Bilal Hassani "Roi et Reine"

Le youtubeur Bilal Hassani, idole queer des jeunes, représentera la France à l’Eurovision

Avec sa chanson "Roi", le youtubeur de 19 ans a été placé en tête du classement par les votes du public. Il a éclipsé des chanteurs confirmés comme Chimène Badi.

A 15 ans, il admirait Conchita Wurst, la diva à barbe qui avait remporté l’Eurovision. Cinq ans plus tard, le jeune Bilal Hassani représentera la France en mai à l’Eurovision après avoir remporté, samedi 26 janvier, la finale de Destination Eurovision avec son titre Roi, en direct sur France 2. "Merci, merci, merci, merci… Vous ne vous rendez pas compte du rêve que vous m’aidez à réaliser", s’est exclamé Bilal Hassani sous les cris du public.

 

Le chanteur, auteur-compositeur, de 19 ans, a été placé en tête du classement par les votes des téléspectateurs alors qu’il n’était que cinquième du classement à l’issue du vote d’un jury international.

 

Sa chanson Roi a été coécrite par Madame Monsieur, le duo pop qui avait remporté la première édition de Destination Eurovision et était arrivé 13e avec Mercy (sur le drame des migrants) l’an dernier lors du 63e concours Eurovision de la chanson à Lisbonne. "On est tous rois, on est tous reines", avait lancé Bilal Hassani à l’issue de sa prestation.

 

Parmi les voix qu’il affrontait lors de cette finale française figuraient des artistes confirmés comme la chanteuse Chimène Badi (avec Là-haut), la plus connue du grand public qui termine troisième, et le chanteur du Roi-Soleil Emmanuel Moire qui se place quatrième.

 

Autre révélation du concours, la chanteuse de 21 ans, Seemone, termine deuxième avec sa chanson Tous les deux, une déclaration d’amour d’une fille à son père.

 

Une personnalité flamboyante remarquée

"L’Eurovision, j’en rêve depuis que je suis tout petit", avouait le jeune homme devenu une sensation sur les réseaux sociaux et pour les téléspectateurs de l’émission.

 

Son succès est lié à sa personnalité flamboyante – avec ses perruques (à qui il donne des petits noms), son maquillage, son look lorgnant du côté de Kim Kardashian – et à ses messages positifs. Car le jeune homme d’origine marocaine plaide à sa façon pour l’acceptation de soi et repousse les codes classiques de la masculinité, en empruntant au vestiaire féminin tout en s’affirmant comme un homme.

 

Ce qui ne se fait pas sans mal. Si, aujourd’hui, il se moque de ceux qui doutaient du potentiel d’un "Arabe avec une perruque", il doit faire face à une violente campagne de haine sur les réseaux sociaux.

 

"Déjà plus de 1 500 tweets insultants, discriminants ou menaçants en raison de son orientation [sexuelle] et/ou de son apparence", a fait savoir le collectif Urgence Homophobie, qui s’est associé à Stop Homophobie pour attaquer en justice "chaque personne qui a insulté, discriminé ou menacé" en ligne le jeune chanteur.

 

Tout a commencé pour lui à l’âge de 15 ans, quand il apparaît dans la saison 2 de l’émission télévisée "The Voice Kids" et se fait remarquer avec sa reprise de Rise Like A Phoenix de Conchita Wurst. Une prestation en forme de renaissance. Il devient peu après youtubeur : sur la plate-forme où il popularise son tonitruant Bonjour Paris !, il fait son coming out, poste des vidéos de maquillage ou des reprises de ses idoles.

 

Remarqué par Janet Jackson, Bilal Hassani doit sortir son premier album au printemps chez le label Low Wood.

 

Le public choisit son représentant

Après s’être reposée pendant plusieurs années sur un comité artistique pour désigner le candidat français à l’Eurovision, France 2 avait lancé l’an dernier Destination Eurovision, une émission retransmise en direct dans laquelle le public contribue au choix du vainqueur.Un processus de sélection entamé cet été a permis de choisir les dix-huit participants, sur un total de 1 500 propositions. Ils ont ensuite été départagés lors de deux demi-finales.

 

La finale de l’Eurovision 2018, disputée en mai dernier à Lisbonne, avait été remportée par l’Israélienne Netta. La dernière victoire française remonte à 1977, avec L’Oiseau et l’Enfant interprété par Marie Myriam.

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Brésil

Un député gay renonce à son mandat et s'exile après des menaces de mort

Jean Wyllys, un député gay qui représente les personnes LGBT au Parlement brésilien, a annoncé jeudi qu'il renonçait à son troisième mandat et quittait son pays en raison des nombreuses menaces qu'il a reçues depuis l'élection du président d'extrême droite Jair Bolsonaro.

Jean Wyllys
Jean Wyllys

"Préserver une vie menacée est aussi une stratégie de lutte pour des jours meilleurs. Nous avons fait beaucoup pour le bien commun. Et nous ferons beaucoup plus quand viendront des temps nouveaux, peu importe que nous agissions par d'autres moyens", a écrit sur Twitter le député du Parti Socialisme et liberté (PSOL, gauche).

 

Selon le service de communication du Parlement, Jean Wyllys, 44 ans, n'a pas encore officialisé sa décision. Son assistante a toutefois confirmé à l'AFP que le député de Rio de Janeiro avait décidé de renoncer à son mandat, qui devait commencer le 1er février, et qu'il avait quitté le Brésil avec l'intention de vivre provisoirement "hors du pays", sans préciser sa destination.

 

Dans un entretien accordé au quotidien Folha de S. Paulo, Jean Wyllys a expliqué que ce n'était "pas l'élection de Bolsonaro en elle-même" qui l'avait poussé à renoncer à son troisième mandat consécutif, mais le "niveau de violence qui a augmenté depuis l'élection" de cet ex-capitaine d'armée, qui a bénéficié d'un large soutien de la part des églises évangéliques ultra-conservatrices.

 

Il a notamment cité la multiplication des agressions et des meurtres de membres de la communauté LGBT.

 

En novembre, après la victoire de Jair Bolsonaro, la Commission interaméricaine des droits humaines (CIDH) a demandé au Brésil qu'il prenne les "mesures nécessaires pour protéger les droits, la vie et l'intégrité personnelle" de Jean Wyllys et de sa famille.

 

En avril 2016, pendant les débats au Parlement sur la destitution de l'ancienne présidente de gauche Dilma Rousseff, Jean Wyllys avait craché au visage de Jair Bolsonaro, à l'époque député, qui venait de faire l'éloge d'un tortionnaire notoire de l'époque de la dictature militaire (1964-1985).

