Indonésie

Un pas vers la pénalisation

L'Indonésie classe l'homosexualité comme maladie mentale

L'Indonésie a décidé de classer l'homosexualité comme "maladie mentale", un pas de plus du pays vers l'interdire des relations entre personnes du même sexe.

Des militants anti-LGBT sur l’île de Java, en Indonésie, le 23 février 2016.
Des militants anti-LGBT sur l’île de Java, en Indonésie, le 23 février 2016.

Alors qu'un projet de loi visant à criminaliser le sexe homosexuel est introduit au parlement du pays, l'Indonésie a décidé de classer l'homosexualité au rang des "maladies mentales".

 

Le ministère de la Santé du pays a annoncé vendredi qu'il était sur le point de publier un guide médical basé sur deux rapports réalisés ces deux dernières années, l'un par l'Association des psychiatres d'Indonésie et le second émanant du ministère lui-même.

 

"Les gays et les bisexuels sont exposés à des problèmes émotionnels tels que la dépression due à des crises d'identité alors que les transsexuels sont susceptibles de souffrir de maladies mentales", lit-on dans le premier tandis que le second affirme que "l'homosexualité est contraire à l'éthique du pays".

 

Actuellement, l'homosexualité est légale en Indonésie, à l'exception de la province d'Aceh, où la charia est appliquée.

 

Mais si le nouveau projet de loi est adopté au parlement du pays, les relations homosexuelles pourraient devenir illégales dans tout le pays.

 

La loi pourrait être votée dans les deux prochaines semaines.

 

Le projet de loi, qui a le soutien des 10 principaux partis politiques du pays, rendrait les rapports homosexuels passibles de cinq ans de prison.

 

La Cour suprême indonésienne a bloqué de justesse une mesure similaire qui avait été adoptée le mois dernier, mais ce sursis pourrait n'être que temporaire.

 

Andreas Harsono de Human Rights Watch a déclaré que la nouvelle loi "créera de nouvelles infractions discriminatoires qui n'existent pas dans le code pénal actuel".

 

"Cela ralentira les efforts de l'Indonésie pour développer son économie, sa société, ses connaissances et son éducation. Elle s'apparente au code de la charia en vigueur dans la province d'Aceh", a-t-il ajouté.

 

Ces derniers mois, la police a mené plusieurs actions violentes et humiliantes, très médiatisées, à l'encontre des homosexuels et des transgenres dans les pays ouvrant la voie à la pénalisation de l'homosexualité. 

 

Mercredi dernier, Google a retiré de ses boutiques en ligne en Indonésie l'une des applications de rencontres pour homosexuels les plus utilisées au monde, à la demande des autorités.

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États-Unis

L'administration Trump refuse de signer une déclaration de soutien des pays américains au mariage gay

Sept pays du continent américain ont signé une déclaration de soutien à l'égalité du mariage, mais les États-Unis ont refusé d'y prendre part.

Donald Trump
Donald Trump

La Cour inter américaine des droits de l'homme a ouvert la voie au mariage gay dans 16 pays du continent américain en déclarant que le mariage entre conjoints de même sexe était un droit de la personne, il y a quelques jours.

Le tribunal a notamment estimé que le Costa Rica violait ses obligations liées à la Convention américaine des droits de l'homme.

 

Depuis cette décision, sept des huit pays membres du Groupe LGBTI de l'Organisation des États américains (OEA) ont signé une déclaration appuyant l'opinion de la Cour, mais les États-Unis ont refusé de le faire.

 

Les pays qui ont signé la déclaration sont l'Argentine, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie, le Mexique et l'Uruguay. Les États-Unis sont le seul pays membre de ce groupe à ne pas avoir apposé leur signature à la déclaration. 

 

Le directeur de l'organisation Human Rights Campaign Global a réagi en considérant le refus de l'administration Trump-Pence de signer cette déclaration en faveur de l'égalité du mariage et des droits des transgenres "profondément troublant".

