale de l’Église est désormais "ouvertement remise en cause" en interne.

 

Les traditionalistes, frange marginale de l’Église, plus présente aux États-Unis, jugent d'ailleurs que le pape jésuite tient des propos ambigus sur l'homosexualité, même s'il n'a pas changé le catéchisme officiel évoquant un acte "désordonné".

 

Cléricalisme

Les deux cardinaux s'insurgent par exemple de voir "l'horrible crime des abus sur mineurs" expliqué essentiellement par "le cléricalisme" et non par "le mal". Le mot "cléricalisme" est prisé par le pape pour décrire une forme d'abus de pouvoir exercé en vase clos.

 

Mardi des représentants de groupes traditionalistes de différentes nationalités s'étaient retrouvés sur une place du centre de Rome, debout et silencieux, un chapelet à la main, avant de tenir une conférence de presse.

 

L'occasion de soutenir l'archevêque italien Carlo Maria Vigano qui a accusé en août le pape d'avoir longtemps ignoré des signalements sur le cardinal américain Theodore McCarrick présenté comme un prédateur sexuel notoire de séminaristes. L'ex-cardinal de 88 ans, accusé d'abus sexuels, a été défroqué samedi par le pape, une première historique.

 

Dans son texte au vitriol, Mgr Vigano préconisait lui aussi "d'éradiquer" "les réseaux homosexuels" jusqu'au sommet de l’Église. Dimanche, le site américain traditionaliste National Catholic Register a offert une nouvelle tribune à Mgr Vigano, mais aussi à des cardinaux influents comme l'Allemand Gerhard Müller, ex-gardien du dogme au Vatican non renouvelé par le pape.

 

Le cardinal a dénoncé les évêques, en Allemagne et aux États-Unis, qui selon lui remettent en cause la chasteté et défendent les homosexuels. Les traditionalistes citent une étude américaine non contestée selon laquelle 80% des abus sexuels commis par le clergé concernent des victimes masculines. Un amalgame dénoncé par le pape et les organisateurs de son sommet, qui n'ont aucune intention d'aborder le thème.

 

Sodoma

Le journaliste et sociologue français Frédéric Martel a de son côté choisi ce sommet comme rampe de lancement jeudi dans 20 pays de son livre-enquête explosif "Sodoma, enquête au cœur du Vatican".

 

Le Français, ouvertement gay et qui a enquêté pendant 4 ans, affirme que l'homosexualité est extrêmement présente chez les ecclésiastiques, qui mènent d'hypocrites doubles vies.

 

"Les abus sexuels n'ont pas de lien particulier avec l'homosexualité", a-t-il toutefois insisté mercredi à Rome, tout en expliquant l'omerta autour des agressions sexuelles par une homosexualité réprimée.

 

Un évêque secrètement homosexuel peut protéger un pédophile "parce qu'il a peur, il est terrifié qu'en cas de problème, de médiatisation, de procès, alors sa propre homosexualité pourra être révélée", avance Frédéric Martel.

 

"Il y a un lien complexe, je suis triste de le dire en tant que gay". Le journaliste bat en brèche le fantasme d'un "lobby gay au sein de l’Église".

 

"C'est l'inverse, ce sont d'innombrables individus isolés", décrit-il, ajoutant toutefois que l'homosexualité au Vatican est une grille de lecture clé expliquant bien des décisions.

 

Si le journaliste a offert quelques munitions aux traditionalistes catholiques, sa démarche reste aux antipodes de la leur lorsqu'il souligne que "l'homosexualité n'est plus un crime".

 

Des victimes de l'organisation internationale "Ending Clerical Abuse" (ECA) sont également montées au créneau mercredi contre tous ceux qui seraient tentés de faire un amalgame entre homosexualité et pédophilie. "C'est immoral de faire un tel lien, ceci n'est pas un sommet sur des comportements sexuels consentis, mais sur des abus sexuels", a fustigé Peter Isely, un des fondateurs américains de cette organisation.

 

(Avec AFP)

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Funérailles

Les cendres de Karl Lagerfeld vont rejoindre celles de son grand amour

Aucune cérémonie ne sera organisée à la mémoire de Karl Lagerfeld, selon les vœux du couturier star mort mardi à 85 ans, a annoncé mercredi une porte-parole de la marque du créateur. Ses cendres devraient rejoindre celles de Jacques de Bascher qui fut son grand amour.

Karl Lagerfeld et Choupette
Karl Lagerfeld et Choupette

Le "Kaiser", qui affirmait avec humour préférer "plutôt mourir" que d'être enterré, avait plusieurs fois évoqué sa volonté d'être incinéré.

 

Comme il le voulait donc, ses cendres devraient rejoindre celles de sa mère et une partie de celles de Jacques de Bascher, le dandy qui fut son grand amour jusqu'à sa mort du sida en 1989.

 

L'autre moitié des cendres avait été remise à la famille de Bascher, dans une urne réalisée tout spécialement, rappelle Le Monde dans son édition de mercredi. Ces cendres "sont dans un endroit gardé secret. Un jour, on y ajoutera les miennes", avait confié Karl Lagerfeld à Marie Ottavi dans la biographie "Jacques de Bascher, dandy de l'ombre", parue aux éditions Séguier en 2017.

 

"J'ai demandé à ce que l'on m'incinère et que l'on disperse mes cendres avec celles de ma mère... et celles de Choupette (sa chatte, NDR), si elle meurt avant moi", avait-il encore confié à la revue Numéro en avril 2018.

 

Le dernier des géants de la haute couture, qui fut pendant plus de 35 ans à la tête de la maison Chanel, justifiait son refus d'être enterré, sur "Le divan" de Marc-Olivier Fogiel en 2015 : "Je trouve cela horrible. Je veux juste disparaître comme les animaux de la forêt vierge. C'est horrible d'encombrer les gens avec ses restes".

 

De funérailles publiques, Lagerfeld n'en voulait pas plus, estimant dans Numéro que "depuis ces sombres histoires de la famille Hallyday, les obsèques à la Madeleine ont tout l'air d'une farce", en référence à l'immense hommage populaire rendu à Johnny le 9 décembre 2017.

 

S'il abhorrait l'idée même d'un hommage, une pluie de témoignages honorant sa mémoire n'a cessé de tomber depuis mardi, provenant de toutes parts, célébrités de la mode, grands de ce monde, anonymes.

 

Le monde de la mode aura peut-être envie ne pas respecter les dernières volontés du "Kaiser", lors de la prochaine Fashion Week parisienne, qui débutera le 25 février et se terminera le 5 mars avec notamment le défilé de la collection prêt-à-porter automne-hiver 2019-2020 de Chanel. Un défilé, préparé de concert par Lagerfeld avec Virginie Viard, son bras droit qui a été désignée dès mardi pour succéder à son célébrissime mentor.

 

(Avec AFP)

Qui était Jacques de Bascher ?

Jacques de Bascher
Jacques de Bascher

Jacques de Bascher fut le grand amour de Karl Lagerfeld pendant 18 ans même si le couturier a déclaré qu’ils n’avaient jamais eu de relations sexuelles.

 

"Diable au visage de Garbo", selon Lagerfeld, Jacques de Bascher était un personnage décadent et le mondain de la nuit parisienne qui séduisit également Yves Saint Laurent.

 

Même adolescent, il avait un tel charme qu'il a séduit l'un de ses professeurs de lycée. "Il a déclenché d'incroyables cas de jalousie", confia Karl Lagerfeld.

 

Dans les années 1970, il devint une figure du monde de la mode et au sein de la scène gay. Son addiction aux drogues, au sexe et son goût pour le sexe SM ont été rapportés dans sa biographie.

 

"Je suis un puritain total, mais j’ai trouvé les aventures de Jacques amusantes", a déclaré Lagerfeld. "Nous ne pouvions pas être plus opposés. Je suis calviniste envers moi-même et totalement indulgent envers les autres". 

 

Jacques de Bascher est du sida en 1989, à l'âge de 38 ans.

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Kenya

Les gays s'en remettent à Dieu avant un jugement historique

Quelques bougies roses, jaunes et mauves passent entre les mains des fidèles, des membres de la communauté gay et lesbienne et leurs soutiens.

Des membres de la communauté gay et lesbienne et leurs soutiens assistent à une messe à Nairobi, le 17 février 2019. AFP - SIMON MAINA

A quelques jours d'un jugement historique qui pourrait décriminaliser l'homosexualité au Kenya, ils prient pour une issue favorable.

 

"Le seigneur est aux commandes", tonne une des responsables homosexuelles avant que ne résonnent les cris des dizaines de convives amassés dimanche dans une petite salle de réunion vieillissante et discrète, dans le centre de la capitale kényane Nairob i: "Victoire !".

 

La Cosmopolitan Affirming Church (CAC) est un des rares endroits où les membres de la communauté gay du Kenya peuvent échapper à l'hostilité de la société, d'ailleurs souvent exprimée depuis les autels religieux. 

 

Mais les fidèles de la CAC espèrent qu'un jugement prévu vendredi aidera à l'évolution des mentalités : un tribunal doit se prononcer sur la constitutionnalité de deux lois criminalisant l'homosexualité.

 

"Lorsque cette loi sera cassée, ce sera comme une immense libération pour nous, comme si un poids était enlevé de nos épaules", soutient le pasteur David Ochara, co-fondateur de l’Église en 2013.

