États-Unis

La Cour suprême se saisit de dossier sur les droits des homosexuels et transgenres

La Cour suprême des États-Unis s'est saisie lundi du dossier ultra-sensible des discriminations contre les homosexuels et les personnes transgenres, à qui l'administration de Donald Trump ne souhaite pas élargir les protections applicables aux femmes dans le monde du travail.

Le temple du droit américain a retenu trois dossiers de licenciements contestés, concernant deux homosexuels et une femme transgenre, qui seront examinés à l'automne pour une décision en 2020.

 

La Cour suprême devra répondre à une question simple qui fait l'objet d'un vif débat politique : est-ce que la loi fédérale de 1964 qui interdit les discriminations "sur la base du sexe", entre autres, s'applique à l'orientation et à l'identité sexuelle ?

 

L'administration démocrate de Barack Obama soutenait une interprétation large du dispositif de 1964, mais le gouvernement de son successeur républicain a pris le contre-pied.

 

En l'absence de directive claire, les tribunaux rendent des décisions contradictoires. Ainsi, Donald Zarda, un moniteur de parachutisme gay de New York a gagné en justice après son renvoi, tandis que le travailleur social Gerald Lynn Bostock a perdu dans une affaire comparable en Géorgie.

 

Leurs dossiers seront examinés lors de la même audience, a décidé la Cour suprême, où les juges conservateurs sont majoritaires depuis l'arrivée de deux magistrats nommés par le président Trump.

 

"Quand mon frère m'a dit qu'il était licencié, j'ai été choquée", a confié Melissa Zarda, qui a repris le combat judiciaire de son frère Donald après son décès en 2014. "Je ne pouvais pas croire qu'on pouvait être licencié parce qu'on était gay, je pensais que c'était illégal. J'espère que la Cour suprême va dire que ce qui est arrivé à mon frère était mal", a-t-elle ajouté dans un communiqué.

 

Chrétien fervent

La plus haute juridiction américaine s'est également saisie du dossier d'Aimee Stephens, qui a travaillé pendant six ans dans une société de services funéraires de Detroit comme homme, tout en se sentant femme.

 

En juillet 2013, elle a écrit à son employeur pour lui annoncer son intention d'entamer sa transition vers le sexe féminin. Comme premier pas dans ce processus, elle lui a demandé un uniforme féminin. Quelques semaines plus tard, le patron de Harris Funeral Homes, qui revendique ses valeurs chrétiennes, l'a renvoyée, en lui expliquant que "ça ne pourrait pas marcher".

 

Elle a alors saisi la justice. En première instance, un juge a estimé que son employeur avait le droit de la licencier en vertu d'une loi qui protège les libertés religieuses. En mars 2018, une cour d'appel est revenue sur cette décision. Le tribunal a jugé que son employeur l'avait discriminée parce qu'elle est transgenre et qu'il s'agissait d'un type de discrimination protégée par la loi fédérale.

 

Thomas Rost, propriétaire de Harris Homes, a saisi la Cour suprême pour annuler cette décision. Celui qui se décrit comme un "chrétien fervent" a invoqué dans son recours "sa liberté de conscience", mais aussi la nécessité "d'éviter tout ce qui peut déranger ses clients dans leur travail de deuil".

 

Il a reçu le soutien de l'Alliance Defending Freedom, une association conservatrice qui défend les libertés religieuses.

 

A l'inverse, Aimee Stephens a reçu l'appui de la puissante Association de défense des droits civiques (ACLU) qui a appelé lundi la Cour suprême à confirmer la décision de la cour d'appel.

 

L'inverse "serait catastrophique et reléguerait la communauté LGBTQ à un statut de citoyen de seconde zone", a mis en garde un de ses responsables James Esseks. "Ce qui m'est arrivé m'a fait beaucoup de mal ainsi qu'à ma famille", a confié Aimee Stephens. "J'espère que la Cour suprême va confirmer qu'ils ont eu tort de me licencier parce que je suis transgenre."

 

(Avec AFP)

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Peine de mort

Brunei s’explique sur sa loi anti-LGBT dans une lettre surprenante

Dans une lettre adressée au Parlement européen, le Brunei a défendu sa loi de pénalisation de l’homosexualité… tout en affirmant ne pas réellement l’appliquer à l’avenir.

Le sultan Hassanal Bolkiah du Brunei
Le sultan Hassanal Bolkiah du Brunei

L’incohérence est totale

Le Brunei s’est exprimé dans une lettre très formelle, adressée au parlement Européen le 15 avril. L’État pétrolier d’Asie du Sud-Est dirigé d’une main de fer par le Sultan Hassanal Bolkiah, a dénoncé une "mauvaise compréhension" de son code pénal par le reste du monde. Rien que ça.

 

Dans la lettre, le Brunei justifie l’entrée en vigueur d’une loi qui punit l’homosexualité par la peine de mort. "La criminalisation de l’adultère et de la sodomie est là pour permettre de sauvegarder le caractère sacré de la lignée familiale et du mariage des musulmans." 

 

Le gouvernement persiste et signe. Et se dédouane même de toute responsabilité en expliquant noir sur blanc que le code pénal n’est pas "un texte écrit par l’homme, mais ordonné par Allah".

 

"Prévenir les crimes"

La suite est indécente. Le gouvernement a précisé que cette loi ne sera que rarement mise en application. Arguant que la peine de mort est "soumise à un seuil de preuve extrêmement élevé" et que la condamnation ne reposera "que sur les aveux du coupable".

 

Mais, à quoi bon mettre en place une loi si ce n’est pas pour l’appliquer ? Le Brunei a indiqué que cette loi était là dans le but de "prévenir" les crimes à venir, plutôt que de "punir les coupables".

 

Le pays a conclu en réaffirmant "vouloir maintenir ses engagements vis-à-vis de ses obligations internationales en matière de promotion et de protection des droits de l’homme".

 

Condamnation de l’Union Européenne

De son côté, le Parlement européen a adopté une résolution, le 18 avril, qui condamne très fermement le sultan du Brunei pour violation des droits de l’homme.

 

La députée européenne hollandaise et démocrate, Marietje Schaake, a appelé à une réponse "unifiée de l’Europe". Et d’ajouter : "Il est l’heure pour les leaders européens de prendre la parole clairement et d’une seule voix sur la situation dans laquelle se trouvent les citoyens du Brunei. Nous devons prendre des mesures maintenant, pour montrer que nous sommes avec les LGBTI du monde entier." 

 

Le 13 avril dernier, plus de 30 pays, menés par le Canada, ont demandé formellement à cet État pétrolier d’abroger cette loi.

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Irlande

La mort de la journaliste Lyra McKee à Londonderry rouvre les plaies nord-irlandaises

La mort violente de la journaliste de 29 ans ravive les blessures du passé, vingt-et-un ans après la signature de l'accord de paix du Vendredi saint, et inquiète pour l'avenir.

Lyra McKee, à Londonderry en mai 2017. Photo Jess Lowe. AFP
Lyra McKee, à Londonderry en mai 2017. Photo Jess Lowe. AFP

 

La photo est celle d’une autre époque, où cette scène était banale en Irlande du Nord. Des véhicules de police blindés, des badauds trop curieux, les flammes et la fumée des cocktails Molotov.

 

Le commentaire qui accompagne l’image sur Twitter est sobre : "Derry, ce soir. Folie totale." La publication date de jeudi soir. Peu avant minuit, son auteure, la jeune journaliste nord-irlandaise Lyra McKee, 29 ans, s’effondrait derrière une Land Rover de la police, atteinte par des tirs. Elle est morte quelques minutes plus tard dans un hôpital de la ville de Londonderry, Derry pour les catholiques d’Irlande du Nord et l’Eire.

 

La jeune femme couvrait les violences entre la police et des dissidents républicains, pendant une descente de police dans le quartier de Creggan pour y chercher armes et munitions.

 

Les policiers soupçonnaient la préparation d’émeutes pendant les fêtes de Pâques, où les républicains commémorent le soulèvement de 1916 contre l’occupation britannique.

 

La police d’Irlande du Nord, qui n’a pas ouvert le feu, a qualifié l’incident de "terroriste" et désigné comme "probable responsable" un groupe dissident républicain "The New IRA".

 

Une enquête pour meurtre a été ouverte pour déterminer si la jeune journaliste a été atteinte par accident ou délibérément visée. Deux jeunes hommes de 18 et 19 ans ont été arrêtés, a-t-on appris samedi matin.

 

Saoradh, une formation politique représentant des dissidents républicains opposés au processus de paix, a expliqué dans un communiqué qu’un "jeune volontaire républicain a tenté de défendre le peuple contre la police et que Lyra McKee a été tuée accidentellement". Vendredi matin, des représentants du quartier de Creggan ont appelé à une marche en l’honneur de la jeune femme. "Venez vous tenir à nos côtés pour envoyer un message clair : que cette communauté ne permettra à personne de nous ramener vers le passé." D’autres hommages étaient prévus en Irlande du Nord.

 

Troubles

Lyra McKee est morte vingt-et-un ans après la signature de l’accord de paix du Vendredi saint, qui a mis fin à trente ans d’une guerre civile entre communautés catholique républicaine d’un côté (en faveur d’un rattachement à la République d’Irlande) et protestante unioniste de l’autre (pour le maintien de l’Irlande du Nord au sein du Royaume-Uni). Quelque 3 500 personnes ont été tuées pendant cette période baptisée "les Troubles".

 

Derry-Londonderry, situé sur la frontière avec la République d’Irlande, tient une place à part dans l’histoire de ces Troubles. C’est ici qu’ils ont pris de l’ampleur, en août 1969, avec la bataille du Bogside entre les habitants de ce quartier catholique pauvre et la police britannique. C’est ici aussi qu’eut lieu le Bloody Sunday, le 30 janvier 1972, où les forces de l’ordre ouvrirent le feu sur des manifestants désarmés. Quatorze personnes furent tuées et des centaines de jeunes recrues rejoignirent les rangs de l’Armée républicaine irlandaise (IRA).

 

L’accord de paix de 1998 suivi par la mise en place d’une assemblée élue semi-autonome, le parlement de Stormont, où le pouvoir est partagé entre les communautés, avait apaisé les esprits. Même si, de temps en temps, des accès de violence ressurgissent. C’est le cas depuis quelques mois, alors que l’assemblée de Stormont est suspendue depuis deux ans après des désaccords entre les deux principales formations politiques, le Democratic Unionist Party (DUP) et les nationalistes du Sinn Féin.

 

En juillet 2018, Londonderry avait été le théâtre de cinq jours d’émeutes violentes. Quelques mois plus tard, en janvier, une camionnette piégée a explosé en face du tribunal de la ville. L’attentat, qui n’a pas fait de victimes, a été revendiqué par The New IRA. Les tensions autour du Brexit et de l’éventualité du rétablissement d’une frontière entre le nord et le sud de l’île d’Irlande ont évidemment aussi exacerbé les craintes d’un retour de la violence.

 

Passé

Mais la mort de Lyra McKee a provoqué la stupeur. "Derry ou Londonderry, la manière dont vous appelez cette cité n’a pas d’importance, aujourd’hui, nous sommes tous unis", a déclaré le maire de la ville, John Boyle. La Première ministre britannique, Theresa May, a condamné "un incident terroriste choquant et vraiment insensé", alors que le Taoiseach irlandais (le Premier ministre) Leo Varadkar s’est dit déterminé à ne "pas permettre à ceux qui veulent propager la violence, la peur et la haine de nous entraîner vers le passé".