 

"Alors que l'administration US est à l'origine d'une série d'attaques contre la communauté LGBTQ ces derniers temps, elle abandonne aussi les personnes LGBTQ du monde entier. Nous avons désespérément besoin d'un leadership qui fera progresser l'engagement des États-Unis envers les droits des personne LGBTQ aux États-Unis et à l'étranger", a-t-il déclaré.

 

L'avis consultatif de la Cour inter américaine des droits de l'homme réaffirme aussi les droits des personnes transgenres sur les questions de changement de nom, ou encore de rectification des références de genre sur les documents d'identité.

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Actu

Avec ces vidéos piège, un groupuscule cherche à embrouiller les jeunes homos

Des fondamentalistes religieux expérimentent un nouveau champ de bataille contre l’homosexualité : celui des vidéos virales pensées à la sauce rainbow. 

Vidéo en cliquant sur l'image
Vidéo en cliquant sur l'image

Slogan "Love is love" (revenu en force après l’attentat d’Orlando qui a fait 49 morts dans une boîte de nuit gay), couleurs arc-en-ciel (du drapeau imaginé par Gilbert Baker pour devenir l’étendard de la communauté LGBT à travers le monde), un "powerful coming out story" annoncé en titre… Sur cette vidéo postée le mois dernier, de prétendus codes gays sont utilisés à la truelle.

 

Tout est là pour indiquer aux internautes qui scrolent leur time-line que ce clip constitue un espace bienveillant. En cliquant, on suit sur une musique pop-électro le discours, séquencé d’images de soirées et de photos privées, d’une jeune femme aux cheveux courts qui nous raconte gentiment comment elle a découvert son homosexualité, comment elle est tombée amoureuse d’une fille, comment elle s’est fiancée avec une autre…

 

Discrètement, un tournant s’opère. Voici qu’Emily lit la bible et prend conscience, comme par magie, qu’elle peut arrêter d’être lesbienne en se tournant vers la religion. Au bras d’un jeune homme, elle nous explique avec ferveur qu’elle n’est pas passée d’homo à hétéro mais "de perdue à sauvée".

 

Le storytelling est plutôt basique, mais c’est la réalisation qui nous laisse pantois. La boite de production Anchored North qui signe la vidéo se présente comme la "nouvelle génération d’évangélistes" et a réussi à passer le cap des nouvelles technologies. Armée d’un logo qu’on imaginerait davantage sur des sweat-shirt, son équipe "petite mais redoutable" se la joue missionnaires 2.0 pour "partager l’évangile à travers les médias" et jouer les entremetteuse avec les "églises locales".

 

Sous les pavés, l’homophobie

Le co-fondateur d’Anchored North admet lui-même au Guardian qu’il s’est inspiré du modèle de vidéos BuzzFeed, courtes et émotionnelles, pour frapper en plein cœur la cible des millenials. Ce dernier place sans rougir l’homosexualité, l’alcoolisme et même le viol dans un même panier, celui d’un "véritable problème" (sic.). Devant sa caméra, celle qu’on prenait pour une alliée nous sort qu’on n’est "pas nés avec la bonne attirance, c’est pourquoi Jésus est venu. Que tu éprouves le désir du péché prouve simplement que tu as besoin de la grâce, tout comme moi."

 

En fouillant sur les réseaux sociaux, on découvre qu’elle est une figure des "ex-gays" aux États-Unis, qui partage volontiers son histoire de "conversion réparatrice" (sic.) auprès des médias chrétiens et qui se prévaut de donner des conseils aux parents d’enfants LGBT sur son blog.