 

Ces lois kényanes datant de l'époque coloniale font écho à celles en vigueur dans 34 autres pays d'Afrique où l'homosexualité est illégale. La peine de mort est même prévue en Mauritanie, au Soudan, dans le nord du Nigeria et certaines parties de la Somalie.

 

Police des chambres

Une section du code pénal kényan prévoit que quiconque a une "connaissance charnelle... contre l'ordre naturel" peut être emprisonné 14 ans, tandis qu'une autre prévoit cinq ans de prison pour les "pratiques indécentes entre hommes".

 

"La loi précise 'en public ou en privé', ce qui permet à la police d'entrer dans nos chambres pour enquêter sur ces crimes", affirme Eric Gitari, co-fondateur du Conseil national des droits de l'homme pour les gays et lesbiennes (NGLHRC), un des signataires de l'action en justice.

 

Imani Kimiri, de l'équipe juridique du NGLHRC, a précisé à l'AFP que son bureau a défendu des accusés dans 15 affaires conduites par le ministère public en 2018 et affirme ne pas se souvenir de quand date la dernière condamnation pour homosexualité au Kenya.

 

En 2014, un rapport gouvernemental visant à apaiser les voix les plus anti-gays au Parlement évoquait 600 poursuites menées en trois ans, mais Eric Gitari estime que 70% de ces affaires n'avaient rien à voir avec l'homosexualité et concernait des viols d'enfants, des cas de zoophilie, voire des infractions au code de la route.

 

Au delà des poursuites, "à cause de cette loi, on craint le chantage, l'extorsion, la violence", raconte Arthur Owiti, qui joue du piano à l'église de la CAC.

 

En 2017, le NGLHRC a de fait enregistré une hausse des cas de chantage : des gens utilisant des applications de rencontres telles que Grindr sont victimes d'extorsion, souvent de la part de groupes criminels liés à la police kényane.

 

Optimisme des activistes

"Lorsqu'on a fixé un rendez-vous via internet, il faut poser des questions de sécurité afin de ne pas tomber dans un piège", dit M. Owiti.

 

Selon Eric Gitari, impossible lorsqu'on est expulsé d'une école, licencié ou violenté pour son orientation sexuelle d'aller demander justice car cela implique de "confesser un crime pour lequel on encourt 14 ans de prison".

 

Il remarque cependant que plusieurs récentes décisions de justice incitent à l'optimisme en vue de la décision de vendredi, qui fera sans nul doute l'objet d'un appel.

 

En mars 2018, la Haute Cour de Nairobi a interdit l'examen anal pour les hommes soupçonnés d'être homosexuels. En septembre de la même année, un tribunal a autorisé la diffusion pendant sept jours du film kényan Rafiki, qui raconte un amour lesbien, après son interdiction initiale.

 

Le jugement de vendredi s'inscrit dans un contexte africain plus large.

 

Les lois anti-homosexuels ont été abolies en 2015 au Mozambique tandis que l'Angola a décriminalisé l'homosexualité en janvier. Au Botswana, une procédure judiciaire contre ce type de loi devrait être entendue en mars.

 

Les Kenyans prêts au débat 

"Politiquement, c'est une chance pour les États africains d'affirmer les fondements d'une justice inclusive pour les LGBT, sans forcément céder aux pressions politiques, qui sont extérieures", estime Eric Gitari.

 

Durant les audiences, des experts kényans ont présenté l'histoire de l'homosexualité dans le pays, souvent décrite par des politiques comme une pratique importée de l'étranger, et ont mis en avant une décision ayant décriminalisé l'homosexualité en Inde en 2018.

 

David Ochara pense que les Kényans sont prêts pour un débat sur l'homosexualité.

 

Il s'est allié avec des pasteurs partageant son point de vue et participe à des émissions de radio où il doit souvent essuyer des propos homophobes en prônant la tolérance envers les minorités.

 

En attendant, la vie d'homosexuels comme Arthur Owiti ne comporte que de brefs moments de répit, tels le service à l'église de la CAC. Avant, dit-il, il fréquentait une église "dans laquelle le message chaque dimanche était que les homosexuels, les lesbiennes, n'étaient pas aimés de Dieu".

 

Entre deux morceaux de gospel, les pasteurs de la CAC donnent d'ailleurs des conseils de sécurité en amont du jugement de vendredi. "Je sais que vous êtes fabuleux, mais ne faites pas de vous des cibles faciles", suggère le pasteur Ochara. "Il n'est pas nécessaire de porter des plumes aux couleurs de l'arc-en-ciel dans vos cheveux".

 

(Source AFP)

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Suède

Cet adolescent iranien et homosexuel risque la mort s’il est renvoyé en Iran

Un adolescent homosexuel iranien, âgé de 19 ans, et se présentant comme chrétien, a demandé l’asile politique en Suède. 

Mehdi Shokr Khoda risque la mort s’il est renvoyé en Iran
Mehdi Shokr Khoda risque la mort s’il est renvoyé en Iran

Le bureau des migrations suédois doit se prononcer d’ici à deux semaines sur son cas. En Iran, il encourt une peine pouvant aller jusqu’à l’exécution.

 

C’est l’appel de la dernière chance. Mehdi Shokr Khoda, un adolescent iranien âgé de 19 ans, a demandé l’asile politique en Suède. Mais l’office national des migrations n’est pas certain de son sort, et le jeune homme homosexuel craint d’être renvoyé en Iran, où il risque une mort certaine.

 

Mehdi a suivi sa soeur transgenre, partie en Suède il y a deux ans et qui, elle, avait obtenu le droit d’asile. Mais pour l’adolescent, tout ne s’est pas passé pas comme prévu.

 

En décembre dernier, l’office national des migrations a rejeté sa demande au motif qu’il n’avait pas suffisamment "expliqué les différentes étapes de son coming-out" et qu’il n’avait pas su démontrer qu’il était chrétien.

 

L’amour en Suède

En deux ans de présence sur le territoire, Mehdi a rencontré un Suédois, Carlo Rapisarda. Les deux hommes vivent ensemble et souhaiteraient même se marier. Mais pour cela, le réfugié iranien doit obtenir une carte de résident, qui ne peut lui être donnée que part le gouvernement suédois.

 

Medhi a fait appel à la fin du mois de janvier 2019 et s’est rendu avec son compagnon au tribunal.

 

Carlo a témoigné et attesté de leur relation. "Ils veulent des preuves", a-t-il expliqué auprès de nos confrères de Gay Star News.

Et de poursuivre : "Nous habitons ensemble, nous nous aimons, nous nous connaissons depuis longtemps. Ce ne sont pas des preuves suffisantes ?"

 

Campagne de crowdfuding

Les deux hommes ont lancé une campagne de crowdfunding pour financer leur défense devant les tribunaux. "Si nous perdons cette dernière chance, il pourrait être renvoyé en Iran, où sa vie est en danger !", écrit Carlo, son compagnon. L’administration suédoise devrait rendre sa décision d’ici à deux semaines.

 

Retourner en Iran pourrait avoir des conséquences tragiques, explique Mehdi : "Les officiers iraniens sauront forcément et ils poseront des questions. S’ils découvrent que je suis chrétien, ou gay, ou que j’ai essayé de demander l’asile, ils m’exécuteront."

 

(Source TÊTU)

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Justice

"Grâce à Dieu" : le film de François Ozon pourra sortir en salles

Le film de François Ozon "Grâce à Dieu" sur la pédophilie dans l’Eglise, retraçant l’histoire de victimes dans l’affaire Barbarin, a été autorisé par la justice à sortir en salles comme prévu mercredi.

La décision était très attendue. Le tribunal de grande instance de Paris a autorisé ce lundi 18 février le film "Grâce à Dieu", dernier long-métrage de François Ozon qui raconte les scandales de la pédophilie dans l’Eglise, à sortir en salles ce mercredi 20 février, comme prévu.

 

François Ozon avait été assigné en référé par l’un des avocats du père Preynat, homme d’Eglise accusé d’avoir agressé sexuellement une dizaines d’enfants dans les années 1980 et 1990 et mis en examen pour "agression sexuelles". La défense du prêtre estime en effet que le film nuit à sa présomption d’innocence, puisque ce dernier n’a pas encore été jugé pour les faits qui lui sont reprochés.

 

"Garantie des droits" assurée

Dans sa décision, relayée par Le Monde, le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris estime de son côté que la demande de report n’est "pas proportionnée" à l’atteinte à la présomption d’innocence du père Preynat qu’aurait pu représenter le film.

 

"La décision très bien motivée reconnaît que le film, avec les avertissements qui l’accompagnent, ne justifient pas les mesures demandées qui menaçaient sa sortie. Nous nous en réjouissons", a indiqué à l’AFP Me Paul-Albert Iweins, l’un des deux avocats du producteur et du distributeur du film.

 

"Le juge a rejeté la demande de report du film", a confirmé Me Emmanuel Mercinier, avocat du père Preynat. "Il considère que le fait d’insérer un carton à la dernière seconde du film indiquant que le père Preynat bénéficie de la présomption d’innocence répond aux exigences de la loi, la culpabilité de ce denier n’étant dès lors pas présentée comme acquise", a-t-il ajouté.

 

Un film tourné en secret

Tourné en secret l’an dernier, "Grâce à Dieu", chaleureusement accueilli lors d’une projection de presse à Berlin, raconte la naissance de l’association de victimes "La Parole Libérée", fondée à Lyon en 2015 par d’anciens scouts abusés par Bernard Preynat.