 

Lyra McKee avait 8 ans lors de la signature de l’accord de paix. Elle avait grandi dans un quartier catholique de Belfast. Elle était devenue une brillante journaliste indépendante, dont le deuxième livre, The Lost Boys, sur les disparus des années des Troubles, devait paraître prochainement. Lyra était aussi lesbienne, en couple avec Sara, et militait pour plus d’ouverture dans une société encore très conservatrice.

 

En 2014, dans un blog, elle écrivait une lettre à l'adolescente de 14 ans qu'elle avait été. Et commençait sa missive par ces mots : "Kid, ça va aller." Y racontait d’une plume alerte son parcours, difficile par moments, son bonheur lorsqu’elle avait annoncé à sa mère qu’elle était lesbienne et que celle-ci l’avait prise dans ses bras en lui disant : "Dieu merci, tu n’es pas enceinte !"

 

Elle s’intéressait à l’impact des Troubles sur les jeunes générations. En 2016, dans The Atlantic, elle avait rédigé un article passionnant sur le taux de suicide élevé chez les jeunes en Irlande du Nord. Avec prescience, elle écrivait alors : "Nous étions la génération de l’accord du Vendredi saint, épargnée par les horreurs de la guerre. Et pourtant, les répercussions de ces horreurs semblaient nous poursuivre."

 

(Article ; Sonia Delesalle-Stolper Correspondante à Londres Libération)

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Cannes 2019

Almodovar, Dolan et Elton John à l'affiche du festival

La liste des films en lice pour le 72e Festival de Cannes a été dévoilée. Une sélection très gay-friendly puisqu'on y trouve le dernier opus de Pedro Almodovar, le biopic d'Elton John "Rocketman" ou encore le dernier film de Xavier Dolan. 

L’affiche du Festival de Cannes met Agnès Varda à l’honneur
L’affiche du Festival de Cannes met Agnès Varda à l’honneur

Le Festival, dont le jury sera présidé par le cinéaste mexicain Alejandro Gonzalez Iñarritu, aura cette année pour "phare inspirant", selon ses mots, la réalisatrice Agnès Varda, pionnière de la Nouvelle vague, décédée le 29 mars, mise à l'honneur sur son affiche.

 

Subtil mélange de glamour et de cinéphilie, Cannes aura aussi son quota de stars internationales.

 

Les derniers films des cinéastes Pedro Almodovar, Ken Loach, Terrence Malick, Xavier Dolan et des frères Dardenne seront en compétition, a annoncé le délégué général du Festival Thierry Frémaux.

 

Au total, dix-neuf films seront en compétition du 14 au 25 mai. Très attendu, le dernier opus de Quentin Tarantino, "Once Upon A Time In Hollywood" avec Leonardo DiCaprio et Brad Pitt, n'a pas été cité car "encore au montage", mais le Festival se réserve toujours la possibilité de l'accueillir.

 

L'Espagnol Pedro Almodovar, président du jury en 2017, sera de retour avec "Douleur et gloire", centré sur un réalisateur mélancolique incarné par Antonio Banderas.

 

Terrence Malick sera en lice avec "Une vie cachée", huit ans après sa Palme d'or pour "The Tree of life", tout comme le vétéran britannique Ken Loach, déjà deux fois couronné par la Palme d'or, cette fois avec "Sorry We Missed You", sur un couple modeste qui tente de survivre.

 

Les frères Dardenne, déjà deux fois palmés aussi, seront là avec "Le jeune Ahmed", sur la radicalisation d'un adolescent, tandis que le Français Arnaud Desplechin sera en compétition avec "Roubaix, une lumière", un film inspiré d'un fait divers avec Roschdy Zem, Léa Seydoux et Sara Forestier.

 

Le Québecois Xavier Dolan foulera quant à lui de nouveau le tapis rouge avec "Matthias et Maxime", trois ans après avoir remporté le Grand Prix pour "Juste la fin du monde".

 

Quatre réalisatrices au total seront en compétition, dont les Françaises Céline Sciamma et Justine Triet, pour respectivement "Portrait de la jeune fille en feu" et "Sibyl".

 

Le chanteur Elton John sera à l'honneur hors compétition, avec la présentation de son biopic "Rocketman", réalisé par le Britannique Dexter Fletcher avec Taron Egerton.

 

Claude Lelouch présentera hors compétition "Les Plus belles années d'une vie", une nouvelle suite de son légendaire "Un homme et une femme", Palme d'or en 1966, avec les mêmes acteurs, Jean-Louis Trintignant et Anouk Aimée.

 

En marge du festival, l’actrice Virginie Ledoyen présidera le jury de la 10e Queer Palm, prix indépendant qui récompense un film des sélections du Festival de Cannes évoquant les questions LGBT.

 

(Avec AFP)

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Italie

Harcelé, un couple gay se barricade

Après de multiples agressions et menaces impunies, Angelo et Andrea se sont résolus à ériger une palissade de tôle autour de leur maison. Mais la municipalité ne l’entend pas de cette oreille.

Harcelé, Angelo et Andrea se barricadent
Harcelé, Angelo et Andrea se barricadent

Une palissade en tôle haute de 2m et longue de 41m a récemment fait son apparition au bord d’une route, un peu à l’écart de Grezzana, bourgade des environs de Vérone. "On vit en cage", se désolent Angelo et Andrea un couple gay qui a, par désespoir, décidé d’ériger cette clôture autour de leur maison. Car les deux époux (ils se sont mariés civilement en Espagne) disent être visés par des attaques incessantes à caractère homophobe.

 

Ainsi le 11 août dernier, 30 litres d’essence avaient été déversés dans leur propriété, barbouillée de graffitis. Ces actes de vandalisme étaient survenus après une agression physique sur la place du village et la réception de lettres d’insultes racistes et de menaces de mort, dont une se terminant par "Vive Mussolini. Vive Hitler".

 

La région Vénétie, et en particulier Vérone, est un bastion de la Ligue (extrême droite). De nombreuses manifestations et agressions homophobes y ont été rapportées ces dernières années.

 

Sans autorisation

A ce jour, personne n’a été inquiété ni interrogé par les carabiniers, qui parlent simplement d’"intimidations", raconte le "Corriere del Veneto". Par contre, la municipalité a entamé une procédure contre le couple, qui a construit sa palissade sans autorisation. "On reconnaît la légitime défense, et ça, c’est pas de la légitime défense ? Il n’y a que celle des armes qui compte ?" s’indignent Angelo et Andrea.

 

Les deux hommes âgés de 24 et 59 ans, disent vivre un enfer. Car le harcèlement continue : lettres anonymes, portes bloquées. Dernier incident en date : une statue de plâtre dans leur jardin a été décapitée. "Le moindre bruit nous fait sursauter, il n’y a pas de nuit où nous dormons sans nous réveiller."

 

(Article + Photo 360° - Le magazine LGBT suisse)

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Homophobie

Villejuif : la rencontre fatale de Daniel dans le bus de nuit

L’enquête du SDPJ 94 sur le meurtre de ce jeune homosexuel dans la nuit de mercredi à jeudi avance.

Daniel, 20 ans, a été tué au couteau dans la nuit de mercredi à jeudi.
Daniel, 20 ans, a été tué au couteau dans la nuit de mercredi à jeudi.

Sur son lit d’hôpital, le survivant de ce massacre au couteau a pu lâcher quelques informations.

 

Malgré les terribles blessures à l’abdomen qui ont bien failli lui être fatales, Fred, un homme de 48 ans, a pu délivrer des informations sur la nuit de l’horreur qu’il a vécue avec son ami Daniel à Villejuif.

 

Ce jeune de 20 ans a été retrouvé mort dans la rue à quelques mètres de l’appartement où il se trouvait avec son ami et leur agresseur.

 

Ce dernier était toujours activement recherché ce lundi par les policiers du SDPJ 94.

 

Ce mercredi, les deux amis passent leur soirée dans un bar du Marais où ils ont leur habitude. Après plusieurs verres, alors que le karaoké est terminé, Daniel décide de rentrer chez lui avec Fred.

 

Il est 2 h 30. Le jeune homme habite dans l’appartement de sa grand-mère à Villejuif.

 

A Châtelet, ils montent donc dans le bus de nuit direction le Val-de-Marne. C’est là que les deux copains rencontrent leur agresseur.

 

Au départ tout se passe bien. Si bien que l’homme est invité dans l’appartement.

 

Alors que Fred et le troisième homme sont dans une chambre, tout dégénère. L’agresseur s’empare d’un couteau et assène un coup dans le ventre. Fred s’évanouit. L’individu se dirige vers la pièce où se trouve Daniel qui est alors au téléphone avec un ami. Encore une fois, un coup de couteau est porté. Le jeune parvient à s’enfuir en se jetant par la fenêtre. Il essaye de fuir dans la rue mais finit par s’effondrer.

Villejuif, ce jeudi matin. LP/Maxime François
Villejuif, ce jeudi matin. LP/Maxime François

L’agresseur, lui, a pris la fuite.

Pour remonter jusqu’à lui, les enquêteurs exploitent la vidéosurveillance et recueillent un maximum de témoignages. Son identité ne serait pas encore connue.

 

Les raisons de cette agression restent pour l’heure mystérieuses. S’agit-il d’homophobie ? Impossible de le dire pour le moment. "Tant que le meurtrier n’est pas arrêté, c’est difficile de le dire", soupire une source proche de l’enquête.

 

Toujours est-il que cette agression intervient dans un contexte particulier. La veille, deux adolescents étaient interpellés à Choisy-le-Roi pour avoir tendu des guets-apens à des homosexuels pour les voler.

 

Y a-t-il une recrudescence d’actes homophobes ?

"Sur notre ligne d’écoute, nous recevons de plus en plus d’appels, constate Joël Deumier, co-président de SOS homophobie. Certes la parole se libère. Mais la haine persiste et elle est ancrée dans la société française." Et d’appeler les gays à faire preuve de prudence lors des rencontres.

Paris, ce lundi. Le portrait de Daniel, assassiné la semaine dernière à Villejuif, est affiché dans le bar gay où il a passé sa dernière nuit. LP/M. Fr. 

C'était la mascotte du bar

L’émotion a succédé à l’effroi, dans le bar gay situé rue de la Reynie, à Paris, où Daniel, 20 ans, a passé sa dernière nuit. "Daniel était la mascotte, la star de ce lieu, relate, ému, le DJ du bar, Nicolas. Lorsqu’il arrivait, tout le monde l’embrassait. Il était souriant, gentil avec tout le monde, avait toujours un mot pour rire ou pour réconforter un ami."

 

Derrière le bar, Karim, raconte "ce jeune, différent des autres clients" dans ce bar ou les homos sont plutôt du genre ours, avec un "look viril". L’homme, bouleversé par la nouvelle, décrit un jeune "très efféminé, qui arrivait parfois en robe, avec des talons, pas le genre à se cacher car il assumait à 100 % son homosexualité sans se soucier des moqueries, des regards".

