Mexique

Le militant LGBT historique Oscar Cazorla tué à son domicile

Oscar Cazorla, militant historique des droits LGBT au Mexique, a été tué chez lui à Oaxaca, le samedi 9 février.

Oscar Cazorla,  militant historique des droits LGBT au Mexique
Oscar Cazorla, militant historique des droits LGBT au Mexique

Selon la police de Oaxaca, qui a ouvert une enquête sur le meurtre, cet homme de 68 ans serait mort des suites d'un coup au cœur infligé par un objet tranchant.

 

Oscar Cazorla était bien connu dans l'État d'Oaxaca, dans le sud du Mexique, pour avoir défendu les droits de ceux qui s'identifient comme "mux", un troisième genre célébré dans la culture indigène depuis l'époque préhispanique.

 

En 1976, l'activiste LGBT assassiné avait été l'un des fondateurs de la Vela de las Autenticas Intrepidas Buscadores del Peligro - qui se traduit approximativement par la veillée des chercheurs authentiques, intrépides et dangereux - une célébration annuelle qui promeut le respect des muxes.

 

Son assassinat de Cazorla a choqué sa communauté. Pour l'heure, personne n’a été arrêté pour ce meurtre qui intervient dans un climat d'augmentation de la violence homophobe et transphobe. 

 

Jan Jarab, représentant du Bureau des droits de l'homme des Nations Unies au Mexique, a déclaré dans un communiqué : "Nous condamnons ce crime terrible qui touche toute la communauté Muxe et tous les défenseurs des droits de l'homme à Oaxaca."

 

"Ces dernières années, des crimes motivés par la haine et des meurtres de défenseurs des droits des LGBT + ont été perpétrés dans différentes régions du pays sans faire l'objet d'enquêtes suffisantes. Ce type d’impunité doit être surmonté et, pour ce faire, les conditions du meurtre d’Oscar doivent être éclaircies au moyen d’une enquête diligente tenant compte de toutes les hypothèses possibles, y compris la possibilité d’un crime de haine ou de représailles pour ses activités de défense des droits de l’homme", a-t-il précisé. 

 

Une déclaration de l’Union européenne a également déploré cet assassinat. 

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Interview / Frédéric Martel

La culture du secret sur l'homosexualité au Vatican permet de comprendre ses postures depuis 50 ans

"La culture du secret sur l'homosexualité majoritaire au Vatican est une clé de lecture de beaucoup de décisions ou de prises de positions morales du Saint-Siège" depuis cinq décennies, affirme Frédéric Martel, journaliste et sociologue

Frédéric Martel
Frédéric Martel

Dans un livre intitulé "Sodoma, enquête au cœur du Vatican", à paraître le 21 février (Éditions Robert Laffont) dans 20 pays et 8 langues, Frédéric Martel, qui a enquêté pendant 4 ans, a interrogé 1.500 personnes dans 30 pays avec 80 collaborateurs, décrit "la culture de la double-vie" chez des cardinaux et prélats du Vatican.

 

Dire qu'il y a des homosexuels au Vatican, ce n'est pas nouveau ?

C'est un secret de polichinelle, au Vatican ! Ce qui est nouveau, c'est que l'institution, le système, soit essentiellement homosexualisé. Ce qui m'intéresse ce ne sont pas les individus. Je ne révèle pas l'homosexualité de cardinaux vivants. Je cherche à comprendre comment l'institution s'est construite sur le mensonge, sur la double vie, la schizophrénie, l'hypocrisie - je reprends là les mots du pape François.

 

Cette culture du secret sur l'homosexualité majoritaire au Vatican est une source de distorsion de tous les aspects de l’Église. Et une clé de lecture de beaucoup de décisions ou de prises de positions morales du Saint-Siège. Ce mensonge a des conséquences immenses. Cela permet de comprendre la position de rejet du préservatif ; la misogynie du clergé; les scandales de la banque du Vatican à l'époque de l'archevêque Marcinkus, homosexuel lui aussi ; la démission de Benoît XVI, la fronde contre le pape François...

 

Depuis Paul VI (Pape de 1963 à 1978, NDLR), à mesure que la société se libère, l’Église a été obligée de renforcer son discours homophobe pour cacher son secret. C'est un mensonge d’État. La règle est simple : plus un prélat est homophobe en public, plus il a de chance d'être homophile en privé !

 

Vous décrivez une situation diverse, et vous préservez François...

Il y a des homophiles, des gays non pratiquants qui sont fidèles à leur pacte de chasteté. Ensuite il y a des gens qui ont peut-être eu des désirs, des relations mais le vivent très mal, se flagellent. Ensuite, il y a des gens qui vivent avec leurs amants, des cardinaux, souvent un assistant ou un ami. Ensuite il y a des cardinaux qui sortent, qui ont des amants. D'autres, au moins deux cardinaux proches de Jean-Paul II, ont eu recours à des prostitués masculins.

 

Le pape François a compris le système duquel il est lui-même prisonnier. Sa phrase célèbre est 'derrière la rigidité il y a souvent une double vie'. Il est plutôt, disons avec prudence, gay friendly, si on le compare à tous ses prédécesseurs, dès lors qu'il est question de juger un individu. C'est en revanche un opposant radical au mariage gay.

 

Cette culture du secret a permis, selon vous, indirectement, de couvrir les abus sexuels ?

Une précision: il n'y a pas de lien entre homosexualité et abus sexuels, évidemment. Mais la protection des prêtres abuseurs est très majoritairement le fait d'évêques homosexuels qui ont peur que le scandale ou la médiatisation les expose - en Italie, en Amérique latine, aux États-Unis comme en France.

 

L’Église a créé une culture du secret pour protéger l'homosexualité, et a protégé, de ce fait, les abus, alors même que cette culture n'avait pas été créée pour cela. C'est là où le système est extrêmement pervers, et aucune possibilité de réforme n'est possible, à moins de changer la doctrine de l’Église, c'est-à-dire le vœu de chasteté et du célibat.

 

Propos recueillis par Karine PERRET / AFP

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Église catholique

Le représentant du pape en France accusé d'agression sexuelle sur un cadre de la mairie de Paris

L'ambassadeur du Vatican auprès du gouvernement français, le nonce apolistique Luigi Ventura, est visé par une enquête pour "agressions sexuelles" ouverte le 24 janvier par le parquet de Paris. Mgr Luigi Ventura est soupçonné d'attouchements sur un employé de la mairie de Paris.

Luigi Ventura, représentant du pape en France
Luigi Ventura, représentant du pape en France

"Il y a eu un incident lors des vœux aux autorités diplomatiques et, rapidement, la décision a été prise de le signaler au procureur de la République", a déclaré Patrick Klugman, maire adjoint chargé des relations internationales.

 

"Lors de ces vœux, un agent de la ville a été victime de manière répétée, par trois fois, d'attouchements sexuels, de mains aux fesses assez poussées, dont une fois devant témoin", a appris l'AFP dans l'entourage de la mairie. Le nonce apolistique, 74 ans, accueilli par un jeune cadre de délégation générale aux relations internationales (DGRI), aurait laissé traîné "à plusieurs reprises" une main baladeuse sur le salarié.