 

Une interview du réalisateur sera à retrouver dans le prochain numéro de TÊTU, à paraître ce mercredi 20 février. "Tout ce que j’ai mis dans le film a déjà été publié dans la presse, nous confie-t-il. Les faits ont déjà été racontés et les noms, révélés. Je n’ai rien inventé !"

 

A Lyon, une autre audience était prévue ce lundi concernant ce film : une ex-membre du diocèse de Lyon, Régine Maire, représentée sous son nom dans le film, a assigné François Ozon pour qu’il retire son nom du film.

 

(Avec AFP)

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Interview / Frédéric Martel

La culture du secret sur l'homosexualité au Vatican permet de comprendre ses postures depuis 50 ans

"La culture du secret sur l'homosexualité majoritaire au Vatican est une clé de lecture de beaucoup de décisions ou de prises de positions morales du Saint-Siège" depuis cinq décennies, affirme Frédéric Martel, journaliste et sociologue

Frédéric Martel
Frédéric Martel

Dans un livre intitulé "Sodoma, enquête au cœur du Vatican", à paraître le 21 février (Éditions Robert Laffont) dans 20 pays et 8 langues, Frédéric Martel, qui a enquêté pendant 4 ans, a interrogé 1.500 personnes dans 30 pays avec 80 collaborateurs, décrit "la culture de la double-vie" chez des cardinaux et prélats du Vatican.

 

Dire qu'il y a des homosexuels au Vatican, ce n'est pas nouveau ?

C'est un secret de polichinelle, au Vatican ! Ce qui est nouveau, c'est que l'institution, le système, soit essentiellement homosexualisé. Ce qui m'intéresse ce ne sont pas les individus. Je ne révèle pas l'homosexualité de cardinaux vivants. Je cherche à comprendre comment l'institution s'est construite sur le mensonge, sur la double vie, la schizophrénie, l'hypocrisie - je reprends là les mots du pape François.

 

Cette culture du secret sur l'homosexualité majoritaire au Vatican est une source de distorsion de tous les aspects de l’Église. Et une clé de lecture de beaucoup de décisions ou de prises de positions morales du Saint-Siège. Ce mensonge a des conséquences immenses. Cela permet de comprendre la position de rejet du préservatif ; la misogynie du clergé; les scandales de la banque du Vatican à l'époque de l'archevêque Marcinkus, homosexuel lui aussi ; la démission de Benoît XVI, la fronde contre le pape François...

 

Depuis Paul VI (Pape de 1963 à 1978, NDLR), à mesure que la société se libère, l’Église a été obligée de renforcer son discours homophobe pour cacher son secret. C'est un mensonge d’État. La règle est simple : plus un prélat est homophobe en public, plus il a de chance d'être homophile en privé !

 

Vous décrivez une situation diverse, et vous préservez François...

Il y a des homophiles, des gays non pratiquants qui sont fidèles à leur pacte de chasteté. Ensuite il y a des gens qui ont peut-être eu des désirs, des relations mais le vivent très mal, se flagellent. Ensuite, il y a des gens qui vivent avec leurs amants, des cardinaux, souvent un assistant ou un ami. Ensuite il y a des cardinaux qui sortent, qui ont des amants. D'autres, au moins deux cardinaux proches de Jean-Paul II, ont eu recours à des prostitués masculins.

 

Le pape François a compris le système duquel il est lui-même prisonnier. Sa phrase célèbre est 'derrière la rigidité il y a souvent une double vie'. Il est plutôt, disons avec prudence, gay friendly, si on le compare à tous ses prédécesseurs, dès lors qu'il est question de juger un individu. C'est en revanche un opposant radical au mariage gay.

 

Cette culture du secret a permis, selon vous, indirectement, de couvrir les abus sexuels ?

Une précision: il n'y a pas de lien entre homosexualité et abus sexuels, évidemment. Mais la protection des prêtres abuseurs est très majoritairement le fait d'évêques homosexuels qui ont peur que le scandale ou la médiatisation les expose - en Italie, en Amérique latine, aux États-Unis comme en France.

 

L’Église a créé une culture du secret pour protéger l'homosexualité, et a protégé, de ce fait, les abus, alors même que cette culture n'avait pas été créée pour cela. C'est là où le système est extrêmement pervers, et aucune possibilité de réforme n'est possible, à moins de changer la doctrine de l’Église, c'est-à-dire le vœu de chasteté et du célibat.

 

Propos recueillis par Karine PERRET / AFP

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Église catholique

Le représentant du pape en France accusé d'agression sexuelle sur un cadre de la mairie de Paris

L'ambassadeur du Vatican auprès du gouvernement français, le nonce apolistique Luigi Ventura, est visé par une enquête pour "agressions sexuelles" ouverte le 24 janvier par le parquet de Paris. Mgr Luigi Ventura est soupçonné d'attouchements sur un employé de la mairie de Paris.

Luigi Ventura, représentant du pape en France
Luigi Ventura, représentant du pape en France

"Il y a eu un incident lors des vœux aux autorités diplomatiques et, rapidement, la décision a été prise de le signaler au procureur de la République", a déclaré Patrick Klugman, maire adjoint chargé des relations internationales.

 

"Lors de ces vœux, un agent de la ville a été victime de manière répétée, par trois fois, d'attouchements sexuels, de mains aux fesses assez poussées, dont une fois devant témoin", a appris l'AFP dans l'entourage de la mairie. Le nonce apolistique, 74 ans, accueilli par un jeune cadre de délégation générale aux relations internationales (DGRI), aurait laissé traîné "à plusieurs reprises" une main baladeuse sur le salarié.

 

Le jeune homme d'une trentaine d'années en a fait part à sa hiérarchie. Il travaille à la délégation générale aux relations internationales (DGRI) de la mairie. Diplomate de carrière du Vatican, Mgr Ventura est en poste depuis 2009 à Paris, chargé des relations du Saint-Siège avec les autorités françaises d'une part et avec les évêques de France d'autre part. "La nonciature n'a rien à confirmer", a-t-elle fait savoir à l'AFP.

 

Compte tenu de ses fonctions, Mgr Ventura bénéficie de l'immunité diplomatique.

 

La mairie de Paris a transmis le 23 janvier un signalement au procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, sur la base de l’article 40 du code de procédure pénale, qui oblige "toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire" apprenant un crime ou un délit à le signaler au procureur de la République. Le premier district de la police judiciaire a été saisi.

 

Un autre témoignage

TÊTU a recueilli le témoignage d’un autre homme qui accuse Mgr Luigi Ventura d’attouchements sexuels. Les faits se seraient déroulés lors d’une autre cérémonie de vœux, toujours au mois de janvier 2019.

 

La victime présumée explique à notre confrère avoir été présentée au nonce apostolique pendant la soirée. "Il m’a salué de la main droite et effleuré les fesses de la main gauche", confie l'homme qui indique que la scène se répète avec plus d'insistance quelques instants plus tard.  

 

(Avec AFP)

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Tunisie

Un homme victime de viol condamné pour homosexualité

En Tunisie, un homme qui avait porté plainte pour viol s'est retrouvé condamné à six mois de prison pour homosexualité. 

Photo d'illustration : des milliers de Tunisiens manifestent contre une réforme concernant notamment l'égalité hommes-femmes et la dépénalisation de l'homosexualité, à Tunis le 11 août 2018. 

Un scandale dénoncé par les militants pour les droits LGBT.

 

L'homme âgé de 26 ans, s'était rendu à un rendez-vous de nature sexuelle avec un autre homme rencontré sur Facebook, selon l'association Shams. L'homosexualité étant illégale en Tunisie, les lieux de rencontre sont rares, et les réseaux sociaux forment une alternative, parfois risquée.

 

Arrivé au rendez-vous, le jeune homme s'est retrouvé face à deux hommes qui l'ont violé, puis lui ont volé ses effets, selon la version de la victime relayée par l'association Shams. Il s'est rendu au commissariat pour dénoncer ses agresseurs, mais le procureur a ordonné un test anal, pratique contestée mais fréquente en Tunisie, pour établir s'il avait déjà eu des relations homosexuelles par le passé.

 

Il a été condamné à six mois de prison pour sodomie et à deux mois pour dénonciations calomnieuses, la cour ayant estimé qu'il ne s'agissait pas d'un viol mais d'une dispute à la suite de la relation sexuelle, a indiqué le parquet de Sfax.

 

Les deux autres hommes ont, quant à eux, été condamnés chacun à six mois de prison pour sodomie, quinze jours pour violences et un mois et demi pour vol, selon la même source.

 

Dans un communiqué, l'association tunisienne Damj, qui défend les droits des homosexuels, a dénoncé ce "genre de procès qui représente une violation flagrante aux droits de l'homme et à la dignité morale". Elle a appelé à "l'arrêt immédiat" de toutes les poursuites judiciaires se basant sur l'article 230 du Code pénal qui pénalise les rapports homosexuels et à la fin des examens anaux "humiliants".

 

Cette association a réclamé "la révision de tous les textes juridiques discriminatoires qui vont contre la liberté et qui ne correspondent plus aux libertés individuelles stipulées dans la nouvelle Constitution".

 

Les condamnations pour homosexualité se sont multipliées ces dernières années en Tunisie. En 2018, 127 personnes ont été condamnées à des peines de prison pour homosexualité, contre 79 en 2017 et 56 en 2016, selon Shams.