 

Le Conseil de discipline du Parlement l'avait sanctionné par un "blâme", mais avait rejeté une motion demandant sa suspension pour un mois. Jean Wyllys, qui sera remplacé par son suppléant, est un des dix députés du PSOL, le parti auquel appartenait la conseillère municipale de Rio Marielle Franco, assassinée en 2018.

 

(Avec AFP)

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États-Unis

Un jeune outsider gay dans la course à la Maison-Blanche

Maire très apprécié d’une ville du Midwest, Pete Buttigieg, 37 ans, espère porter la voix d’une nouvelle génération d’Américains dans la campagne pour la présidentielle de 2020.

A deux ans de la présidentielle aux États-Unis, la liste des prétendants démocrates à la Maison-Blanche s’allonge. Et pour la première fois, un politicien ouvertement gay se lance dans la course. En annonçant sa candidature dans une vidéo dévoilée mercredi, Pete Buttigieg met d’abord l’accent sur son jeune âge : "Je suis d’une génération qui a vécu les fusillades dans les écoles, qui a servi dans les guerres d’après le 11-Septembre, celle qui risque de faire moins que ses parents à moins de faire les choses différemment."

 

Buttigieg jouit d’une notoriété limitée aux États-Unis, même s’il a été remarqué pour la gestion de sa ville, South Bend (Indiana), 100’000 habitants. C’est là qu’il vit avec son mari, Chasten, et leurs deux chiens. Et c’est dans le quotidien local qu’il a fait son coming-out, en 2015.

 

Il avait signé une tribune dans laquelle il expliquait faire cette démarche "pour l’étudiante qui se débat avec sa sexualité, (…) mais aussi pour le citoyen conservateur d’une autre génération, dont le malaise face au changement social est en partie ancré dans l’impression qu’il ne connaît personne qui soit gay. Peut-être qu’un visage familier rappellera que nous sommes ensemble dans une même communauté."

 

Deux ans plus tard, "Mayor Pete", comme l’appellent ses administrés (pour éviter de prononcer son patronyme d’origine maltaise), était réélu avec près de 80% des voix.

 

Pour ce lieutenant de réserve de l’intelligence navale, déployé en Afghanistan en 2013-2014, la bataille politique ne fait que commencer. Il devra tout d’abord obtenir l’investiture démocrate, où il apparaît comme un lointain outsider face aux ténors déjà déclarés, comme la sénatrice Elizabeth Warren ou l’ancien secrétaire au Logement Julian Castro.

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Afrique

L'Angola décriminalise les relations homosexuelles

L'Angola a décriminalisé l'homosexualité en retirant de son code pénal une clause sur les "vices contre nature" interprétée "comme une interdiction de tout comportement homosexuel", a annoncé l'organisation Human Rights Watch (HRW).

L'Angola vient de décriminaliser les relations homosexuelles et interdit les discriminations - © Global voices
L'Angola vient de décriminaliser les relations homosexuelles et interdit les discriminations - © Global voices

"L'Angola a finalement retiré de sa législation la clause + des vices contre nature+", héritée de la période coloniale, s'est réjouie jeudi l'ONG dans un communiqué.

 

"Le gouvernement a également interdit toute discrimination basée sur l'orientation sexuelle. Et toute personne qui refuse d'employer une personne ou de lui fournir des services en raison de son orientation sexuelle encourra une peine de prison de deux ans maximum", a ajouté HRW.

 

Ces modifications ont été validées à la faveur du vote, mercredi par le Parlement de Luanda, d'une réforme de son code pénal, vestige de la colonisation portugaise.

 

La communauté LGBT d'Angola affirme régulièrement faire l'objet de discriminations pour accéder à la santé et l'éducation.

 

"En renonçant à ce vestige archaïque (...) de l'époque coloniale, l'Angola rejette les discriminations" basées sur les orientations sexuelles, s'est réjoui HRW, appelant "les 69 autres pays dans le monde qui criminalisent encore les relations homosexuelles à suivre l'exemple" de Luanda.

 

L'Angola est dirigé depuis 2017 par Joao Lourenço, qui a succédé à José Eduardo dos Santos après trente-huit ans d'un règne autoritaire.

 

Les deux hommes sont issus du même Mouvement populaire pour la libération de l'Angola (MPLA).

 

Mais M. Lourenço fait souffler un vent nouveau sur son pays. Il a congédié de nombreux barons de l'ancien régime. Son gouvernement a également légalisé en juin, pour la première fois, une association qui défend la cause LGBT.

 

(Avec AFP)

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Thérapies de conversion

Un thérapeute coupable d'agression sexuelle sur deux garçons qu'il prétendait soigner de leur homosexualité

Un thérapeute israélien pratiquant de prétendues thérapies de conversion de jeunes homosexuels a été reconnu coupable d'avoir agressé des garçons qu'il prétendait soigner. partie du traitement de leur orientation sexuelle.

Reuven Welcher, 45 ans, avait convaincu deux garçons de croire que les actes sexuels qu'il leur avait imposés faisaient partie du traitement de leur orientation sexuelle.

 

L’acte d’accusation, déposé devant le tribunal de première instance de Jérusalem en septembre 2017, indiquait qu’un des garçons avait rencontré Welcher des dizaines de fois entre 2007 et 2012, y compris lorsqu'il était mineur.

 

L’avocat d'une des victimes, Ou Gabbay, a déclaré que Reuven Welcher avait "utilisé" la "détresse" de son client qui l’avait contacté pour obtenir de l’aide.

 

"C’est une relation abusive qui durai depuis des années, avec des crimes sexuels commis à de nombreuses occasions au cours de séances de thérapie, dans des hôtels et dans une clinique et au domicile de Welcher", a-t-il indiqué.

 

La victime aurait également dû faire face à des cris, des humiliations et des menaces d'arrêt de la supposée thérapie.

 

La défense a reconnu ces accusations dans le cadre d'un accord aux termes duquel l'accusation demandera au tribunal une condamnation à une peine de travaux d'intérêt général plutôt qu'à une peine de prison.

 

Reuven Welcher sera également soumis à une évaluation pour déterminer s’il est dangereux pour le public.

 

Les prétendues thérapie de conversion, qui peuvent inclure l'hypnose et les décharges électriques, reposent sur la conviction que le fait d'être lesbienne, gay, bisexuelle ou transgenre est une maladie mentale qui peut être guérie.