 

Si Daniel est devenu la mascotte de ce lieu, c’est aussi parce qu’il y avait ses habitudes depuis deux ans : "Le mercredi et le jeudi, pour le Karaoké, et le week-end pour danser". Tous deux racontent "leur Daniel" : "La joie de vivre incarnée", "Provocateur et dans l’excès, qui ne cachait pas son côté féminin et aimer en jouer pour se sentir exister" mais aussi ce jeune qui brûlait la vie, "celle de la nuit, pour mettre de côté et oublier que la vie ne lui faisait pas de cadeau : problèmes familiaux, agressions à répétition"…

 

Pour ses deux amis, "il n’y a pas de doute, l’agression dont il a été victime est homophobe." Tous les clients du bar se sont cotisés pour ses obsèques.

 

Une cagnotte en ligne, intitulée "Obsèques pour Daniel - Tué à 20 ans à cause de sa différence", a été ouverte sur la plateforme Leetchi. Dans le bar, une autre boîte aux dons a été ouverte, dans l’entrée, à côté de deux cierges et d’un bouquet de fleurs en hommage à Daniel, dit Daniella.

 

(Source Le Parisien)

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Lapidation

Plus de 30 pays demandent au Sultan de Brunei d’abroger la peine de mort pour les homosexuels

Plus de 30 pays, menés par le Canada, ont demandé à Brunei le 13 avril dernier, d’abroger la peine de mort récemment adoptée pour punir les relations homosexuelles.

Crédit photo : Bernard Spragg. NZ / Flickr. 
Crédit photo : Bernard Spragg. NZ / Flickr. 

La pression internationale s’intensifie sur le sultanat de Brunei. Le 13 avril dernier, 36 pays menés par le Canada, ont demandé à cet état pétrolier d’Asie du Sud-Est d’abroger la peine de mort récemment adoptée pour punir les relations homosexuelles.

 

La Coalition pour les droits égaux (CDE), qui se consacre à la protection des droits des personnes LGBTI, a exprimé dans un communiqué sa "profonde consternation" suite à l’adoption par le sultanat de "peines extrêmes" en vertu d’un nouveau code pénal suivant la charia la plus stricte.

 

"Nous pressons le gouvernement de Brunei d’abolir les nouvelles peines et de s’assurer que toute mesure introduite soit cohérente avec les obligations et les engagements internationaux du pays en matière de droits de la personne", précise le communiqué.

 

"Répercussions négatives"

Les nouvelles peines ont des "répercussions négatives sur de nombreux groupes vulnérables de Brunei, notamment sur les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres (LGBT), les femmes et les enfants" et "augmentent les risques qu’elles subissent de la discrimination, de la persécution et de la violence", précise la déclaration.

 

Cette annonce faite par le Sultan Hassanal Bolkiah a déclenché une tempête internationale de critiques de la part de politiciens, de célébrités et de groupes de défense des droits humains. 

 

L’acteur américain George Clooney et le chanteur britannique Elton John avaient appelé au boycott des neuf hôtels de luxe liés au sultan de Brunei, et notamment ses deux hôtels parisiens, le Meurice et le Plaza Athénée. Le 6 avril dernier, une manifestation a eu lieu devant un hôtel londonien appartenant au Sultan.

 

Avec cette nouvelle loi entrée en vigueur le 3 avril dernier, l’État riche en hydrocarbures et situé sur l’île de Borneo, devient le premier pays d’Asie du Sud-Est à appliquer au niveau national un code pénal suivant la charia la plus stricte, comme le fait l’Arabie saoudite.

 

(Avec AFP)

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Asie

En Corée du Sud, les soldats gays menacés de triple peine

C'était un officier modèle de l'armée sud-coréenne, productif, passionné. Avec une vie cachée : il était gay, et entendait le dissimuler à tout jamais à sa famille, et il entretenait une liaison avec un autre militaire.

Photo d’illustration
Photo d’illustration

Les deux officiers se retrouvaient secrètement après le travail à l'extérieur de leur base militaire.

 

La Corée du Sud est une société conservatrice et c'est la seule économie avancée du monde où les relations sexuelles consenties entre deux hommes sont un délit aux yeux de la loi militaire. Or tous les Sud-Coréens sont contraints de servir sous les drapeaux pendant près de deux ans dans cette armée de conscrits chargés de défendre le pays contre les menaces nord-coréennes.

 

Le service militaire obligatoire est considéré comme un devoir patriotique en Corée du Sud. Y échapper peut entraîner des stigmates durables, avec des répercussions sur le statut social, sur les perspectives d'emploi...

 

Quand l'officier a été découvert et inculpé, il encourait potentiellement une triple humiliation : une condamnation pénale, une exclusion de l'armée pour cause d'indignité et un coming out contraint auprès de ses parents, qu'il décrit comme des "chrétiens conservateurs et pieux".

 

"Je travaillais très dur en tant qu'officier mais tout cela n'a plus compté quand je suis devenu un suspect", dit le conscrit de 27 ans, qui témoigne sous couvert de l'anonymat. "Il y avait des jours où je voulais mourir".

 

Aujourd'hui, l'une des plus hautes juridictions s'apprête à examiner ce type de situations difficiles.

 

Chasse aux sorcières

Les relations sexuelles homosexuelles entre civils sont légales en Corée du Sud. Toutefois, les gays, lesbiennes et transgenres sont discrets dans une société conservatrice influencée par les chrétiens évangéliques. Et l'armée sud-coréenne poursuit sans relâche les soldats qui entretiennent des relations homosexuelles.

 

En vertu de l'article 92.6 de son code pénal, connu comme la loi militaire sur la sodomie, ils encourent deux ans d'emprisonnement assortis de travaux forcés en cas de condamnation par une cour martiale. L'officier, un conscrit, a été arrêté avec 21 autres soldats aux termes d'une enquête menée en 2017.

 

Dans le cadre de leurs investigations, les enquêteurs avaient contraint les "suspects" à envoyer devant leurs yeux des messages à des utilisateurs d'applications de rencontres afin de débusquer d'autres soldats gays, selon le Centre des droits humains dans l'armée (CDHA), une organisation militante de Séoul qui accuse l'armée de se livrer à des "chasses aux sorcières".

 

D'après le CDHA, trois officiers de la marine font actuellement l'objet d'une enquête pour violation de l'article 92.6. L'un d'entre eux avait révélé son homosexualité à un conseiller militaire qui l'a dénoncé. "Le fait qu'un thérapeute militaire ait révélé l'orientation sexuelle du soldat sans son consentement en dit long sur les droits humains au sein de l'armée sud-coréenne", juge Lim Tae-hoon, directeur du CDHA.

 

La marine explique que l'enquête est menée conformément aux dispositions du code pénal militaire et sur ordre du ministère de la Défense.

 

Négation de l'existence

Les autorités estiment que l'interdiction de la sodomie dans le code pénal militaire "est nécessaire au maintien d'habitudes de vie saines et salutaires et de la discipline au sein de l'armée, qui est une institution communautaire", selon un porte-parole du ministère de la Défense.

 

La question des relations homosexuelles chez les soldats est controversée à travers la planète. Elles étaient interdites dans l'armée américaine jusqu'en 2013.

 

Dans une décision judiciaire historique, l'Inde a aboli en 2018 une interdiction des relations homosexuelles datant de l'ère coloniale mais le patron des forces armées indiennes, parmi les plus importantes du monde, a déclaré en janvier qu'elles ne seraient pas tolérées dans ses rangs.

 

En Corée du Sud, 12 soldats parmi les personnes arrêtées en 2017 ont attaqué la clause 92.6 devant la Cour constitutionnelle. L'officier anonyme ne figure pas parmi eux.

 

Depuis l'entrée en vigueur de la loi en 1962, cette Cour a été saisie trois fois. En 2016, elle l'a maintenue par cinq voix contre quatre. Cet arrêt a été dénoncé par les organisations internationales des droits humains, dont Human Rights Watch, qui a qualifié récemment la loi de "tache au bilan des droits humains du pays".

 

Amnesty International a fustigé un texte "archaïque et discriminatoire".

L'officier anonyme a été relaxé par un tribunal civil l'année dernière, l'affaire ayant été transmise à cette juridiction à la suite de sa démobilisation après la fin de son service militaire. C'était la première fois qu'un soldat inculpé aux termes de l'article 92.6 était relaxé. Mais l'accusation a depuis fait appel et le militaire attend désormais son deuxième procès, ainsi que l'arrêt de la Cour constitutionnelle. Il continue de cacher son orientation sexuelle à tous, ses parents, ses amis les plus proches. "C'est comme si mon existence tout entière était niée".

 

(Avec AFP)

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Info ou intox ?

Le sultan de Brunei, qui veut lapider les homosexuels, est-il vraiment grand'croix de la Légion d'honneur ?

Hassanal Bolkiah a été photographié en décembre 1996 avec l'insigne de la plus haute distinction de la République française lors d'une visite d'Etat dans l'Hexagone.

Hassanal Bolkiah lors de sa visite d'une usine d'Airbus dans la proche banlieue de Toulouse, le 17 décembre 1996. (JEAN-PIERRE MULLER / AFP)

Ce sont des clichés vieux de 1996 que Ouest France a dénichés. On y voit le sultan de Brunei, Hassanal Bolkiah, qui dirige ce petit Etat d'une main de fer depuis 1967, lors d'une visite d'Etat en France.

 

Ce puissant personnage, l'un des plus riches du monde, a récemment fait parler de lui pour avoir instauré, le 3 avril, la peine de mort par lapidation pour punir l'homosexualité et l'adultère dans son pays. Le nouveau Code pénal, qui suit la charia la plus stricte, prévoit aussi l'amputation d'une main ou d'un pied pour les voleurs.

 

Or, sur ces photographies datées du 17 décembre 1996, le sultan arbore l'insigne de grand-croix de la Légion d'honneur, la plus haute distinction de la République française. Comment Hassanal Bolkiah a-t-il pu être décoré ? Cette photo est-elle seulement réelle ? 

 

Des décorations discrètes

La chancellerie de la Légion d'honneur confirme à franceinfo que la décoration que l'on aperçoit au revers de la veste du sultan de Brunei sur la photo est bel et bien l'insigne de grand-croix. Cependant, la chancellerie ne confirme pas que le sultan a bien été décoré. Les distinctions remises à des étrangers n'ont, traditionnellement, pas vocation à être rendues publiques, et ne font jamais l'objet de la publication d'un décret au Journal officiel – sauf dans le cas d'étrangers résidant en France. "Certains étrangers, de par leurs positions politiques dans leur pays, peuvent être mis en danger s'il était affiché publiquement qu'ils sont distingués par la France", argue la chancellerie de la Légion d'honneur.

Hassanal Bolkiah et Jacques Chirac à l'Elysée, le 16 décembre 1996.  (JEAN-LOUP GAUTREAU / AFP)

Pourtant, dans l'ouvrage Les Grand-Croix de la Légion d’honneur de 1805 à nos jours, coécrit par Michel et Béatrice Wattel, le sultan de Brunei figure parmi les récipiendaires de cette prestigieuse décoration, comme le confirme Béatrice Wattel à franceinfo. Elle ajoute qu'il est la seule personne de son pays à avoir obtenu cette distinction. 