 

Avec ses 2 millions de vues sur Facebook, la vidéo d’Emily pour les évangélistes américains a battu le record d’Anchored North et de ses précédentes œuvres : "Les bébés avortés vont-ils au paradis ?" ou encore "J’ai pardonné à mon violeur"…

 

D’après une récente étude, 57 000 jeunes américains risquent d’être soumis à une "thérapie de conversion" prodiguée par un représentant religieux ou spirituel avant d’avoir 18 ans. Les instances médicales s’accordent sur l’inefficacité de ces "cures" et surtout sur leur nocivité.

 

Plusieurs témoins de ces "thérapies" ont en effet relaté les supplices qu’ils ont endurés et les dégâts psychologiques que cela a provoqué. Très ancrée aux États-Unis, cette pratique est plus discrète en France, surtout réalisée par des groupuscules religieux qui ne s’encombrent pas d’une esthétique rainbow.

 

Pas dupe

Cacher ses intentions homophobes sous des reflets arc-en-ciel nous rappelle étrangement la stratégie de communication de la Manif pour tous. À la naissance du mouvement, l’appropriation du qualificatif "pour tous" et de la couleur rose brouille les pistes sur les intentions de ladite manif dans la tête de certain.e.s : est-elle pour ou contre le mariage pour tous ? Très vite, plus de place au doute, mais le mouvement continue de surfer sur la vague gay-friendly pour se prémunir de toute accusation d’homophobie.

 

Sur son affiche annonçant la marche du 16 octobre 2016, la Manif pour tous a par exemple pris le soin d’ajouter la silhouette d’un couple gay et un slogan inspiré de la tirade inclusive "venez comme vous êtes", née d’une publicité McDonald française où un jeune homme fait son coming out à son père.

 

L’année dernière, c’est derrière une navigation pédagogique et des couleurs flashy que la Manif pour tous dissimulait son discours propagandiste contre l’Éducation nationale à travers le site internet "École & sexe".

 

La méthode rappelle encore celles des sites visés par la loi sur le délit d’entrave à l’interruption volontaire de grossesse sur Internet. Adoptée en février 2017, celle-ci s’attaque aux sites anti-IVG qui cherchent, "dans un but dissuasif", à induire en erreur les femmes qui désirent s’informer sur l’avortement – comme par exemple ivg.net et son numéro vert, toujours au top des recherches sur Google…

 

 

Plus récemment, c’est derrière l’appel de la "Marche pour la vie" que défilaient les anti-avortement/anti-PMA, à Paris, le 21 janvier. Ou comme dirait Guillaume Meurice sur France Inter, la version "up-gradée de la Manif pour tous."

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Europe

La Hongrie condamnée pour avoir refusé l'asile à un gay sur la base de tests psychologiques douteux

La Hongrie a été condamnée par la Cour de justice européenne pour avoir rejeté la demande d'asile d'un homosexuel nigérian en se basant sur des tests psychologiques.

"Tous dans le même panier" : une commune hongroise interdit burqas, mosquées ... et propagande gay

Dans une décision rendue le 25 janvier dernier, la Cour de justice de l’Union européenne a donné raison à un demandeur d’asile gay nigérian qui contestait les tests psychologiques auxquels il avait été contraint de se soumettre en Hongrie en 2015 alors que le pays rencontrait un important afflux de migrants.

 

Les juges ont estimé que les tests pratiqués par les autorités hongroises ne pouvaient être interprétés pour évaluer la "plausibilité de son orientation sexuelle".

 

Ils soulignent par ailleurs que le témoignage fourni par le demandeur d'asile pour solliciter la protection de Budapest était crédible et ne contenait pas de contradictions.

 

L’homme dit craindre des persécutions dans son pays en raison de son orientation sexuelle.

 

Ce n'est pas la première fois que les méthodes de détermination de l’orientation sexuelle de requérants gay est contestée en Europe.

 

En 2010, la République tchèque avait été condamnée pour avoir utilisé des tests dit "phallométriques" sensé mesurer l’érection de demandeurs d’asile face à des images homoérotiques.