 

Elles ont été largement discréditées et dénoncées par les experts médicaux le pour risque de dommages émotionnels et psychologiques qu'elles font courir aux personnes qui les subissent.

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Égypte

Un animateur TV condamné à un an de prison pour avoir interviewé un homosexuel

Un animateur de télévision égyptien a été condamné à une peine de prison d'un an pour avoir interviewé un homosexuel lors de son émission, alors qu'il était lui-même anti-gay.

Six personnes arrêtées en Égypte pour avoir brandi le drapeau gay lors du concert de Mashrou’Leila

L'animateur de la chaîne de télévision LTC, Mohamed al-Gheiti, a été accusé de promotion de l'homosexualité et de mépris de la religion à la suite de l'interview qui a eu lieu l'an dernier.

 

Le présentateur, qui s'était déjà élevé contre les homosexuels et qui a fait des réflexions homophobes au cours de l'interview en question, a été condamné à une peine d'emprisonnement de 12 mois lors d'une audience qui s'est tenue le dimanche 20 janvier.

 

Mohamed Al-Gheiti a également été condamné à une amende de 3 000 livres égyptiennes (150 euros) et sera placé sous surveillance pendant un an après sa libération.

 

En août 2018, Mohamed al-Gheiti avait interviewé un homosexuel sur sa chaîne de télévision privée pour débattre de l'homosexualité.

 

L'homme gay interrogé avait le visage flouté tout au long de l'entretien et avait affirmé qu'il était un travailleur du sexe.

 

Il avait également parlé de sa relation avec un autre homme.

Le Conseil suprême de la réglementation des médias avait suspendu la chaîne de télévision LTC pendant deux semaines à la suite de l’entretien.

 

Selon un communiqué du Conseil, LTC TV n'avait pas respecté l'interdiction du conseil concernant "la présence d'homosexuels ou la promotion de leurs slogans" à la télévision.

 

Le conseil avait instauré cette interdiction après qu'un drapeau arc-en-ciel - symbole de la communauté LGBT, avait été brandi lors d'un concert au Caire en 2017.

 

À l'époque des faits, les autorités avaient lancé une large campagne de répression contre les personnes suspectées d'être homosexuelles, s'attirant les critiques des groupes de défense des droits de l'Homme.

 

Le code pénal égyptien ne prohibe pas explicitement l'homosexualité, mais les tribunaux utilisent les incriminations de "débauche" ou de "prostitution" pour condamner les homosexuels.

 

Selon une enquête réalisée en 2013 par le Pew Research Center, 95% des Égyptiens estiment que l'homosexualité ne devrait pas être acceptée par la société.

 

(Avec AFP)

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Australie

Du jeune muscle, du mâle blanc, et rien d’autre.

Un club gay de Melbourne est sous le feu des critiques après qu’un vade-mecum destiné à ses photographes a fuité sur les réseaux sociaux.

Du jeune muscle, du mâle blanc, et rien d’autre. Poof Doof, un des clubs gay les plus en vue de Melbourne, se retrouve éclairé sous une lumière crue, après la diffusion sur le web d’une liste de recommandations remises aux photographes qui officient lors des soirées hebdomadaires.

 

La direction y demande d’immortaliser ce qu’elle appelle les Power Poofs, les garçons "musclés" et "hot", et exclut expressément les prises de vue de "garçons maigres", "avec une mauvaise peau" ou encore d’"indi boys", autrement dit les clients issus des communautés indigènes, à moins qu’ils soient "à couper le souffle et particulièrement stylés".

 

Pas de femmes non plus devant l’objectif : "Poof Doof est le gay club pour les homos. Personne n’est là pour voir des filles. Jamais de la vie."

 

Comme le rapporte le site du magazine américain "The Advocate", l’affaire a suscité des réactions de dégoût et des appels au boycott sur les réseaux sociaux, mais aussi un débat sur les pratiques discriminatoires au sein de la scène gay masculine australienne. "A 18 ans, j’étais régulièrement harcelé, moqué et exclu par les Power Poofs, c’est à dire ce type de mecs que des clubs comme Poof Doof flattent et célèbrent. Ma vie serait si différente si ces attitudes n’étaient pas perpétuées par ces espaces qui prétendent être inclusifs/sûrs", a écrit un internaute sur Twitter.

 

Excuses

La manager de Poof Doof s’est défendue en disant que ce règlement avait été mis aux oubliettes il y a huit ans : "On a changé et notre public aussi."

 

Des propos remis en cause par un photographe, qui affirme s’être vu remettre le document en 2014. Mercredi, le club a changé de ton. Il a publié un post sur Facebook présentant des excuses et un engagement à "réparer" les torts commis :"Si vous avez ressenti de la discrimination, c’est que nous n’avons pas fait assez."

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Suisse

Un référendum lancé contre la loi pénalisant l’homophobie

La loi pénalisant le délit d’homophobie a été adoptée par le Conseil national suisse le 3 décembre dernier. Mais, un mois plus tard, un référendum a été lancé par le très conservateur parti de l’Union démocratique fédérale (UDF) pour l’abroger.

Alors qu’on s’interroge en France sur les bienfaits et l’utilité d’un référendum d’initiative citoyenne (RIC), la Suisse l’a adopté depuis longtemps.

 

L’Union démocratique fédérale (UDF), parti politique suisse réputé pour son ancrage à droite, a donc sans surprise utilisé cet outil pour tenter de faire annuler l’entrée en vigueur de la loi pénalisant l’homophobie.

 

Le parti a jusqu’au 7 avril pour récolter 50 000 signatures et ainsi contrer cette mesure. 

 

"Atteinte à la liberté d’expression"

Le 3 décembre dernier, la chambre basse suisse votait l’extension de la loi antiraciste aux discriminations fondées sur l’orientation sexuelle. Mathias Reynard, le député membre du Parti socialiste suisse, à l’origine de ce texte, y travaillait depuis 2013.

 

Mais la modification du code pénal, inscrivant l’homophobie comme un délit pénalement répréhensible pouvant être sanctionné jusqu’à trois ans de prison, ne plaît pas au très conservateur UDF. Selon ce parti, la nouvelle loi constituerait "une atteinte fondamentale à la liberté d’expression" puisque des "opinions légitimes" seraient  "criminalisées". 

 

Incompréhensible

Pour le député Mathias Reynard, interviewé par le média suisse Le Nouvelliste, l’argument avancé par le parti de droite est incompréhensible :

"La modification de l’article du Code pénal ne touche pas du tout la liberté d’expression. On pourra toujours avoir des opinions différentes. Mais on ne peut en aucun cas maintenir le droit d’insulter les gens en fonction de leur orientation sexuelle ou d’inciter à la haine. Ce sont des délits."