 

Le jeune homme d'une trentaine d'années en a fait part à sa hiérarchie. Il travaille à la délégation générale aux relations internationales (DGRI) de la mairie. Diplomate de carrière du Vatican, Mgr Ventura est en poste depuis 2009 à Paris, chargé des relations du Saint-Siège avec les autorités françaises d'une part et avec les évêques de France d'autre part. "La nonciature n'a rien à confirmer", a-t-elle fait savoir à l'AFP.

 

Compte tenu de ses fonctions, Mgr Ventura bénéficie de l'immunité diplomatique.

 

La mairie de Paris a transmis le 23 janvier un signalement au procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, sur la base de l’article 40 du code de procédure pénale, qui oblige "toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire" apprenant un crime ou un délit à le signaler au procureur de la République. Le premier district de la police judiciaire a été saisi.

 

Un autre témoignage

TÊTU a recueilli le témoignage d’un autre homme qui accuse Mgr Luigi Ventura d’attouchements sexuels. Les faits se seraient déroulés lors d’une autre cérémonie de vœux, toujours au mois de janvier 2019.

 

La victime présumée explique à notre confrère avoir été présentée au nonce apostolique pendant la soirée. "Il m’a salué de la main droite et effleuré les fesses de la main gauche", confie l'homme qui indique que la scène se répète avec plus d'insistance quelques instants plus tard.  

 

(Avec AFP)

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Tunisie

Un homme victime de viol condamné pour homosexualité

En Tunisie, un homme qui avait porté plainte pour viol s'est retrouvé condamné à six mois de prison pour homosexualité. 

Photo d'illustration : des milliers de Tunisiens manifestent contre une réforme concernant notamment l'égalité hommes-femmes et la dépénalisation de l'homosexualité, à Tunis le 11 août 2018. 

Un scandale dénoncé par les militants pour les droits LGBT.

 

L'homme âgé de 26 ans, s'était rendu à un rendez-vous de nature sexuelle avec un autre homme rencontré sur Facebook, selon l'association Shams. L'homosexualité étant illégale en Tunisie, les lieux de rencontre sont rares, et les réseaux sociaux forment une alternative, parfois risquée.

 

Arrivé au rendez-vous, le jeune homme s'est retrouvé face à deux hommes qui l'ont violé, puis lui ont volé ses effets, selon la version de la victime relayée par l'association Shams. Il s'est rendu au commissariat pour dénoncer ses agresseurs, mais le procureur a ordonné un test anal, pratique contestée mais fréquente en Tunisie, pour établir s'il avait déjà eu des relations homosexuelles par le passé.

 

Il a été condamné à six mois de prison pour sodomie et à deux mois pour dénonciations calomnieuses, la cour ayant estimé qu'il ne s'agissait pas d'un viol mais d'une dispute à la suite de la relation sexuelle, a indiqué le parquet de Sfax.

 

Les deux autres hommes ont, quant à eux, été condamnés chacun à six mois de prison pour sodomie, quinze jours pour violences et un mois et demi pour vol, selon la même source.

 

Dans un communiqué, l'association tunisienne Damj, qui défend les droits des homosexuels, a dénoncé ce "genre de procès qui représente une violation flagrante aux droits de l'homme et à la dignité morale". Elle a appelé à "l'arrêt immédiat" de toutes les poursuites judiciaires se basant sur l'article 230 du Code pénal qui pénalise les rapports homosexuels et à la fin des examens anaux "humiliants".

 

Cette association a réclamé "la révision de tous les textes juridiques discriminatoires qui vont contre la liberté et qui ne correspondent plus aux libertés individuelles stipulées dans la nouvelle Constitution".

 

Les condamnations pour homosexualité se sont multipliées ces dernières années en Tunisie. En 2018, 127 personnes ont été condamnées à des peines de prison pour homosexualité, contre 79 en 2017 et 56 en 2016, selon Shams.

 

"Les juges deviennent de plus en plus stricts sur les affaires de mœurs", a souligné l'avocat Mounir Baatour, qui dirige l'association Shams, mettant cela sur le compte de "l'influence grandissante" du parti d'inspiration islamiste Ennahdha dans les tribunaux.

 

(Avec AFP)

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Santé – VIH /Sida

Avec ou sans Valentin-s

La "fête des amours" nous invite à faire un point sur nos relations affectives… et plus si affinité.

 

Selon les époques et les régions du monde, le 14 février sont célébrés les couples, les amours et les amitiés. C’est une bonne occasion de se pencher sur les modalités relationnelles que nous pouvons entretenir entre hommes.

 

D’aucuns ont rencontré celui avec lequel ils ont envie de construire une relation durable. Les premières semaines ont permis de mieux se connaître et d’être en mesure de définir ensemble la forme de couple souhaitée.

S’informer réciproquement

Le premier point est de s’informer réciproquement de son statut sérologique. Si l’un des partenaires se sait séropositif, il pourra expliquer à un partenaire séronégatif qu’avec une charge virale indétectable, il n’y a aucun risque de transmission du virus, y compris lors de rapports sexuels.

 

Dans tous les cas, après au moins 6 semaines de relation, il est possible de faire des analyses pour exclure les principales IST et pour vérifier son statut VIH, négatif ou indétectable. Il s’agira ensuite de décider si le couple reste exclusif ou si d’autres partenaires sont acceptés.

 

Si le couple décide d’être exclusif, le préservatif peut être abandonné à condition que les choses soient claires pour les deux partenaires. Cela implique de discuter de l’attitude à adopter en cas d’incident de parcours. Se mentir, c’est mettre en danger la relation ainsi que sa santé et celle de son partenaire. Si le couple souhaite rester ouvert à d’autres partenaires, reste à décider si ces relations auront lieu ensemble ou chacun de son côté ou encore quelles pratiques sexuelles seront autorisées ou non avec un autre.

 

Les membres du couple doivent choisir ensemble quelle(s) stratégie(s) de réduction des risques VIH pour les rapports entre eux et avec des partenaires occasionnels/ anonymes. Quoi qu’il en soit, un dépistage des principales IST est recommandé tous les 6 à 12 mois.

 

Rapport de confiance

Selon les aléas de la vie, les couples se font et se défont. A chaque nouvelle relation, le même processus doit être renouvelé. Les serial lovers peuvent ainsi être amenés à le faire plusieurs fois, parfois dans la même année, avec des partenaires stables successifs.

 

Mais les relations stables ne se limitent pas à des duos. Il est possible d’entretenir dans le temps une ou plusieurs amitié(s) avec bénéfices. Avec un ou plusieurs sexfriends, un rapport de confiance peut progressivement se créer.

 

Le désir peut alors naître de ne plus systématiquement utiliser de préservatif. Si l’un des deux est séropositif indétectable, il n’y a pas de risque VIH. En revanche, un partenaire séronégatif pourrait contracter le VIH avec un plan d’un soir ou avec un autre de ses sexfriends. Dans ce cas, prendre la PrEP permet de se protéger du VIH. Les prises pourraient être régulières ou plus ponctuelles, seulement pour encadrer les rendez-vous avec un ou plusieurs de ses partenaires réguliers privilégiés.

Mais pour créer une relation encore faut-il en avoir envie. Certains peuvent préférer rester libre de tout attachement. Quoi qu’il en soit, les possibilités de rencontre ne manquent pas :

Un échange sur une app ou un réseau social. Une soirée dans un bar, en boîte ouchez des ami·e·s.