 

Un outil diplomatique 

Pour quelles raisons le chef d'Etat a-t-il été décoré ? "La Légion d'honneur a deux vocations, rappelle la chancellerie. La première est de distinguer des Français qui œuvrent pour le bien commun. La seconde est d'accompagner la politique étrangère de la France, cela était une volonté de Napoléon dès sa création." On n'en saura guère plus sur le cas du sultan de Brunei. "Quand on récompense un chef d'Etat ou un chef de gouvernement étranger, cette distinction est là pour matérialiser les relations entre les deux pays plutôt que les mérites de la personne décorée", poursuit la chancellerie. µ

 

Pour décorer un étranger, il existe deux procédures : soit le ministre des Affaires étrangères présente des dossiers de nomination, après s'être appuyé sur les ambassadeurs pour identifier les candidats, et ces dossiers font l'objet d'un avis du conseil de l'ordre de la Légion d'honneur. Soit le président de la République, grand maître de la Légion d'honneur, décerne ce prix à son entière discrétion. 

Le maire de Toulouse, Dominique Baudis, remet la médaille de la ville au sultan de Brunei sous le regard du ministre des Transports, Bernard Pons, le 17 décembre 1996.  (GABRIEL BOUYS / AFP)

Des remises discrètes de la Légion d’honneur ont ainsi déjà eu lieu, comme celle à Bachar Al-Assad en 2001 ou à Vladimir Poutine en 2006. Le 16 décembre 1996, la veille du jour où le sultan de Brunei a été photographié avec l'insigne de grand-croix, il avait été reçu à l'Elysée par Jacques Chirac à l'occasion de sa première visite d'Etat en France. "A travers votre personne, la France est heureuse d'honorer le Brunei", avait déclaré le président français, en soulignant que cette visite marquait "le point de départ d'une nouvelle ère de coopération entre (leurs) deux pays". 

 

Un simple décret suffit à retirer la décoration

Le lendemain, le 17 décembre 1996, Hassanal Bolkiah avait aussi reçu la médaille d'or de la ville de Toulouse des mains du maire Dominique Baudis lors d'un passage dans la Ville rose pour une visite des locaux d'Airbus, accompagné du ministre des Transports de l'époque, Bernard Pons.  

 

Hassanal Bolkiah en serait toujours titulaire. "Vu que c'est un problème qui touche aux relations internationales, le Quai d'Orsay devrait prendre une position officielle. Si l'Etat décide de lui retirer la grand-croix de la Légion d'honneur, nous emboîterons le pas en le privant également de la médaille de la ville", a affirmé le service presse de la mairie de Toulouse, contacté par La Dépêche.

 

Un simple décret du président de la République suffit pour retirer leur décoration aux étrangers. En 2018, la procédure avait été enclenchée à l'encontre de Bachar Al-Assad à la suite d'une attaque au gaz toxique contre sa population. Le président syrien avait rendu son insigne, estimant qu'il n'y avait "point d'honneur (…) de porter une décoration attribuée par un régime esclave (…) des Etats-Unis qui soutient les terroristes". 

 

(Article FranceTVInfos)

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Naufrage

Pour Benoît XVI, les scandales de pédophilie s'expliquent par la révolution sexuelle des années 60

Dans un véritable réquisitoire, l'ancien pape ultra-conservateur Benoît XVI explique les scandales de pédophilie du clergé par la révolution sexuelle des années 60, des idées théologiques nouvelles, ainsi que l'effondrement en Occident de la foi.

Pour l’ancien pape Benoît XVI, les scandales de pédophilie s’expliquent par la libération des mœurs de mai 68
Pour l’ancien pape Benoît XVI, les scandales de pédophilie s’expliquent par la libération des mœurs de mai 68

"La révolution de 1968 s'est battue pour une complète liberté sexuelle, qui n'admettait plus de normes", estime le pape émérite allemand dans un texte de 18 pages publié dans "Klerusblatt", mensuel bavarois destiné au clergé.

 

"La pédophilie a alors également été diagnostiquée comme permise et appropriée", ajoute-t-il, dans cette lettre publiée par des sites catholiques américains.

 

Benoît XVI, qui vit reclus dans un petit monastère de la Cité du Vatican, s'exprime très rarement depuis sa démission voici six ans. Et son texte qui le ramène sous les projecteurs a fait l'effet d'une petite bombe jeudi chez certains théologiens ou pour des victimes d'abus sexuels.

 

José Andres Murillo, un Chilien victime d'abus du clergé, a estimé jeudi que "le narcissisme théologique" de Benoît XVI avait "fait partie du problème de la culture d'abus et de silence de l’Église".

 

Le théologien américain Brian Flanagan juge par exemple dans un tweet que le lien que Benoît XVI fait avec les années 60 constitue "une explication fausse et embarrassante".

 

Dans son texte, le pape émérite allemand décrit "l'effondrement de grande ampleur" des vocations de prêtres après la révolution sexuelle des années 60 a fait souffler une "modernité" dans toutes les strates de la société y compris dans les séminaires formant des prêtres.

 

"Des cliques homosexuelles se sont développées dans différents séminaires", sans trop se cacher, relève-t-il de manière surprenante pour illustrer son propos sur une certaine "dissolution de l'enseignement morale de l’Église". Et un évêque avait par exemple décidé de montrer des films pornographiques aux séminaristes "avec l'idée de les rendre plus résistants à des comportements contraires à la foi", affirme-t-il.

 

Le pape émérite dresse en outre un constat assez amer d'une "société occidentale où Dieu a disparu de l'espace public" et où l’Église est perçue aujourd'hui comme "une sorte d'appareil politique".

 

"Pourquoi la pédophilie a-t-elle pris de telles proportions? Au final cela s'explique par l'absence de Dieu", devenu une "préoccupation d'ordre privé d'une minorité" de croyants, écrit-il.

 

Avant de devenir pape, Joseph Ratzinger dirigea la Congrégation pour la doctrine de la foi (héritière de l'Inquisition), où il fit la chasse durant 24 ans à toutes les dérives liturgiques ou sociales. Ce département du Vatican est également chargé d'étudier les dossiers d'abus sexuels du clergé parvenant au Vatican.

 

Ce professeur bavarois élu pape en 2005 a vite été confronté à des révélations en cascade d'abus sexuels commis sur des enfants par des membres du clergé. Il a notamment demandé en 2011 que les prêtres soupçonnés d'abus soient déférés devant la justice du Vatican.

 

C'est dans la deuxième moitié des années 1980 que la question de la pédophilie est devenue d'actualité pour l’Église, notamment aux États-Unis, entraînant progressivement un réexamen de la loi pénale du droit canon, retrace-t-il dans son texte.

 

L’Église avait auparavant garanti de manière excessive la seule protection des accusés, difficilement condamnables, rappelle le pape allemand.

 

Les réflexions du pape émérite viennent à la suite d'un sommet de l’Église organisé en février par le pape François portant sur les abus sexuels sur mineurs par le clergé.

 

(Avec AFP)

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Justice

Pierre Palmade : la garde à vue levée, l'humoriste sorti libre

L'humoristede 51 ans avait été placé en garde à vue ce jeudi 11 avril. Selon RTL, son accusateur aurait reconnu avoir menti.

Pierre Palmade
Pierre Palmade

Fin de la garde à vue pour Pierre Palmade qui a été remis en liberté en début de soirée, selon des sources concordantes. Selon RTL qui cite une source proche de l'humoriste, l'homme qui l'accusait de viol aurait reconnu avoir menti.

 

Jeudi 11 avril au matin, Pierre Palmade avait été placé en garde à vue dans un commissariat parisien. Une enquête avait été ouverte pour "viol, violences sous l'emprise de stupéfiants et dégradation ou détérioration d'un bien appartenant à autrui".

 

Selon le parquet de Paris, l'enquête, qui vise aussi un autre homme placé en garde à vue jeudi matin, n'est toutefois pas clôturée et la garde à vue est toujours en cours.

 

Cet homme qui accusait Pierre Palmade de viol l'a finalement "mis hors de cause", a indiqué une source proche du dossier. "La personne qui avait porté plainte a très rapidement reconnu avoir menti", a, pour sa part, indiqué jeudi soir à l'Agence France-Presse Me Sabine Kuster, avocate du comédien. "Aucune confrontation n'a même été nécessaire", a-t-elle ajouté.

 

L'appel de Pierre Palmade

Une enquête de flagrance a été ouverte dans la matinée des chefs de "viol, violences sous l'emprise de stupéfiants et dégradation ou détérioration d'un bien appartenant à autrui", et confiée au 1er district de police judiciaire, selon le parquet.

 

L'humoriste "a appelé la police jeudi matin, car son appartement avait été mis sens dessus dessous par la deuxième personne et quand les policiers sont arrivés, cette dernière a justifié ces dégradations en disant qu'elle avait été violée", avait expliqué un peu plus tôt dans la journée à l'Agence France-Presse une source proche du dossier.

 

Retour sur les planches

Après plus de sept ans d'absence, l'humoriste a fait son grand retour sur les planches au one man show en 2018 avec Aimez-moi !. La compagnie de café-théâtre Troupe à Palmade, dissoute en 2017 après 12 ans de spectacles à succès, doit également se reformer à compter du 28 avril, à l'affiche du théâtre de l'Œuvre, à Paris. Muriel Robin sera l'invitée de la première soirée de la troupe créée en 2005 par Pierre Palmade.

 

(avec AFP

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Lapidation des homosexuels

Bunei, le chef de la diplomatie britannique annule un événement au Dorchester

Le ministre britannique des Affaires étrangères Jeremy Hunt a annulé un événement prévu à l'hôtel londonien The Dorchester, propriété du Sultan de Brunei, après l'instauration par le petit État de la lapidation pour homosexualité, a-t-on appris mercredi de source gouvernementale.

L'événement, une levée de fonds pour le Parti conservateur au pouvoir, était prévu le 2 avril mais a été annulé en raison de l'entrée en vigueur à Brunei d'une nouvelle législation suivant la charia la plus stricte, avait rapporté lundi le quotidien britannique The Times.

 

"C'est vrai", a confirmé une source gouvernementale interrogée au sujet de cet article. "Nous avons clairement signifié à Brunei via tous les canaux disponibles qu'autoriser la lapidation des personnes homosexuelles était totalement contre les valeurs modernes", a aussi indiqué une source au sein du Parti conservateur, estimant qu’"à un moment où nous cherchons des réponses, cela n'aurait simplement pas été juste d'être vus comme nous en tenant au statu quo".

 

L'acteur américain George Clooney avait lancé un appel au boycott de neuf hôtels de luxe liés au sultan de Brunei, parmi lesquels The Dorchester et 45 Park Lane à Londres. L'appel a été relayé par des personnalités dont le chanteur britannique Elton John.

 

La fédération de la police britannique, qui représente plus de 119.000 officiers en Angleterre et au Pays de Galles a aussi annulé sa cérémonie annuelle de remise de prix prévue au Dorchester. "Ne rien faire n'était pas une option", a déclaré sur Twitter mercredi le président de cette fédération, John Apter. Il a justifié sa décision d'organiser la soirée dans un autre établissement en expliquant que "ses valeurs", la fédération et les policiers dans leur ensemble "ne nous permettaient pas d'être associés à un tel régime".

