Scandale

Une campagne contre l'homophobie fait scandale

Des affiches déployées dans plusieurs villes françaises sont jugées "choquantes" et "violentes" par les militants LGBT, indique RTL. 

Une campagne du magazine autrichien Vangardist scandalise les militants LGBT
Une campagne du magazine autrichien Vangardist scandalise les militants LGBT
  • "Pour qu'une femme aime les hommes, rien ne vaut un viol collectif"
  • "L'époque où on torturait les homosexuels n'est pas si lointaine. Elle est à 3 heures d'avion".

 

La première phrase est accompagnée d'un sous-titre explicatif rappelant que, en Jamaïque, des femmes sont violées pour "guérir" leur orientation sexuelle, constate RTL.

 

L'autre affiche précise que l'homosexualité est toujours considérée comme un crime dans 72 pays.

 

Les militants et le grand public choqués

Placardées depuis le 15 août, ces affiches en noir et blanc choquent jusque dans les rangs des militants LGBT+. Sur les réseaux sociaux, les internautes manifestent aussi leur désaccord et leur incompréhension.

 

Cette opération, lancée par le magazine autrichien Vangardist et signée par deux agences françaises : Serviceplan et Mediaplus, vise pourtant à faire signer une pétition mondiale pour l'inscription des droits des personnes LGTB+ dans la Déclaration universelle des droits de l'homme par l'ONU.

 

C'est d'ailleurs ce que rappelle une des deux agences de communication dans un tweet.

 

"Le second degré n'a pas sa place"

Seulement, cette campagne est jugée choquante, inappropriée et même violente par les militants : "Avez-vous consulté des associations françaises ou européennes pour savoir ce qu'elles pensaient de la stratégie d'utiliser un message lesbophobe pour dénoncer la lesbophobie ?" a rétorqué la Conférence lesbienne européenne sur Twitter.

 

À son tour sur Franceinfo, la cofondatrice de l'association française pour les journalistes LGBT, Alice Coffin, a critiqué cette campagne : "Je comprends très bien le principe marketing de choquer pour faire réagir. Mais, sur ce type de sujet, le second degré n'a tout simplement pas sa place."

 

Elle met aussi l'accent sur l'incompréhension de ces affiches par le grand public : "Il faut être plus pédagogue, plus basique. Raconter simplement les violences lesbophobes vécues aurait tout autant choqué", explique-t-elle également au Parisien. Un second degré qui passe mal…

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Autriche

La demande d'asile d'un jeune Afghan gay refusée par un agent qui ne le trouve pas assez stéréotypé

Les autorités autrichiennes ont rejeté la demande d'asile d'un Afghan homosexuel, au prétexte qu'il n'"agissait" et ne "s'habillait" pas comme une personne gay. 

Les faits ont été révélés il y a quelques jours par un hebdomadaire local. 

 

Dans un rapport truffé de stéréotypes, un fonctionnaire de Basse-Autriche, chargé d'apprécier les demandes d'asile, a estimé que cet Afghan de 18 ans n'encourait pas de représailles dans son pays en raison de son orientation sexuelle.

 

"Ni la façon dont vous marchez, ni la manière dont vous agissez ou vous êtes habillé ne révèlent que vous pouvez être homosexuel", a estimé cet agent pour fonder son refus.

 

Il a également souligné un "potentiel d'agressionchez le demandeur auquel on "ne s'attendrait pas de la part d'un homosexuel", en raison de la constatation de bagarres entre l’adolescent afghan et des personnes logées dans le même centre d’hébergement que lui.

 

Alors que le jeune Afghan a confié avoir pris conscience de sa sexualité à l'âge de 12 ans, le responsable a considéré cela "plutôt précoce", et donc peu probable, dans une société comme l'Afghanistan où "il n'existe pas de stimulation sexuelle publique à travers la mode et la publicité".

 

Le jeune homme, arrivé seul en Autriche alors qu’il était mineur, a fait appel de cette décision, selon les informations du journal Falter.

 

Le ministère des Affaires étrangères et de l'Asile a déclaré vendredi que le fonctionnaire s'était déjà vu assigner un nouveau poste en mai, après avoir rendu plusieurs décisions problématiques.

 

L'autorité a également déclaré qu'elle "regrettait le caractère transgressif du langage utilisé dans la décision rendue par un membre de son personnel".

 

En Afghanistan, l'homosexualité est considérée comme un comportement sexuel déviant, interdit par l'islam.

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Harcèlement sexuel

Une enquête visant Jean-Marc Morandini relancée

Une juge d’instruction parisienne a été désignée pour enquêter sur des soupçons de harcèlement sexuel visant l’animateur dans l’affaire des castings dénudés. Une première enquête avait été classée sans suite en janvier 2017.

Jean-Marc Morandini
Jean-Marc Morandini

Deux ans après les premières plaintes déposées par trois jeunes comédiens, l’affaire des castings douteux organisés par Jean-Marc Morandini est relancée.

 

Selon les information du Parisien, la juge Céline Gaudillère, du tribunal de grande instance de Paris, a été désignée au début du mois d’août pour instruire l’information judiciaire pour "harcèlement sexuel" et "travail dissimulé" visant l’animateur de 53 ans, qui officie sur CNews. Cette magistrate est notamment connue pour diriger l’enquête sur le meurtre de Mireille Knoll, retraitée juive retrouvée morte à Paris en mars dernier.

 

Dans cette affaire, Jean-Marc Morandini est soupçonné d’avoir poussé de jeunes acteurs amateurs, ils sont aujourd’hui âgés de 21 à 27 ans, à s’exhiber nus et à tourner des scènes de masturbation pour le tournage de sa websérie, intitulée "Les Faucons", fin 2015. Celle-ci était censée raconter la vie intime et sans tabou d’une équipe de football de région parisienne.

 

Les jeunes comédiens affirment avoir été manipulés par l’animateur et producteur pour satisfaire ses fantasmes sexuels. "Pour la deuxième (scène), c’est parfait aussi et vous proposez de parvenir à l’érection avec masturbation je suppose. Je n’ai pas compris si vous alliez jusqu’à l’éjaculation ?", est-il écrit dans un mail transmis par la mystérieuse production de Jean-Marc Morandini à l’un des acteurs.

 

"Un système de prédateur sexuel"

Après cinq plaintes déposées, une première enquête avait été ouverte à l’été 2016 puis classée sans suites par le parquet de Paris en janvier 2017 pour "infractions insuffisamment caractérisées". Selon le parquet, les victimes n’ont pas subi "de contrainte, pression ou de menaces" pour participer aux castings dénudés.

 

Une analyse contestée par l’avocat de trois des acteurs, Me Thierry Vallat, évoquant "un système de prédateur sexuel". Le conseil avait donc redéposé plainte le même mois avec, cette fois-ci, constitution de partie civile pour obtenir la désignation d’un juge d’instruction. Il aura fallu donc attendre près d’un an et demi pour que le magistrat soit nommé et que les investigations reprennent.

 

La faute, explique Me Vallat, aux exigences de la justice, qui avait demandé 4000 euros de consignation par partie civile pour l’ouverture de l’information judiciaire. L’avocat a obtenu que cette somme soit réduite à 500 euros, en raison des faibles moyens financiers des victimes.

 

L’animateur avait rejeté les accusations

"Maintenant qu’une juge a été désignée, je vais pouvoir formuler des demandes d’actes, ce que je ne pouvais pas lors de l’enquête qui a été classée par le parquet de Paris, réagit Me Vallat. Il y aura bien sûr la confrontation entre M. Morandini et mes clients mais aussi des expertises informatiques à mener, notamment pour savoir qui se cachait derrière la fameuse Catherine Leclerc, la directrice de casting à l’identité usurpée. Ce point n’a jamais été vérifié."

 

Entendu lors d’une audition libre à la suite des premières plaintes, l’animateur avait rejeté les accusations.

 

Jean-Marc Morandini reste par ailleurs mis en examen dans une autre enquête pour "corruption de mineur aggravée", soupçonné d’avoir formulé des propositions sexuelles à des adolescents sur Internet. Contactés, les avocats de l’animateur n’étaient pas joignables dans l’immédiat.

 

(Source Le Parisien)

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Russie

Un premier mineur condamné pour "propagande homosexuelle" en Russie

Maxim Neverov est un lycéen mais aussi et surtout un opposant à Poutine et militant LGBT+. 