 

Un saut dans un sauna, un sexclub ou une soirée privée. Un séjour alpestre, dans une ville européenne ou dans un pays à l’autre bout du monde.

 

Être prêt à toute éventualité

On ne sait jamais si l’on ne va pas y croiser un partenaire pour un instant ou pour (bien) plus longtemps. Il est important d’être prêt à toute éventualité. Avoir des préservatifs et du lubrifiant sous la main peut toujours être utile. Si l’on est séronégatif, la PrEP peut être un bon moyen de s’épargner pas mal d’inquiétudes et d’avoir des rapports sans risque de contracter le VIH.

 

Si l’on n’a rien de prévu et que l’on a envie de faire le plein d’amour, seul ou à plusieurs, il est toujours possible de faire un saut au Locle, capitale mondiale de la Saint Valentin 

 

(Source 360°)

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Algérie

Meurtre homophobe d'un étudiant de 21 ans sur le campus d'Alger

Deux agresseurs ont tranché la gorge d'un jeune homme de 21 ans sur le campus de l'université d'Alger et ont écrit avec son sang "Il est gay" sur le mur de sa chambre d'étudiant.

Assil Belalta
Assil Belalta

Assil Belalta a apparemment été assassiné dans le cadre d'un meurtre homophobe. L'étudiant algérien n'avait que 21 ans.

 

Selon les médias locaux, il aurait été assassiné dimanche par deux inconnus dans son dortoir de l'université d'Alger.

 

Assil Belalta, qui faisait des études de médecine en troisième année, est rentré dans sa chambre du district de Ben Aknoun à 19 heures dimanche soir. Deux hommes l'ont suivi et lui ont tranché la gorge. Plus tard, des amis ont retrouvé le corps de l’étudiant tué.

 

Les agresseurs ont écrit les mots "Il est gay" sur le mur de la pièce avec le sang de leur victime. Ensuite, ils ont volé les clés de la voiture de leur victime et ont pris la fuite.

 

L'acte a suscité colère et protestation parmi les étudiants. Lundi matin, plusieurs centaines d'étudiants ont observé une minute de silence sur le campus.

 

Beaucoup se sont dit scandalisés par la précarité de la vie sur le campus. À maintes reprises, il y a eu des vols, des agressions et même des viols sans que l'administration n'ait rien fait à ce sujet.

 

Le ministre de l’Éducation, Tahar Hadjar, s'est rendu sur les lieux du crime, mais les activistes LGBT mettent en cause le gouvernement. L'association Alouen a déploré que "l'homophobie d'État" soit en train de se banaliser dans le pays. "Les politiciens et certains médias homophobes sont les véritables coupables de ce crime", a déclaré Alouen.

 

En Algérie, les relations homosexuelles peuvent être punies de sanctions allant jusqu'à trois ans de prison.

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Bordeaux

Une enquête ouverte après une triple agression homophobe

Cette enquête fait suite au dépôt d’une plainte contre X à la suite de l’agression de trois personnes devant un bar gay du centre-ville dans la nuit de vendredi à samedi.

Un autocollant "l'homophobie tue" porté lors d'un rassemblement contre les LGBTphobies le 3 novembre 2018, à Rouen. Photo C. Triballeau. AFP 

Une enquête a été ouverte à Bordeaux après le dépôt d’une plainte contre X à la suite de l’agression de trois personnes devant un bar gay du centre-ville, a-t-on appris dimanche auprès du parquet.

 

"Trois individus ont été agressés à la sortie du bar "le Buster" dans ce qui semblerait être une agression homophobe commise par un groupe de 5 personnes", dans la nuit de vendredi à samedi, a précisé le parquet."Deux des trois victimes ont déposé plainte et l’une d’elle est actuellement hospitalisée", a ajouté la même source.

 

L’association LGBT bordelaise Le Girofard a publié sur son compte Facebook des photos d’un homme sur un lit d’hôpital avec des blessures multiples au visage (nez, œil, arcade) et a dénoncé "une multi-agression à caractère homophobe" qui a eu lieu à la fermeture de l’établissement de nuit bordelais. Selon l’association, "il s’agit bien de trois personnes agressées gratuitement". 

Augmentation du nombre de plaintes

Sur sa page Facebook, le Buster Bar a parlé d'"acte odieux, lâche et homophobe": "Nous sommes choqués de constater qu’en 2019, à Bordeaux, on ne peut toujours pas être gay et le vivre ouvertement sans risquer de subir des violences homophobes". 

 

Le nombre de plaintes pour actes homophobes a augmenté en France l’an dernier. Selon le ministère de l’Intérieur, 262 plaintes ont été déposées entre janvier et septembre 2018, soit 15% de plus qu’en 2017, une année déjà marquée par l’augmentation des témoignages d’actes haineux. L’on comptait par ailleurs en 2017, 1026 infractions à caractère homophobe et transphobe recensées par la police et la gendarmerie. 

 

Le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah), Frédéric Potier, était attendu lundi à Bordeaux à l’occasion du lancement par le maire de la ville Alain Juppé d’une "grande enquête sur le racisme et l’antisémitisme", un déplacement prévu avant l’agression homophobe présumée. En octobre, dans un entretien auprès de Libération, il regrettait que "l’homophobie et la transphobie demeurent très ancrées dans notre pays". 

 

(Source Libération)

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USA

Trump félicite Karen Pence pour son travail dans une école anti-LGBT

Le président américain Donald Trump a félicité la femme du vice-président, Karen Pence, jeudi 7 février, pour son travail de professeur d’art plastique dans une école ouvertement anti-LGBT.

Karen Pence – Donald Trump
Karen Pence – Donald Trump

Les dérapages et prises de positions ouvertement anti-LGBT du président des États-Unis, Donald Trump, seraient-ils sans fin ? Il semblerait.

 

À l’occasion du "National prayer breakfast", organisé chaque année par des membres du congrès et une association chrétienne, il a récidivé.

 

À la tribune, Donald Trump a chaleureusement félicité Karen Pence, la femme de Mike Pence, le vice-président américain, pour son travail de professeur d’art plastique dans l’école anti-LGBT Immanuel Christian School, située dans le nord de la Virginie.

 

"C’est une femme extraordinaire, une partisane des familles de militaires, qui vient de recommencer à donner des cours d’art dans une école chrétienne. Merci. Merci Karen", a-t-il lancé en applaudissant.

 

Ce qui n’a pas manqué de faire réagir les internautes sur Twitter : "Trump démarre son discours pour le National Prayer Breakfast en applaudissant Karen Pence qui enseignent dans une école chrétienne. Vous savez celle avec une politique anti-LGBT."

 

Cibler les étudiants LGBT+

Karen Pence, peintre et illustratrice qui enseigne l’art depuis plusieurs années, avait intégré l’école chrétienne plus tôt cette année pour y enseigner les arts plastiques deux jours par semaine.

 

Elle avait quitté l’école et a choisi de la réintégrer à la mi-janvier. Ce qui lui a vallu d’être, à juste titre, vivement critiquée par les défenseurs des droits LGBT+.