 

En 2014, les Pays-Bas avaient été rappelés à l’ordre en raison de leurs recours à des questionnaires sur les pratiques sexuelles pour évaluer la crédibilité de requérants gay.

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César

120 battements par minute grand favori pour les César

"120 battements par minute", grande fresque sur les années sida, et "Au revoir là-haut", adaptation d'un roman sur la Première guerre mondiale, font partie des favoris pour les César, qui récompenseront aussi pour la première fois le film ayant fait le plus d'entrées.

"120 battements par minute", la bande annonce en cliquant sur l'image
"120 battements par minute", la bande annonce en cliquant sur l'image

L'Académie des César a annoncé mercredi matin la création de ce nouveau prix qui récompensera vraisemblablement une comédie à succès au box-office, après avoir été régulièrement critiquée pour des sélections jugées éloignées des goûts du grand public.

 

Parmi les favoris aux César, figure également une comédie "Le sens de la fête" qui récolte 10 nominations, derrière "120 battements par minute" et "Au revoir là-haut", chacun 13 nominations, soit autant que le record d'"Un prophète" de Jacques Audiard et "Camille redouble" de Noémie Lvovsky.

 

Déjà récompensé du Grand prix à Cannes, "120 battements par minute" de Robin Campillo est notamment en lice dans la catégorie meilleur film, meilleur réalisateur, scénario, espoir masculin, acteur dans un second rôle.

 

En adaptant un Goncourt à succès ("Au revoir là-haut"), Albert Dupontel est en lice dans la catégorie meilleur acteur, réalisateur, adaptation.

 

Prix Louis-Delluc 2017, le biopic ensorcelant de Mathieu Amalric sur la chanteuse Barbara avec Jeanne Balibar dans le rôle de "la dame en noir" a décroché neuf nominations dont celui de meilleure actrice, meilleur réalisateur et meilleur film.

 

"Le brio", "Patients", "Petit paysan" et "Le sens de la fête" complètent cette sélection dans la catégorie "meilleur film" en vue de cette 43e cérémonie des César, qui se tiendra le 2 mars à Paris.

 

Côté actrices, en plus de Jeanne Balibar, Juliette Binoche ("Un beau soleil intérieur"), Emmanuelle Devos ("Numéro Une"), Marina Foïs ("L'atelier"), Charlotte Gainsbourg ("La promesse de l'aube"), Karine Viard ("Jalouse") et Doria Tillier ("Monsieur et Madame Adelman") sont les comédiennes susceptibles d'être récompensées.

 

Pour les acteurs, Swan Arlaud ("Petit paysan"), Daniel Auteuil ("Le brio"), Jean-Pierre Bacri ("Le sens de la fête"), Guillaume Canet ("Rock'n roll"), Albert Dupontel ("Au revoir là-haut"), Louis Garrel ("Le redoutable") et Reda Kateb ("Django") sont sélectionnés.

 

Les 4.680 votants ont désormais un mois pour choisir les lauréats. La cérémonie des César sera retransmise en direct et en clair sur Canal+.

 

Après Jérôme Commandeur, ce sera au tour de l'acteur et humoriste Manu Payet d'être maître de cérémonie. L'actrice et chanteuse Vanessa Paradis ouvrira la soirée dédiée à Jeanne Moreau ("Ascenseur pour l'échafaud", "Jules et Jim"), dont le visage orne l'affiche de la cérémonie. Égérie d'Almodovar, l'actrice espagnole Penélope Cruz recevra quant à elle un César d'honneur.

 

(Source AFP) 

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Procès

Le jeune néo nazi qui projetait un attentat dans bar gay prétend être bisexuel

Ethan Stables, le jeune néo nazi britannique qui projetait un attentat dans une soirée gay organisée dans un bar de sa ville du nord de l'Angleterre, a fait un coming out en tant que bisexuel lors de son procès. 