 

Samedi, des centaines de personnes ont manifesté devant le Dorchester contre les nouvelles lois instaurées à Brunei. "Nous comprenons la colère et la frustration des gens mais c'est une question politique et religieuse qui selon nous ne devrait pas se régler dans nos hôtels", avait indiqué le Dorchester dans un communiqué la semaine dernière.

 

Outre la lapidation en cas d'homosexualité ou d'adultère, le nouveau code pénal de Brunei instaure également l'amputation d'une main ou d'un pied pour les voleurs. Le viol est passible de la peine de mort, tout comme l'insulte au prophète Mahomet.

 

(Avec AFP)

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Agression de Julia

Rassemblement à Paris, un suspect de nouveau interpellé

Quelque 400 personnes se sont rassemblées ce mardi soir à Paris contre la transphobie après l'agression de Julia, femme transgenre, le 31 mars dernier, pour laquelle un suspect a de nouveau été placé en garde à vue plus tôt dans la journée.

Julia a été agressée place de la République - BFM Paris
Julia a été agressée place de la République - BFM Paris

Sur cette vidéo massivement relayée sur les réseaux sociaux, Julia était prise à partie par plusieurs personnes en marge d'un rassemblement place de la République contre le président algérien Abdelaziz Bouteflika, avant d'être secourue par des agents de sécurité de la RATP.

 

Présente mardi soir sur cette même place au milieu des manifestants, cette femme transgenre de 31 ans s'est emparée du micro pour dire sa détermination.

 

"Cette médiatisation m'a donné l'envie de continuer le combat (...) Que vous soyez gay, lesbienne ou trans, soyez fiers de ce que vous êtes, gardez la tête haute !", a-t-elle lancé sous les applaudissements.

 

Elle a ensuite raconté qu'elle venait de se faire "traiter de salope" juste avant ce rassemblement. "Malheureusement les agressions contre les personnes trans ont lieu au quotidien."

 

Au milieu de drapeaux blancs où les manifestants étaient invités à inscrire leurs revendications ("finis les mots, place aux actes" ; "trans, mon corps, mon choix"), d'autres ont témoigné de la transphobie ambiante.

 

"C'est une habitude de se faire insulter, frapper dans la rue ou dans le métro quand on est trans. Tous les jours, j'ai peur de sortir de chez moi à cause de ça", a raconté Yuri Suarès, une femme transgenre de 40 ans.

 

"Malheureusement, beaucoup de gens ne portent pas plainte parce qu'ils ne sont pas écoutés par la police qui ne respecte pas leur identité", a affirmé Giovanna Magrini, médiatrice d'Acceptess-T, association à l'origine de l'événement.

 

Sur le front de l'enquête, un homme soupçonné d'avoir participé à l'agression de Julia a été de nouveau placé en garde à vue mardi après-midi. Il avait été déjà arrêté le jour des faits avant d'être relâché le lendemain.

 

Une enquête pour "violences commises à raison de l'orientation sexuelle et de l'identité de genre" avait été ouverte immédiatement après cette agression qui a provoqué l'indignation de plusieurs responsables politiques, dont la maire de Paris Anne Hidalgo ou la secrétaire d’État à l’Égalité femmes-hommes Marlène Schiappa.

 

Mardi, les associations SOS homophobie, Mousse et Stop homophobie ont annoncé dans un communiqué s'associer à la plainte déposée par la jeune femme le 2 avril.

 

Selon le rapport annuel 2018 de l'association SOS Homophobie, 186 personnes transgenres ont signalé en 2017 une agression en raison de leur identité de genre, soit une hausse de 54% par rapport à l'année précédente.

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International : L’Église sollicitée pour condamner la criminalisation de l'homosexualité

Une cinquantaine d'avocats, juges, responsables politiques et militants LGBT ont demandé vendredi l'appui du Vatican pour condamner la criminalisation de l'homosexualité en vigueur dans 70 pays.

Le pape François (image d'illustration) - Alberto Pizzoli / AFP
Le pape François (image d'illustration) - Alberto Pizzoli / AFP

Le groupe a été reçu par le numéro deux du Vatican, le cardinal Pietro Parolin, qui a "réaffirmé la position de l’Église catholique en faveur de la défense de la dignité de toute personne humaine et contre toute forme de violence", précise le Saint-Siège.

 

L'avocat argentin Leonardo Raznovich lui avait auparavant présenté une étude universitaire en cours sur la criminalisation des relations sexuelles entre personnes de même sexe aux Caraïbes.

 

Dix pays de cette région sont particulièrement répressifs en la matière, avec des lois qui "stigmatisent" les homosexuels et les transexuels, cibles parfois de violences, a précisé Leonardo Raznovich en citant l'exemple de la Jamaïque.

 

"Nous avons besoin d'une déclaration claire de l’Église catholique dénonçant la criminalisation de l'homosexualité", résume-t-il, en notant que le pape a manifesté sa curiosité sur le sujet. "Le cardinal souhaite que nous continuions le dialogue. Certes il y a des questions doctrinales propres à l’Église, mais notre propos est de parler de dignité humaine", a expliqué Helen Kennedy, militante des droits de l'Homme au sein de l''Association internationale du barreau, un réseau regroupant 80.000 avocats de 170 pays défendant les droits de l'Homme.

 

Le pape a répété dans un texte de recommandations aux jeunes, publié lundi, que Église est engagée "contre toute discrimination et toute violence liées à l'orientation sexuelle".

 

Les participants à la réunion ont indiqué qu'ils devaient être reçus par le pape François, qui s'est toutefois rétracté mercredi pour des raisons non spécifiées.

 

Un peu déçue, Helen Kennedy, directrice d'une organisation canadienne combattant l'homophobie (Égale), a néanmoins qualifié la rencontre au Vatican de "moment historique".

 

Pour Ruth Balsacchino, ex-secrétaire générale de l'association internationale Ilga, une déclaration publique du Vatican "enverrait un message clair au monde qu'il n'y a rien de mal a être LGBT". Les deux femmes soulignent que sur 70 pays réprimant pénalement l'homosexualité, 6 prévoient la peine de mort.

 

(Avec AFP)

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Transgenres

Julia, agressée à Paris, sort la transphobie de l'ombre

L'agression massivement relayée sur les réseaux sociaux de Julia, femme transgenre insultée et frappée dimanche à Paris, a jeté une lumière crue sur le quotidien des personnes trans, fait de violences et de discriminations.

Julia, agressée à Paris, sort la transphobie de l'ombre
Julia, agressée à Paris, sort la transphobie de l'ombre

"Toutes ces personnes unies pour m'humilier, je ne comprenais pas, ça avait un côté surréaliste": quelques jours après les faits, Julia, 31 ans, se relève progressivement du "choc psychologique".

 

Vers 20H00, le rassemblement place de la République contre le président algérien Abdelaziz Bouteflika bat son plein, quand la jeune femme fend la foule, en majorité masculine, et s'engage dans l'entrée du métro.

 

Trois hommes lui barrent alors la route: "l'un m'a dit, 'toi, tu es un homme', et m'a attrapé le bras. Un autre a dit - mais tu as des seins ! - puis m'a touché la poitrine, je l'ai repoussé". Elle rebrousse chemin quand le troisième homme exhibe son sexe, lui tient des propos obscènes et la gifle : "tout le monde rigolait, j'ai reçu de la bière de personnes qui étaient au-dessus", raconte-t-elle dans un entretien à l'AFP.

 

En haut de l'escalier, un homme s'approche et lui ébouriffe vigoureusement les cheveux. "Je lui ai dit dans les yeux - tu ne me fais pas peur - et c'est là qu'il s'est mis à me frapper".

 

La scène est filmée par un témoin dont la vidéo, abondamment partagée sur Twitter, suscite l'émoi ainsi qu'une vague de soutiens, dont celui de la maire de Paris Anne Hidalgo et de la secrétaire d’État à l'égalité femmes-hommes, Marlène Schiappa.

 

La jeune femme, originaire de Toulouse, n'avait pas l'intention de porter plainte: "je pensais, comme toutes les victimes, qu'il ne se passerait rien sans preuves". La vidéo change tout et lui donne "l'opportunité" de parler des personnes trans.

 

"On vit cachée, on n'a aucune visibilité, ni en politique, ni dans les médias. C'est méconnu, ce n'est pas compris, ça peut faire peur aussi", explique Julia, qui a débuté sa transition il y a seulement cinq mois, après des années à refouler sa féminité. "On se réveille pas un matin en se disant - et si je devenais une femme ?'", dit-elle. "On veut juste pouvoir vivre dans le corps qui nous correspond."

 

Tournée des plateaux radio et télé, Une du quotidien Libération : Julia se lance dans un marathon médiatique. "Si je peux donner de la force à des personnes qui se sentent comme moi, s'assumer pleinement et leur permettre d'avancer, ce sera une belle victoire", explique-t-elle.

 

Son agression est venue rappeler l'âpreté du quotidien des personnes transgenres.

 

Sociologues spécialistes des questions liées à l'identité sexuelle, Arnaud Alessandrin et Johanna Dagorn viennent de terminer une enquête sur les actes LGBTphobes à Bordeaux, fondée sur 1.600 réponses.

 

"80% des personnes trans disent être stressées et inquiètes dans la rue, contre 40% en moyenne pour les gays, les bis et les lesbiennes, et plus de 20% déclarent des agressions physiques, viols ou tentatives de viol sur les douze derniers mois", observe le chercheur.

 

Les violences touchent davantage les femmes, "comme si le fait d'avoir quitté le statut d'homme était une injure à la virilité, la masculinité et l'hétérosexualité", souligne-t-il, tout en se félicitant de l'indignation soulevée par l'agression de Julia : "cette diminution du seuil de tolérance à la transphobie est assez inédite en France".

 

"Ce n'est que le sommet de l'iceberg", juge Clémence Zamora-Cruz, porte-parole de l'Inter-LGBT. "Tout le monde s'indigne, mais il faut s'indigner avec la même force pour toutes les autres discriminations", ajoute-t-elle.

 

Elle pointe du doigt "les juges qui continuent de réclamer des preuves médicales" pour valider un changement d'état civil, ce qui est interdit par la loi depuis 2016, "les psychiatres qui décident d'accorder ou non un traitement hormonal", alors que la transidentité n'est plus considérée par l'Organisation mondiale de la santé comme une maladie mentale depuis 2018, ou "les policiers qui questionnent les victimes d'actes transphobes sur leur identité de genre", décourageant les dépôts de plaintes.

 

"Nous avons une transphobie institutionnelle qui cautionne la transphobie du quotidien", dénonce Giovanna Rincon, porte-parole de la Fédération trans et intersexes, appelant les responsables politiques à ne pas se contenter d'"un message sur Twitter".

 

 

(Avec AFP)

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Homophobie d’État

Effrayée par la charia, la communauté LGBT de Brunei pense au départ

Zoella Zayce, une jeune femme transgenre originaire de Brunei, a fui l'an dernier ce pays d'Asie du Sud-Est évoluant vers un islam rigoriste et elle s'attend à une vague de départs dans la communauté LGBT effrayée par un nouveau code pénal qui punit l'homosexualité de lapidation.