Maxim Neverov premier mineur condamné pour "propagande homosexuelle" en Russie
Maxim Neverov premier mineur condamné pour "propagande homosexuelle" en Russie

À 16 ans, il est déjà dans le viseur des autorités russes...

 

À Biïsk, ville russe au sud-ouest de la Sibérie, un jeune militant dérange. Très impliqué pour soutenir la candidature d’Alexeï Navalny durant la campagne présidentielle 2018, Maxim Neverov a déjà déposé 12 requêtes pour un événement intitulé "Gays ou Poutine" en 2018 dans sa ville. Déjà arrêté trois fois par la police lors d’actions, c’est finalement pour une activité bien anodine que le lycéen de 16 ans, qui ne cache pas son engagement pour les droits LGBT+, vient d’être condamné…

 

Ce qu’on reproche à Maxim Neverov ?

La présence de trois photos un peu trop arc-en-ciel et si anodines, postées il y a plus d’un an sur son profil Vkontakte, le Facebook made in Russia, désormais qualifiées de "propagande homosexuelle".

 

En effet, depuis 2013, une loi interdit les représentations (positives, bien sûr) des relations sexuelles ou identités de genre "non-traditionnelles" devant les mineurs en Russie (condamnée par la CEDH en 2017), ce qui laisse la place à bien des interprétations pour faire taire les dissident.e.s. 

Ironie glaçante et contre-attaque

Le 7 août dernier, le garçon a donc été condamné à verser la somme de 50 000 roubles (soit environ 650 euros) pour ces contenus postés sur VK. Interrogé par les médias, Maxim Neverov n’a pas manqué de relever l’ironie grinçante d’être le premier mineur condamné pour "protéger" les mineur.e.s de tout ce qui pourrait bouleverser les sacro-saintes valeurs familiales prônées par Vladimir Poutine, et son cher ami le patriarche Kirill.

 

L’avocat de Maxim, Artem Lapov, épaulé par le Russian LGBT Network, a déclaré qu’il s’agissait là d’une nette violation du droit d’expression, et a annoncé l’intention du jeune activiste de faire appel de cette décision de justice.

 

Sur sa chaîne YouTube, Maxim Neverov raconte ses mésaventures avec beaucoup de calme, malgré ce qui ressemble fortement à un harcèlement policier et administratif (il a failli être renvoyé de son école également). 

 

Résiliant, il montre par cette vidéo qu’il n’a aucunement l’intention de se taire face à l’injustice que lui, et ses camarades LGBT+ de Russie, subissent ces dernières années. Par ailleurs, l’association All Out a lancé une pétition pour soutenir le militant en herbe mais au mental d’acier dans sa bataille juridique. Il souhaite que celle-ci mène à l’abrogation de la loi sur la propagande homosexuelle.

 

(Source Komitid)

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Pologne

Le ministre de la Défense polonais qualifie la gay pride de Poznan de défilé de sodomites

Le ministre de la Défense polonais a qualifié la gay pride de Poznan de "défilé de sodomites", renforçant les attaques du gouvernement contre l'expression publique de la communauté LGBT. 

Le ministre de la Défense polonais, Mariusz Błaszczak
Le ministre de la Défense polonais, Mariusz Błaszczak

Le ministre de la Défense polonais, Mariusz Błaszczak, est furieux que des militants LGBTI descendent dans les rues de son pays.

 

Ce membre du gouvernement ultra-conservateur qui siège à Varsovie a monté le ton contre les minorités sexuelles et de genre en déclarant déclaré dimanche sur une radio catholique que la gay pride qui se déroulait à Poznan était une "Sodomite Parade".

 

En polonais, le mot "sodomie" est généralement utilisé dans le contexte des actes sexuels commis sur des animaux.

 

A 48 ans, cet homme politique du parti "Droit et Justice" (PiS), a critiqué le fait que l'administration municipale avait soutenu l'"idéologie" de la gay pride.

 

Il s'est félicité que certains chauffeurs de tram à Poznan "n’aient pas accepté de circuler avec des drapeaux homosexuels".

 

Le ministre a expliqué "qu'il y a la croyance dans la nation polonaise, que tout ce qui a été fait par Dieu, est normal. Si quelqu'un essaie de nous forcer à quelque chose qui est pas normal, il rencontrera la résistance". 

 

Ces propos ont suscité de critiques de l'opposition qui a dénoncé "la rhétorique du gouvernement".

 

Le mois dernier, le ministre de l'Intérieur Joachim Brudzinski s'en était pris à des militants LGBT qui avaient apposé l'emblème national polonais sur un drapeau aux couleurs arc-en-ciel, les menaçant des poursuites judiciaires pour "dénigrement d'un symbole de l'État".

 

La Pologne est dirigée par l'ultra-doite depuis 2015. Le parti au pouvoir rejette catégoriquement les droits des personnes LGBT. 

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Aretha Franklin, mort d'une icône

Pourquoi Aretha Franklin était immense

Aretha Franklin était une fille de. Une héritière. Quasiment, pour ce qui concerne les Noirs américains, une aristocrate. Son père, qu'on connaît peu en France, se nommait Clarence LaVaughn Franklin. Il était né dans le delta du Mississippi, comme Howlin' Wolf, B.B. King et Muddy Waters. A 15 ans, il a eu une vision : sur le mur de sa maison, une planche de bois était en flammes, et une voix lui a dit, en référence à une formule de l'Evangile de Matthieu : "Va et enseigne l'évangile à toutes les nations." Il a obéi.

 

Aretha Franklin, mort d'une icône
Aretha Franklin, mort d'une icône

Il est passé par Memphis, Buffalo, puis s'est installé à Détroit, en 1944, à la New Bethel Baptist Church, église toujours en activité, quoiqu'un peu délabrée, centre du culte franklinien dont la cave est, dit-on, pleine de reliques.

 

C. L. Franklin a fait partie de ces prêcheurs qui ont inventé le gospel canonique, ce sermon qui part doucement, monte crescendo, puis explose en musique dans un jeu épileptique de questions-réponses. Il est devenu célèbre dans tous les Etats-Unis en enregistrant ses sermons. C'était un seigneur. Un homme d'une grande intelligence, qui avait étudié la théologie. On le surnommait "the Black Prince", ou "the Preacher with the Golden Voice". Il roulait en Cadillac. Il portait des costumes voyants et des chaussures en alligator.

 

Aretha Franklin a grandi à ses côtés, comme une princesse délaissée par son roi de père, élevée par des bonnes. Assise sur les escaliers de la maison familiale, elle regardait Art Tatum ou Nat King Cole jouer du piano. Duke Ellington et Ella Fitzgerald passaient de temps à autre. Martin Luther King dormait chez les Franklin quand il venait à Détroit.

 

"Son enfance est inhabituelle pour une Afro-Américaine de son époque", dit Sebastian Danchin, biographe et auteur d'"Aretha Franklin. Portrait d'une natural woman".  "L'Amérique noire est une société matriarcale. C'est un phénomène lié à l'esclavage : dans beaucoup de plantations, on séparait les pères de leur famille, de manière à ce que les cellules familiales ne deviennent pas des contre-pouvoirs. Aretha Franklin, elle, a grandi sans mère, dans une structure familiale patriarcale." Sa mère, Barbara, une chanteuse de gospel, est partie très vite et a laissé les enfants au père. Elle est morte en 1952, quand Aretha avait 10 ans.

Aretha Franklin a commencé sa carrière très jeune, à 14 ans. Guidée par son père, elle donnait dans le chant religieux, avec sa voix surnaturelle qui couvrait cinq octaves (un piano en couvre sept).

 

Smokey Robinson et Diana Ross étaient leurs voisins, mais le père a refusé que sa fille signe chez Motown, qu'il voyait comme une petite écurie de quartier. Il a emmené Aretha à New York, et l'a faite signer chez Columbia, pour faire d'elle une chanteuse de cabaret jazz, genre musical convenable pour la fille d'un prêcheur aussi célèbre. Mais l'époque des clubs était terminée. L'accueil fut poli, et Columbia ne renouvela pas le contrat.

 

"En studio, c'est elle qui régnait"

C'est Jerry Wexler, chez Atlantic, qui a récupéré Aretha Franklin et qui, selon Danchin, "en a fait sa chose". Wexler a eu l'idée de faire travailler des auteurs de pop rock, notamment Carole King et Gerry Goffin. Un jour de 1967, dit la légende, King et Goffin marchaient dans Manhattan. Wexler les héla depuis sa limousine, baissa la vitre et leur commanda un "gros tube pour Aretha", sur le thème de la "natural woman". King et Goffin écrivirent la chanson la nuit même.