 

Car cette école a adopté une politique ouvertement anti-LGBT. L’institution a en effet le droit de refuser l’admission d’étudiants, s’ils soutiennent ou participent à "une activité immorale, homosexuelle ou bisexuelle". Un traitement qui s’applique également aux employés. Et la faute morale est définie en tant qu’"activité sexuelle homosexuelle ou lesbienne, polygame, ou le fait de se présenter comme personne transgenre".

 

L’organisation de veille médiatique concernant les LGBT+, ou Alliance gaie et lesbienne contre la diffamation (GLAAD), a déploré une telle prise de position sur son compte Twitter : "C’est perturbant que la seconde dame et Donald Trump approuvent une institution qui cible activement les étudiants LGBTQ." 

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Chronologie

Le sida en dix grandes dates

Le président américain Donald Trump veut éliminer l'épidémie de VIH dans son pays d'ici dix ans. Retour sur les grandes étapes d'une maladie qui marqué l'histoire récente, de son émergence aux espoirs actuels pour stopper la pandémie.

- 1981: première alerte 

Le 5 juin 1981, l'organisme américain de surveillance et prévention des maladies (CDC) signale une forme rare de pneumonie chez de jeunes homosexuels californiens. C'est la première alerte sur le sida. On ignore alors tout de cette maladie qui n'a pas encore de nom.

 

Le CDC rapporte ensuite les mêmes "infections opportunistes" chez des consommateurs de drogues injectables (fin 1981), des hémophiles ayant recours à des transfusions sanguines (mi-1982), des Haïtiens résidents aux États-Unis (mi-1982). On parle de maladie des 4H (homosexuels, héroïnomanes, hémophiles et Haïtiens).

 

Le terme "aids" ("acquired immune deficiency syndrome") apparaît en 1982. En français : "sida", pour syndrome d'immunodéficience acquise.

 

- 1983: découverte du virus 

En janvier 1983, à l'Institut Pasteur à Paris, les chercheurs Françoise Barré-Sinoussi et Jean-Claude Chermann, sous la direction de Luc Montagnier, isolent un nouveau virus qu'ils baptisent LAV et qui "pourrait être impliqué" dans le sida.

 

Le 23 avril 1984, les États-Unis annoncent que le spécialiste américain des rétrovirus Robert Gallo a trouvé la cause "probable" du sida, un rétrovirus baptisé HTLV-III. LAV et HTLV-III s'avèrent être le même virus, baptisé en 1986 virus de l'immunodéficience humaine, ou VIH.

 

- 1987: premier traitement 

Le 20 mars 1987, le premier traitement antirétroviral AZT est autorisé aux États-Unis. Il est coûteux et ses effets secondaires nombreux.

 

Le 31 mars, un accord est signé entre la France et les États-Unis pour mettre fin au contentieux sur l'antériorité de la découverte du VIH. Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier recevront, en 2008, le prix Nobel de médecine.

 

- Début 90: des étoiles tombent 

L'acteur américain Rock Hudson est la première victime célèbre connue du sida en octobre 1985. Au début des années 90, plusieurs étoiles tombent : Freddie Mercury en novembre 1991, Rudolf Noureev en janvier 1993. En 1994, le sida devient la première cause de décès parmi les Américains de 25 à 44 ans.

 

- 1995-1996: début des trithérapies 

En 1995-1996, l'arrivée de deux nouvelles classes de médicaments marque un tournant: les inhibiteurs de protéase et les inhibiteurs non-nucléosidiques de transcriptase inverse. C'est le début des combinaisons de différents antirétroviraux: les trithérapies, qui se révèlent très efficaces.

 

En 1996 aux États-Unis, pour la première fois, le nombre de victimes décline.

 

- 1999 : 50 millions 

Un rapport de l'OMS et d'Onusida en novembre 1999 évalue à 50 millions les personnes infectées par le VIH depuis le début de l'épidémie. 16 millions en sont mortes. L'Afrique est le premier continent touché avec 12,2 millions de séropositifs.

 

- 2001: médicaments génériques

Après un accord signé en 2000 par Onusida et cinq grands laboratoires pour distribuer des traitements abordables dans les pays pauvres, un compromis est signé le 13 novembre 2001 à l'OMC pour permettre aux pays en développement de fabriquer des médicaments génériques.

 

- 2003 : plan Pepfar

Le président américain George Bush lance le Plan présidentiel d'aide d'urgence à la lutte contre le sida (Pepfar) pour des traitements anti-rétroviraux et des mesures de prévention dans 15 pays, la plupart d'Afrique subsaharienne. En 2018, le Pepfar a engagé 70 milliards de dollars contre le sida.

 

- 2012: traitement préventif 

Le 16 juillet 2012, un premier traitement préventif dit PrEP ("prophylaxie pré-exposition"), le cocktail antirétroviral Truvada, est autorisé aux États-Unis.

 

- 2017: la moitié des malades traités

Pour la première fois, plus de la moitié des malades dans le monde sont traités, selon Onusida. En 2017, 36,9 millions de personnes étaient infectées. Quelque 35,4 millions de séropositifs sont morts depuis 1981.

 

(Avec AFP)

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Pressions

François Ozon assigné pour reporter son film sur un prêtre accusé de pédophilie à Lyon

La défense d'un prêtre lyonnais mis en examen pour agressions sexuelles a assigné en référé le réalisateur François Ozon pour obtenir un report de la sortie de son film sur l'affaire, prévue le 20 février avant le procès.

Cette assignation intervient au lendemain de la mise en demeure du cinéaste par une femme, ancien membre du diocèse de Lyon, jugée récemment aux côtés du cardinal Barbarin pour non-dénonciation d'agressions sexuelles, pour qu'il retire son nom du film en question, intitulé "Grâce à Dieu".

 

Le film raconte la naissance de l'association de victimes "La Parole Libérée", fondée par d'anciens scouts lyonnais ayant dénoncé les agissements du père Bernard Preynat, mis en examen depuis janvier 2016 et qui pourrait être jugé en fin d'année 2019.

 

Vendredi dernier, l'un des avocats de père Preynat, Me Emmanuel Mercinier, a déposé vendredi un recours contre Ozon devant le tribunal de grande instance de Paris pour reporter la sortie du film.

 

"Si aujourd'hui on commence à autoriser des films portant atteinte à la présomption d'innocence de personnes qui ne sont pas encore jugées, on ouvre une brèche extrêmement dangereuse", a-t-il affirmé à l'AFP.

 

Surfer sur l'actualité judiciaire

En décembre, l'avocat lyonnais du prêtre, Me Frédéric Doyez, avait déjà demandé au réalisateur et à ses producteurs de reporter la sortie du film après le procès, afin de ne pas porter atteinte à la présomption d'innocence de son client.

 

Faute d'avoir obtenu gain de cause, il a chargé Me Mercinier d'engager un recours.

 

"Il suffit de voir la bande-annonce, disponible en ligne, pour constater que le père Preynat apparaît à la 2e ou 3e seconde, qu'il est cité ou désigné à 13 reprises durant la première minute, et qu'il est présenté comme coupable des faits pour lesquels il est actuellement poursuivi. Or, la loi interdit de présenter comme établie la culpabilité d'une personne avant qu'elle soit jugée", argumente ce dernier.

 

La partie adverse "va sans doute considérer qu'il y a eu des aveux durant la procédure et que par conséquent, il n'y a plus lieu de respecter la présomption d'innocence, mais c'est un principe absolu", ajoute l'avocat.