Le sultan de Brunei Hassanal Bolkiah, le 3 avril 2019. (Crédit AFP)
Le sultan de Brunei Hassanal Bolkiah, le 3 avril 2019. (Crédit AFP)

La monarchie absolue du sultan Hassanal Bolkiah, souverain de Brunei, petit État musulman situé sur l'île de Borneo, a instauré mercredi la peine de mort par lapidation pour punir l'homosexualité entre hommes et l'adultère, une nouvelle législation d'inspiration islamique.

 

Ce nouveau code pénal a suscité les protestations d'ONG, de personnalités et de gouvernements sur toute la planète. La star du cinéma américain George Clooney a lancé un appel au boycott de neuf hôtels de luxe liés au sultan de Brunei, relayé par un nombre croissant de personnalités et d'élus.

A Brunei, la petite communauté LGBT, qui se faisait déjà très discrète dans ce pays adepte d'un islam conservateur, se dit horrifiée par ces nouvelles lois. 

 

Les lois que "Brunei a adoptées violent les droits humains élémentaires", dénonce un homosexuel de 33 ans qui parle à l'AFP sous couvert de l'anonymat.

 

"Toutes ces condamnations et ces appels au boycott sont parlants. Brunei devrait tout simplement abandonner ces lois et continuer à pratiquer un islam modéré", plaide-t-il.

 

Intimidation

Zoella Zayce, 19 ans, elle, a fui l'an dernier Brunei pour se réfugier au Canada où elle a déposé une demande d'asile.

 

Dès 2013, le sultan de Brunei avait annoncé l'adoption d'un nouveau code pénal inspiré de la charia la plus stricte, mais devant les protestations de la communauté internationale, l'entrée en vigueur des peines les plus sévères avait été repoussée. Les nouvelles lois ont finalement été instaurées cette semaine.

 

Les homosexuels menaient déjà "une existence secrète" avant cette législation et ils sont encore plus effrayés à présent, explique Zoella Zayce.

 

"Certains sont très inquiets et voudraient quitter le pays avant que ne soit révélé qu'ils ne sont pas hétérosexuels", ajoute la demandeuse d'asile.

 

Khairul, un homosexuel de Brunei qui n'a souhaité donner qu'une partie de son nom, voit ces lois comme une "intimidation". "Quand je serai prêt, je partirai pour une communauté plus sûre", assure-t-il.

 

Les rapports sexuels entre hommes étaient déjà illégaux et passibles de 10 ans de prison à Brunei. Avec cette nouvelle législation, ils exposent à la peine capitale par lapidation tandis que les rapports sexuels entre femmes sont passibles de flagellation et d'une peine de 10 ans de prison.

 

Pas de lieu de réunion

Difficile d'évaluer la taille de la communauté LGBT de ce pays de quelque 400.000 habitants puisqu'il n'existe pas d'endroit où ses membres puissent se réunir ouvertement. Aucun bar ou club ne veut être associé avec la communauté gay et aucune donnée ne semble disponible.

 

"La communauté LGBT est très discrète et (ses membres) sont généralement beaucoup moins ouverts que dans certains pays voisins de Brunei, comme la Thaïlande", explique Matthew Woolfe, fondateur de l'organisation de défense des droits humains The Brunei Project.

 

"Le gouvernement ne veut pas de contact avec la communauté LGBT et aucune association ne s'occupe d'elle", observe-t-il.

 

Matthew Woolfe a organisé le premier "événement LGBT" dans le pays en 2016 : une réunion dans un hôtel pour marquer la journée internationale contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie. En réaction, il a été interdit de séjour à Brunei.  

 

Si la population, aux deux tiers musulmane, soutient généralement la nouvelle législation inspirée de la charia, les analystes doutent que les peines les plus sévères soient jamais appliquées.

 

Les conditions pour que la justice prononce une sentence de lapidation restent en effet exceptionnelles: un accusé doit soit avouer son crime, soit l'avoir commis devant au moins quatre témoins. 

 

Dans ce royaume où la dernière exécution capitale remonte à 1957, le nouveau code pénal pourrait surtout aider le sultan à gagner le soutien de la frange la plus conservatrice de la population.

 

Toutefois, certains membres de la communauté LGBT restent confiants. "Si l'on reste discrets, tout ira bien", assure une femme transgenre de 23 ans sous couvert de l'anonymat.

 

(Avec AFP)

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Religion

Les Mormons autorisent le baptême des enfants de couples homosexuels

L’Église des mormons, officiellement appelée Église de Jésus-Christ des Saints des derniers jours, accepte désormais de baptiser les enfants de couples homosexuels, bisexuels ou transgenres qui en font la demande, qu'ils soient membres de ce culte ou non.

Cette décision "entre en vigueur immédiatement", a précisé jeudi dans un communiqué l’Église mormone. "Auparavant, notre manuel assimilait le mariage avec une personne du même sexe à de l'apostasie", autrement dit un reniement de la foi, explique le communiqué.

 

"Bien que nous considérions toujours une telle union comme une grave transgression, elle ne sera plus traitée comme de l'apostasie (...) A la place, les comportements immoraux seront traités de la même manière, qu'il s'agisse de relations hétérosexuelles ou homosexuelles", ajoute le texte.

 

"Les efforts de nos membres pour faire preuve de davantage de compréhension, de compassion et d'amour devraient contribuer au respect parmi les gens de bonne volonté. Nous voulons réduire la haine et le mépris si répandus de nos jours", écrit l’Église mormone.

 

Elle insiste toutefois sur le fait que "ces changements ne constituent pas un revirement dans la doctrine de l’Église sur le mariage ou les commandements de Dieu concernant la chasteté et la moralité."

 

Fondée en 1830, la religion mormone, dont le siège mondial est situé à Salt Lake City, dans l'Utah (ouest des États-Unis), revendique 16 millions de membres et s'est donnée pour mission de rétablir la vraie Église dans sa pureté primitive, afin de préparer le retour du Christ.

 

Elle s'appuie sur le "Livre de Mormon", du nom d'un ancien prophète, version "restaurée" de la parole véritable de Jésus, par opposition à la version classique résultant de la "grande apostasie" du christianisme.

 

L’Église de Jésus-Christ des Saints des derniers jours pratique également de longue date le baptême des personnes décédées, partant du principe que toutes n'ont pas forcément eu la possibilité de le faire de leur vivant.

 

Ces baptêmes peuvent être accomplis par procuration, c'est-à-dire qu'une personne vivante peut se faire baptiser par procuration pour une personne décédée, même plusieurs générations auparavant.

 

(Avec AFP)

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Police / Justice

Un jeune de 17 ans interpellé pour une agression homophobe dans les Yvelines

Un adolescent de 17 ans a été interpellé à Rouen et présenté à un juge pour enfants après une violente agression homophobe en février à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines), a-t-on appris jeudi de source proche de l'enquête.

La victime, un jeune de 18 ans, avait été insulté et roué de coups le 22 février dans le quartier de la Noé à Chanteloup-les-Vignes, a indiqué cette source, confirmant une information du Parisien.

 

Il s'est vu prescrire 30 jours d'incapacité totale de travail (ITT), ainsi que 30 jours pour les conséquences psychologiques de l'agression, selon la même source.

 

Un suspect de 17 ans a été identifié par les policiers de la sûreté urbaine de Conflans-Sainte-Honorine, chargés de l'enquête. Il avait fréquenté le même établissement scolaire que la victime.

 

Le suspect était interdit de séjourner à Chanteloup-les-Vignes à la suite d'infractions notamment liées aux stupéfiants mais son téléphone a borné le jour des faits dans la commune des Yvelines.

 

Interpellé mercredi à Rouen, où il résidait, il a été présenté à un juge pour enfants jeudi en vue d'une mise en examen, a précisé la même source.

 

(Avec AFP)

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Bosnie

Sarajevo accueillera sa première Gay Pride en septembre

Sarajevo accueillera en septembre sa première Gay Pride, ont annoncé lundi ses organisateurs, estimant que le climat dans la capitale bosnienne s'était améliorée depuis que des participants à un festival queer avait été agressés en 2008 et en 2014 par des islamistes radicaux et des hooligans.

"La Bosnie aura enfin sa Marche des fiertés qui sera organisée le 8 septembre à Sarajevo", a déclaré en conférence de presse Branko Culibrk, un des organisateurs. "Cette marche sera une manifestation contre les inégalités et contre la violation des droits des personnes LGBTIQ", a-t-il poursuivi.

 

La législation bosniaque interdit d'une manière générale toute sorte de discrimination, mais elle ne reconnaît pas les unions homosexuelles. Les autorités de ce pays qui souhaite adhérer à l'Union européenne ont fait des promesses quant à la reconnaissance des droits des couples homosexuels, mais ce processus traîne.

 

L'électorat des principaux partis politiques est largement conservateur. En 2008, une dizaine de personnes, dont des journalistes, avaient été blessées par des islamistes radicaux et des hooligans venus s'opposer à la tenue d'un festival queer à Sarajevo.

 

Plus de 80% des quelque 340.000 habitants de Sarajevo sont musulmans. Les Bosniaques (musulmans) représentent 50% des 3,5 millions d'habitants de la Bosnie. Près d'un tiers (31%) de la population est constitué de Serbes (orthodoxes) et 15% de Croates (catholiques).

 

Des hooligans s'étaient attaqués en 2014 à des participants d'un festival du film queer, blessant trois personnes dans un cinéma. Ce festival s'est depuis déroulé sans incident.

 

"Des Marches des fiertés ont lieu partout dans la région, et cette année elles auront lieu pour la première fois en Macédoine et en Bosnie", les deux seuls pays qui n'en avaient pas encore organisée, a expliqué Dajana Bakic, une organisatrice de la Marche de Sarajevo.

 

"Le climat a généralement changé et nous nous attendons à ce qu'un grand nombre de citoyens viennent manifester leur solidarité avec nous", a-t-elle ajouté. Selon sa collègue, Lejla Huremovic, les personnes de la communauté LGBTIQ locale "font l'objet de discriminations et de violences quotidiennes, en famille, à l'école, au travail, à la faculté, dans la rue,...".

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Paris

Une enquête ouverte après l'agression transphobe filmée Place de la République

Une enquête a été ouverte après l'agression filmée d'une femme transgenre dimanche à Paris qui a provoqué l'indignation de plusieurs responsables politiques et d'associations.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "violences commises à raison de l'orientation sexuelle et de l'identité de genre", a précisé une source judiciaire, ajoutant qu'une personne avait été placée en garde à vue avant d'être relâchée.

 

Sur une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, une femme transgenre est prise à partie par plusieurs personnes en marge d'un rassemblement place de la République contre le président algérien Abdelaziz Bouteflika, avant d'être mise à l'écart par le service de sécurité de la RATP.

 

Cette personne transgenre de 31 ans, a expliqué à France Inter, qu'elle voulait descendre pour prendre le métro, quand "il y a trois individus qui [lui] ont bloqué la route" : "Un d’eux me dit : 'Mais en fait toi, tu es un homme et de toute façon tu ne passeras pas'. Un des trois individus me dit : 'Mais tu as des seins, est-ce que je peux toucher ?' Et là, il a porté sa main sur ma poitrine."

 

"Je me suis retrouvée face à un homme qui a sorti son sexe devant moi et m’a dit que je devais lui faire plaisir. Les hommes qui étaient au-dessus m’ont jeté de la bière. Et la personne qui m’a touché la poitrine est revenue vers moi et m’a mis une gifle et la suite vous l’avez vue sur la vidéo", a ajouté la jeune femme. 