 

"(You Make Me Feel Like) A Natural Woman" illustre bien ce qui a fait de Franklin une chanteuse à part. Le morceau, fabriqué comme un tube, n'est pas qu'un tube. C'est un hymne. Il appartient indéniablement à la tradition de la soul noire, mais il la dépasse, et prend dès les premières notes l'ampleur d'un cri féministe universel.

 

Aretha Franklin a peu écrit, et ce qu'elle écrivait était plutôt moyen. Son répertoire, elle le choisissait chez d'autres, avec Wexler. Mais ce que Franklin reprenait, elle le faisait sien. Quand Otis Redding a entendu sa reprise de "Respect", il a dit : "Ce n'est pas une reprise, c'est un vol. C'est sa chanson désormais." C'était dit sur un ton admiratif. Chanté par Redding, "Respect" est un joli morceau sur les problèmes de couples. Chez Franklin, il devient une sommation politique, un hurlement libérateur qui sera la bande-son du mouvement pour les droits civiques.

 

Danchin raconte :

  • "C'était une chanteuse de maison de disques, mais en studio, c'est elle qui régnait. Elle déterminait la gueule que le morceau aurait à la fin. Elle jouait du piano, et elle en jouait bien, ce qui lui permettait de tout gouverner depuis son tabouret : les arrangements, les chœurs. Elle disait : 'On va faire comme ça', et le producteur suivait."

 

Turbulences

La période faste d'Aretha Franklin a duré de 1967 à 1974. Sa musique était plus épaisse que celle de la Motown, et plus fédératrice que celle de Nina Simone. Après 1974, les choses se sont gâtées. L'arrivée du disco lui a fait du mal, à elle comme à beaucoup d'autres. 

Un matin de 1979, des cambrioleurs se sont introduits chez son père, qui a sorti un pistolet et leur a tiré dessus. Un des cambrioleurs a riposté d'une balle dans le genou et d'une autre dans l'aine, touchant son artère fémorale. Après cinq années dans le coma, il est mort. Son enterrement a presque paralysé la ville de Détroit.

 

Dans les années 1980, Aretha Franklin, désormais seule, a tenté de revenir. Elle s'est maquée avec le producteur Clive Davis, roi de la pop et du rock qui a propulsé Santana, Bruce Springsteen, Billy Joel ou Aerosmith, et qui a cherché à faire d'elle une chanteuse de R'n'B mainstream, en gommant ce qu'il y avait de "trop noir" chez elle. Période sympa pour certains, insignifiante pour d'autres, mais renversante pour personne. Et puis elle était riche. Elle pouvait se dispenser d'enregistrer.

 

En 1984, un événement va mettre définitivement fin à sa carrière internationale : Franklin prend un avion pour rentrer chez elle, à Détroit. L'appareil traverse des zones de turbulences. La chanteuse a la peur de sa vie. Elle ne pourra plus jamais monter dans un avion, malgré les stages de gestion de l'angoisse. Elle se fait aménager un bus, un gros Pullman de luxe, et ne donne plus de concerts qu'aux Etats-Unis, raison pour laquelle nous autres, Européens, avons eu l'impression qu'elle avait disparu.

 

Après la fille du prêcheur et la reine de la soul, voici la troisième Aretha Franklin : la diva colérique. Elle exigeait de se faire payer en cash avant chaque concert et repartait avec ses liasses de billets de cent dollars dans le sac à main, elle qui avait vu tant d'artistes se faire arnaquer.

 

"Elle était d'une jalousie féroce, dit Danchin, qui l'a connue. Il ne fallait pas lui faire de l'ombre. Elle qui avait connu Whitney Houston enfant, puisqu'elle travaillait avec sa mère Cissy, elle n'a pas supporté son succès. Elle s'est fâchée avec elle." En 2008, Beyoncé a eu le malheur d'appeler Tina Turner "la reine" pendant une cérémonie des Grammy Awards. Le mot a mis Franklin hors d'elle, et elle n'a pas manqué de le faire savoir.

 

D'après Danchin :

  • "La seule qui a réussi à y échapper, c'est Alicia Keys, qui a toujours veillé à ne pas la froisser et à reconnaître sa supériorité – et à le faire de manière suffisamment subtile pour qu'Aretha y croie. Ce n'était pas une femme très brillante dans la conversation. Elle avait ce côté borné de la paysanne méfiante à qui on ne la fait pas."

 

Ses affaires ont pâti de sa paranoïa. Les avocats et les agents se faisaient embaucher, virer, dans un grand ballet hurlant. Franklin se méfiait de toutes les propositions, retardait tout, empêchait tout. "Aretha s'énerve quand elle pense que vous profitez d'elle, a déclaré un de ses proches à un journal américain. Mais parfois, cette exigence de respect devient de l'auto-sabotage."

Une femme de la stature d'Elvis

En quelques années et d'un même tour de chant, Aretha Franklin a signé à la fois la bande-son de la libération sexuelle et celle du mouvement des droits civiques. Elle a transfiguré la musique noire américaine. Elle l'a rendue universelle, en la rendant féministe.

 

Mais il y a quelque chose de paradoxal chez elle. Elle a donné sa voix, et quelle voix, aux femmes du monde entier, noires ou pas. Elle était pleine de l'assurance des gens bien nés, et comparée à d'autres femmes noires, avait certainement moins subi dans son enfance la misogynie afro-américaine. Pourtant, toute sa vie, elle a souffert des hommes, qu'elle aimait jeunes et violents, à l'image de Ted White, son premier mari, un ancien voyou qui la frappait. Elle a eu le premier de ses quatre enfants à 13 ans, le deuxième à 14.

 

Pour Sebastian Danchin,

  • "le legs d'Aretha, c'est d'avoir donné à la musique une femme dont la stature est équivalente à celle d'un Elvis. Si on regarde les chiffres, ils sont invraisemblables : plus de cent chansons dans le hit-parade, sur plus de cinquante ans. Dix-huit Grammy Awards. C'est phénoménal".

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Thérapies de conversion

Un médecin proposant de traiter l'homosexualité par l'homéopathie dénoncé sur les réseaux sociaux

Un médecin français, exilé en Suisse, prétend "soigner" l'homosexualité par l'homéopathie. 

Illustration: Film "Baisers cachés" réalisé par Didier Bivel avec Jules Houplain et Bérenger Anceaux
Illustration: Film "Baisers cachés" réalisé par Didier Bivel

Et provoque une polémique sur les réseaux sociaux qui s’insurgent contre cette forme d'homophobie.

 

"Traiter" l’homosexualité par l'homéopathie : c'est ce que propose le Dr. Jean-Yves Henry, un médecin généraliste, acupuncteur et homéopathe, administrateur du site Internet "Médecine intégrée" sur lequel on peut y lire que "l'homosexualité n'est pas une pathologie, mais un symptôme particulier (choix de vie) de patients borderline (personnalités intéressantes par ailleurs). Il se trouve que la matière médicale homéopathique comporte des remèdes agissant sur l'exacerbation de ces symptômes".

 

Cette publication a fait bondir les associations de lutte contre l'homophobie.

 

"Considérer l'homosexualité comme une maladie est une idée reçue encore très tenace, ancrée dans les mentalités. Ces stéréotypes doivent être combattus car ils nourrissent l'homophobie", a réagi Joël Deumier, président de l'association SOS homophobie sur France info.

 

"Si un jeune pense que son homosexualité relève de la pathologie, il risque de s'isoler. Nier son identité sexuelle, c'est nier qui on est. Cela peut conduire à l'échec scolaire par exemple, ou pire, au suicide. Rappelons que le taux de suicide chez les jeunes LGBT est trois à sept fois plus élevé que dans le reste de la population", insiste-t-il.

 

"Ce n'est pas parce qu'on est médecin, qu'on ne raconte pas d'inepties, a commenté pour sa part le Dr Charles Bento, président du syndicat national des médecins homéopathes. C'est complètement délirant, l'homosexualité n’a jamais été une maladie !".

 

Alors que les thérapies de conversion sont de plus en plus condamnées par les pouvoirs publics, la démarche du Dr. Henry indique qu'elles n'ont pas cessé d'exister et demeurent une menace pour la santé et la dignité des personnes LGBT.