Ethan Stables
Ethan Stables

Réalité ou simple argument de défense ? Ethan Stables, âgé de 20 ans est jugé depuis mardi à Leeds, en Angleterre, pour avoir planifié un attentat terroriste motivé par sa haine des homosexuels, le 23 juin dernier.

 

Selon le procureur, Ethan Stables voulait attaquer un bar le "New Empire" dans sa ville natale à Cumbria lors d'un événement gay et ainsi tuer des gens.

 

Il avait rassemblé des armes - dont un fusil, un pistolet, une machette et une hache, pour commettre une attaque meurtrière. Il aurait également expérimenté des explosifs.

 

Son plan aurait été déjoué après qu'il s'en soit ouvert sur un groupe Facebook sur le thème nazi. Cela a conduit une femme à téléphoner à la police et à publier un avertissement sur Twitter.

 

Sur le chat, Ethan Stables a fait part de son aversion pour les "bâtards homosexuels". "J'en ai assez, je ne veux pas vivre dans un monde gay et je ne veux pas que mes enfants vivent dans un tel monde", "je m'en fous si je meurs, je me bats pour quelque chose en quoi je crois, l'avenir de mon pays, mon peuple et ma race", avait-il écrit.

 

Il a agi à partir d'une "haine profonde" contre les minorités, en particulier les homosexuels et les lesbiennes, a déclaré le procureur Jonathan Sandiford.

 

Jugé par sept hommes et cinq femmes, Ethan Stables nie avoir préparé un acte terroriste et a déclaré au jury qu'il n'était pas homophobe. "En fait, je suis bisexuel", s'est-il défendu à la barre.

 

Quand il lui a été demandé s'il avait eu une expérience sexuelle de même sexe, il a répondu "Oui".

 

Le procureur Jonathan Sandiford a souligné devant la cour que la bisexualité de Stables n'avait jamais été mentionnée précédemment.

 

L'accusé a répliqué qu'il n'avait pas révélé sa sexualité parce qu'il avait peur de la réaction des membres de sa famille.

 

Son avocat a par ailleurs soutenu que son client n'est pas un suprématiste blanc, mais plutôt un "fantasmeur sur la race blanche".

 

Le procès se poursuit.

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Indonésie

Des transgenres humiliés par la police

La police de la seule province indonésienne appliquant la charia a interpellé plusieurs employées transgenres dans des salons de coiffure, dimanche. 

La police indonésienne a interpellé des femmes transgenres, leur a coupé les cheveux de force et les a contraintes à mettre des habits d'hommes à Aceh, seule province d'Indonésie à appliquer la loi islamique, ont indiqué lundi les autorités.

 

Les faits se sont produits à la suite d'une opération de police dimanche dans des salons de beauté de cette province ultra-conservatrice, située à la pointe nord de l'île de Sumatra (ouest).

 

Lors du transfert des transgenres au commissariat, des dizaines d'habitants ont tenté d'attaquer ces employées de salons de beauté, accusées d'enfreindre la loi islamique, mais les forces de l'ordre se sont interposées, selon les autorités. Des policiers leur ont ensuite coupé les cheveux. Ils les ont aussi forcées à mettre des habits d'hommes et à parler jusqu'à ce qu'une voix masculine puisse être entendue.

 

"Leur population augmente, je ne veux pas de ça"

"Nous avons reçu des informations de mères de famille selon lesquelles leurs fils ont été opportunés par des transgenres", a déclaré à l'AFP le chef de la police locale, Ahmad Untung Surianata. "Leur population augmente, je ne veux pas de ça", a-t-il ajouté.

 

Des défenseurs des droits des homosexuels dans le pays musulman le plus peuplé au monde ont vivement critiqué ces interpellations. "Je ne comprends pas la logique de la police, c'est clairement de la torture", a dénoncé l'un deux, Hartoyo, qui n'a qu'un patronyme comme nombre d'Indonésiens.