 

Sur les images, "on voit la foule vociférer et la personne essayer de se défendre, mais recevoir des coups et des insultes", décrit Joël Deumier, président de l'association de lutte contre l'homophobie SOS Homophobie, ajoutant que ces actes ne devaient pas rester "impunis".

 

"Chacun devrait pouvoir se déplacer librement dans l'espace public quel que soit son sexe ou son genre. Cette vidéo montre que ce n'est pas le cas et qu'il y a encore beaucoup de progrès à faire", poursuit-il.

 

Cette agression a également été condamnée par la maire de Paris. "Les coupables de cet acte intolérable doivent être identifiés et poursuivis" a affirmé Anne Hidalgo sur Twitter, se disant "indignée".

 

Côté gouvernement, la secrétaire d’État en charge de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations a dénoncé une scène "inadmissible", rappelant que les agressions homophobes et transphobes "ne sont pas des opinions mais de la bêtise et de la haine". "Elles agressent et tuent", a écrit Marlène Schiappa sur Twitter.

 

Le nombre d'agressions à caractère transphobe a fait un bond de 54% en 2017 avec 186 signalements recueillis cette année-là, selon le rapport annuel 2018 de l'association SOS Homophobie.

 

Vidéo

 

(Avec AFP)

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Homophobie

Google supprime enfin une application de thérapie de conversion de son offre

Après des mois de pression des défenseurs des droits LGBT, Google a enfin décidé de supprimer le programme homophobe "Pray Away the Gay ?" dans son app store Google Play.

"Après avoir consulté des organisations de défense [LGBT], revu nos politiques et s’être assurés que nous avons compris les liens entre l’application et les 'thérapies de conversion', nous avons décidé de la supprimer du Play Store", a déclaré un porte-parole de la société américaine.

 

"Pray Away the Gay ?" a été développé par l'organisation chrétienne "Living Hope Ministries" dans le but de "guérir" les personnes LGBT.

 

Sur l'application, les utilisateurs peuvent notamment lire que les lesbiennes et les gays ont un "style de vie destructeur" et que les personnes transgenres souffrent de "confusion sexuelle". Mais qu'elles peuvent se libérer de ces "fausses identités" en priant.

 

L'organisation "Truth Wins Out" qui lutte contre les pseudo thérapies de conversion réclamait depuis des mois la suppression de l'application.

 

Les sociétés américaines Apple, Amazon et Microsoft ont suivi cet appel en décembre. Une pétition protestant contre l'offre de l'application sur Google a été signée par plus de 140.000 personnes.

 

Sur son site Web, l'organisation "Living Hope Ministries" promeut une "vision du monde biblique de la sexualité à l'adresse de Jésus-Christ" basée sur "un mariage monogame et hétérosexuel conclu pour la vie entre un homme et une femme". 

 

Google a été condamné pour sa réaction tardive par l'organisation américaine LGBTI Human Rights Campaign. Il a été rétrogradé dans son indice Corporate Equality Index qui évalue la convivialité LGBTI des entreprises américaines. En 2018, Google avait encore reçu le nombre maximal de 100 points.

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Italie

Une marche rose et bleu pour clore le congrès ultra-réactionnaire des familles

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont participé, dimanche à Vérone en Italie, à la Marche des familles qui concluait le congrès mondial organisé par des militants ultra-conservateurs, anti-avortement et défenseurs d'un modèle familial traditionnel.

Des participants à la Marche des familles, avec une pancarte clamant "Une seule famille"
Des participants à la Marche des familles, avec une pancarte clamant "Une seule famille"

Les participants au cortège coloré, venus de toute l'Italie en train ou en autocar, étaient munis de ballons roses et bleus ou de pancartes avec des slogans comme "Dieu, famille, patrie" ou "Oui à la vie, Non à l'avortement", pouvait-on lire sur des banderolles.

 

Avant le départ de la marche, à la mi-journée, ils ont écouté le message final des organisateurs de la 13e édition du Congrès mondial des familles : "La famille pilier fondamental de notre société doit être au centre des politiques des gouvernements".

 

Ce rassemblement s'est déroulé au lendemain d'une contre manifestation qui a réuni samedi à Vérone entre 20.000 et 30.000 femmes venues de toute l'Europe pour dénoncer les thèses défendues par les congressistes et jugées "rétrogrades et discriminatoires" par les participantes.

 

Le congrès a aussi mis en lumière les profondes divisions qui existent sur les droits civils au sein de la majorité au pouvoir en Italie formée par la Ligue (extrême droite), du vice-président du Conseil Matteo Salvini, et le Mouvement 5 Etoiles (M5S, antisystème) de son homologue Luigi Di Maio.

 

Invité du congrès, Matteo Salvini y a réaffirmé son soutien aux familles "composées d'un papa et d'une maman" tout en rejetant certaines positions des congressistes qui militent pour l'abrogation de la loi qui a légalisé l'avortement en Italie (en 1978) et contre les unions civiles entre personnes de même sexe (en vigueur depuis 2016).

 

"On ne touche pas à la loi 194 (...). Il n'y a pas de débat ni sur l'avortement, ni sur le mariage, chacun fait l'amour avec qui il veut et dîne avec qui il veut", a martelé samedi Matteo Salvini qui reste fermement opposé à l'adoption par les couples homosexuels (non prévue par la loi mais régulièrement admise par la jurisprudence).

 

De son côté Luigi Di Maio, qui n'a pas participé au congrès, a nettement marqué sa différence critiquant l'événement où sont, selon lui, réunis "des fanatiques" qui défendent une vision du monde "appartenant au Moyen Âge".

 

Inauguré en 1997 par l'Américain Brian Brown, président de l'Organisation internationale de la famille, le congrès mondial (World Congress of Families) réunit chaque année depuis 2012 les défenseurs de la famille traditionnelle.

 

(Avec AFP)

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A chaud

Indignation après l'annonce du durcissement de la législation antihomosexualité au Brunei

A partir de ce mercredi, l'homosexualité et l'adultère seront passibles de la peine de mort par lapidation dans le pays, en vertu de la loi islamique, suscitant l'ire de stars comme George Clooney ou Elton John, ainsi que des associations de défense des droits de l'homme.

"Nous devons faire passer le message, comme nous le pouvons, qu’une telle manière de traiter les gens est inacceptable" : avec ces mots, postés samedi soir sur Twitter, le chanteur britannique Elton John s’est joint à l’appel au boycott des hôtels de luxe liés au sultan de Brunei.

 

Lancé par l’acteur américain George Clooney, cet appel vise à contester le durcissement à venir de la législation en vigueur contre l’homosexualité dans le pays.

 

Déjà interdite de longue date, elle deviendra, à partir de ce mercredi, passible de la peine de mort par lapidation, tout comme l’adultère, et ce en vertu de la charia, appliquée progressivement dans le pays depuis cinq ans.

 

Cette décision du sultanat a suscité l’ire des ONG de défense des droits de l’homme.

 

Ainsi, dans un communiqué publié mercredi, Amnesty International a dénoncé des "peines cruelles et inhumaines" et exhorté le Brunei à "réviser son code pénal dans le respect de ses obligations relatives aux droits humains", appelant par ailleurs la communauté internationale à dénoncer la politique du pays en la matière.

 

"Un des hommes les plus riches du monde"

Dans une lettre ouverte publiée par le site internet Deadline, l’acteur George Clooney a dénoncé sans ambages la politique menée dans le sultanat : "Bien sûr, aucune élection n’y a eu lieu depuis 1962, et la version la plus dure de la charia y a été adoptée", écrit-il. Et de poursuivre : "A la tête de tout cela, se trouve le sultan de Brunei, l’un des hommes les plus riches du monde. Il possède l’Agence d’investissement de Brunei, qui à son tour possède plusieurs hôtels parmi les plus beaux du monde".

 

L’acteur américain appelle donc à boycotter ces hôtels, dont il fournit la liste : il s’agit du Dorchester (Londres), du 45 Park Lane (Londres), du Coworth Park (Ascot, Royaume-Uni), du The Beverly Hills Hotel (Beverly Hills, Etats-Unis), du Bel-Air (Los Angeles, Etats-Unis), du Meurice (Paris), du Plaza Athénée (Paris), de l'Eden (Rome) et du Principe di Savoia (Milan, Italie). "Soyons clairs : chaque fois que nous séjournons, organisons des séminaires ou dînons dans l’un de ces hôtels, nous enrichissions directement des hommes qui choisissent de lapider et de fouetter à mort leurs propres citoyens homosexuels ou soupçonnés d’avoir commis un adultère", martèle l’acteur. "Brunei est une monarchie et un boycott n’aura certainement pas grand pouvoir pour changer ses lois. Mais allons-nous vraiment contribuer financièrement à ces violations des droits humains ?" questionne Clooney. L’association française SOS Homophobie a relayé cet appel au boycott.

 

"Double système judiciaire"

En réponse, le bureau du Premier ministre de Brunei a diffusé samedi un communiqué, dans lequel il rappelle que ce petit Etat, situé sur l’île de Bornéo, dispose d’un "double système judiciaire" : l’un islamique, qui ne s’applique qu’aux musulmans (soit les deux tiers de la population), et l’autre, civil, relatif à l’ensemble des habitants du pays. Ce nouveau code pénal controversé, en vertu duquel les voleurs pourraient également se voir amputés d’une main, ne concernerait donc que le système judiciaire islamique.

 

Après mercredi, les deux systèmes "continueront à s’appliquer en parallèle afin de maintenir la paix et l’ordre et préserver la religion, la vie, la famille et les individus quels que soient leur genre, nationalité, race et confession", écrivent les services du Premier ministre.

 

Hassanal Bolkiah, qui règne depuis 1967, avait annoncé en 2013 que la charia allait entrer progressivement en vigueur dans cette monarchie absolue, suscitant des vagues de protestation et de manifestations devant certains des hôtels possédés par son agence d’investissement. Selon l’association internationale de défense des droits LGBT+ Ilga, en 2017, les homosexuels risquaient des poursuites pouvant aller jusqu’à la peine de mort dans 72 pays à travers le monde.

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Tristesse

La cinéaste Agnès Varda est décédée à 90 ans

Elle a notamment réalisé "Cléo de 5 à 7", "Sans toit ni loi" ou encore le documentaire "Les Glaneurs et la Glaneuse". Elle avait reçu un Oscar d’honneur en 2017.

Agnès Varda
Agnès Varda

La cinéaste Agnès Varda est décédée à l’âge de 90 ans, a annoncé sa famille ce vendredi. "La réalisatrice et artiste Agnès Varda est décédée chez elle dans la nuit du jeudi des suites d’un cancer. Sa famille et ses proches l’entouraient", ont-ils précisé dans un communiqué.

 

Réalisatrice de la Nouvelle vague, elle a réalisé plusieurs longs-métrages dont "Cléo de 5 à 7" (1962), "Sans toit ni loi" avec Sandrine Bonnaire, pour lequel elle avait reçu le Lion d’or à la Mostra de Venise en 1985 ou encore "Jacquot de Nantes" en 1991 en hommage à son compagnon Jacques Demy, décédé en 1990.