 

Le Dr. Henry ne s’arrête pas à l'homosexualité dans ces préconisations. Sur son site, il propose d'autres traitements homéopathiques afin de "guérir des troubles du comportement sexuel", que constitueraient selon lui la masturbation ou encore la jalousie.

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Tunisie

Une manifestation contre la dépénalisation de l'homosexualité s'est tenue à Tunis

Des milliers de personnes ont manifesté contre le projet du gouvernement de dépénaliser l'homosexualité, samedi 11 août à Tunis. 

Un manifestant en Tunisie brandit un coran et une pancarte sur laquelle on peut lire "les règles de l'héritage sont une ligne rouge", lors d'un rassemblement de milliers de personnes dénonçant des réformes sociétales, le 11 août 2018

Dans la capitale tunisienne, entre 6 et 7.000 personnes ont manifesté contre les projets du gouvernement visant à renforcer les droits des femmes et des minorités, notamment des homosexuels, samedi dernier, à l’appel de la Coordination nationale pour défendre le Coran et la Constitution, un rassemblement islamiste.

 

Des participants de tout le pays ont assisté à un rassemblement devant le parlement, dont de nombreux religieux.

 

Les manifestants ont brandi des pancartes telles que "Non pour changer les paroles divines" et "Les Tunisiens respectent les enseignements de l’Islam".

D'autres orateurs ont affirmé que les projets gouvernementaux violaient la Constitution et qu'une famille composée d'un homme et d'une femme avec des enfants était le noyau de la société.

 

Le rassemblement voulait contester le projet de loi du président Béji Caïd Essebsi qui prévoit des réformes du droit des femmes et des homosexuels.

 

Une "Commission sur les libertés individuelles et l'égalité", créée par le président Essebsi, a présenté en juin un rapport préconisant en particulier la dépénalisation des rapports entre hommes qui restent très réprimés en Tunisie, même depuis la révolution.

 

La Commission conseille l'abolition complète de l'article 230, qui sanctionne les relations homosexuelles d'une peine allant jusqu'à trois ans de prison. 

 

En 2015, la Tunisie a officiellement reconnu Shams comme la première organisation LGBT du pays. Selon l'association, la police a arrêté l'an dernier au moins 71 personnes pour des faits d'homosexualité.

 

Ce lundi, plusieurs associations ont appelé à des rassemblements à Tunis pour exprimer leur soutien aux réformes envisagées. 

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Pologne

Mr Gay Europe 2018 élu à Poznan, malgré l'hostilité ambiante

La finale de l'élection Mr Gay Europe s'est tenue samedi à Poznan, dans l'ouest de la Pologne, pays catholique conservateur où une majeure partie de la population rejette l'homosexualité.

"J'espère que cela nous aidera dans notre lutte pour obtenir les mêmes droits que dans le reste de l'Europe", a expliqué à l'AFP Pawel Zabilski, l'organisateur de l'événement.

 

Enrique Doleschy, un Allemand de 30 ans, a été élu Mr Gay Europe. En recevant son titre, il a souligné la nécessité de ce type d'événements pour "faire ressortir le meilleur des gens et les forcer, les conduire à être meilleurs les uns envers les autres".

 

Une gay pride, à laquelle ont participé quelque 200 personnes, s'était tenue plus tôt dans la journée. "Il n'est pas juste de donner des privilèges (aux personnes LGBT) ou de les élever au niveau des familles", a estimé Maciej Wiewiorka, un militant pro-vie hostile à la manifestation. "Leur donner le droit d'adopter alors que ce sont des bêtes curieuses est absurde et ne devrait pas se produire", a-t-il déclaré à l'AFP.

 

Les couples de même sexe ne peuvent pas se marier ou adopter des enfants en Pologne, l'un des pays les plus pieux d'Europe et où l'Église catholique continue de jouer un rôle-clé dans la société.

 

Une étude menée en Pologne en 2014 - la plus récente à ce sujet - par l'institut CBOS montre que 70% des personnes interrogées pensent que les relations homosexuelles sont inacceptables.

 

(Source AFP)

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Agression homophobe à Gand

L'un des deux suspects fait l'objet d'un mandat d'arrêt

Deux hommes ont été victimes d’une violente agression homophobe, lundi 6 août 2018, dans une rue de Gand, en Belgique. 

Crédit photo : compte Facebook Mauro Padovani. 
Crédit photo : compte Facebook Mauro Padovani. 

Le parquet de Flandre a ouvert une enquête et deux suspects ont été interpellés.

 

Un homme a été placé sous mandat d’arrêt, ce mercredi 8 août.

 

Deux hommes en couple et résidant à Gand, en Belgique, ont été violemment attaqués à la barre de fer par deux inconnus, lundi 6 août dernier. Les victimes, un homme américain de 59 ans et un homme italien de 46 ans, ont été sérieusement blessées et traumatisées. L’un d’entre eux a les vertèbres cassées et a dû être hospitalisé.

 

Le ministère public a ouvert une enquête dans la foulée et deux suspects, un homme bulgare de 23 ans et une femme croate de 21 ans, ont été interpellés puis interrogés, a indiqué, mardi 7 août, le parquet de Flandre orientale.

 

Le couple d’agresseurs, voisin des deux victimes, a comparu devant le juge d’instruction mercredi 8 août. L’homme risque une peine de deux ans de prison pour coups et blessures ayant entraîné une incapacité de travail et la femme a été libérée sous conditions.

 

Si le caractère homophobe des faits est reconnu, la peine maximale encourue sera doublée.

 

"J’ai peur qu’ils nous tuent"

Les deux hommes, choqués, indiquent avoir été intimidés, insultés et menacés par cette voisine pendant des années.

 

"Nous avons peur d’aller sur notre terrasse parce que cette dame peut venir nous jeter quelque chose. Elle n’arrêtera pas, je pense. J’ai peur qu’ils nous tuent un jour", a déclaré Mauro Padovani, l’une des deux victimes, au média belge SudInfo.

 

Le couple se sent "abandonné" par les autorités locales, qui n’ont rien fait, selon eux, pour les protéger : "Je m’attends à un message fort de la part des politiciens et des juges. Ce n’est quand même pas possible qu’une chose pareille se déroule dans une belle ville comme Gand, non ? J’aime cette ville, mais maintenant je ne me sens plus en sécurité", ont-il dénoncé.

 

La commune de Gand a, quant à elle, fermement condamné l’agression : "La police prend cette affaire très au sérieux", a déclaré la maire Martine De Regge, avant d’ajouter : "Cela démontre qu’il faut continuer à œuvrer pour l’acceptation de la communauté LGBT".

 

(Source SudInfo.be)

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Amérique centrale : Costa Rica

L'interdiction du mariage homosexuel levée par la justice

Mercredi, la Cour suprême du Costa Rica, petit pays d’Amérique centrale, a déclaré inconstitutionnelle l’interdiction du mariage entre partenaires de même sexe et ordonné au parlement de modifier la loi. 

La décision de justice était très attendue par la communauté homosexuelle du Costa Rica. La Cour suprême du Costa Rica a jugé inconstitutionnelle l’interdiction du mariage entre partenaires de même sexe. 

 

Elle a, de surcroît, ordonné au Parlement, composé de nombreux chrétiens évangéliques conservateurs de modifier la loi en ce sens.

 

"L’Assemblée législative est instamment priée, (…) dans un délai de 18 mois (…), de mettre en accord le cadre juridique national avec les mariages de personnes du même sexe, selon le texte de la Cour suprême du Costa Rica.

 

Ce jugement entérine une autre décision de justice prise le 9 janvier dernier et affectant toute l’Amérique latine. La Cour inter américaine des droits de l’Homme (Cour IDH) avait alors exhorté les pays du continent à modifier leur législation afin de reconnaître le mariage entre conjoint du même sexe.

 

Le président de gauche élu en avril dernier, Carlos Alvarado, favorable au mariage gay, s’est félicité de cette décision.

 

"Nous allons continuer à impulser des actions qui garantissent la non-discrimination des personnes en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre, et la protection de l’État à toutes les familles dans des conditions d’égalité", a-t-il déclaré.

 

Le juge Fernando Castillo, seul magistrat à avoir voté contre, a expliqué que l’interdiction des mariages gay était maintenue durant 18 mois mais tomberait automatiquement au bout de ce délai, faute de nouvelle loi du Parlement. 

 

Cette disposition a été critiquée par la communauté LGBT locale.