 

"Les juges deviennent de plus en plus stricts sur les affaires de mœurs", a souligné l'avocat Mounir Baatour, qui dirige l'association Shams, mettant cela sur le compte de "l'influence grandissante" du parti d'inspiration islamiste Ennahdha dans les tribunaux.

 

(Avec AFP)

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Santé – VIH /Sida

Avec ou sans Valentin-s

La "fête des amours" nous invite à faire un point sur nos relations affectives… et plus si affinité.

 

Selon les époques et les régions du monde, le 14 février sont célébrés les couples, les amours et les amitiés. C’est une bonne occasion de se pencher sur les modalités relationnelles que nous pouvons entretenir entre hommes.

 

D’aucuns ont rencontré celui avec lequel ils ont envie de construire une relation durable. Les premières semaines ont permis de mieux se connaître et d’être en mesure de définir ensemble la forme de couple souhaitée.

S’informer réciproquement

Le premier point est de s’informer réciproquement de son statut sérologique. Si l’un des partenaires se sait séropositif, il pourra expliquer à un partenaire séronégatif qu’avec une charge virale indétectable, il n’y a aucun risque de transmission du virus, y compris lors de rapports sexuels.

 

Dans tous les cas, après au moins 6 semaines de relation, il est possible de faire des analyses pour exclure les principales IST et pour vérifier son statut VIH, négatif ou indétectable. Il s’agira ensuite de décider si le couple reste exclusif ou si d’autres partenaires sont acceptés.

 

Si le couple décide d’être exclusif, le préservatif peut être abandonné à condition que les choses soient claires pour les deux partenaires. Cela implique de discuter de l’attitude à adopter en cas d’incident de parcours. Se mentir, c’est mettre en danger la relation ainsi que sa santé et celle de son partenaire. Si le couple souhaite rester ouvert à d’autres partenaires, reste à décider si ces relations auront lieu ensemble ou chacun de son côté ou encore quelles pratiques sexuelles seront autorisées ou non avec un autre.

 

Les membres du couple doivent choisir ensemble quelle(s) stratégie(s) de réduction des risques VIH pour les rapports entre eux et avec des partenaires occasionnels/ anonymes. Quoi qu’il en soit, un dépistage des principales IST est recommandé tous les 6 à 12 mois.

 

Rapport de confiance

Selon les aléas de la vie, les couples se font et se défont. A chaque nouvelle relation, le même processus doit être renouvelé. Les serial lovers peuvent ainsi être amenés à le faire plusieurs fois, parfois dans la même année, avec des partenaires stables successifs.

 

Mais les relations stables ne se limitent pas à des duos. Il est possible d’entretenir dans le temps une ou plusieurs amitié(s) avec bénéfices. Avec un ou plusieurs sexfriends, un rapport de confiance peut progressivement se créer.

 

Le désir peut alors naître de ne plus systématiquement utiliser de préservatif. Si l’un des deux est séropositif indétectable, il n’y a pas de risque VIH. En revanche, un partenaire séronégatif pourrait contracter le VIH avec un plan d’un soir ou avec un autre de ses sexfriends. Dans ce cas, prendre la PrEP permet de se protéger du VIH. Les prises pourraient être régulières ou plus ponctuelles, seulement pour encadrer les rendez-vous avec un ou plusieurs de ses partenaires réguliers privilégiés.

Mais pour créer une relation encore faut-il en avoir envie. Certains peuvent préférer rester libre de tout attachement. Quoi qu’il en soit, les possibilités de rencontre ne manquent pas :

Un échange sur une app ou un réseau social. Une soirée dans un bar, en boîte ouchez des ami·e·s.

 

Un saut dans un sauna, un sexclub ou une soirée privée. Un séjour alpestre, dans une ville européenne ou dans un pays à l’autre bout du monde.

 

Être prêt à toute éventualité

On ne sait jamais si l’on ne va pas y croiser un partenaire pour un instant ou pour (bien) plus longtemps. Il est important d’être prêt à toute éventualité. Avoir des préservatifs et du lubrifiant sous la main peut toujours être utile. Si l’on est séronégatif, la PrEP peut être un bon moyen de s’épargner pas mal d’inquiétudes et d’avoir des rapports sans risque de contracter le VIH.

 

Si l’on n’a rien de prévu et que l’on a envie de faire le plein d’amour, seul ou à plusieurs, il est toujours possible de faire un saut au Locle, capitale mondiale de la Saint Valentin 

 

(Source 360°)

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Algérie

Meurtre homophobe d'un étudiant de 21 ans sur le campus d'Alger

Deux agresseurs ont tranché la gorge d'un jeune homme de 21 ans sur le campus de l'université d'Alger et ont écrit avec son sang "Il est gay" sur le mur de sa chambre d'étudiant.

Assil Belalta
Assil Belalta

Assil Belalta a apparemment été assassiné dans le cadre d'un meurtre homophobe. L'étudiant algérien n'avait que 21 ans.

 

Selon les médias locaux, il aurait été assassiné dimanche par deux inconnus dans son dortoir de l'université d'Alger.

 

Assil Belalta, qui faisait des études de médecine en troisième année, est rentré dans sa chambre du district de Ben Aknoun à 19 heures dimanche soir. Deux hommes l'ont suivi et lui ont tranché la gorge. Plus tard, des amis ont retrouvé le corps de l’étudiant tué.

 

Les agresseurs ont écrit les mots "Il est gay" sur le mur de la pièce avec le sang de leur victime. Ensuite, ils ont volé les clés de la voiture de leur victime et ont pris la fuite.

 

L'acte a suscité colère et protestation parmi les étudiants. Lundi matin, plusieurs centaines d'étudiants ont observé une minute de silence sur le campus.

 

Beaucoup se sont dit scandalisés par la précarité de la vie sur le campus. À maintes reprises, il y a eu des vols, des agressions et même des viols sans que l'administration n'ait rien fait à ce sujet.

 

Le ministre de l’Éducation, Tahar Hadjar, s'est rendu sur les lieux du crime, mais les activistes LGBT mettent en cause le gouvernement. L'association Alouen a déploré que "l'homophobie d'État" soit en train de se banaliser dans le pays. "Les politiciens et certains médias homophobes sont les véritables coupables de ce crime", a déclaré Alouen.

 

En Algérie, les relations homosexuelles peuvent être punies de sanctions allant jusqu'à trois ans de prison.

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Bordeaux

Une enquête ouverte après une triple agression homophobe

Cette enquête fait suite au dépôt d’une plainte contre X à la suite de l’agression de trois personnes devant un bar gay du centre-ville dans la nuit de vendredi à samedi.

Un autocollant "l'homophobie tue" porté lors d'un rassemblement contre les LGBTphobies le 3 novembre 2018, à Rouen. Photo C. Triballeau. AFP 

Une enquête a été ouverte à Bordeaux après le dépôt d’une plainte contre X à la suite de l’agression de trois personnes devant un bar gay du centre-ville, a-t-on appris dimanche auprès du parquet.

 

"Trois individus ont été agressés à la sortie du bar "le Buster" dans ce qui semblerait être une agression homophobe commise par un groupe de 5 personnes", dans la nuit de vendredi à samedi, a précisé le parquet."Deux des trois victimes ont déposé plainte et l’une d’elle est actuellement hospitalisée", a ajouté la même source.

 

L’association LGBT bordelaise Le Girofard a publié sur son compte Facebook des photos d’un homme sur un lit d’hôpital avec des blessures multiples au visage (nez, œil, arcade) et a dénoncé "une multi-agression à caractère homophobe" qui a eu lieu à la fermeture de l’établissement de nuit bordelais. Selon l’association, "il s’agit bien de trois personnes agressées gratuitement". 

Augmentation du nombre de plaintes

Sur sa page Facebook, le Buster Bar a parlé d'"acte odieux, lâche et homophobe": "Nous sommes choqués de constater qu’en 2019, à Bordeaux, on ne peut toujours pas être gay et le vivre ouvertement sans risquer de subir des violences homophobes". 

 

Le nombre de plaintes pour actes homophobes a augmenté en France l’an dernier. Selon le ministère de l’Intérieur, 262 plaintes ont été déposées entre janvier et septembre 2018, soit 15% de plus qu’en 2017, une année déjà marquée par l’augmentation des témoignages d’actes haineux. L’on comptait par ailleurs en 2017, 1026 infractions à caractère homophobe et transphobe recensées par la police et la gendarmerie. 

 

Le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah), Frédéric Potier, était attendu lundi à Bordeaux à l’occasion du lancement par le maire de la ville Alain Juppé d’une "grande enquête sur le racisme et l’antisémitisme", un déplacement prévu avant l’agression homophobe présumée. En octobre, dans un entretien auprès de Libération, il regrettait que "l’homophobie et la transphobie demeurent très ancrées dans notre pays". 

 

(Source Libération)

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USA

Trump félicite Karen Pence pour son travail dans une école anti-LGBT

Le président américain Donald Trump a félicité la femme du vice-président, Karen Pence, jeudi 7 février, pour son travail de professeur d’art plastique dans une école ouvertement anti-LGBT.

Karen Pence – Donald Trump
Karen Pence – Donald Trump

Les dérapages et prises de positions ouvertement anti-LGBT du président des États-Unis, Donald Trump, seraient-ils sans fin ? Il semblerait.