 

La défense reproche aussi à la production du film de "surfer sur l'actualité judiciaire", alors que le tribunal correctionnel de Lyon doit rendre son délibéré, le 7 mars, dans le procès intenté au cardinal Philippe Barbarin pour ne pas avoir dénoncé à la justice les agissements du père Preynat.

 

L'archevêque de Lyon a comparu début janvier avec cinq autres personnes dans cette affaire.

 

L'une d'elles, l'ancienne bénévole du diocèse Régine Maire a de son côté mis en demeure François Ozon pour qu'il retire son nom du film.

 

Dans une interview accordée à La Nouvelle République, dont le quotidien régional a publié un extrait vendredi sur internet,le cinéaste a défendu son film, expliquant qu'il allait le montrer à Régine Maire et assurant qu'il n'est "absolument pas à charge contre elle" et "n'aborde jamais sa vie privée". 

 

"Tout ce qui est dans le film repose sur des sources", a-t-il souligné.

 

(Avec AFP)

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États-Unis

Donald Trump veut "éliminer" le VIH aux États-Unis d’ici 10 ans

Le président américain Donald Trump a annoncé, mardi 5 février, lors de son discours annuel devant le Congrès, vouloir mettre fin à l’épidémie de sida aux États-Unis dans la prochaine décennie. Une annonce très surprenante, qui tranche radicalement avec toute la politique menée jusqu’alors sur le VIH et la santé des LGBT+.

Crédit photo : Doug Mills / POOL / AFP. 
Crédit photo : Doug Mills / POOL / AFP. 

Surprise générale. Donald Trump a annoncé mardi 5 février, vouloir dompter l’épidémie du sida aux États-Unis avant 2030.

 

Une annonce accueillie positivement par les associations et les experts, et que le Congrès va être appelé à financer dans le prochain budget. "Mon budget demandera aux démocrates et aux républicains de dégager les moyens nécessaires pour éliminer l’épidémie de VIH aux États-Unis d’ici 10 ans. Ensemble, nous vaincrons le sida en Amérique et au-delà ", a déclaré le président républicain lors de son discours annuel sur l’état de l’Union, au Capitole.

 

Un changement de cap radical, qui intervient après un coup d’arrêt dans la recherche sur le VIH en décembre dernier. Des scientifiques s’étaient vu interdire, en toute discrétion, de poursuivre leurs recherches sur des souris avec du tissu foetal.

 

Tâche titanesque

Le secrétaire à la Santé, Alex Azar, a ensuite fourni plus de détails sur l’annonce présidentielle. Et l’objectif à atteindre est énorme. Il s’agit de réduire le nombre de contaminations par le VIH aux États-Unis de 75% en cinq ans, et 90% en dix ans. 

 

Environ 38.000 personnes ont été contaminées par le VIH aux États-Unis en 2017, selon les statistiques gouvernementales. Ce nombre s’est réduit au fil des années, mais dans certaines communautés le reflux ne se produit pas, notamment chez les LGBT+, les Noirs et les Hispaniques.

 

Mais pour les associations, l’objectif n’est pas jugé farfelu. Une coalition d’organisations anti-sida avait affiché l’objectif "ambitieux" d’une fin de l’épidémie d’ici 2025, dans un document publié à l’automne dernier. 

 

"Contrôler le VIH en une décennie est une tâche titanesque, mais nous applaudissons la volonté affichée", a dit à l’AFP Michael Weinstein, président de la très grande organisation anti-sida AIDS Healthcare Foundation, qui gère 64 centres médicaux aux États-Unis et des centaines dans le monde.

 

"Cette initiative, si elle est mise en place et financée, pourrait s’inscrire dans l’histoire comme l’une des plus grandes réussites de sa présidence", a réagi le directeur de l’AIDS Institute, Michael Ruppal.

 

Cette annonce n’est pas sans rappeler celle faite par le secrétaire d’État à la Santé britannique, faite il y a quelques jours seulement.

 

Quels moyens ?

Plus de prévention, notamment dans les foyers de l’épidémie au sud du pays, et plus de traitements pour rendre le virus indétectable et intransmissible. Voilà ce que réclament les associations depuis de nombreuses années. Il s’agit aussi de renforcer les tests de dépistage, car aujourd’hui 165.000 Américains ignorent qu’ils ont été contaminés. Dans le détail, l’administration Trump veut que de tels tests deviennent routiniers dans l’univers médical et souhaite également faciliter l’accès aux traitements antirétroviraux.

 

Un défi dans un pays où naviguer entre les systèmes d’assurance médicale est un parcours du combattant, surtout pour les plus pauvres. Aujourd’hui, seul un séropositif sur deux a le virus sous contrôle. Le gouvernement veut monter à 90%. Utopique ? Sans une réforme de la santé en profondeur, cela semble compliqué.

 

Enfin il faut promouvoir le traitement préventif PrEP ("prophylaxie pré-exposition"), sur ordonnance et remboursé, expliquent les associations.

 

Car, six ans après son autorisation aux États-Unis, seulement 220.000 personnes le prenaient en août 2018, selon le site prepwatch.org. Et de son côté, le gouvernement américain estime que seulement 10% des personnes à risque pouvant bénéficier de la PrEP prennent le traitement.

 

L’annonce du président américain tranche donc radicalement avec la politique menée jusqu’à aujourd’hui en la matière. L’administration Trump avait notamment proposé l’an dernier de réduire le budget de la prévention anti-sida aux États-Unis, et surtout dans le monde, mais le Congrès avait refusé.

 

Fin décembre, l’armée américaine avait fait preuve de sérophobie pure et dure, en renvoyant deux soldats à cause de leur séropositivité.

 

(Avec AFP)

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Pologne

Le politicien gay Robert Biedron lance un nouveau parti à la veille d'élections importantes

Le premier homme politique polonais ouvertement homosexuel a lancé dimanche un nouveau parti de centre-gauche, baptisé "Printemps", qui se situe dans l'opposition aux conservateurs proches de l’Église catholique au pouvoir.

Robert Biedron, ancien maire de la ville de Slupsk
Robert Biedron, ancien maire de la ville de Slupsk

Le démarrage de la formation de Robert Biedron, ancien maire de la ville de Slupsk, (nord) coïncide avec le début de la campagne pour les élections au Parlement européen en mai et, à plus long terme, pour les législatives polonaises à l'automne.

 

Lors d'un rassemblement de plusieurs milliers de ses partisans dans un stade couvert de Varsovie, Biedron a dit vouloir réaliser le testament politique du populaire maire libéral de Gdansk, Pawel Adamowicz, assassiné le mois dernier.

 

Il a annoncé les grandes orientations de son programme, dont la séparation de l’Église et de l’État, dans un pays majoritairement catholique et où le clergé exerce une influence considérable.

 

Il se propose aussi d'instaurer un salaire égal pour les femmes et les hommes, une libéralisation de l'avortement, la reconnaissance d'un partenariat entre personnes du même sexe et une généreuse retraite garantie pour toutes les personnes âgées.

 

Côté écologie, il voudrait "fermer toutes les mines de charbon" vers 2035 pour réduire le smog dans un des pays les pollués d'Europe où on estime à 50.000 le nombre de décès prématurés imputables à la mauvaise qualité de l'air.