 

"Qu’une institution de l’État reconnaisse qu’il existe une discrimination et, en même temps, permette à cette discrimination de se poursuivre durant 18 mois, c’est une aberration juridique", a estimé Margarita Salas, une militante LGBT.

 

(Avec AFP)

Rencontre mondiale des familles

Un prêtre progressiste va donner une conférence sur les questions LGBT

Pour la première fois de son histoire, les questions LGBT seront à l'ordre du jour d'un événement organisé par l'Église catholique.

Un prêtre donnera une conférence sur le sujet lors de la Rencontre mondiale des familles, organisée par le Vatican, se tenant à Dublin du 21 au 26 août prochain.

 

La conférence sera donnée par le Père James Martin qui a indiqué que cette initiative avait été proposée par le Vatican. La conférence devrait d'ailleurs être suivie par le pape François même s'il n'y prendra pas part.

 

Le discours du Père Martin, concernant l'accueil des personnes LGBT et de leurs familles dans leurs paroisses, aura lieu dans le cadre de la Rencontre mondiale des familles qui se déroule à Dublin du 21 au 24 août, selon le programme officiel de l'OMMF.

 

Le prêtre a dit expliqué au site PinkNews: "C'est le Vatican qui a proposé ce que je pense être un excellent sujet: "Montrer l'accueil et le respect dans nos paroisses pour les LGBT et leurs familles. En proposant ce sujet, il dit aux catholiques LGBT quelque chose d’important: c’est votre église aussi."

 

Près de 10.000 personnes ont demandé le retrait du prêtre LGBT + de l'événement dans une pétition initiée par la branche irlandaise du groupe ultra-conservateur Tradition Family Property (TFP), qui s'oppose à l'avortement et au mariage entre personnes de même sexe.

 

La Rencontre mondiale des familles est un événement majeur du calendrier catholique romain, auquel participent de nombreuses personnalités de l’Église catholique. Il met l'accent sur l'importance du mariage et de la vie familiale.

 

Le Père Martin, un prêtre jésuite américain, a publié un livre - "Building a Bridge", en juin 2017, appelant au respect entre la communauté LGBT + et l'Église catholique.

 

"La principale raison pour laquelle je me suis impliqué dans les questions LGBT est que les personnes LGBT font partie de l'église et qu'elles méritent donc d'être prises en charge, a déclaré le religieux à PinkNews. Elles sont également le groupe le plus marginalisé de l’Église catholique et pour cette raison, ils méritent une attention et une attention particulières".

 

Le Père Martin a déclaré que le massacre de la discothèque gay Pulse à Orlando en 2016 marquait un tournant pour lui et qu'il avait écrit son livre par frustration face à la réponse que l'église avait offerte à l'un des pires massacres de l'histoire des États-Unis.

 

"Ce qui m'a alarmé à l'époque, c'est que très peu d'évêques catholiques ont publiquement exprimé leur compassion après la fusillade, contrairement à ce qui se passe dans presque toutes les autres tragédies publiques", explique-t-il. "Le manque de solidarité semblait révéler que même dans la mort, les personnes LGBT sont largement invisibles dans l'église."

 

La position de l’Église catholique sur l'homosexualité et les questions LGBT a légèrement évoluée depuis quelques années, notamment sous le pape François, marquant une timide tolérance des personnes LGBT.

 

La position officielle de l'Église catholique sur l'homosexualité demeure que l'attraction entre personnes de même sexe est un péché si elle est la relation sexuelle est consommée.

 

Bien que le pape François ait été à certains égards plus progressiste que ses prédécesseurs en termes d'acceptation des LGBT, il a récemment confirmé que le mariage ne devrait concerner que l'union d'un homme et une femme et a inciter les évêques à rejeter les candidats de la prêtrise qu'ils soupçonnaient d'être homosexuels.

Propagande homophobe

Russie, une publicité électorale assimile l'absence de civisme à l'homosexualité

Une publicité pour une élection locale dans une ville de la région russe de Samara établit un lien entre le refus de voter et l'homosexualité.

Le pays qui interdit la "propagande de relations sexuelles non traditionnelles", n'hésite pas à utiliser des images suggestives de relation homosexuelle pour inciter les électeurs à faire leur devoir civique.

 

Dans une vidéo publicitaire invitant les citoyens à participer à une élection en septembre prochain dans une ville de la région de Samara, on peut voir deux hommes discutant des raisons pour lesquelles ils ne votent pas, affirmant notamment que tous les politiciens sont immoraux, et qu'ils ont "des choses plus importantes à faire".

 

La fin de la publicité nous révèle ces "choses" en question. Les deux hommes rentrent dans un appartement et commencent à se déshabiller, car ils s’apprêtent à coucher ensemble. Il s'agit d’un couple gay.

 

Ce clip d'une minute a été diffusé principalement sur le réseau russe VK, mais aussi sur Facebook.

 

Il semble viser un public homophobe, en faisant valoir que le fait de ne pas voter est un comportement d'homosexuel.

 

Les médias russes spéculent que c'est l'administration régionale qui a commandité ce spot dans l'espoir d'augmenter la participation aux élections à venir.

 

Ce n'est pas la première fois que l'homosexualité est utilisée comme un repoussoir dans la propagande politique en Russie.

 

Il y a quelques mois, lors de la campagne pour la réélection de Valdimir Poutine, une vidéo décrivait un "cauchemar" dans lequel les électeurs devraient héberger des gays chez eux s'ils faisaient un mauvais choix politique.

 

L'homophobie a augmenté au cours des 10 dernières années en Russie et notamment depuis 2013, année où l’homosexualité a été ciblée par une loi interdisant toute évocation publique positive.

 

Selon une enquête publiée plus tôt cette année, la Russie est l’un des rares pays où la haine des homosexuels a augmenté au cours des 20 dernières années dans l'opinion.

 

83% de la population russe considère toujours ou presque toujours que les relations sexuelles entre personnes du même sexe sont "répréhensibles".

Homophobie/Gay Games

Un patron voit sa commande annulée après une fanfaronnade homophobe

Ce militant avait annoncé que les revenus tirés d'une livraison dans le cadre des "JO" LGBT seraient reversés à la Manif pour tous. L'arbitre à l'initiative de l'achat lui a répondu que les sportifs et lui préféreront "boire de l’eau, plutôt que de toucher à une seule boisson livrée par (sa) compagnie". 

Marc Knulle, arbitre international et victime de l'homophobie du gérant de l'entreprise Barnum
Marc Knulle, arbitre international et victime de l'homophobie du gérant de l'entreprise Barnum

Il était tellement fier de lui qu’il s’en est vanté sur Twitter : vendredi soir, Emmanuel De Préval, patron d’une entreprise spécialisée dans la livraison de boissons sur Paris, a posté un message expliquant qu’après avoir reçu une commande "de l’organisation des Gay Games" (si vous ne savez pas de quoi il s’agit, notre article), son entreprise "a décidé de reverser tous les bénéfices à la Manif pour tous". Motif avancé : "Ça nous posait un vrai problème moral de bosser pour des communautaristes." Et de fanfaronner : "Merci au lobby LGBT pour sa générosité pour de si belles causes (smiley qui pleure de rire)". 

Dans les faits, ce n’étaient pas les Gay Games qui avaient passé une commande, mais un arbitre international franco-allemand officiant sur le tournoi de hockey sur gazon des Gay Games, a raconté lundi France 3. Une commande qu’il a annulée, se fendant d’un courrier à Emmanuel de Préval pour lui signifier que les sportifs et lui-même préféreront "boire de l’eau, plutôt que de toucher à une seule boisson livrée par (sa) compagnie".

 

La rodomontade homophobe du patron n’est pas passée inaperçue. ParisPasRose, un compte très suivi sur les questions LGBT, a ainsi signalé samedi que la société d’Emmanuel de Préval travaillait aussi avec la Fiac, Roland-Garros et la Cité du cinéma.

 

D’autres ont ressorti d’anciens tweets, où le dirigeant parlait entre autres du "cerveau malade des LGBT". On l’a aussi retrouvé, grimé d’un masque, dans un reportage du Figaro au sein d’une manifestation contre le mariage pour tous en 2014. Bref, la sortie du patron risquait fort de nuire à sa petite entreprise.

 

Emmanuel de Préval a depuis supprimé son tweet, qui continue de vivre dans des captures d’écran abondamment partagées, et a passé son compte en mode privé. Seule sa "bio" demeure lisible par tout le monde : "Petit patron, catho familius, SensCommun [mouvement politique issu de la Manif pour tous, affilié à Les Républicains, ndlr], libéralconservateur et autres épouvantails à bobos. Celui qui se bat peut perdre, celui qui ne se bat pas a déjà perdu."