 

À l’occasion du "National prayer breakfast", organisé chaque année par des membres du congrès et une association chrétienne, il a récidivé.

 

À la tribune, Donald Trump a chaleureusement félicité Karen Pence, la femme de Mike Pence, le vice-président américain, pour son travail de professeur d’art plastique dans l’école anti-LGBT Immanuel Christian School, située dans le nord de la Virginie.

 

"C’est une femme extraordinaire, une partisane des familles de militaires, qui vient de recommencer à donner des cours d’art dans une école chrétienne. Merci. Merci Karen", a-t-il lancé en applaudissant.

 

Ce qui n’a pas manqué de faire réagir les internautes sur Twitter : "Trump démarre son discours pour le National Prayer Breakfast en applaudissant Karen Pence qui enseignent dans une école chrétienne. Vous savez celle avec une politique anti-LGBT."

 

Cibler les étudiants LGBT+

Karen Pence, peintre et illustratrice qui enseigne l’art depuis plusieurs années, avait intégré l’école chrétienne plus tôt cette année pour y enseigner les arts plastiques deux jours par semaine.

 

Elle avait quitté l’école et a choisi de la réintégrer à la mi-janvier. Ce qui lui a vallu d’être, à juste titre, vivement critiquée par les défenseurs des droits LGBT+.

 

Car cette école a adopté une politique ouvertement anti-LGBT. L’institution a en effet le droit de refuser l’admission d’étudiants, s’ils soutiennent ou participent à "une activité immorale, homosexuelle ou bisexuelle". Un traitement qui s’applique également aux employés. Et la faute morale est définie en tant qu’"activité sexuelle homosexuelle ou lesbienne, polygame, ou le fait de se présenter comme personne transgenre".

 

L’organisation de veille médiatique concernant les LGBT+, ou Alliance gaie et lesbienne contre la diffamation (GLAAD), a déploré une telle prise de position sur son compte Twitter : "C’est perturbant que la seconde dame et Donald Trump approuvent une institution qui cible activement les étudiants LGBTQ." 

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Chronologie

Le sida en dix grandes dates

Le président américain Donald Trump veut éliminer l'épidémie de VIH dans son pays d'ici dix ans. Retour sur les grandes étapes d'une maladie qui marqué l'histoire récente, de son émergence aux espoirs actuels pour stopper la pandémie.

- 1981: première alerte 

Le 5 juin 1981, l'organisme américain de surveillance et prévention des maladies (CDC) signale une forme rare de pneumonie chez de jeunes homosexuels californiens. C'est la première alerte sur le sida. On ignore alors tout de cette maladie qui n'a pas encore de nom.

 

Le CDC rapporte ensuite les mêmes "infections opportunistes" chez des consommateurs de drogues injectables (fin 1981), des hémophiles ayant recours à des transfusions sanguines (mi-1982), des Haïtiens résidents aux États-Unis (mi-1982). On parle de maladie des 4H (homosexuels, héroïnomanes, hémophiles et Haïtiens).

 

Le terme "aids" ("acquired immune deficiency syndrome") apparaît en 1982. En français : "sida", pour syndrome d'immunodéficience acquise.

 

- 1983: découverte du virus 

En janvier 1983, à l'Institut Pasteur à Paris, les chercheurs Françoise Barré-Sinoussi et Jean-Claude Chermann, sous la direction de Luc Montagnier, isolent un nouveau virus qu'ils baptisent LAV et qui "pourrait être impliqué" dans le sida.

 

Le 23 avril 1984, les États-Unis annoncent que le spécialiste américain des rétrovirus Robert Gallo a trouvé la cause "probable" du sida, un rétrovirus baptisé HTLV-III. LAV et HTLV-III s'avèrent être le même virus, baptisé en 1986 virus de l'immunodéficience humaine, ou VIH.

 

- 1987: premier traitement 

Le 20 mars 1987, le premier traitement antirétroviral AZT est autorisé aux États-Unis. Il est coûteux et ses effets secondaires nombreux.

 

Le 31 mars, un accord est signé entre la France et les États-Unis pour mettre fin au contentieux sur l'antériorité de la découverte du VIH. Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier recevront, en 2008, le prix Nobel de médecine.

 

- Début 90: des étoiles tombent 

L'acteur américain Rock Hudson est la première victime célèbre connue du sida en octobre 1985. Au début des années 90, plusieurs étoiles tombent : Freddie Mercury en novembre 1991, Rudolf Noureev en janvier 1993. En 1994, le sida devient la première cause de décès parmi les Américains de 25 à 44 ans.

 

- 1995-1996: début des trithérapies 

En 1995-1996, l'arrivée de deux nouvelles classes de médicaments marque un tournant: les inhibiteurs de protéase et les inhibiteurs non-nucléosidiques de transcriptase inverse. C'est le début des combinaisons de différents antirétroviraux: les trithérapies, qui se révèlent très efficaces.

 

En 1996 aux États-Unis, pour la première fois, le nombre de victimes décline.

 

- 1999 : 50 millions 

Un rapport de l'OMS et d'Onusida en novembre 1999 évalue à 50 millions les personnes infectées par le VIH depuis le début de l'épidémie. 16 millions en sont mortes. L'Afrique est le premier continent touché avec 12,2 millions de séropositifs.

 

- 2001: médicaments génériques

Après un accord signé en 2000 par Onusida et cinq grands laboratoires pour distribuer des traitements abordables dans les pays pauvres, un compromis est signé le 13 novembre 2001 à l'OMC pour permettre aux pays en développement de fabriquer des médicaments génériques.

 

- 2003 : plan Pepfar

Le président américain George Bush lance le Plan présidentiel d'aide d'urgence à la lutte contre le sida (Pepfar) pour des traitements anti-rétroviraux et des mesures de prévention dans 15 pays, la plupart d'Afrique subsaharienne. En 2018, le Pepfar a engagé 70 milliards de dollars contre le sida.

 

- 2012: traitement préventif 

Le 16 juillet 2012, un premier traitement préventif dit PrEP ("prophylaxie pré-exposition"), le cocktail antirétroviral Truvada, est autorisé aux États-Unis.

 

- 2017: la moitié des malades traités

Pour la première fois, plus de la moitié des malades dans le monde sont traités, selon Onusida. En 2017, 36,9 millions de personnes étaient infectées. Quelque 35,4 millions de séropositifs sont morts depuis 1981.

 

(Avec AFP)

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Pressions

François Ozon assigné pour reporter son film sur un prêtre accusé de pédophilie à Lyon

La défense d'un prêtre lyonnais mis en examen pour agressions sexuelles a assigné en référé le réalisateur François Ozon pour obtenir un report de la sortie de son film sur l'affaire, prévue le 20 février avant le procès.

Cette assignation intervient au lendemain de la mise en demeure du cinéaste par une femme, ancien membre du diocèse de Lyon, jugée récemment aux côtés du cardinal Barbarin pour non-dénonciation d'agressions sexuelles, pour qu'il retire son nom du film en question, intitulé "Grâce à Dieu".

 

Le film raconte la naissance de l'association de victimes "La Parole Libérée", fondée par d'anciens scouts lyonnais ayant dénoncé les agissements du père Bernard Preynat, mis en examen depuis janvier 2016 et qui pourrait être jugé en fin d'année 2019.

 

Vendredi dernier, l'un des avocats de père Preynat, Me Emmanuel Mercinier, a déposé vendredi un recours contre Ozon devant le tribunal de grande instance de Paris pour reporter la sortie du film.

 

"Si aujourd'hui on commence à autoriser des films portant atteinte à la présomption d'innocence de personnes qui ne sont pas encore jugées, on ouvre une brèche extrêmement dangereuse", a-t-il affirmé à l'AFP.

 

Surfer sur l'actualité judiciaire

En décembre, l'avocat lyonnais du prêtre, Me Frédéric Doyez, avait déjà demandé au réalisateur et à ses producteurs de reporter la sortie du film après le procès, afin de ne pas porter atteinte à la présomption d'innocence de son client.

 

Faute d'avoir obtenu gain de cause, il a chargé Me Mercinier d'engager un recours.

 

"Il suffit de voir la bande-annonce, disponible en ligne, pour constater que le père Preynat apparaît à la 2e ou 3e seconde, qu'il est cité ou désigné à 13 reprises durant la première minute, et qu'il est présenté comme coupable des faits pour lesquels il est actuellement poursuivi. Or, la loi interdit de présenter comme établie la culpabilité d'une personne avant qu'elle soit jugée", argumente ce dernier.

 

La partie adverse "va sans doute considérer qu'il y a eu des aveux durant la procédure et que par conséquent, il n'y a plus lieu de respecter la présomption d'innocence, mais c'est un principe absolu", ajoute l'avocat.

 

La défense reproche aussi à la production du film de "surfer sur l'actualité judiciaire", alors que le tribunal correctionnel de Lyon doit rendre son délibéré, le 7 mars, dans le procès intenté au cardinal Philippe Barbarin pour ne pas avoir dénoncé à la justice les agissements du père Preynat.

 

L'archevêque de Lyon a comparu début janvier avec cinq autres personnes dans cette affaire.

 

L'une d'elles, l'ancienne bénévole du diocèse Régine Maire a de son côté mis en demeure François Ozon pour qu'il retire son nom du film.