 

Châtiments publics

L'an passé à Aceh, deux hommes âgés d'une vingtaine d'années avaient subi des coups de bâton assénés en public pour avoir eu des relations homosexuelles. A la mi-janvier, un chrétien avait reçu des coups de bâton pour avoir vendu de l'alcool en violation de la charia.

 

L'homosexualité et les relations entre personnes de même sexe sont légales dans ce pays d'Asie du Sud-Est, sauf à Aceh. Cette province a commencé à mettre en oeuvre la charia après avoir obtenu un statut d'autonomie en 2001 auprès du gouvernement central de Jakarta, afin de mettre fin à plusieurs décennies de rébellion séparatiste. 

 

(Source Le Matin Ch)

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Russie

L'administration russe reconnaît une union gay par erreur

L’histoire a fait parler d’elle ces derniers jours en Russie : un jeune couple homosexuel a déclaré avoir obtenu une reconnaissance officielle de son mariage contracté au Danemark.

Pavel et Evgueni se sont mariés à Copenhague
Pavel et Evgueni se sont mariés à Copenhague

Une reconnaissance accidentelle puisque les unions homosexuelles ne sont pas reconnues dans le pays. Les deux hommes sont désormais sous la pression des autorités. Ce samedi 27 janvier, des forces de l’ordre se sont présentées à leur domicile. Le 4 janvier, Pavel et Evgueni se sont mariés à Copenhague.

 

De retour à Moscou, ils se sont rendus dans un centre de services publics afin de faire reconnaître leur union. Le mariage entre personnes de même sexe n’est pas reconnu en Russie, et pourtant, une fonctionnaire tamponne leurs passeports : sur le papier, les deux hommes sont officiellement mariés. La Russie reconnaît les mariages contractés à l’étranger, sauf que dans la législation, l’article concerné ne dit rien sur les couples homosexuels. Sur les réseaux sociaux, Pavel et Evgueni racontent la reconnaissance improbable de leur union. Les médias relaient l’information. Entre temps, la fonctionnaire responsable a été licenciée et les autorités ont affirmé que cette reconnaissance n’avait aucune valeur.

 

Ce samedi, des forces de l’ordre ont tenté de pénétrer dans leur appartement. Le couple affirme avoir reçu des menaces et s’être retrouvé sans électricité ni internet une partie de l’après-midi. Pour les proches du couple, il s’agit d’une tentative flagrante d’intimidation. Les deux hommes ont reçu l’ordre de se rendre lundi à la police : ils devront payer une contravention pour dégradation de document officiel.

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Nîmes

Un ancien acteur porno gay confronté à son passé

L'ex-harder est visé par des quolibets dans l'établissement scolaire où il travaille en tant que surveillant. La CGT le soutient.  

 Photo illustration : interview de Leonardo, "pornstar" gay américain
Photo illustration : interview de Leonardo, "pornstar" gay américain

Un ancien acteur porno gay est dans la tourmente depuis le début de la semaine. Cet homme, aujourd'hui installé à Nîmes, est confronté à son passé de star du porno aux États-Unis. L'ex-harder se serait bien passé d'une telle publicité puisqu'il a complètement changé de vie et tourné la page de cette période.

 

Aujourd'hui, il travaille dans un établissement scolaire de Nîmes et c'est dans ce lycée que son passé l'a rattrapé. "Un élève est venu me voir en me demandant si je m'appelais Mathieu ou Nicolas (1). J'ai tout de suite compris qu'il se passait quelque chose. Car Mathieu X est mon nom d'acteur porno", indique le jeune homme.

 

La suite ? "Dans la même journée, j'ai été traité de pédé et pris à partie par des élèves. Car un élève a trouvé une vidéo d'un de mes films et elle a été vue par plusieurs d'entre eux. La nouvelle s'est répandue comme une traînée de poudre et cela a créé un chahut indescriptible dans l'établissement. J'ai même dû me réfugier dans un local pour éviter d'être exposé à des violences." Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Nicolas indique avoir été approché par le responsable de l'établissement pour qu'il renonce à son poste et quitte l'établissement. Ce que semble contester avec force le proviseur.