 

Pour autant, le parlementaire dit "ne pas être étonné" que de tels personnes lancent un référendum. Car, toujours selon lui, "quand il y a une avancée importante, il y a référendum".

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Assemblée nationale

Nouveau dérapage de la députée LREM Agnès Thill opposée à la PMA pour toutes

La députée LREM Agnès Thill, opposée à l'extension de la PMA, a estimé jeudi que "l'absence de genre dans le mot parent favorise l'éclosion d'écoles coraniques", des propos condamnés par des élus de son groupe.

La députée LREM Agnès Thill
La députée LREM Agnès Thill

L'élue de l'Oise, mise en garde à plusieurs reprise par LREM pour certaines de ses prises de positions publiques, a jugé que le rapport de la mission de l'Assemblée nationale sur la bioéthique franchissait une "ligne rouge" dans certaines de ses recommandations.

 

Dans une lettre adressée à ses collègues du groupe majoritaire, elle estime notamment qu'accepter dans la future révision de la loi le "parent d'intention", le parent n'ayant pas de lien biologique avec l'enfant, "permet la multiplication des parents" et que le mot parent "n'a alors plus aucun sens".

 

"Il en découle politiquement, que cette absence de genre dans le mot parent favorise l'éclosion d'écoles coraniques et le départ de nos élèves vers celles-ci", écrit l'ancienne directrice d'école.

 

"Nos amis musulmans, que nous savons opposés à cet éloignement progressif des concepts de père-mère, homme-femme (...) ne vont point dans la rue, ni dans les urnes, pour exprimer leur conception. Mais ils vivent en créant un monde parallèle dans la République, où les choses sont comme ils veulent (...) Il n'y a pas, chez nos amis musulmans, de parent 1 et de parent 2", ajoute Agnès Thill, qui cite dans sa lettre parmi les experts à s'être prononcés sur l'extension de la PMA, "juristes", "scientifiques", "associations" mais aussi "francs-maçons"...

 

"Marre qu'une députée @LaREM puisse prononcer des propos homophobes et islamophobes aussi librement... Le courrier reçu par mes collègues et moi-même est un tapis de sottises qui stigmatise inutilement deux minorités. En France, il n'y a pas de 'parallèle' à la République", a réagi sur Twitter Laurence Vanceunebrock-Mialon (LREM).

 

Sur Liberation.fr, Marie Lebec, porte-parole du groupe LREM, a dénoncé une lettre "caricaturale, comme Agnès Thill peut l'être". LREM avait, en novembre, mis une "dernière" fois en garde Agnès Thill "contre les excès" de ses "prises de position publiques", après des propos concernant un supposé "lobby LGBT à l'Assemblée nationale".

 

L'élue de l'Oise avait ensuite dit assumer ses critiques sur l'extension de la PMA récusant toute "homophobie", ce qu'elle de nouveau fait jeudi sur Twitter.

 

"Aucun propos homophobes ni islamophobes dans ma contribution", a-t-elle répondu à Laurence Vanceunebrock-Mialon.

 

Rédigé par le député LREM Jean-Louis Touraine, le rapport de la mission sur la bioéthique, qui vise à préparer le débat législatif, a proposé des changements majeurs en matière de bioéthique. Parmi eux, l'ouverture de la PMA (procréation médicalement assistée) aux couples de femmes et aux femmes seules. 

 

AgnèsThill fait partie des quatre députés de la mission qui ont voté contre le rapport mardi, sur une vingtaine de présents. "La mission a décidé, sur proposition du président (le député LR Xavier Breton, lui aussi opposé à l'ouverture de la PMA, NDLR), qu'il serait possible de joindre au rapport final des contributions individuelles", a-t-elle indiqué.

 

"A force de légiférer pour des groupes, des communautés, nous créons des tensions inutiles mais surtout nous créons l'effondrement de nos démocraties : car c'est alors la loi du plus fort, le plus fort étant celui qui se revendique discriminé", ajoute la députée. 

 

Agnès Thill a plusieurs fois exprimé ses critiques sur l'extension de la PMA, mesure soutenue par Emmanuel Macron durant la campagne. En novembre, elle avait été recadrée par les responsables de LREM après avoir évoqué sur Twitter un supposé "lobby LGBT à l'Assemblée nationale".

 

Initialement prévu avant fin 2018, le débat parlementaire sur la révision de la loi de bioéthique, dont l'extension de la PMA est le point le plus polémique, doit avoir lieu avant l'été.

 

(Avec AFP)

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Homophobie

Une pétition pour contraindre Google à supprimer une appli de thérapie de conversion de son offre

Google est mis en cause pour avoir maintenu dans son catalogue l’application "Living Hope Ministries" qui fait la promotion des thérapies de conversion. Apple, Amazon ou encore Microsoft ont quant supprimé l’application de leur offre.

Une pétition visant à obliger Google à supprimer l'application a atteint plus de 40.000 signatures.

 

La pression croissante exercée sur Google pour supprimer l'application survient après qu'Apple, Amazon et Microsoft ont retiré cette même appli de leurs plates-formes.

 

La pétition a été lancée sur Change.org par l’organisation LGBT Truth Wins Out, qui milite contre l’extrémisme religieux anti-homosexuel.

 

"Lorsque Truth Wins Out avait précédemment signalé l'application Apple à Apple, Microsoft et Amazon, les entreprises ont agi avec responsabilité et l'ont rapidement retirée de leurs boutiques en ligne", lit-on.

 

"Le silence surprenant de Google contraste avec les politiques d’inclusion, de respect et de diversité de la société. Alors, pourquoi la société n’a-elle pas pris de mesures adéquates ?".

 

La pétition de Truth Wins Out rapporte que l'application compare l'homosexualité à la toxicomanie, affirmant notamment que les personnes LGBT vivent "dans des styles de vie destructeurs".

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Homophobie

Après une polémique, l'Opéra de Paris retire une invitation au danseur ukrainien Sergueï Polounine

L'Opéra de Paris est revenu sur sa décision d'inviter l'Ukrainien Sergueï Polounine, "l'enfant terrible du ballet", à venir danser en février après des propos sexistes, homophobes et élogieux de Poutine qui ont provoqué une polémique sur les réseaux sociaux.

Aurélie Dupont, la directrice artistique du Ballet de l'Opéra de Paris, avait distribué le danseur de 29 ans dans le Lac des cygnes, mais a finalement retiré cette invitation ce week-end, a-t-on appris lundi.