Ce discours progressiste du politicien relaxe de 42 ans, qui fait penser au Canadien Justin Trudeau, semble trouver un accueil favorable auprès des électeurs.

 

Robert Biedron se donne aussi pour objectif de réduire les divisions dans une Pologne fortement clivée et qui n'a pas encore surmonté le choc de l'assassinat du maire de Gdansk.

 

Commis par un repris de justice peut-être déséquilibré, ce meurtre a conduit la classe politique à s'interroger sur le discours de haine qui marque la vie publique depuis trois ans.

 

"Nous avons besoin d'énergie positive plus que jamais maintenant..., a dit Biedron. Nous devons réaliser l'héritage de Pawel Adamowicz". Ce dernier, tout en étant catholique, avait soutenu la communauté LGBT, et aussi invité des réfugiés dans sa ville.

 

Robert Biedron, ancien maire de la ville de Slupsk, espère s'imposer face au parti de droite, le Parti Loi et justice actuellement au pouvoir, alors que le pays se prépare pour les élections nationales et européennes de cette année.

 

"Nous sommes le printemps, nous apportons de l'air frais à la politique polonaise", a-t-il déclaré.

 

(Avec AFP)

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Sang contaminé

Il y a 20 ans, trois ex-ministres jugés dans l'affaire du sang contaminé

Il y a vingt ans, s'ouvrait le procès de trois anciens ministres dans l'affaire du sang contaminé par le virus du sida. A l'instar des autres épisodes judiciaires de ce scandale sanitaire, il laissa un goût amer aux victimes et à leurs proches.

23 octobre 1992 - Procès du sang contaminé: quatre ans pour Garretta -
23 octobre 1992 - Procès du sang contaminé: quatre ans pour Garretta -

9 février 1999 : l'ancien Premier ministre Laurent Fabius (1984-86) et deux ex-membres de son gouvernement, Georgina Dufoix (Affaires sociales) et Edmond Hervé (Santé), comparaissent devant la Cour de Justice de la République (CJR) pour homicides et blessures involontaires.

 

C'est la première fois depuis le début de la Ve République que des ministres sont jugés pour des crimes ou délits commis dans l'exercice de leurs fonctions.

 

La justice a retenu les dossiers de sept victimes mais plusieurs centaines d'hémophiles et de transfusés ont été infectés avant la mise en place jugée trop tardive - en août 1985 - d'un test de dépistage du virus du sida dans les dons de sang.

 

Pour l'accusation, le délai avant de rendre ce test obligatoire visait à donner à la société française Diagnostics Pasteur le temps de rattraper son retard sur son concurrent américain Abbott. Une autre hypothèse sera avancée au procès, celle des raisons budgétaires.

 

Responsable, mais pas coupable

On reproche par ailleurs aux prévenus d'avoir laissé écouler, jusqu'en octobre 1985, des produits sanguins tous potentiellement contaminés, car non chauffés pour inactiver le virus, et de ne pas avoir veillé à l'application de directives écartant les donneurs à risque.

 

Dès le premier jour, des victimes les accusent violemment, rapporte l'AFP dans son compte-rendu d'audience: "ignorer l'urgence du Sida en 1985, c'est comme dire qu'on ignorait les camps de concentration en 1945", assène la maman d'un petit garçon transfusé à la naissance, et décédé à cinq ans.

 

"Je me sens pleinement responsable, mais pas coupable", avait déclaré Georgina Dufoix à l'éclatement de l'affaire, dans une formule restée célèbre.

 

A lire aussi Sang contaminé : que sont devenus les principaux acteurs du scandale ? (Libération du 7 février 2018)

Intervenant après des années d'atermoiements judiciaires, le procès était très attendu par les victimes et leurs proches, qui veulent voir les responsabilités politiques établies.

 

Depuis leurs premières plaintes, déposées en 1988, ils n'ont obtenu que la condamnation en 1992-1993 de quatre médecins, dont l'ancien patron du Centre national de transfusion sanguine (CNTS) Michel Garretta (quatre ans de prison ferme pour "tromperie").

 

L'un des moments forts du procès est l'intervention d'une victime, Sylvie Rouy, 35 ans, en fauteuil roulant, écrivent les journalistes de l'AFP. Contaminée quatorze ans plus tôt lors de son accouchement, elle accuse les prévenus de "crime".

 

Victimes scandalisées

Le ministère public requiert la relaxe - sans surprise puisqu'il avait demandé un non-lieu pendant l'instruction - tout en suggérant un "blâme public".

 

Les journalistes de l'AFP décrivent le "malaise" suscité par un président de Cour, Christian Le Gunehec, qui "maîtrisait mal les débats et connaissait insuffisamment le dossier"; "l'impression de se trouver plus devant un jury d'honneur que dans un prétoire", avec des témoins (conseillers ministériels, chercheurs ...) rarement confrontés à des questions gênantes.

 

Autre curiosité: plusieurs jours avant le jugement, "l'intouchable secret des délibérés avait été largement violé: toute la presse et la classe politique savaient déjà (...)".

 

Le 9 mars 1999, Laurent Fabius et Georgina Dufoix sont relaxés, Edmond Hervé est condamné mais dispensé de peine. 

 

Laurent Fabius, alors président de l'Assemblée nationale et futur président du Conseil constitutionnel, peut se considérer comme réhabilité: pour la CJR, "son action a contribué à accélérer les processus décisionnels".

 

Mais l'arrêt ne satisfait ni les victimes, scandalisées, ni la classe politique, certains à droite comme à gauche demandant déjà une réforme de la CJR.

 

Quelques années plus tard, le non-lieu général prononcé en 2002 pour trente conseillers ministériels ou responsables de santé publique par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris - confirmé en cassation en 2003 - provoquera à nouveau colère et déception.

 

(Avec AFP)

 

A lire aussi Sang contaminé : Garretta et son magot insaisissables depuis dix-huit ans (Libération du 7 février 2018)

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Magical Pride

Le 1er juin prochain se tiendra la "Magical Pride" à Disneyland Paris, un évènement qui entend "célébrer la diversité", tout en couleurs. Pas sûr que ça suffise à contenter les fans du studio d’animation pour autant.

Crédit photo : Picryl
Crédit photo : Picryl

Disneyland Paris va se parer aux couleurs de l’arc-en-ciel.

 

Samedi 1er juin 2019, le célèbre parc d’attractions parisien va célébrer sa première "Magical Pride". Le parc à thèmes promet une parade LGBT+ festive et inoubliable, avec un défilé unique célébrant la diversité dans toute sa splendeur.

 

Un choix d’attractions sera ouvert de 20h à 2h du matin et les mythiques personnages de Disney se promèneront dans le parc pour faire des photos avec les visiteurs. Une grande soirée sera aussi organisée avec des DJs et des performances live. 

 

Un événement qui était organisé par les touristes depuis 28 ans en Floride, lors du mois des fiertés, mais qui devient aujourd’hui officiel en France. Il sera en effet, et pour la première fois, orchestré par le parc lui-même (qui y voit une passage l’occasion de faire une belle opération de communication).

Un lieu où les rêves deviennent réalité ?