Russie

Une trentaine d'activistes LGBT+ arrêtés par la police lors d'une manifestation

Trente militants LGBT+ ont été interpellés, samedi 4 août 2018, à Saint-Pétersbourg, deuxième ville de Russie, lors d’une action dénonçant la loi contre la "propagande homosexuelle", en vigueur depuis juin 2013. 

Plusieurs dizaines de militants LGBT+ ont été interpellés, samedi 4 août, à Saint-Pétersbourg.

 

Au total, une soixantaine de personnes s’étaient rassemblées, samedi 4 août 2018, avec des pancartes et des drapeaux arc-en-ciel, sur la place du Palais, en plein centre de l’ancienne capitale impériale russe.

 

Elles ont bravé l’interdiction de manifester, pourtant inscrite dans la loi punissant d’amendes et de peines de prison tout acte de "propagande homosexuelle" auprès de mineurs, en vigueur depuis cinq ans en Russie. Des interpellations filmées par de nombreux journalistes, présents sur place.

 

Relâchés dans la soirée

Selon Alexeï Nazarov, un militant LGBT+ présent au rassemblement qui s’est exprimé auprès de l’AFP, chaque personne manifestait seule, une manoeuvre qui permet de ne pas demander l’autorisation des autorités municipales, à la différence d’un  rassemblement organisé. "Au total, 30 personnes ont été interpellées" par la police, et notamment "ceux qui avaient des drapeaux et des vêtements de couleurs plus vives" a déclaré l’activiste, en précisant qu’il restait toujours détenu avec une autre personne dans un fourgon de police. 

 

"Tous les autres ont été emmenés vers un poste de police", a-t-il ajouté.

 

Selon Olga, une militante présente sur place, les activistes ont tout de suite averti leurs avocats, avant d’être relâchés dans la soirée. Ils devraient être jugés ce lundi 6 août en comparution immédiate.

 

Montrer de la solidarité

Les manifestants ont expliqué aux journalistes de Reuters, qu’ils souhaitaient montrer leur solidarité envers tous les membres de la communauté LGBT+ russe.

 

"Ce sujet n’est pas traité dans les médias de masse. Les personnes LGBT+ existent et les autorités devraient plutôt travailler avec nous, on devrait tous chercher le dialogue", a témoigné Mikhail, un activiste présent sur place.

 

Ces interpellations confirment les craintes formulées par les militants russes, sur le retour des politiques anti-LGBT après la fin de la Coupe du monde de football. Depuis l’adoption de la loi anti "propagande homosexuelle" en juin 2013, les crimes envers les personnes LGBT+ auraient doublé. 

"Les gens comme vous"

Un maire accusé d'homophobie après avoir refusé un permis de construire à un couple gay

C'est sur Twitter que Sébastien Durand a accusé le maire d'Aureville (Haute-Garonne) d'homophobie après avoir refusé un permis de construire à son couple. Une accusation que récuse Xavier Espic. 

Une rue du village d'Aurreville, où le maire est accusé d'homophobie
Une rue du village d'Aurreville, où le maire est accusé d'homophobie

"On est tombés des nues." Sébastien Durand, consultant dans la com’ et son mari Patrick, directeur de projet informatique, n’en reviennent toujours pas. Le couple s’est vu refuser sa demande de permis de construire, déposée après l’achat d’un terrain dans un petite commune de la région Occitanie. La raison ? De l’homophobie, selon le couple. Une accusation rejetée en bloc par le maire, Xavier Espic.

 

L’histoire est partie d’un simple tweet, posté mardi 31 juillet par Sébastien Durand. Dans celui-ci, le consultant de 48 ans rapportait les propos du maire, dont le nom était tu, justifiant son refus de permis de construire : "Je ne signerai pas le permis de construire. Les gens comme vous (sic), je préfère qu’ils viennent me voir avant de déposer leur demande pour voir si leur projet de vie correspond à ma commune". Des propos choquants, qui ont fait réagir les internautes, le message ayant été retweeté plus de 1 700 fois. 

La commune en question s’appelle Aureville (Haute-Garonne) et compte 800 habitant.e.s. Sébastien Durand a longuement hésité à rendre public le nom du village, ainsi que celui du Maire, Xavier Espic (Divers Gauche), mais, explique-t-il à Komitid, il "ne voit pas comment avancer sans nommer les choses". Les choses, justement, quelles sont-elles ? Explications.

 

"Comment osez-vous avoir un tel projet ?"

Tout commence en 2017, lorsque le couple, résidant en banlieue toulousaine, décide de chercher un terrain dans les villages situés non-loin de la ville. Le but est simple : bâtir une "grande maison à la campagne" tout en "restant proche des amis et des familles". Le choix se porte finalement sur Aureville et le couple signe un compromis de vente en janvier 2018.  Rapidement, Sébastien et Patrick s’associent avec une architecte, pour respecter le plan local d’urbanisme (PLU), et imaginent une grande maison "respectant l’architecture locale".

 

  • "Nous ici, on est des gens simples, on n’aime pas quand c’est trop sophistiqué"

Selon Sébastien Durand, les choses se sont gâtées lors d’un premier rendez-vous avec le maire de la commune, Xavier Espic, qui s’est déroulé en présence d’une secrétaire et de l’architecte. "Il a été extrêmement agressif", nous explique le presque quinqua. "La première chose qu’il nous a dit, c’est "Comment osez-vous avoir un tel projet ? Moi, d’habitude, les gens comme vous, je préfère qu’ils prennent rendez-vous avant de déposer leur permis qu’on voit si leur projet de vie correspond à la commune".

 

Des propos qui ont fait "tiquer" Sébastien. "Par la suite, il est revenu sur le sujet, pas forcément directement, mais par des phrases comme "Nous ici, on est des gens simples, on n’aime pas quand c’est trop sophistiqué". Le mot sophistiqué prononcé avec petit mouvement précieux du poignet, façon Cage aux Folles. "On veut des gens et des maisons discrètes, on ne se montre pas", ajoute le consultant "Il était clair que ce n’était pas notre projet qui posait problème mais aussi nous". Le Maire finit par refuser de signer le permis de construire en l’état.

 

  • Le projet "ne s’inscrit pas dans les valeurs identitaires de la commune"

Le couple décide alors d’organiser une deuxième réunion, cette fois au syndicat d’agglomération dont dépend Aureville. L’idée est de présenter un nouveau projet, prenant en compte les "recommandations" du maire de la commune. Mais le projet ne passe toujours pas aux yeux de celui-ci, affirme Sébastien Durand. "Il nous a répété que "ce" projet ne convenait pas, revenant sur cette idée que nous étions trop "sophistiqués" pour sa commune, que notre maison évoquait pour lui une église (sic) et qu’il se demandait quel culte nous voulions y célébrer", nous raconte l’homme.

 

Sébastien et Patrick, mariés depuis 5 ans, ont finalement reçu une lettre signifiant le refus de la mairie de signer un permis de construire. Dans ce document, Xavier Espic motive son refus par "les éléments d’architecture qui ne seraient pas dans le style régional". Et il y a surtout cette phrase, qui surprend le couple, expliquant que le projet "ne s’inscrit pas dans les valeurs identitaires de la commune". 

Pour Sébastien Durand, il n’y a pas de doute à avoir, il s’agit bien d’homophobie, même si celle-ci n’est pas énoncée clairement. "Sans insultes directes, son attitude évoque selon moi néanmoins clairement de l’homophobie", pense l’homme. "Quel autre sens donner à "les gens comme vous", "les sophistiqués" ? Cela me fait penser, toute comparaison gardée, à cette idée trumpienne que les commerçants pourraient décider "en leur âme et conscience" de ne pas faire de gâteaux de mariage pour les gays. Ici, le maire d’Aureville semble vouloir décider que deux gays mariés n’ont pas leur place en ville."

 

"On aurait réagi de la même façon avec un autre couple"

Contacté par Komitid, le maire de la commune réfute les accusations du couple. "Je suis très surpris que l’on me traite d’homophobe, j’ai l’esprit tranquille, je travaille pour tous mes administrés", explique-t-il au cours d’une conversation téléphonique. "Tout le monde est sur un pied d’égalité. Tout le PLU et le règlement d’architecture sont les mêmes pour tout le monde. C’est le premier refus que l’on fait, parce que l’on a estimé que le projet ne correspondait pas à la commune."