 

La directrice a envoyé "un courrier aux danseurs" saluant l'"artiste talentueux" mais reconnaissant que les "propos publics" de Polounine ne respectaient pas ses "valeurs", a indiqué l'Opéra.

 

Surnommé le "bad boy of ballet" depuis qu'il a claqué la porte du prestigieux Royal Ballet britannique en 2012, Polounine est connu du grand public pour être la star de la chanson de Hozier "Take Me to Church" (2015) dans un clip réalisé avec l'artiste David LaChapelle et visionné plus de 26 millions de fois sur YouTube.

 

Le compte Instagram certifié du danseur, qui a récemment obtenu la nationalité russe, est émaillé depuis novembre de commentaires pro-Poutine et de remarques à connotation homophobe et grossophobes.

 

Ces propos ont provoqué la colère de certains danseurs de l'Opéra qui, fait rare, se sont saisis des réseaux sociaux pour faire part de leurs critiques ces derniers jours.

 

Fin décembre, Polounine, comparé au début de sa carrière à Rudolf Noureev, s'attaquait au profil "efféminé" de certains danseurs de ballet.

 

Dans un post publié sur Instagram le 29 décembre dernier, ils les accusaient de ne pas se comporter en "hommes".

 

"À tous les hommes qui font du ballet, il y a déjà des ballerines sur scène. Un homme doit être un homme et une femme doit être une femme. (…) C’est la raison pour laquelle vous avez des couilles", écrivait-il notamment.

 

(Avec AFP)

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Irak

Destruction d'un bâtiment utilisé par l’État Islamique pour des exécutions d'homosexuels

Un des joyaux de l'architecture irakienne moderne que les jihadistes du groupe État islamique (EI) avaient utilisé pour jeter dans le vide ceux qu'ils accusaient d'homosexualité a commencé à être démoli à Mossoul, où sa destruction ravive le débat sur la mémoire.

Irak : faut-il détruire les joyaux du patrimoine utilisés par Daech ?
Irak : faut-il détruire les joyaux du patrimoine utilisés par Daech ?

Le siège de la Compagnie nationale d'assurance a été construit dans les années 1960 par le père de l'architecture irakienne Rifat Chadirji. Mais entre 2014 et 2017, quand les jihadistes de l'EI ont pris la grande ville du nord irakien, le bâtiment de sept étages est devenu un lieu de châtiment barbare contre les personnes accusées d'homosexualité.

 

Lundi, des ouvriers maniant des engins de chantier s'activaient à mettre bas l'édifice. Pour Mohammed Jassem, de la municipalité, aucune réhabilitation n'était possible après les dégâts de la guerre, le Vieux Mossoul a été ravagé par une des pires batailles urbaines des Temps modernes pendant neuf mois, jusqu'à ce que les forces irakiennes réussissent à en chasser l'EI à l'été 2017. Le bâtiment "est au bord de l'écroulement à cause des obus, des bombardements et des explosions qui l'ont touché et en grande partie détruit", assure-t-il.

 

D'autres bâtiments publics pourraient également être détruits, indique-t-il, comme le siège de la Banque centrale et du gouvernorat.

 

Fin 2018, le violoncelliste irakien Karim Wasfi avait donné un concert devant la construction monumentale de Chadirji abritant auparavant le siège des assurances. Mais aujourd'hui, il ne reste que des gravats des quatre étages supérieurs du bâtiment aux arches extérieures inspirées des "chanachil", ces fenêtres traditionnelles des maisons patriciennes d'Irak.

 

Pour Abou Mahmoud, fonctionnaire de 33 ans, ce bâtiment était "l'un des symboles de la ville moderne et de l'histoire contemporaine de Mossoul". "Les autorités auraient dû le laisser en l'état comme un témoignage de l'atrocité des crimes de l'EI à Mossoul", plaide-t-il, "comme cela s'est fait dans d'autres villes du monde touchées par la guerre".

 

Samira Ali, une autre habitante, n'est, elle, pas du même avis. "Il faut le détruire et aménager à la place un parc ou un musée parce qu'à chaque fois que je vois ce bâtiment, je me rappelle l'époque où les jihadistes jetaient des gens depuis son toit", affirme-t-elle .

 

Un responsable local indique, lui, qu'un bâtiment public pourrait y être érigé, sans toutefois évoquer de projet de mémorial.

 

Pour Ghada Rzouki, professeur d'architecture à l'Université de Bagdad et elle-même née à Mossoul, cet immeuble représente "la période moderne" de l'Irak. Et sa destruction pose plus largement la question de la préservation du patrimoine et de la mémoire dans un pays ravagé depuis près de quarante ans par des conflits successifs.

 

Mi-décembre, l'Irak et l'ONU ont posé la première pierre pour la reconstruction et la restauration du minaret Al-Hadba et de la Grande mosquée Al-Nouri, deux sites emblématiques de Mossoul et de la riche histoire irakienne. Mais, "il y a beaucoup d'autres sites historiques et religieux auxquels personne ne s'intéresse alors qu'ils devraient être protégés", assure Ghada Rzouki.

 

(Avec AFP)

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Tchétchénie

Selon les activistes, la purge anti-LGBT s’intensifie

Un avertissement est apparu, jeudi 10 janvier dernier, sur le réseau social russe VKontake, appelant les LGBT+ à fuir la Tchétchénie. 

Vladimir Poutine et Ramzan Kadyrov
Vladimir Poutine et Ramzan Kadyrov

L’information a été confirmée par plusieurs associatifs russes et par le journal Novaïa Gazeta, à l’origine des révélations sur les purges anti-LGBT en Tchétchénie en 2017.

 

"Nous demandons à toute personne encore libre de prendre ce message très au sérieux et de quitter la République (tchétchène), le plus rapidement possible." 

 

Le message, publié le 10 janvier dernier sur VKontakte, le Facebook russe, est glaçant. Vendredi 11 janvier, plusieurs activistes ont affirmé que des personnes LGBT+ auraient été récemment placées en détention sur la base de leur orientation sexuelle.

 

"Soyez prudents"

Le message provient d’une page destinée aux personnes LGBT+ vivant dans le Caucase.

"Je vous demande de vous tourner vers les militants des droits de l’homme, les médias, des amis qui peuvent vous aider. Soyez prudents", poursuit le message posté sur VKontake. Il est accompagné d’une photo d’un numéro de téléphone "qui n’est pas surveillé", précise le compte, ainsi que d’une adresse mail qui semble être l’une du Russian LGBT Network, la plus grosse organisation de défense des droits des LGBT+ en Russie.