 

Doucement, Disney essaye de satisfaire ses fans LGBT+. Il introduira notamment en 2020 un personnage ouvertement gay dans son film "Jungle Cruise". Mais McGregor, joué par Jack Whitewall, devrait faire un coming-out on ne peut plus discret, en notifiant simplement dans une scène "ne pas s’intéresser aux femmes". Le mot "gay" ne sera ainsi jamais employé. "En fait, il dit simplement qu’il ne veut épouser aucune femme", résume une source, interrogée par TMZ, qui a assisté à la "projection test" du film.

 

Plutôt décevant.

Montrer un personnage ouvertement LGBT+ semble encore bien compliqué pour le studio d’animation. En mars 2017, il s’était d’ailleurs retrouvé au cœur d’une vive polémique après une (très) courte scène "gay" dans l’adaptation de "La Belle et la bête", avec Emma Watson et Luke Evans. Le personnage de Lefou, un pitre qui accompagne partout son maître Gaston, aurait dû être le premier personnage ouvertement gay dans un film Disney.

 

Encore raté.

Mais si ce "moment gay" a été jugé beaucoup trop furtif aux yeux des spectateurs queer, il a quand même valu au film d’être censuré dans plusieurs pays.

 

Bref, on a le sentiment que Disney hésite encore entre satisfaire les personnes LGBT+ ou ne pas froisser les homophobes. Et même si on n’y croit pas trop encore, on espère voir un jour voir une princesse lesbienne ou un couple de princes. On a le droit de rêver.

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Réseaux sociaux

Un influenceur homophobe menace Bilal Hassani

Après avoir déclaré sur son compte Instagram qu'il voulait "frapper" et "tuer" le chanteur Bilal Hassani, l'influenceur Hatoumnight a vu son contrat rompu par la société qui le représentait auprès des annonceurs.

Bilal Hassani -  l'influenceur Hatoumnight
Bilal Hassani - l'influenceur Hatoumnight

Hatoumnight, un influenceur peu connu, s'est distingué par des propos homophobes sur son compte Instagram à l'encontre de Bilal Hassani qui représentera la France au prochain concours Eurovision de la chanson. 

 

Lundi dernier, il s'en est pris violemment au chanteur queer en annonçant à ses suiveurs qu'il allait le "frapper", "cogner", "enculer" et même "tuer" .

 

"Je suis pas homophobe, hein. Mais lui là, lui j’ai envie de le niquer. J’ai envie de le tuer. Même si une association anti-homophobe elle m’attaque, j’en ai rien à foutre. Il est où ? Donnez moi une adresse où je peux le voir, je vais l’enculer, je vais le niquer et je vais le frapper", a écrit le prétendu influenceur. 

 

Ces propos ont été remarqués par Alexis Aveniere, un salarié homosexuel de la société WeEvents qui s'occupe aussi de l'image de Hatoumnight.

 

Ce dernier est intervenu auprès de ses supérieurs pour les alerter sur les dérapages de l'influenceur et leur demander de s'en séparer. Ce qu'a décidé immédiatement l'entreprise de communication.

 

L'apprenant, Hatoumnight l'a violemment menacé, lui et un de ses collègues.

 

"Il m'a menacé de me gifler, puis de me défoncer la gueule devant mes collègues. Je suis parti du bureau en larmes, mon collègue est resté. Hatoum l'a menacé, lui a rappelé qu'il se prenait 'des bites dans le cul toute la journée, qu'il n'était qu'un sale PD' puis il lui a craché à la gueule avant d'être séparés", raconte Alexis Aveniere.

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États-Unis

L'acteur Jussie Smollett victime d'une agression à Chicago

L'acteur américain Jussie Smollett, star de la série "Empire", a été hospitalisé mardi à Chicago après avoir été agressé par deux personnes lui ayant lancé "des insultes racistes et homophobes", ont indiqué les autorités.

L’acteur noir et gay Jussie Smollett victime d’une agression à Chicago
L’acteur noir et gay Jussie Smollett victime d’une agression à Chicago

Âgé de 36 ans, Jussie Smollett marchait dans les rues du centre-ville de Chicago aux alentours de 2H00 du matin lorsque deux individus l'ont approché, lui criant des "insultes racistes et homophobes". Il a ensuite été frappé par ces deux assaillants qui ont déversé sur lui "une substance chimique inconnue", a précisé la police.

 

"A un moment donné, l'un d'eux a enroulé une corde autour du cou de la victime", poursuit le communiqué.

 

"Étant donné la gravité des allégations, nous prenons cette enquête très au sérieux et la traitons comme un possible crime motivé par la haine", a indiqué le Chicago Police Department.

 

L'agression de cet acteur noir et ouvertement gay a provoqué une vive émotion et déclenché un torrent de condamnations. La sénatrice démocrate de Californie, candidate déclarée à l'élection présidentielle de 2020, Kamala Harris, a qualifié l’événement d'"une tentative moderne de lynchage."

 

"Personne ne devrait avoir peur pour sa vie au regard de son orientation sexuelle ou de la couleur de sa peau. Nous devons combattre cette haine", a-t-elle écrit sur Twitter.

 

Les membres de l'équipe d'"Empire" ont également fait part de leur solidarité, comme Lee Daniels, le co-créateur. "Tu n'as pas mérité, personne ne mérite d'avoir une corde mise autour de son cou", a-t-il dit à l'acteur dans une vidéo postée sur Instagram.

 

Plusieurs groupes de défense des droits civils et des droits des LGBT ont aussi apporté leur soutien à l'acteur. "Les personnes LGBT de couleur vivent à de multiples intersections d'oppression, font face trop souvent à la violence aggravée par le racisme et l'homophobie", a déclaré l'American Civil Liberties Union. "Ce n'est pas l'Amérique dans laquelle nous voulons vivre."

 

(Avec AFP)

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Les Républicains

Wauquiez choisit l'anti-LGBT François-Xavier Bellamy comme tête de liste aux Européennes

En choisissant comme tête de liste aux Européennes François-Xavier Bellamy, un catholique conservateur assumé, opposé au mariage gay, Les Républicains font le pari d'un renouvellement des idées, au risque de se laisser enfermer dans des thèmes avec lesquels la droite n'est pas toujours à l'aise.

François-Xavier Bellamy tête de liste Les Républicains aux Européennes
François-Xavier Bellamy tête de liste Les Républicains aux Européennes

Ex-étudiant brillant - classe préparatoire au lycée Henri-IV, université de Cambridge, Normale sup' et agrégation de philosophie -, auteur d'essais et jeune enseignant en prépa, Xavier Bellamy est connu pour ses positions conservatrices sur les sujets sociétaux, que d'aucuns dans son camp craignent qu'elles soient autant d'embarrassants sparadraps.

 

Avant même l'officialisation de sa désignation comme tête de liste, le rappel de son opposition, "personnelle", à la légalisation de l'interruption volontaire de grossesse a fait lever les yeux au ciel à bon nombre de ses compagnons politiques : "On n'a pas envie de passer notre temps à se justifier sur ça", s'inquiète une dirigeante du parti. "Que diront les Marcheurs pendant la campagne ?", s'alarme un autre.

 

Le pari de Laurent Wauquiez ? Rassembler ses propres troupes. "La France est la fille aînée de l'église: sur les sujets sociétaux, une partie de la droite reste dans cette vision traditionnelle", fait observer le directeur du département Politique et opinion chez Harris Interactive, Jean-Daniel Lévy.