 

  • "Ceux qui me connaissent savent ce que je pense"

Les propos rapportés par le couple ? Xavier ne souhaite pas les commenter, expliquant "ne pas avoir de problème avec les LGBT" et que "ceux qui me connaissent savent ce que je pense", ajoutant avoir aidé à la création d’un "local LGBT".

 

Quant à la formulation qui parle de "valeurs identitaires" dans la lettre de refus, le maire ne souhaite pas non plus y revenir. Et de conclure : "Nous sommes une petite commune et loin de tout cela. Parce que les gens sont différents, il faudrait qu’on les traite différemment ? On aurait réagit de la même façon avec un autre couple."

 

Plainte et plainte

Le couple a pris contact avec des avocat.e.s, expliquant que "la bataille sera d’abord sur le terrain administratifet verra s’il fait le choix d’un recours hiérarchique ou s’il ira directement au tribunal administratif.

 

"Quant à la question de l’homophobie, nous la poserons mais elle sera sans doute plus difficile à prouver", ajoute Sébastien Durand. En attendant, les deux hommes comptent résilier l’achat du terrain et vont demander des dommages et intérêts "pour les huit mois perdus du projet et les frais engagés d’études de terrain diverses et la discrimination si nous arrivons à la faire reconnaitre". Quant au maire, Xavier Espic, il estime "avoir dit ce qu’il y avait à dire "mais s’autorise également à "porter plainte pour diffamation".

 

En attendant l’aboutissement des procédures, le couple explique s’être mis à la recherche d’un nouveau terrain dans la région. "Nous repartons moins innocents", soupire Sébastien Durand. La prochaine fois, les mariés iront se renseigner sur les vues du maire en avance. "Il y a là une forme de cynisme qui m’attriste", conclut le consultant.

 

(Source Komitid)

Poitiers/Homophobie

Six et douze mois de prison ferme pour les agresseurs homophobes

Les agresseurs présumés, deux lettons de 20 et 34 ans, s'en sont pris très brutalement samedi soir à Poitiers à deux homosexuels avant de résister violemment à leur interpellation.

Cette agression homophobe a été jugée à Poitiers sous le régime de la comparution immédiate

Les prévenus, ivres au moment des faits, ont nié devant les juges le caractère homophobe de l'agression.

 

C'est vers 23h sur le parc situé le long du boulevard Chasseigne de Poitiers que l'agression a eu lieu. Une agression d'une grande violence accompagné d'insultes homophobes. Et il n'y a pas que les deux victimes qui l'affirment. Les policiers appelés à intervenir ont aussi témoigné dans ce sens.

 

Les agresseurs avaient bu une bouteille de vodka à deux

Lors de son transfert au commissariat, le principal prévenu, le plus violent aussi, aurait déclaré aux policiers "dans mon pays il n'y a pas de PD,  en France vous les entretenez".  

 

Âgé de 34 ans, l'individu qui parcourt l’Europe pour travailler a donné énormément de fil à retordre aux policiers, en blessant l'un d'eux. Il a aussi refusé de décliner son identité ou de souffler dans l'éthylomètre. C'est son ami, âgé de 20 ans, qui avait plus de 3 grammes et demi d'alcool dans le sang qui avouera avoir bu avec son compagnon toute une bouteille de vodka.

 

"Je suis tolérant"

Dès leurs auditions en garde à vue, les deux hommes nient le caractère homophobe de l'agression. Une stratégie de défense réitérée lors de l'audience. Et lorsque la présidente demande au principal prévenu comment les choses ont commencé, il botte en touche en affirmant "tout ce que j'ai à dire c'est que je suis tolérant". Cette petite phrase surprend les magistrats et l'avocate des victimes.  "Ce n'est pas acceptable que de tels faits se déroulent aujourd'hui", s'énerve maître Martin qui souligne aussi les conséquences psychologiques de cette agression sur ses clients. "Pour eux il y aura un avant et un après", conclue-t-elle.

 

Des traces visibles de l'agression

"Ils étaient là en fait, enchaîne le procureur, pour faire la chasse aux PD",reprenant à son compte les déclarations d'une des victimes. En plus des insultes, une violence extrême qui a laissé des traces. L'une des victimes porte une minerve, l'autre des marques au visage et de strangulation.

 

Présents à l'audience, ils sont encore très choqués. "C'était d'une violence inouïe et sans mon compagnon qui a appelé les secours je ne serai peut-être plus là", explique l'un d'eux. 

 

Frappés d'une interdiction de séjour en France

Les deux agresseurs ont dès la fin de leur procès regagné leur cellule à Vivonne. Les magistrats les ont condamné à six mois ferme pour l'un et 18 mois dont six avec sursis pour le second, déjà condamné par le passé pour des faits de violence. Ils devront aussi indemniser leurs victimes. Ils devraient enfin dès leur sortie de prison faire l'objet d'une reconduite à la frontière à la demande de la préfecture de la Vienne.

 

(Source Charente Libre)

Japon

La communauté LGBT se mobilise contre le "discours de haine" d’une députée

Mio Sugita, élue du parti au pouvoir, a qualifié les lesbiennes et les gays de personnes "non productives", ajoutant : "Je me demande s’il faut utiliser l’argent des contribuables pour elles." 

Le drapeau arc-en-ciel des LGBT (lesbiennes, gays, bi et trans) a flotté vigoureusement, les 27 et 28 juillet, à Tokyo et Osaka.

 

Les Japonaises et Japonais ont bravé le typhon Jongdari pour manifester et exiger la démission de la députée Mio Sugita, qu’ils accusent d’avoir tenu un "discours de haine". Elue du Parti libéral démocrate (PLD) au pouvoir dans le département de Hyogo (ouest), la députée a qualifié, dans une interview publiée le 18 juillet par le magazine Shincho 45, les personnes LGBT de "non productives", car "ne pouvant pas se reproduire".

 

"Je me demande s’il faut utiliser l’argent des contribuables pour elles", a ajouté celle pour qui une société acceptant des relations homosexuelles risque l’effondrement. Elle considère également un média parlant des couples de même sexe comme pouvant encourager les personnes "capables de vivre une romance normale et de se marier" à "devenir homosexuelles".

 

Ses propos ont suscité une vague d’indignation et un appel à manifester.

 

A Tokyo, des milliers de personnes se sont rassemblées devant le siège du PLD, appelant à lutter contre les discriminations et déplorant que l’élue résume la vie humaine à la procréation. "C’est comme si on m’avait dit que je n’avais pas le droit de vivre", a déclaré une participante lesbienne.

 

"L’homosexualité n’est pas la définition du malheur. Ce sont des remarques discriminatoires comme celles de Mio Sugita qui nous rendent malheureux", a par ailleurs réagi Taiga Ishikawa, l’un des premiers responsables politiques japonais, de l’opposition, ouvertement homosexuel.

 

Pour lui, outre leur aspect discriminatoire, les propos de Mio Sugita "ternissent considérablement la réputation du Japonà l’approche des Jeux olympiques de 2020 à Tokyo.

 

La situation des LGBT évolue lentement

Les critiques sont d’autant plus vives que les réactions du PLD sont apparues mitigées. Si Shunsuke Takei, ancien secrétaire parlementaire aux affaires étrangères, estime que les propos de Mme Sugita ne sont "pas de la politique mais simplement un discours de haine", le secrétaire général du parti, Toshihiro Nikai, a refusé de les condamner. "Hors des positionnements politiques, différentes personnes affichent des points de vue différents", a-t-il simplement déclaré.

 

L’ambiguïté de M. Nikai rappelle qu’en novembre 2017, Wataru Takeshita, autre cacique du PLD, avait estimé que les partenaires de même sexe ne devraient pas être invités aux réceptions de l’empereur Akihito. Le premier ministre Shinzo Abe a exprimé, en 2015, des réserves sur le mariage pour tous.

 

Lors des législatives d’octobre 2017, le PLD a promis de faire adopter une loi pour une meilleure considération des LGBT. Elle se fait toujours attendre.

 

La situation n’évolue que très lentement au Japon, même si certaines municipalités, comme Sapporo (Nord) reconnaissent les unions de personnes de même sexe, et si le ministère de l’éducation a inclus en 2017 les LGBT dans sa politique de lutte contre le harcèlement à l’école.