 

"Une nouvelle vague de répression"

Le post publié sur le réseau social est certes vague, mais de nombreux activistes en sont arrivés à la conclusion que les personnes LGBT+ sont une fois de plus persécutées en Tchétchénie. Le président du Russian LGBT Network, Igor Kochetkov, s’est exprimé auprès de l’agence de presse, Associated Press, vendredi 11 janvier dernier. Il indique notamment que les activistes LGBT+ dans la région ont effectivement constaté une hausse des détentions des hommes et femmes suspecté.e.s d’homophobie depuis décembre 2018.

 

Selon The Independant, le groupe de défense des droits LGBT+ en Russie aurait bel et bien "des informations crédibles rapportant une nouvelle vague de répression". Igor Kochetkov devrait produire un communiqué sur le sujet dans la journée.

 

Fin décembre, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), a publié un rapport dénonçant un régime "d’impunité" en Tchétchénie, où des violations "très graves" des droits de l’Homme sont perpétrées.

 

Une enquête internationale de grande ampleur, menée par 16 États occidentaux, faisant état "des preuves manifestes (qui) confirment" les nombreuses accusations de persécutions commises dans cette république du Caucase russe contre les homosexuels.

 

Vladimir Poutine et Ramzan Kadyrov, le leader tchétchène, ont toujours réfuté ces accusations.

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États-Unis

Les parents de deux jeunes filles suicidées mettent en cause le harcèlement homophobe

Le harcèlement homophobe pourrait avoir contribué au suicide d'une fillette de 11 ans et de sa petite amie, selon le père d'une des fillettes.

Madissen et Sophia
Madissen et Sophia

Madissen et Sophia sont deux jeunes filles de 11 ans qui ont commis l’irréparable dans le Dakota du Nord aux États-Unis, en décembre 2017. Maddissen et Sophia venaient d’annoncer leur homosexualité à leurs parents, qui ont très bien réagi, quelques semaines auparavant.

 

Le harcèlement de leurs camarades de classe est donc remis en cause.

 

Madissen Foxx Paulsen s’est suicidée en se tirant une balle dans la tête avec le fusil de son papa qu’elle lui avait volé alors qu’il faisait la sieste. Deux mois plus tard, inconsolable, sa petite copine Sophia Leaf-Abrahamson a été retrouvée par sa maman, pendue dans la cave de sa maison.

 

"Sophia a demandé à me parler", a indiqué sa maman. "Je lui ai répondu qu’elle pouvait me parler de n’importe quoi et c’est là qu’elle m’a annoncé qu’elle pensait aimer les filles. Je l’ai tout de suite rassurée."

 

Shane Paulsen, le papa de Madissen, a afflué dans le même sens : "Si Madissen avait des sentiments pour une fille, ça ne m’aurait jamais posé aucun problème. Ça fait partie de la vie et j’aime ma fille quoiqu’il arrive. Un jour, nous étions au Burger King et Madissen m’a dit que Sophia était sa petite amie et que je ne pouvais rien faire contre ça."

 

Après la mort de Madissen, Sophia est restée dévastée, à pleurer des jours durant. Elle ne voulait plus aller à l’école, craignant le jugement des gens sans sa petite copine. "Elles se copiaient : si l’une se coupait les cheveux, l’autre le faisait", explique la maman de Sophia.

 

Les deux parents sont désormais à la recherche d’indices pour expliquer l’inexplicable : "Je ne sais pas ce que les parents apprennent à leurs enfants, ni si les professeurs sont assez informés à propos de ces sujets. Il y a un problème dans cette école au niveau du harcèlement et je veux que l’établissement prenne le problème à bras-le-corps."

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"Je suis homosexuel et homophobe"

Le procès surréaliste de Christophe Martin, jugé pour avoir dégradé une plaque à Paris

Christophe Martin, ancien militant de La Manif pour tous et ouvertement homosexuel, était jugé le jeudi 10 janvier pour avoir dégradé une plaque en hommage aux derniers Français condamnés à mort pour homosexualité. 

Un procès surréaliste, durant lequel l’homme a poussé à bout le tribunal à coup de monologues politiques et de théories conspirationnistes.

 

"Dossiers n°6 et 9, Mr Christophe Martin…, lance la présidente de la 29e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Monsieur Martin n’est pas là ? A-t-il disparu ?". Ça commence bien.

 

L’homme finit par revenir dans la petite salle quelques minutes plus tard et s’installe à la barre. Habillé d’un jean bleu délavé avec de larges tâches blanches, d’un sweat noir à capuche et d’une paire de baskets bleues, il semble déjà agité. "Pourquoi vous vous retournez dans tous les sens ?", lui demande la présidente. Réponse : "Parce que je suis étonné, je ne vois pas d’avocats ou de victimes".

 

"Les avocats de la mairie de Paris et des Gay Games sont-ils présents ? ", demande la présidente. Pas de réponse. Tant pis, le procès se tient quand même.

 

Une "démonstration honteuse d’homophobie"

L’homme de 47 ans est jugé ce jeudi 10 janvier pour des faits de dégradation commis le 6 août dernier à Paris. D’abord pour avoir peinturé la plaque commémorative en hommage à Bruno Lenoir et Jean Diot, les deux derniers Français condamnés à mort pour homosexualité, le 6 juin 1750. Ensuite pour avoir dégradé, quelques heures plus tard, un drapeau des Gay Games.

 

A l’époque, seule la dégradation de la plaque commémorative de la rue Montorgueil avait été médiatisée. Anne Hidalgo avait alors dénoncé une "démonstration honteuse d’homophobie". Christophe Martin s’était, lui, vanté de cette dégradation dans des e-mails envoyés à plusieurs médias, disant vouloir défendre "la culture et l’histoire française".

 

C’est d’ailleurs sur ces propos que débute le procès. Après une présentation du prévenu, ce dernier prend la parole. "Je n’ai pas vandalisé cette plaque pour rien car si l’on connait un minimum l’histoire de France, alors on sait que…", commence-t-il avant d’être coupé net par la présidente. "Nous ne sommes pas là pour entendre un cours d’histoire. Revenons en aux faits."

 

"Mon geste était clairement prémédité"

Christophe Martin dit "regretter son geste au regard de Bruno Lenoir et Jean Diot, car ce n’est pas eux qu’il voulait attaquer"

 

Le prévenu, ouvertement homosexuel, livre ensuite quelques éléments d’explication. "C’est d’abord le drapeau arc-en-ciel sur l’Assemblée nationale (installé le vendredi 29 juin à l’occasion de la Marche des fiertés, NDLR) qui a déclenché l’étincelle, lâche-t-il, lunettes rectangulaires vissées sur le nez. Mon geste était clairement prémédité".