 

Dans une interview accordée à La Nouvelle République, dont le quotidien régional a publié un extrait vendredi sur internet,le cinéaste a défendu son film, expliquant qu'il allait le montrer à Régine Maire et assurant qu'il n'est "absolument pas à charge contre elle" et "n'aborde jamais sa vie privée". 

 

"Tout ce qui est dans le film repose sur des sources", a-t-il souligné.

 

(Avec AFP)

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États-Unis

Donald Trump veut "éliminer" le VIH aux États-Unis d’ici 10 ans

Le président américain Donald Trump a annoncé, mardi 5 février, lors de son discours annuel devant le Congrès, vouloir mettre fin à l’épidémie de sida aux États-Unis dans la prochaine décennie. Une annonce très surprenante, qui tranche radicalement avec toute la politique menée jusqu’alors sur le VIH et la santé des LGBT+.

Crédit photo : Doug Mills / POOL / AFP. 
Crédit photo : Doug Mills / POOL / AFP. 

Surprise générale. Donald Trump a annoncé mardi 5 février, vouloir dompter l’épidémie du sida aux États-Unis avant 2030.

 

Une annonce accueillie positivement par les associations et les experts, et que le Congrès va être appelé à financer dans le prochain budget. "Mon budget demandera aux démocrates et aux républicains de dégager les moyens nécessaires pour éliminer l’épidémie de VIH aux États-Unis d’ici 10 ans. Ensemble, nous vaincrons le sida en Amérique et au-delà ", a déclaré le président républicain lors de son discours annuel sur l’état de l’Union, au Capitole.

 

Un changement de cap radical, qui intervient après un coup d’arrêt dans la recherche sur le VIH en décembre dernier. Des scientifiques s’étaient vu interdire, en toute discrétion, de poursuivre leurs recherches sur des souris avec du tissu foetal.

 

Tâche titanesque

Le secrétaire à la Santé, Alex Azar, a ensuite fourni plus de détails sur l’annonce présidentielle. Et l’objectif à atteindre est énorme. Il s’agit de réduire le nombre de contaminations par le VIH aux États-Unis de 75% en cinq ans, et 90% en dix ans. 

 

Environ 38.000 personnes ont été contaminées par le VIH aux États-Unis en 2017, selon les statistiques gouvernementales. Ce nombre s’est réduit au fil des années, mais dans certaines communautés le reflux ne se produit pas, notamment chez les LGBT+, les Noirs et les Hispaniques.

 

Mais pour les associations, l’objectif n’est pas jugé farfelu. Une coalition d’organisations anti-sida avait affiché l’objectif "ambitieux" d’une fin de l’épidémie d’ici 2025, dans un document publié à l’automne dernier. 

 

"Contrôler le VIH en une décennie est une tâche titanesque, mais nous applaudissons la volonté affichée", a dit à l’AFP Michael Weinstein, président de la très grande organisation anti-sida AIDS Healthcare Foundation, qui gère 64 centres médicaux aux États-Unis et des centaines dans le monde.

 

"Cette initiative, si elle est mise en place et financée, pourrait s’inscrire dans l’histoire comme l’une des plus grandes réussites de sa présidence", a réagi le directeur de l’AIDS Institute, Michael Ruppal.

 

Cette annonce n’est pas sans rappeler celle faite par le secrétaire d’État à la Santé britannique, faite il y a quelques jours seulement.

 

Quels moyens ?

Plus de prévention, notamment dans les foyers de l’épidémie au sud du pays, et plus de traitements pour rendre le virus indétectable et intransmissible. Voilà ce que réclament les associations depuis de nombreuses années. Il s’agit aussi de renforcer les tests de dépistage, car aujourd’hui 165.000 Américains ignorent qu’ils ont été contaminés. Dans le détail, l’administration Trump veut que de tels tests deviennent routiniers dans l’univers médical et souhaite également faciliter l’accès aux traitements antirétroviraux.

 

Un défi dans un pays où naviguer entre les systèmes d’assurance médicale est un parcours du combattant, surtout pour les plus pauvres. Aujourd’hui, seul un séropositif sur deux a le virus sous contrôle. Le gouvernement veut monter à 90%. Utopique ? Sans une réforme de la santé en profondeur, cela semble compliqué.

 

Enfin il faut promouvoir le traitement préventif PrEP ("prophylaxie pré-exposition"), sur ordonnance et remboursé, expliquent les associations.

 

Car, six ans après son autorisation aux États-Unis, seulement 220.000 personnes le prenaient en août 2018, selon le site prepwatch.org. Et de son côté, le gouvernement américain estime que seulement 10% des personnes à risque pouvant bénéficier de la PrEP prennent le traitement.

 

L’annonce du président américain tranche donc radicalement avec la politique menée jusqu’à aujourd’hui en la matière. L’administration Trump avait notamment proposé l’an dernier de réduire le budget de la prévention anti-sida aux États-Unis, et surtout dans le monde, mais le Congrès avait refusé.

 

Fin décembre, l’armée américaine avait fait preuve de sérophobie pure et dure, en renvoyant deux soldats à cause de leur séropositivité.

 

(Avec AFP)

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Pologne

Le politicien gay Robert Biedron lance un nouveau parti à la veille d'élections importantes

Le premier homme politique polonais ouvertement homosexuel a lancé dimanche un nouveau parti de centre-gauche, baptisé "Printemps", qui se situe dans l'opposition aux conservateurs proches de l’Église catholique au pouvoir.

Robert Biedron, ancien maire de la ville de Slupsk
Robert Biedron, ancien maire de la ville de Slupsk

Le démarrage de la formation de Robert Biedron, ancien maire de la ville de Slupsk, (nord) coïncide avec le début de la campagne pour les élections au Parlement européen en mai et, à plus long terme, pour les législatives polonaises à l'automne.

 

Lors d'un rassemblement de plusieurs milliers de ses partisans dans un stade couvert de Varsovie, Biedron a dit vouloir réaliser le testament politique du populaire maire libéral de Gdansk, Pawel Adamowicz, assassiné le mois dernier.

 

Il a annoncé les grandes orientations de son programme, dont la séparation de l’Église et de l’État, dans un pays majoritairement catholique et où le clergé exerce une influence considérable.

 

Il se propose aussi d'instaurer un salaire égal pour les femmes et les hommes, une libéralisation de l'avortement, la reconnaissance d'un partenariat entre personnes du même sexe et une généreuse retraite garantie pour toutes les personnes âgées.

 

Côté écologie, il voudrait "fermer toutes les mines de charbon" vers 2035 pour réduire le smog dans un des pays les pollués d'Europe où on estime à 50.000 le nombre de décès prématurés imputables à la mauvaise qualité de l'air.

Ce discours progressiste du politicien relaxe de 42 ans, qui fait penser au Canadien Justin Trudeau, semble trouver un accueil favorable auprès des électeurs.

 

Robert Biedron se donne aussi pour objectif de réduire les divisions dans une Pologne fortement clivée et qui n'a pas encore surmonté le choc de l'assassinat du maire de Gdansk.

 

Commis par un repris de justice peut-être déséquilibré, ce meurtre a conduit la classe politique à s'interroger sur le discours de haine qui marque la vie publique depuis trois ans.

 

"Nous avons besoin d'énergie positive plus que jamais maintenant..., a dit Biedron. Nous devons réaliser l'héritage de Pawel Adamowicz". Ce dernier, tout en étant catholique, avait soutenu la communauté LGBT, et aussi invité des réfugiés dans sa ville.

 

Robert Biedron, ancien maire de la ville de Slupsk, espère s'imposer face au parti de droite, le Parti Loi et justice actuellement au pouvoir, alors que le pays se prépare pour les élections nationales et européennes de cette année.

 

"Nous sommes le printemps, nous apportons de l'air frais à la politique polonaise", a-t-il déclaré.

 

(Avec AFP)

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Sang contaminé

Il y a 20 ans, trois ex-ministres jugés dans l'affaire du sang contaminé

Il y a vingt ans, s'ouvrait le procès de trois anciens ministres dans l'affaire du sang contaminé par le virus du sida. A l'instar des autres épisodes judiciaires de ce scandale sanitaire, il laissa un goût amer aux victimes et à leurs proches.

23 octobre 1992 - Procès du sang contaminé: quatre ans pour Garretta -
23 octobre 1992 - Procès du sang contaminé: quatre ans pour Garretta -

9 février 1999 : l'ancien Premier ministre Laurent Fabius (1984-86) et deux ex-membres de son gouvernement, Georgina Dufoix (Affaires sociales) et Edmond Hervé (Santé), comparaissent devant la Cour de Justice de la République (CJR) pour homicides et blessures involontaires.

 

C'est la première fois depuis le début de la Ve République que des ministres sont jugés pour des crimes ou délits commis dans l'exercice de leurs fonctions.

 

La justice a retenu les dossiers de sept victimes mais plusieurs centaines d'hémophiles et de transfusés ont été infectés avant la mise en place jugée trop tardive - en août 1985 - d'un test de dépistage du virus du sida dans les dons de sang.

 

Pour l'accusation, le délai avant de rendre ce test obligatoire visait à donner à la société française Diagnostics Pasteur le temps de rattraper son retard sur son concurrent américain Abbott. Une autre hypothèse sera avancée au procès, celle des raisons budgétaires.

 

Responsable, mais pas coupable

On reproche par ailleurs aux prévenus d'avoir laissé écouler, jusqu'en octobre 1985, des produits sanguins tous potentiellement contaminés, car non chauffés pour inactiver le virus, et de ne pas avoir veillé à l'application de directives écartant les donneurs à risque.