 

Mme Sugita, elle, n’en est pas à ses premières polémiques. Appartenant à la frange la plus nationaliste du parti, elle nie l’existence des femmes dites "de réconfort", contraintes de se prostituer pour les soldats de l’armée impériale nippone, et critique les femmes qui tentent de développer le mouvement #metoo au Japon.

Moscou

L'incroyable refuge russe d'un gay nigérian

Après avoir échappé au lynchage chez lui, un homme gay de 32 ans a déposé une demande d’asile en Russie à l’occasion du Mondial, ignorant tout de la situation des homosexuels locaux. 

Sabo était arrivé parmi les supporters de l'équipe du Nigeria au Mondial.
Sabo était arrivé parmi les supporters de l'équipe du Nigeria au Mondial.

"Je pensais que j’allais en Europe." Mauli Sabo (nom d’emprunt) est bel et bien en Europe, mais pas vraiment dans celle qu’il attendait.

 

Ce migrant nigérian, dont la BBC raconte le parcours incroyable, a atterri en Russie pensant y trouver refuge.

 

Or si cet homme de 32 ans a quitté son pays et demande l’asile aujourd’hui, c’est en raison de son homosexualité. Sabo n’avait aucune idée des lois russes contre la "promotion des sexualités non conventionnelles" en vigueur en Russie, et encore moins de la chasse aux homosexuels en Tchétchénie et plus généralement du climat d’homophobie qui règne dans le pays.

 

Le trentenaire a quitté le Nigeria un billet pour le Mondial en poche, profitant des facilités de voyage accordées par Moscou à l’occasion de la grand-messe du foot. Dès son arrivée, le 8 juillet, il a contacté le Comité d’assistance civil dans la capitale en vue d’une demande d’asile. Mais ses interlocuteurs étaient embarrassés. "On ne connaît aucun cas où l’asile a été accordé en raison de l’orientation sexuelle", explique sa conseillère, Daria Manina.

 

A sa grande surprise, les autorités sont entrées en matière, lui demandant des preuves de son statut d’homosexuel persécuté. Ce que Sabo a obtenu auprès d’une organisation LGBT nigériane.

 

Tentative de lynchage

Le Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique, maintient la criminalisation des rapports entre hommes.

 

Certains États du nord musulman du pays appliquent la charia, avec la peine de mort pour les homosexuels. Sabo est sûr que la prison, voire la mort l’attendent dans son pays.

 

En attendant la décision sur son cas, il ne regrette pas d’être parti même si la Russie est très loin du paradis auquel il aspirait. Mais, dit-il, "ma décision était déjà prise".

 

(Source BBC.com)

Flash back

Il y a 35 ans, la France dépénalisait l'homosexualité

Le 27 juillet 1982, l’Assemblée nationale vote la suppression des dernières spécificités pénales contre les rapports de même sexe; François Mitterrand a tenu sa promesse de campagne. On retient ce jour comme la date de dépénalisation de l’homosexualité en France. Retour sur une histoire en clair-obscur. 

L’historienne Florence Tamagne en est l’une des conteuses. Dans Mauvais genre ?

 

Une histoire des représentations de l’homosexualité, la chercheuse observe que si les pratiques homosexuelles ont été remarquées depuis l’Antiquité, toutes les cultures n’ont pas disposé du concept d’homosexualité. Sous la Grèce antique par exemple, l’homosexuel n’existe pas en tant que minorité sexuelle (à l’inverse de l’efféminé qui est moralement condamné) et les relations entre hommes sont même valorisées dans le contexte singulier de la pédérastie.

 

Comment est née la répression de l’homosexualité ?

En Europe, la morale judéo-chrétienne réprime le "sodomite" (sic.) dans lequel elle englobe toute pratique sexuelle considérée comme contre nature car remettant en cause de la différence des sexes, et donc l’ordre divin, ou parce qu’elles sont non-procréative et donc mettent en danger l’ordre social. Une rhétorique chrétienne hostile à l’homosexualité se développe au Moyen-Âge, aboutissant aux condamnations au bûcher dès le XVIème siècle.

 

Par la suite, pendant la période de la Renaissance, l’homosexualité masculine sera tolérée dans l’aristocratie sous certaines conditions (notamment si le partenaire est rapproché au "genre féminin") et les arts regorgent d’imagerie homoérotique. L’homosexualité féminine bénéficie quant à elle d’une certaine indulgence : on considère que les femmes ne font que s’octroyer des qualités masculines et que cette sexualité ne présente pas le risque d’engendrer des "bâtards" et donc de fragiliser les dynasties. Le travestissement est lui puni par la peine de mort.

 

L’héritage de la Révolution : un silence juridique

"La France a été le premier pays à abolir le crime de sodomie", (ré-)apprend-on toutefois dans le Dictionnaire de l’homophobie publié sous la direction de Louis-George Tin en 2003. Ni le Code pénal de 1791, ni celui de 1810, ne réintègrent cette législation héritée de l’Ancien Régime; c’est l’exception française dans une Europe qui ne lésine pas sur les condamnations à mort.

 

À partir du XVIIIème siècle, la figure stéréotypée de l’homosexuel efféminé a pourtant fait son apparition selon Florence Tamagne, tant pour stigmatiser que pour repérer un comportement perçu comme déviant. Le siècle suivant voit l’intervention du regard judiciaire et médical sur l’homosexualité.

 

Le "criminel devant dieu" devient alors un "criminel devant la société". Et en dépit du silence des textes légaux contre l’homosexualité, le Code pénal de 1810 présente un arsenal juridique souple contre l’homosexualité : outrage public à la pudeur (art. 330), attentat à la pudeur "consommé ou tenté avec violence" (art. 331), outrage aux mœurs par voie de presse (art. 287)… Cette multitude de lois ambiguës fonctionnent comme une arme redoutable contre les relations entre hommes. 

"Marche nationale pour les droits et les libertés des homosexuels et lesbiennes" organisée par le Comité d’urgence anti-répression homosexuelle (CUARH) à Paris le 4 avril 1981 – crédit photo memoire-sexualites.org 

Pendant le second conflit mondial, le régime de Vichy réintroduit l’homosexualité comme un délit pénal par la loi du 6 août 1942. Trois ans plus tard, le texte du 8 février 1945 différencie l’âge de la majorité sexuelle entre homos et hétéros, 15 ans pour les uns mais 21 ans pour les autres.

 

Cette pénalisation est renforcée par un texte du 30 juillet 1960 qui liste l’homosexualité parmi les fléaux sociaux à combattre. Une ordonnance du 25 novembre 1960 double également les peines d’"outrage à la pudeur" en cas d’homosexualité.

 

1982 et la gauche fît passer la dépénalisation

Dès le début de la décennie 1970, des mouvements homosexuels à l’instar du Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire (ou FHAR) accentuent la visibilité des gays et des lesbiennes, dans la rue mais aussi dans les médias. Cette dernière est amplifiée par la crise de l’épidémie du sida dès le début des années 1980.

 

Au même moment, des débats parlementaires sur la condamnation du viol et de l’attentat à la pudeur suppriment l’aggravation des peines propres aux rapports de même sexe mais maintiennent la différence de majorité sexuelle, encore une fois au prétexte de protéger la jeunesse.

 

En 1981, François Mitterrand, fraîchement élu, porte cette dernière discrimination devant l’Assemblée. Les débats sont vifs et le point de rupture symbolique : doit-on donner le feu vert à l’homosexualité ?

 

Les célèbres discours de Gisèle Halimi, rapporteuse de la Commission des lois, et Robert Badinter, garde des Sceaux, devant l’hémicycle sont suivis d’un vote favorable à l’Assemblée nationale, le 27 juillet 1982. La loi du 4 août 1982 supprime le dernier texte pénal stigmatisant les relations homosexuelles.

 

Il fallut encore attendre neuf années supplémentaires pour voir l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) rayer l’homosexualité de sa liste des maladies mentales.

 

L’égalisation progressive des droits, avec en tête de cortège l’ouverture de l’institution du mariage civil et de l’adoption, ne sonne toutefois pas la fin des revendications.

 

Le milieu associatif s’époumone à rappeler les points de lutte lors des manifestations et des prises de paroles. L’acquisition des droits des personnes trans et intersexes, de même que l’ouverture de la PMA à toutes les femmes ou l’amélioration des politiques de santé sont autant de chevaux de bataille à défendre afin de pouvoir fêter, à l’avenir, la date anniversaire de leur acquisition.