 

Le prévenu se lance maintenant dans un long monologue totalement hors-sujet. "Tout est politisé aujourd’hui, déplore-t-il. Si vous n’êtes pas d’accord avec les représentants LGBT, on vous dit que vous êtes un homophobe". Il accuse au passage ces mêmes représentants d’être "responsables du sida et du suicide des jeunes gays". Avant de reprocher à Anne Hidalgo d’avoir "fait de l’homophobie en plein Paris cet été ", faisant visiblement référence aux passages piétons arc-en-ciel installés dans le IVe arrondissement.

 

"Calmez-vous, reprend la présidente. Vous ne voulez pas être également jugé sur vos propos ! D’ailleurs, vous n’êtes pas là non plus pour faire une tribune politique".

 

"Je ne suis pas gay, je suis un homme"

Un rappel à l’ordre et à la loi qui n’empêche pas cet ancien militant de La Manif pour tous de continuer son récit. Il évoque pêle-mêle sa séropositivité, le "plaisir " qu’il avait à avoir des relations sexuelles sans préservatif et les partouzes auxquelles il a participé, n’hésitant pas à glisser les mots "touzes", "baise" ou "foutre" à plusieurs reprises. Face à lui, la procureure et la présidente restent étonnamment calmes.

 

Dans un souffle, cette dernière lui conseille de trouver "un groupe gay qui partage ses idées ""Mais ça ne m’intéresse pas, répond-t-il tout de suite. Je suis venu vous dire que je revendique le fait d’être homosexuel et homophobe. Je ne suis pas blanc, je suis Français. Je ne suis pas gay, je suis un homme."

 

Quelques instants plus tard, l’homme s’avancera même vers la présidente pour lui montrer un document dont on ne saura pas le contenu. Il est renvoyé à la barre immédiatement et, sans surprise, reprend son monologue.

 

"Non mais ça suffit là"

"Non mais ça suffit là, coupe la procureure, qui a passé une partie de l’audience à souffler, la main sur le front. Ce tribunal n’est pas là pour vous offrir une tribune politique, alors on va passer à l’expertise psychiatrique." L’inquiétude se lit alors sur le visage de Christophe Martin. "C’est bientôt la fin, c’est ça ?, lance-t-il en direction de la procureure. Parce que j’ai encore des choses à dire".

 

La présidente lui indique qu’il aura la parole à la fin de l’audience. "Oui, mais je préfère le dire maintenant avant d’oublier… Si vous êtes d’accord".

 

Et c’est reparti pour un tour.

"J’ai été viré de toutes les associations gay car je militais avec La Manif pour tous. J’ai été frappé par le service d’ordre de la Gay Pride en 2014. En 2013, on a fait une vidéo sur moi pour dire que je contaminais des mecs à la syphilis. Je n’avais plus de rapport sexuel. Pas parce que les gens me rejetaient, mais parce que j’avais perdu confiance en moi…"

 

Un mois de prison avec sursis

C’en est trop pour la présidente, qui demande à Christophe Martin d’arrêter. "Je n’ai même pas eu le temps de faire l’énoncé des faits", gronde-t-elle. La fameuse expertise psychiatrique, censée éclairer sur la personnalité du prévenu, n’a pas non plus été abordée. Tout ce que l’on saura de lui, c’est qu’il avait déjà été convoqué au tribunal il y a quelques années pour des faits d’exhibitions sexuelle.

 

Après une vingtaine de minutes, dont dix-huit monopolisées par Christophe Martin, la procureure peut enfin conclure l’audience. "Les faits sont avérés", assure-t-elle, avant de requérir une peine d’un mois de prison avec sursis. Des réquisitions suivies par la présidente, qui condamne le prévenu à une peine d’un mois de prison avec sursis. "Je suis d’accord avec cette peine", répond simplement Christophe Martin.

 

Au moment où l’homme quitte la salle, la présidente lui souhaite à nouveau de trouver une "assoc".

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Procès Barbarin

Quand le bras droit du cardinal remercie les victimes d'"avoir secoué l’Église"

Il s’est adressé spontanément aux plaignants lors d’une suspension d’audience…

Emmanuel Gobillard, évêque auxiliaire de Lyon (à gauche) est venu remercier les victimes du père Preynat d'"avoir secoué l' l’Église".

JEFF PACHOUD / AFP — AFP 

Un signe de réconciliation et l’un des temps forts de la dernière journée du procès du cardinal Barbarin.

 

Profitant d’une suspension d’audience, Monseigneur Gobilliard, le bras droit de l’archevêque de Lyon, est venu spontanément remercier les victimes.

 

"Merci à Alexandre d’avoir été le premier à porter plainte", commence-t-il avant de s’adresser à l’ensemble des plaignants. "Merci d’avoir permis que le procès Preynat ait lieu. Sans vous, il n’aurait pas eu lieu".

 

L’évêque auxiliaire, qui s’est défendu de toute forme de séance de rattrapage, s’est dit bouleversé notamment par le témoignage de Christian, mardi soir. "Cela m’a changé. Je ne suis plus le même homme".

"Il faut que l’on change"

"Merci d’avoir secoué l’Église car il y a des dysfonctionnements, des difficultés. Il faut que l’on change", poursuit l’homme pour lequel "tout ne s’arrête pas là". "Le cléricalisme, qui consiste à s’arroger un pouvoir qui est au service des autres, est un fléau pour l’Église. On n’est pas là pour se défendre soi-même mais pour défendre les plus petits ", enchaîne-t-il face aux victimes, visiblement touchées par cette démarche.

 

"On ne peut que vous souhaiter que ce soit le début ", répond alors François Devaux, l’un des fondateurs de la Parole Libérée, soulignant la "sincérité des mots" de son interlocuteur. "Je l’ai fait en mon nom. Personne n’est au courant", précise Emmanuel Gobilliard aux journalistes lui demandant s’il avait été envoyé par le cardinal Barbarin.

 

Quelle que soit l’issue du procès (le jugement a été mis en délibéré au 7 mars), les neuf accusateurs du cardinal Barbarin tiennent déjà leur victoire. "Le plus important était de pouvoir parler sans ne plus me cacher", réagissait Didier Burdet mercredi à l’issue des réquisitions. Déplorant que l’archevêque de Lyon, n’ait "pas eu un regard pour lui", il affirmait : " La condamnation importe peu".