 

Les remous de la vidéo

Interrogée par téléphone, la responsable du lycée a préféré raccrocher au nez du journaliste qui tentait de recueillir son point de vue. Pour le rectorat de l'académie de Montpellier, l'affaire relève "de la vie privée" et on précise que l'ex-harder n'a pas été invité à quitter le lycée.

 

Interrogée, la préfecture du Gard n'a pas souhaité commenter ce dossier qualifié de sensible. Pour l'administration, cette affaire est privée et doit le rester. Mais les insultes homophobes et le climat hostile font craindre le pire à l'ancien acteur qui occupe aujourd'hui une poste de surveillant. "Je ne peux pas quitter mes fonctions de cette façon. Je n'ai rien fait de mal et je ne peux pas me permettre de perdre mon emploi et me retrouver dans la précarité. Moi, j'ai simplement voulu réagir pour lutter contre les discriminations, notamment celles qui confondent homosexuels et pédophiles", assure celui qui par le passé a vécu dans une forme de confort.

 

"J'ai gagné pas mal d'argent, c'est vrai. Des chauffeurs venaient me chercher dans les aéroports californiens et l'on me conduisait sur les tournages dans des voitures magnifiques. Je gagnais jusqu'à 1 500 $ par scène. Pour un film, on tournait jusqu'à trois ou quatre scènes."

 

Argent claqué

Argent claqué, retour à la vraie vie, nécessité de trouver un poste avec de vrais horaires et un salaire "normal". Nicolas quitte Paris où il a dépensé tout ce qu'il avait gagné et tente de s'installer dans le sud. Il change de vie et essaie de reconstruire une nouvelle existence à défaut de se reconstruire vraiment et d'évacuer les conséquences de sa vie de "pornstar" du hard gay américain.

 

À Nîmes, la révélation de son ancien métier et de sa sexualité ont provoqué des remous. Mais le jeune homme veut absolument conserver son emploi. Il indique avoir été mis en arrêt de travail pendant quelques jours. "Je veux reprendre mon emploi. On m'a proposé un poste aménagé pour ne pas être exposé aux insultes. Mais j'espère que cela va se calmer." De son côté, le syndicat CGT Educ-action a saisi en urgence le rectorat de l'académie de Montpellier afin de demander "une protection immédiate" pour l'employé victime de propos et d'attitudes à "caractère explicitement homophobe". Selon le syndicat CGT, le lycée en question multiplie les actions destinées à lutter contre les discriminations.

 

(1) le prénom a été changé.

 

(Source Midi Libre)

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Irak

Le bourreau des homosexuels du groupe État islamique arrêté et emprisonné

Le bourreau du groupe terroriste État islamique surnommé "Barbe Blanche" et responsable des exécutions barbares d'hommes homosexuels jetés des toits de bâtiments ou lapidés, a été capturé et emprisonné en Irak. 

Abou Omer dit "barbe blanche" est responsable du meurtre de dizaines de gays en Irak (balancés d'immeuble, décapités ou lapidés). Ici il inspecte les pierres avant une #lapidation. 

L'un des bourreaux de l’État islamique surnommé "Barbe blanche" a été capturé par les forces de sécurité irakiennes.

 

Abou Omer de son vrai nom a été capturé à Mossoul, en Irak, le 1er janvier, après que des habitants aient révélé sa cachette.

 

Cet homme était systématiquement présent lorsque des homosexuels ont été précipités vivants de toits d'immeubles ou lapidés en public.

 

Il semble qu'il ait été l'organisateur ou au moins le superviseur de ces exécutions barbares qui avaient fait l'objet de photos et d'une vidéo en 2015 et 2016. Ces images avaient suscité l'effroi dans l'opinion occidentale notamment. 