 

Dès le premier jour, des victimes les accusent violemment, rapporte l'AFP dans son compte-rendu d'audience: "ignorer l'urgence du Sida en 1985, c'est comme dire qu'on ignorait les camps de concentration en 1945", assène la maman d'un petit garçon transfusé à la naissance, et décédé à cinq ans.

 

"Je me sens pleinement responsable, mais pas coupable", avait déclaré Georgina Dufoix à l'éclatement de l'affaire, dans une formule restée célèbre.

 

A lire aussi Sang contaminé : que sont devenus les principaux acteurs du scandale ? (Libération du 7 février 2018)

Intervenant après des années d'atermoiements judiciaires, le procès était très attendu par les victimes et leurs proches, qui veulent voir les responsabilités politiques établies.

 

Depuis leurs premières plaintes, déposées en 1988, ils n'ont obtenu que la condamnation en 1992-1993 de quatre médecins, dont l'ancien patron du Centre national de transfusion sanguine (CNTS) Michel Garretta (quatre ans de prison ferme pour "tromperie").

 

L'un des moments forts du procès est l'intervention d'une victime, Sylvie Rouy, 35 ans, en fauteuil roulant, écrivent les journalistes de l'AFP. Contaminée quatorze ans plus tôt lors de son accouchement, elle accuse les prévenus de "crime".

 

Victimes scandalisées

Le ministère public requiert la relaxe - sans surprise puisqu'il avait demandé un non-lieu pendant l'instruction - tout en suggérant un "blâme public".

 

Les journalistes de l'AFP décrivent le "malaise" suscité par un président de Cour, Christian Le Gunehec, qui "maîtrisait mal les débats et connaissait insuffisamment le dossier"; "l'impression de se trouver plus devant un jury d'honneur que dans un prétoire", avec des témoins (conseillers ministériels, chercheurs ...) rarement confrontés à des questions gênantes.

 

Autre curiosité: plusieurs jours avant le jugement, "l'intouchable secret des délibérés avait été largement violé: toute la presse et la classe politique savaient déjà (...)".

 

Le 9 mars 1999, Laurent Fabius et Georgina Dufoix sont relaxés, Edmond Hervé est condamné mais dispensé de peine. 

 

Laurent Fabius, alors président de l'Assemblée nationale et futur président du Conseil constitutionnel, peut se considérer comme réhabilité: pour la CJR, "son action a contribué à accélérer les processus décisionnels".

 

Mais l'arrêt ne satisfait ni les victimes, scandalisées, ni la classe politique, certains à droite comme à gauche demandant déjà une réforme de la CJR.

 

Quelques années plus tard, le non-lieu général prononcé en 2002 pour trente conseillers ministériels ou responsables de santé publique par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris - confirmé en cassation en 2003 - provoquera à nouveau colère et déception.

 

(Avec AFP)

 

A lire aussi Sang contaminé : Garretta et son magot insaisissables depuis dix-huit ans (Libération du 7 février 2018)

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Magical Pride

Le 1er juin prochain se tiendra la "Magical Pride" à Disneyland Paris, un évènement qui entend "célébrer la diversité", tout en couleurs. Pas sûr que ça suffise à contenter les fans du studio d’animation pour autant.

Crédit photo : Picryl
Crédit photo : Picryl

Disneyland Paris va se parer aux couleurs de l’arc-en-ciel.

 

Samedi 1er juin 2019, le célèbre parc d’attractions parisien va célébrer sa première "Magical Pride". Le parc à thèmes promet une parade LGBT+ festive et inoubliable, avec un défilé unique célébrant la diversité dans toute sa splendeur.

 

Un choix d’attractions sera ouvert de 20h à 2h du matin et les mythiques personnages de Disney se promèneront dans le parc pour faire des photos avec les visiteurs. Une grande soirée sera aussi organisée avec des DJs et des performances live. 

 

Un événement qui était organisé par les touristes depuis 28 ans en Floride, lors du mois des fiertés, mais qui devient aujourd’hui officiel en France. Il sera en effet, et pour la première fois, orchestré par le parc lui-même (qui y voit une passage l’occasion de faire une belle opération de communication).

Un lieu où les rêves deviennent réalité ?

 

Doucement, Disney essaye de satisfaire ses fans LGBT+. Il introduira notamment en 2020 un personnage ouvertement gay dans son film "Jungle Cruise". Mais McGregor, joué par Jack Whitewall, devrait faire un coming-out on ne peut plus discret, en notifiant simplement dans une scène "ne pas s’intéresser aux femmes". Le mot "gay" ne sera ainsi jamais employé. "En fait, il dit simplement qu’il ne veut épouser aucune femme", résume une source, interrogée par TMZ, qui a assisté à la "projection test" du film.

 

Plutôt décevant.

Montrer un personnage ouvertement LGBT+ semble encore bien compliqué pour le studio d’animation. En mars 2017, il s’était d’ailleurs retrouvé au cœur d’une vive polémique après une (très) courte scène "gay" dans l’adaptation de "La Belle et la bête", avec Emma Watson et Luke Evans. Le personnage de Lefou, un pitre qui accompagne partout son maître Gaston, aurait dû être le premier personnage ouvertement gay dans un film Disney.

 

Encore raté.

Mais si ce "moment gay" a été jugé beaucoup trop furtif aux yeux des spectateurs queer, il a quand même valu au film d’être censuré dans plusieurs pays.

 

Bref, on a le sentiment que Disney hésite encore entre satisfaire les personnes LGBT+ ou ne pas froisser les homophobes. Et même si on n’y croit pas trop encore, on espère voir un jour voir une princesse lesbienne ou un couple de princes. On a le droit de rêver.

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Réseaux sociaux

Un influenceur homophobe menace Bilal Hassani

Après avoir déclaré sur son compte Instagram qu'il voulait "frapper" et "tuer" le chanteur Bilal Hassani, l'influenceur Hatoumnight a vu son contrat rompu par la société qui le représentait auprès des annonceurs.

Bilal Hassani -  l'influenceur Hatoumnight
Bilal Hassani - l'influenceur Hatoumnight

Hatoumnight, un influenceur peu connu, s'est distingué par des propos homophobes sur son compte Instagram à l'encontre de Bilal Hassani qui représentera la France au prochain concours Eurovision de la chanson. 

 

Lundi dernier, il s'en est pris violemment au chanteur queer en annonçant à ses suiveurs qu'il allait le "frapper", "cogner", "enculer" et même "tuer" .

 

"Je suis pas homophobe, hein. Mais lui là, lui j’ai envie de le niquer. J’ai envie de le tuer. Même si une association anti-homophobe elle m’attaque, j’en ai rien à foutre. Il est où ? Donnez moi une adresse où je peux le voir, je vais l’enculer, je vais le niquer et je vais le frapper", a écrit le prétendu influenceur. 

 

Ces propos ont été remarqués par Alexis Aveniere, un salarié homosexuel de la société WeEvents qui s'occupe aussi de l'image de Hatoumnight.

 

Ce dernier est intervenu auprès de ses supérieurs pour les alerter sur les dérapages de l'influenceur et leur demander de s'en séparer. Ce qu'a décidé immédiatement l'entreprise de communication.

 

L'apprenant, Hatoumnight l'a violemment menacé, lui et un de ses collègues.

 

"Il m'a menacé de me gifler, puis de me défoncer la gueule devant mes collègues. Je suis parti du bureau en larmes, mon collègue est resté. Hatoum l'a menacé, lui a rappelé qu'il se prenait 'des bites dans le cul toute la journée, qu'il n'était qu'un sale PD' puis il lui a craché à la gueule avant d'être séparés", raconte Alexis Aveniere.

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États-Unis

L'acteur Jussie Smollett victime d'une agression à Chicago

L'acteur américain Jussie Smollett, star de la série "Empire", a été hospitalisé mardi à Chicago après avoir été agressé par deux personnes lui ayant lancé "des insultes racistes et homophobes", ont indiqué les autorités.

L’acteur noir et gay Jussie Smollett victime d’une agression à Chicago
L’acteur noir et gay Jussie Smollett victime d’une agression à Chicago

Âgé de 36 ans, Jussie Smollett marchait dans les rues du centre-ville de Chicago aux alentours de 2H00 du matin lorsque deux individus l'ont approché, lui criant des "insultes racistes et homophobes". Il a ensuite été frappé par ces deux assaillants qui ont déversé sur lui "une substance chimique inconnue", a précisé la police.

 

"A un moment donné, l'un d'eux a enroulé une corde autour du cou de la victime", poursuit le communiqué.

 

"Étant donné la gravité des allégations, nous prenons cette enquête très au sérieux et la traitons comme un possible crime motivé par la haine", a indiqué le Chicago Police Department.

 

L'agression de cet acteur noir et ouvertement gay a provoqué une vive émotion et déclenché un torrent de condamnations. La sénatrice démocrate de Californie, candidate déclarée à l'élection présidentielle de 2020, Kamala Harris, a qualifié l’événement d'"une tentative moderne de lynchage."

 

"Personne ne devrait avoir peur pour sa vie au regard de son orientation sexuelle ou de la couleur de sa peau. Nous devons combattre cette haine", a-t-elle écrit sur Twitter.