 

Certes, "mais une partie seulement", répond un parlementaire LR, sceptique sur la stratégie du parti, qui renvoie à l'histoire mouvementée de la droite française sur ces questions.

 

De l'IVG et le divorce par consentement mutuel, instaurés sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, au PaCS et à l'ouverture du mariage aux couples de même sexe, la droite s'est régulièrement interrogée sur le bon positionnement à adopter.

 

Entre opposition implacable menée par sa frange la plus conservatrice et dissonances menées par ses troupes davantage libérales, elle s'est finalement toujours divisée.

 

Tea-party à la française ?

Manif pour tous et autres Veilleurs, qui se voulaient sous le quinquennat Hollande les hérauts d'une révolution conservatrice à l'image du "Tea-Party" américain, n'ont-ils pas amorcé un mouvement de l'opinion ?

 

"Pas du tout", conteste Jean-Daniel Lévy. "On voit certes des franges se radicaliser, des noyaux marqués, mais globalement, sur la société française, on voit une plus grande ouverture". Mieux : "Les Français ont été opposés au PaCS, ils y sont devenus favorables; ils ont été opposés au mariage, ils y sont devenus favorables. Aux municipales de 2014, l'un des enjeux brandis par la droite était le mariage pour tous, voté un an plus tôt. Mais le sujet n'avait pas été aussi déterminant qu'espéré", rappelle encore le politologue.

 

Lors de la campagne de 2017, l'indéfectible soutien des conservateurs à François Fillon n'avait pas non plus suffi à l'ancien Premier ministre pour se qualifier pour le second tour de la présidentielle.

 

Le pari de Laurent Wauquiez, pour hautement risqué qu'il soit, est pourtant assumé : mi-novembre, il s'était rendu chez Sens commun, l'émanation politique de la Manif pour tous dont François-Xavier Bellamy est réputé proche, en endossant la bataille contre l'ouverture de la procréation médicalement assistée à toutes les femmes.

 

Devant un public conquis, il avait mis en garde contre "la marchandisation des gamètes" et "l'eugénisme", et suscité un tollé en glissant une référence au "nazisme". Mais si certains veulent se convaincre que le conservatisme de François-Xavier Bellamy peut se révéler in fine un avantage pour Les Républicains, le jeune enseignant devra faire face à d'autres critiques.

 

D'abord, à celle d'accointances avec l'extrême droite : fin novembre, Marion Maréchal voyait dans la personnalité de François-Xavier Bellamy une opportunité "d'alliances" - l'intéressé conteste. Ensuite, le sens politique du novice est remis en cause: candidat LR aux législatives de 2017 dans la très conservatrice et droitière première circonscription des Yvelines, à Versailles, il avait échoué à se faire élire.

 

C'est enfin son positionnement sur l'Union européenne qui inquiète certains: en 2005, il avait voté Non au référendum sur la Constitution européenne. A l'inverse de sa famille politique d'aujourd'hui.

 

(Avec AFP)

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Tristesse

Décès d'Henry Chapier

Henry Chapier, mort dans la nuit de samedi à dimanche, était journaliste, critique de cinéma, passionné de photo et d'art. Mais pour beaucoup, il restera d'abord comme l'animateur qui a couché sur son divan jaune plus de 300 personnalités lors d'une émission devenue culte.

Mort d'Henry Chapier, journaliste, premier animateur de l'émission culte "Le Divan"
Mort d'Henry Chapier, journaliste, premier animateur de l'émission culte "Le Divan"

"Le Divan", séances de psychanalyse télévisuelle que François Mitterrand s'amusait, paraît-il, à regarder, était la première émission du genre qu'Henry Chapier, dandy affable à la chevelure blanche, a animée de 1987 à 1994.

 

De sa voix nasale un brin précieuse, il posait invariablement la question, "quel enfant étiez-vous à 7 ans ?", amenant avec bienveillance et délicatesse ses invités, parmi lesquels Jean-Marie Le Pen, Spike Lee, Helmut Newton, Jeanne Moreau ou encore Simone Veil, à jouer le jeu de la confidence médiatisée.

 

Serge Gainsbourg y a évoqué sa vocation ratée de peintre, le mime Marceau y a parlé de sa judaïté, le psychiatre Claude Olievenstein de son combat pour les jeunes toxicomanes et Jacques Vergès a décortiqué sa défense de Klaus Barbie...

 

"Je ne suis jamais allé chez le psy", avouait l'homme aux lunettes d'écaille en 2012 sur France 2. "Mais j'ai dans le sang une passion pour les gens, pour leurs secrets".

 

Enfant unique né à Bucarest en 1933, d'un père français, avocat international, et d'une actrice autrichienne, Henry Chapier a fui son pays natal pour échapper au joug du communisme en 1947. En France, cible de remarques racistes sur ses origines, il s'invente une enfance idéale du côté de La Rochelle, comme il le confessera des années plus tard dans son autobiographie "Version originale" (2012).

 

Très jeune, il multiplie les lectures, dévore Freud à 13 ans, et vénère Hollywood. L'adolescent voudrait ressembler à Charlton Heston et voue un culte à Liz Taylor avec qui il entretiendra une correspondance.

 

Journaliste à "Combat"

Après un diplôme de Lettres et d'interprétariat (il parlait sept langues), il commence en 1958 une carrière de critique cinéma et collabore à l'hebdomadaire "Arts" avec François Truffaut et Jean d'Ormesson. En 1959, il entre au journal "Combat" et devient le rédacteur en chef des pages culture. Il en est le chroniqueur cinéma jusqu'à la fermeture du quotidien en 1974.

 

Il couvre son premier Festival de Cannes en 1960, année où la Palme d'or fut remportée par "La Dolce vita" de Fellini et Jeanne Moreau distinguée pour "Moderato Cantabile". Il entretenait des "liens affectifs" avec les réalisateurs italiens Visconti et Pasolini.

 

De tempérament engagé, il milite en 1968 avec les représentants de la Nouvelle Vague contre l'étatisation de la Cinémathèque française et le renvoi de son fondateur Henri Langlois. Il suit Philippe Tesson au "Quotidien de Paris" où il a une nouvelle fois la charge des pages culture.

 

En 1978, il intègre FR3 comme éditorialiste culturel et s'impose comme le Monsieur cinéma de la chaîne. Il la quitte en 1994 et rejoint Radio Nova pour une chronique ciné "Signé Chapier" ainsi que Pink TV.

 

Homosexuel discret, il participait régulièrement aux gay pride tout en déplorant sur son blog personnel la banalisation des revendications des milieux gays et lesbiens, "minorités jadis remuantes et inventives".

 

Le journaliste, membre du jury de Cannes en 1996, s'était également essayé à la réalisation. En 1968, il signe un docu-fiction "Un été américain", puis le long-métrage "Sex Power" (1970) et "Amore" en 1974.

 

Président de la Maison européenne de la Photographie de 1996 à décembre 2017, il avait créé le mois de la photo à Paris et fait de la capitale l'une des métropoles phares de la création photographique contemporaine.

 

L'émission "Le Divan" a elle retrouvé la télévision ces dernières années, avec dans le rôle du confesseur Marc-Olivier Fogiel.

 

(Avec AFP)

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