 

Agnès Varda avait également réalisé de nombreux documentaires : "Mur murs", "Les glaneurs et la Glaneuse", "Les Plages d’Agnès" ou encore "Visages, villages" réalisé avec le photographe JR. Lui se disait désormais "inséparable" d’elle. "On échange quelquefois des images, et puis on se revoit. (…) Donc ça roule", soufflait-elle plutôt.

 

"Montrer des inconnus me fait plaisir", "je ne veux pas montrer, je veux donner l’envie de voir", avait-elle coutume de dire. À son rythme elle continuait à travailler sa poésie. Et à vivre, dans sa rue Daguerre (Paris XIVe).

 

"Montrer des inconnus me fait plaisir"

Redécouverte à l’orée des années 2000, elle avait notamment reçu une Palme d’honneur au Festival de Cannes en 2015, un Oscar d’honneur en 2017 à Hollywood, et la Caméra de la Berlinale en 2019.

Agnès Varda
Agnès Varda

En janvier dernier, la Cinémathèque de Paris a proposé une rétrospective de ses œuvres.

 

"Depuis les cinq dernières années, je reçois des hommages, des récompenses… Trop, même. Ça devient un peu disproportionné et ridicule. Je deviens un peu la potiche du cinéma féminin", avait-elle souri dans une interview.

 

Le ministre de la Culture Franck Riester s’est dit, sur Twitter, "bouleversé, accablé, endeuillé". "Ces sentiments qui accompagnent la certitude que nous venons de perdre l’une des plus grandes artistes de notre époque. Agnès Varda, je vous témoigne mon respect, ma reconnaissance et mon admiration", a-t-il écrit.

 

Avec le comédien Antoine Bourseiller, elle avait eu une fille, Rosalie Varda, que Jacques Demy adopta. Avec le réalisateur des Demoiselles de Rochefort, elle avait eu un fils, Mathieu.

 

Féministe infatigable, Agnès Varda regrettait que la société n’ait pas progressé assez vite depuis les années 1960 et 1970, voire reculé. "On peut être féministe de façon harmonieuse, mais il faut le dire tout le temps, et agir", disait-elle en 1995.

 

Les funérailles de la réalisatrice auront lieu mardi au cimetière du Montparnasse, à Paris, tandis que la Cinémathèque française lui rendra hommage.

 

Un dernier hommage pour une réalisatrice mondialement célébrée. Les obsèques d’Agnès Varda se tiendront, mardi 2 avril à 14 heures, au cimetière du Montparnasse, a annoncé samedi la Cinémathèque française dans un communiqué.

 

Une cérémonie lui sera également consacrée le même jour à la Cinémathèque, qui déplore la perte d’une "amie incomparable" qui était "capable de faire cinéma de tout" et "n’a cessé de se déplacer et de se réinventer".

 

L’annonce de la disparition de la cinéaste âgée de 90 ans, dans la nuit de jeudi à vendredi, a ému de nombreux artistes. Le réalisateur français Claude Lelouch a par exemple salué "une grande dame du cinéma".

 

L’Américain Martin Scorsese a quant à lui appelé sur Instagram les jeunes réalisateurs à regarder les films d’Agnès Varda, qui "a tracé son propre chemin" grâce à des "films fait main remarquables, avec ce bel équilibre entre documentaire et fiction".

 

Une pionnière de la Nouvelle Vague

"Immense cinéaste, photographe et plasticienne, elle va terriblement manquer à la création française", a également déclaré le président français, Emmanuel Macron, dans un message faisant part de ses "condoléances attristées".

 

Femme de convictions ayant bâti une œuvre originale, souvent pionnière, à la frontière entre documentaire et fiction, Agnès Varda était l’autrice, notamment, de Cléo de 5 à 7 (1962), Sans toit ni loi (1985), Les Glaneurs et la Glaneuse (2000), Les Plages d’Agnès (2009) ou Visages, villages (2017).

 

Son premier long-métrage, La Pointe courte (1955), annonçait la Nouvelle Vague, quatre ans avant Les 400 Coups (1959), de François Truffaut, ou Hiroshima mon amour (1959), d’Alain Resnais. "Le jeune cinéma lui doit tout", titrait en 1960 un article de l’hebdomadaire Arts signé Jean Douchet, cinéaste et critique.

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Brunei

George Clooney appelle au boycott d'hôtels détenus par le sultan de Brunei

Dans une lettre adressée à Deadline, George Clooney tire la sonnette d'alarme face au durcissement de la charia à Brunei. 

George Clooney
George Clooney

Il exhorte ainsi les personnes à ne pas se rendre dans de nombreux palaces de luxe à travers le monde qui sont financés par le sultanat. Deux se situent à Paris.

 

George Clooney lève le ton et met sa célébrité au service d'une cause qui lui tient à cœur : la défense les droits des hommes. Dans une lettre publiée jeudi 28 mars sur le site Deadline, l'acteur hollywoodien de 57 ans a dénoncé les affaires du sultanat de Brunei, propriétaire de nombreux hôtels et palaces à travers la planète. Il y a quelques jours, le monde apprenait que l'homosexualité et l'adultère seront bientôt passibles de peines de mort par lapidation dans ce petit État pétrolier d'Asie du Sud-Est qui a introduit dès 2014 la charia. La nouvelle législation de Brunei prévoit également l'amputation d'une main ou d'un pied pour vol.

 

Multi-milliardaire, le sultan Hassanal Bolkiah est propriétaire entre autres de la chaîne d'hôtels Dorchester Collection, qui possède le Plaza Athénée et l'hôtel Meurice à Paris et d'autres établissements de prestige à Londres, Milan et Rome, ainsi que le Bel-Air et le Beverly Hills Hôtel à Los Angeles. Ce sont tous ces établissements qui sont aujourd'hui pointés du doigt par George Clooney. Dans sa tribune, le comédien explique longuement le contexte.

 

"Allons-nous vraiment aider à financer le meurtre barbare de citoyens innocents ?"

"Le Brunei n’est pas un pays important. Sa population est inférieure à 500.000 habitants, assez petite par rapport à la plupart de ses voisins les Philippines, la Malaisie, l'Indonésie. Mais le Brunei a du pétrole. Cette année, il a été classé 5ème pays le plus riche par "Forbes". Tant mieux pour eux. Bien sûr, ils n’ont pas eu d’élections depuis 1962 et ont adopté la version la plus extrême de la charia, donc pas tant mieux pour eux. À la tête de tout cela se trouve le sultan de Brunei, l'un des hommes les plus riches du monde. Le grand Kahuna. Il est propriétaire de l’agence d’investissement du Brunei, qui possède à son tour des hôtels assez spectaculaires. Il y a quelques années, deux de ces hôtels à Los Angeles, le Bel-Air et le Beverly Hills Hôtel, ont été boycottés par beaucoup d'entre nous pour le traitement réservé par Brunei à la communauté gay. C'était efficace jusqu'à un certain point. Nous avons annulé une grande collecte de fonds pour la maison de retraite Motion Picture que nous organisions depuis des années au Beverly Hills Hôtel. De nombreuses personnes et entreprises ont fait de même. Mais, comme toutes les bonnes intentions, lorsque la chaleur blanche de l'indignation passe aux cent autres raisons de s'indigner, l'attention se dissipe et ces derniers retournent peu à peu aux affaires. Et l'Agence d'investissement du Brunei compte sur cela. Ils possèdent neuf des hôtels les plus exclusifs au monde. Divulgation complète : j’ai séjourné chez plusieurs d’entre eux, quelques-uns récemment, car je n’avais pas fait mes recherches et je ne savais pas à qui ils appartenaient. Ce sont de bons hôtels. Les personnes qui y travaillent sont gentilles, serviables et ne sont pas des actionnaires. Mais soyons clairs : chaque fois que nous restons ou organisons des réunions ou dînons dans l’un de ces neuf hôtels, nous mettons de l’argent directement dans les poches de ces hommes qui choisissent de marteler et de tuer à mort leurs propres citoyens pour avoir été gays ou accusés d'adultère. Le Brunei est une monarchie et tout boycott aurait certainement peu d'effet sur la modification de ces lois. Mais allons-nous vraiment aider à payer pour ces violations des droits de l'homme ? Allons-nous vraiment aider à financer le meurtre de citoyens innocents ? Au fil des ans, j’ai appris que vous ne pouviez pas leur faire honte. Mais vous pouvez faire honte aux banques, aux financiers et aux institutions qui traitent avec elles et choisir de regarder ailleurs. J'ai énuméré ci-dessous les neuf hôtels. C’est à chacun d’entre nous d'établir ce que nous voulons faire", a-t-il écrit.

 

The Dorchester, Londres

45 Park Lane, Londres

Coworth Park, Sunningdale (Angleterre)

The Beverly Hills Hôtel, Beverly Hills

Hôtel Bel-Air, Los Angeles

Hôtel Meurice à Paris

Hôtel Plaza Athénée, Paris

Hôtel Eden, Rome

Hôtel Principe di Savoia, Milan

 

(Photo AFP)

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Brunei : Honte et régression

Le sultan multimilliardaire se réclame de la charia pour imposer une régression des droits de l’homme.  

L’homosexualité et l’adultère vont bientôt être passibles de la lapidation à Brunei, qui s’apprête à faire appliquer les peines les plus sévères de la charia, la loi islamique, suscitant l’indignation des défenseurs des droits de l’homme. 

Je suis gay et j'en suis fier
Je suis gay et j'en suis fier

Cette nouvelle législation ferait de Brunei le seul pays d’Asie du Sud-Est où l’homosexualité, désormais considérée comme un crime, est passible de la peine de mort, selon Phil Robertson, de l’ONG Human Rights Watch.

 

Amnesty International a exhorté, mercredi, le pays à "arrêter immédiatement" la mise en application de ces mesures. 

 

"Légaliser des peines aussi cruelles et inhumaines est épouvantable", a déclaré Rachel Chhoa-Howard, spécialisée dans l’Asie du Sud-Est à Amnesty, dans un communiqué.

 

Brunei avait annoncé, en 2014, l’introduction progressive de la charia, malgré l’opposition des défenseurs des droits de l’homme. Un document du bureau du procureur général, daté du 29 décembre 2018, prévoit l’entrée en vigueur de ces dispositions au 3 avril.

 

Un porte-parole du ministère des Affaires religieuses a précisé, mercredi, que le sultan Hassanal Bolkiah ferait une annonce ce jour-là. "Ce n’est qu’après que nous connaîtrons la date d’entrée en vigueur de ces nouvelles dispositions", a-t-il dit à l’AFP. "Pour le moment, nous sommes prêts à mettre en application l’amputation d’une main pour vol. C’est tout." Rassurant…

 

Multimilliardaire, le sultan est propriétaire, entre autres, de la chaîne d’hôtels Dorchester Collection, qui possède le Plaza Athénée et l’hôtel Meurice à Paris et d’autres établissements de prestige à Londres, Milan et Rome, ainsi que le Bel-Air et le Beverly Hills Hotel à Los Angeles. L’annonce de l’introduction de la charia, en 2014, avait provoqué à travers le monde des appels au boycott d’hôtels appartenant au monarque.

 

"Si ce projet délirant est mis en oeuvre, il y a toutes les raisons de penser que le mouvement mondial de boycott contre Brunei va redémarrer", a déclaré le militant de HRW.

 

(Source HRW)

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