 

Lors de sa prise de pouvoir sur une partie du territoire de la Syrie et de l'Irak, le groupe État islamique a publiquement exécuté des centaines d'hommes accusés d'homosexualité par ces méthodes.

 

Le groupe se vantait régulièrement de ces exécutions en en publiant des images en ligne, où l'on pouvait voir des foules qui se rassemblaient pour participer à des lapidations à mort ou assister à la précipitation de victimes depuis des immeubles.

 

Des rumeurs ont circulé ces derniers jours sur la libération d'Abou Omer contre un pot-de-vin. Elles ont été formellement démenties jeudi 11 janvier par les autorités irakiennes.

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Brésil

Des crimes de haine si "banals"

La vidéo virale du lynchage d'une ado trans dans le nord-est du Brésil relance le débat sur l'invisibilité des crimes de haine dans ce pays, où un.e LGBT décède de mort violente toutes les 25 heures

Le lynchage de Wesley Tiago de Sousa Carvalho, 17 ans, le 30 décembre à Fortaleza, a été filmé par ses meurtriers. 

La vidéo est insoutenable : une jeune personne en t-shirt rouge et bermuda blanc hurle, terrorisée. Elle est poursuivie par au moins cinq garçons. Elle s’écroule, sous des jets de pierres et des coups de bâtons et de hache. Elle est encore frappée à terre avec une brutalité inouïe. Les ados s’acharnent encore sur son corps inanimé, qui gît au milieu des détritus.

 

Après avoir été censurée sur les réseaux sociaux, cette séquence de 47 secondes est devenue virale sur les messageries, sous le titre "Assassinat d’un gay au Brésil". De fait, on entend un des assaillants traiter la victime de "viadinho", une insulte homophobe. D’après des sources syndicales citées par Esquerda Diario, celle-ci était une travesti en cours de transition.

 

Règlement de compte

La police a finalement communiqué cette semaine sur ce crime. Le nom de la victime était Wesley Tiago de Sousa Carvalho, 17 ans. Le lynchage a été perpétré le 30 décembre 2017 dans le quartier touristique de Praia do Futuro, à Fortaleza (nord-est). Toutefois, les enquêteurs ont écarté la thèse du crime de haine, ajoutant n’avoir aucune information sur l’orientation sexuelle et sur l’identité de genre de Wesley. Il s’agirait d’un "règlement de comptes entre gangs".

 

Cette conclusion rapide laisse la communauté LGBT locale sceptique. "Face à une réalité où ces assassinats se suivent, on se retrouve dans la plupart des cas sans la moindre enquête. Et si enquête il y a, elle vise à nier l’existence de LGBT-phobie", écrit le site anticapitaliste Esquerda Diario. Les crimes visant les gays, lesbiennes, bi et trans seraient ainsi classés de manière routinière comme suicides, crimes passionnels ou alors mis sur le compte de la guerre des gangs.

 

Vulnérabilité

A Fortaleza, le drame du 30 décembre rappelle le massacre d’une femme trans de 42 ans, Dandara, également filmé, qui avait horrifié l’opinion au début de l’année 2017. Sur 115 travestis assassinées cette année-là jusqu’en septembre, seul ce cas avait été traité par la justice. Dix de ses assaillants présumés ont été inculpés. Un projet de loi qui porte le nom de Dandara a été soumis au Congrès, il prévoit de considérer la haine LGBT-phobe comme circonstance aggravante.

 

Le Brésil détient le triste record des meurtres de personnes LGBT : 331 en 2016, soit un toutes les 25 heures. Socialement très exposées, les transsexuelles et travestis sont surreprésentées dans ces statistiques. Leur espérance de vie est d’à peine 35 ans, selon des chiffres présentés à l’ONU.

 

Pour la militante Virgínia Guitzel, "l’État est complice de la violence, parce qu’il ne prend pas la défense des LGBT, nie leur existence, exclut et marginalise".