 

Les membres de l'équipe d'"Empire" ont également fait part de leur solidarité, comme Lee Daniels, le co-créateur. "Tu n'as pas mérité, personne ne mérite d'avoir une corde mise autour de son cou", a-t-il dit à l'acteur dans une vidéo postée sur Instagram.

 

Plusieurs groupes de défense des droits civils et des droits des LGBT ont aussi apporté leur soutien à l'acteur. "Les personnes LGBT de couleur vivent à de multiples intersections d'oppression, font face trop souvent à la violence aggravée par le racisme et l'homophobie", a déclaré l'American Civil Liberties Union. "Ce n'est pas l'Amérique dans laquelle nous voulons vivre."

 

(Avec AFP)

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Les Républicains

Wauquiez choisit l'anti-LGBT François-Xavier Bellamy comme tête de liste aux Européennes

En choisissant comme tête de liste aux Européennes François-Xavier Bellamy, un catholique conservateur assumé, opposé au mariage gay, Les Républicains font le pari d'un renouvellement des idées, au risque de se laisser enfermer dans des thèmes avec lesquels la droite n'est pas toujours à l'aise.

François-Xavier Bellamy tête de liste Les Républicains aux Européennes
François-Xavier Bellamy tête de liste Les Républicains aux Européennes

Ex-étudiant brillant - classe préparatoire au lycée Henri-IV, université de Cambridge, Normale sup' et agrégation de philosophie -, auteur d'essais et jeune enseignant en prépa, Xavier Bellamy est connu pour ses positions conservatrices sur les sujets sociétaux, que d'aucuns dans son camp craignent qu'elles soient autant d'embarrassants sparadraps.

 

Avant même l'officialisation de sa désignation comme tête de liste, le rappel de son opposition, "personnelle", à la légalisation de l'interruption volontaire de grossesse a fait lever les yeux au ciel à bon nombre de ses compagnons politiques : "On n'a pas envie de passer notre temps à se justifier sur ça", s'inquiète une dirigeante du parti. "Que diront les Marcheurs pendant la campagne ?", s'alarme un autre.

 

Le pari de Laurent Wauquiez ? Rassembler ses propres troupes. "La France est la fille aînée de l'église: sur les sujets sociétaux, une partie de la droite reste dans cette vision traditionnelle", fait observer le directeur du département Politique et opinion chez Harris Interactive, Jean-Daniel Lévy.

 

Certes, "mais une partie seulement", répond un parlementaire LR, sceptique sur la stratégie du parti, qui renvoie à l'histoire mouvementée de la droite française sur ces questions.

 

De l'IVG et le divorce par consentement mutuel, instaurés sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, au PaCS et à l'ouverture du mariage aux couples de même sexe, la droite s'est régulièrement interrogée sur le bon positionnement à adopter.

 

Entre opposition implacable menée par sa frange la plus conservatrice et dissonances menées par ses troupes davantage libérales, elle s'est finalement toujours divisée.

 

Tea-party à la française ?

Manif pour tous et autres Veilleurs, qui se voulaient sous le quinquennat Hollande les hérauts d'une révolution conservatrice à l'image du "Tea-Party" américain, n'ont-ils pas amorcé un mouvement de l'opinion ?

 

"Pas du tout", conteste Jean-Daniel Lévy. "On voit certes des franges se radicaliser, des noyaux marqués, mais globalement, sur la société française, on voit une plus grande ouverture". Mieux : "Les Français ont été opposés au PaCS, ils y sont devenus favorables; ils ont été opposés au mariage, ils y sont devenus favorables. Aux municipales de 2014, l'un des enjeux brandis par la droite était le mariage pour tous, voté un an plus tôt. Mais le sujet n'avait pas été aussi déterminant qu'espéré", rappelle encore le politologue.

 

Lors de la campagne de 2017, l'indéfectible soutien des conservateurs à François Fillon n'avait pas non plus suffi à l'ancien Premier ministre pour se qualifier pour le second tour de la présidentielle.

 

Le pari de Laurent Wauquiez, pour hautement risqué qu'il soit, est pourtant assumé : mi-novembre, il s'était rendu chez Sens commun, l'émanation politique de la Manif pour tous dont François-Xavier Bellamy est réputé proche, en endossant la bataille contre l'ouverture de la procréation médicalement assistée à toutes les femmes.

 

Devant un public conquis, il avait mis en garde contre "la marchandisation des gamètes" et "l'eugénisme", et suscité un tollé en glissant une référence au "nazisme". Mais si certains veulent se convaincre que le conservatisme de François-Xavier Bellamy peut se révéler in fine un avantage pour Les Républicains, le jeune enseignant devra faire face à d'autres critiques.

 

D'abord, à celle d'accointances avec l'extrême droite : fin novembre, Marion Maréchal voyait dans la personnalité de François-Xavier Bellamy une opportunité "d'alliances" - l'intéressé conteste. Ensuite, le sens politique du novice est remis en cause: candidat LR aux législatives de 2017 dans la très conservatrice et droitière première circonscription des Yvelines, à Versailles, il avait échoué à se faire élire.

 

C'est enfin son positionnement sur l'Union européenne qui inquiète certains: en 2005, il avait voté Non au référendum sur la Constitution européenne. A l'inverse de sa famille politique d'aujourd'hui.

 

(Avec AFP)

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Tristesse

Décès d'Henry Chapier

Henry Chapier, mort dans la nuit de samedi à dimanche, était journaliste, critique de cinéma, passionné de photo et d'art. Mais pour beaucoup, il restera d'abord comme l'animateur qui a couché sur son divan jaune plus de 300 personnalités lors d'une émission devenue culte.

Mort d'Henry Chapier, journaliste, premier animateur de l'émission culte "Le Divan"
Mort d'Henry Chapier, journaliste, premier animateur de l'émission culte "Le Divan"

"Le Divan", séances de psychanalyse télévisuelle que François Mitterrand s'amusait, paraît-il, à regarder, était la première émission du genre qu'Henry Chapier, dandy affable à la chevelure blanche, a animée de 1987 à 1994.

 

De sa voix nasale un brin précieuse, il posait invariablement la question, "quel enfant étiez-vous à 7 ans ?", amenant avec bienveillance et délicatesse ses invités, parmi lesquels Jean-Marie Le Pen, Spike Lee, Helmut Newton, Jeanne Moreau ou encore Simone Veil, à jouer le jeu de la confidence médiatisée.

 

Serge Gainsbourg y a évoqué sa vocation ratée de peintre, le mime Marceau y a parlé de sa judaïté, le psychiatre Claude Olievenstein de son combat pour les jeunes toxicomanes et Jacques Vergès a décortiqué sa défense de Klaus Barbie...

 

"Je ne suis jamais allé chez le psy", avouait l'homme aux lunettes d'écaille en 2012 sur France 2. "Mais j'ai dans le sang une passion pour les gens, pour leurs secrets".

 

Enfant unique né à Bucarest en 1933, d'un père français, avocat international, et d'une actrice autrichienne, Henry Chapier a fui son pays natal pour échapper au joug du communisme en 1947. En France, cible de remarques racistes sur ses origines, il s'invente une enfance idéale du côté de La Rochelle, comme il le confessera des années plus tard dans son autobiographie "Version originale" (2012).

 

Très jeune, il multiplie les lectures, dévore Freud à 13 ans, et vénère Hollywood. L'adolescent voudrait ressembler à Charlton Heston et voue un culte à Liz Taylor avec qui il entretiendra une correspondance.

 

Journaliste à "Combat"

Après un diplôme de Lettres et d'interprétariat (il parlait sept langues), il commence en 1958 une carrière de critique cinéma et collabore à l'hebdomadaire "Arts" avec François Truffaut et Jean d'Ormesson. En 1959, il entre au journal "Combat" et devient le rédacteur en chef des pages culture. Il en est le chroniqueur cinéma jusqu'à la fermeture du quotidien en 1974.

 

Il couvre son premier Festival de Cannes en 1960, année où la Palme d'or fut remportée par "La Dolce vita" de Fellini et Jeanne Moreau distinguée pour "Moderato Cantabile". Il entretenait des "liens affectifs" avec les réalisateurs italiens Visconti et Pasolini.

 

De tempérament engagé, il milite en 1968 avec les représentants de la Nouvelle Vague contre l'étatisation de la Cinémathèque française et le renvoi de son fondateur Henri Langlois. Il suit Philippe Tesson au "Quotidien de Paris" où il a une nouvelle fois la charge des pages culture.

 

En 1978, il intègre FR3 comme éditorialiste culturel et s'impose comme le Monsieur cinéma de la chaîne. Il la quitte en 1994 et rejoint Radio Nova pour une chronique ciné "Signé Chapier" ainsi que Pink TV.

 

Homosexuel discret, il participait régulièrement aux gay pride tout en déplorant sur son blog personnel la banalisation des revendications des milieux gays et lesbiens, "minorités jadis remuantes et inventives".

 

Le journaliste, membre du jury de Cannes en 1996, s'était également essayé à la réalisation. En 1968, il signe un docu-fiction "Un été américain", puis le long-métrage "Sex Power" (1970) et "Amore" en 1974.

 

Président de la Maison européenne de la Photographie de 1996 à décembre 2017, il avait créé le mois de la photo à Paris et fait de la capitale l'une des métropoles phares de la création photographique contemporaine.

 

L'émission "Le Divan" a elle retrouvé la télévision ces dernières années, avec dans le rôle du confesseur Marc-Olivier Fogiel.

 

(Avec AFP)

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