 

"Nous avons fait ce que notre conscience nous imposait de faire "

Son frère, Christian avait mardi soir, plongé le tribunal dans une profonde émotion lorsqu’il a notamment raconté les sévices imposés par le prêtre.

 

"La main qui donnait l’eucharistie est la même que celle qui me masturbait", avait-il difficilement avoué glaçant l’assistance.

 

"Nous avons fait ce que notre conscience nous imposait de faire", déclarait François Devaux.

 

Les victimes avaient cité le cardinal Barbarin et ses collaborateurs à comparaître en justice pour obtenir un procès, quelques mois après le classement sans suite de leur plainte pour "non-dénonciation d’agressions sexuelles sur mineurs " et "mise en péril".

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USA / Trump

Robert De Niro s'inquiète pour son fils gay

L'acteur américain Robert De Niro, âgé de 75 ans, a déclaré dans une interview accordée au journal britannique The Guardian qu'il s'inquiétait de la politique de l'administration Trump - pour lui-même, mais surtout pour son fils gay.

Robert De Niro s'inquiète pour son fils gay
Robert De Niro s'inquiète pour son fils gay

Les tendances racistes du président américain en politique l’inquiètent également, a-t-il indiqué.

 

"L'un de mes enfants est gay et il craint qu'il ne soit traité d'une certaine manière, nous en parlons", a déclaré l'acteur, qui est impliqué dans le Parti démocrate depuis des décennies.

 

Lors de la dernière campagne présidentielle, il a soutenu Hillary Clinton et certifié que Trump était "manifestement stupide".

 

Dans l'interview du "Guardian", De Niro a également déclaré qu'après la victoire électorale de Donald Trump, il voulait attendre de voir comment sa présidence se développerait. "J'ai pensé, voyons ce qu'il fait, peut-être qu'il va changer", dit De Niro. "Mais il n'a fait qu'empirer, ce qui m'a montré qu'il est un véritable raciste." Selon lui, la présidence de Trump est une honte et "mauvaise pour le pays".

 

Son implication politique a mis Robert De Niro en danger l'année dernière: en octobre, des inconnus ont envoyé une bombe artisanale au bureau de l'acteur à New York. La police a pu désamorcer le dispositif à temps.

 

Ces dernières années, Robert De Niro a parlé à plusieurs reprises de l'homosexualité de son père, un peintre. Ses parents avaient divorcé alors que l'acteur n'avait que deux ans.

 

(Source+Photo The Guardian)

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Théâtre

Décès de Pierre Barillet, roi du vaudeville

Le dramaturge Pierre Barillet, auteur d'une trentaine de comédies devenues pour certaines des classiques du boulevard qui ont fait le tour du monde, est décédé mardi soir à l'âge de 95 ans, a annoncé mercredi son entourage.

Le 1er septembre 1971, Pierre Barillet (à droite) et Jean-Pierre Gredy, auteurs de la pièce "Folle Amanda", posent avec l'actrice Jacqueline Maillan au théâtre des Bouffes-Parisiens 

Avec son complice Jean-Pierre Grédy, ils ont été les auteurs prolifiques de pièces à succès comme "Le Don d'Adèle", "Fleur de cactus", "Quarante carats", "Potiche" (adapté en 2010 au cinéma par François Ozon), "Lily et Lily" etc. Leurs noms sont indissociables et le théâtre de Barillet et Grédy est devenu une référence du genre que la télévision a popularisé avec la série "Au Théâtre ce soir".

 

Né à Paris le 24 août 1923, Pierre Barillet se passionne très jeune pour le théâtre. De Charles Trenet à Charles Dullin, de Jean Cocteau à Jean-Louis Barrault, l'étudiant en droit va se lier avec les uns, suivre les activités des autres, comme si la guerre n'était qu'au fond du décor. Il a raconté cette période dans un de ses livres, "Quatre années sans relâche".

 

Sa première pièce "Les Héritiers", un drame, est interprétée à la Radiodiffusion française. Il n'a que 22 ans.

 

Il écrit ensuite "Les amants de Noël", travaille à des adaptations radiophoniques de romans et à des émissions de radio. Mais c'est en 1950, avec "Le Don d'Adèle", comédie écrite avec son copain de fac, Jean-Pierre Grédy, qu'il connaît le succès. La pièce tiendra l'affiche plus de mille représentations consécutives.

 

Les deux complices vont alors régner sur le théâtre de boulevard, ou de divertissement, pendant une trentaine d'années, servi par leurs actrices fétiches, Sophie Desmarets et Jacqueline Maillan.

 

Dans les années 1980, Pierre Barillet collabore pour la télévision à la série en quatre épisodes "Condorcet". En vieillissant, il se consacre à l'écriture d'essais et mémoires, comme "Les Seigneurs du rire" ou "A la ville comme à la scène" (soixante années de théâtre et de vie parisienne). On lui doit aussi un entretien avec Bronia Clair, le dernier amour de Raymond Radiguet et un ouvrage sur l'actrice Simone Simon.

 

Il était marié depuis quelques années avec l'homme qui a partagé une grande partie de sa vie, le comédien Roland Oberlin.

 

(Source+photo AFP)

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Gilets jaunes

Le mariage pour tous pourra faire partie du grand débat, estime Chantal Jouanno

"Nous n'interdisons aucun thème", a indiqué la présidente de la Commission nationale du débat public, suscitant l'inquiétude dans la communauté LGBT. 

Chantal Jouanno, présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP)
Chantal Jouanno, présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP)

"Nous n'interdisons aucun thème" lors du "grand débat national" voulu par Emmanuel Macron, y compris celui du mariage pour tous, a déclaré Chantal Jouanno, la présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP) chargée de son organisation, ce lundi 7 janvier.

 

Réagissant sur Europe 1 aux résultats de la consultation en ligne lancée par le Conseil économique, social et environnemental (Cese), dont la contribution le plus votée réclame l'abrogation du mariage pour tous, Chantal Jouanno a assuré que "si des personnes veulent organiser une réunion pour rouvrir ce débat, elles sont parfaitement libres de le faire". "Nous n'interdisons aucun thème, ensuite c'est au gouvernement de décider ce qu'il en fera ou pas", a-t-elle affirmé.

 

Répondant aux inquiétudes du magazine Têtu, elle a clarifié ses propos sur Twitter.

 

À la suite du mouvement des gilets jaunes, le Cese avait lancé jusqu'à vendredi dernier sa propre consultation en ligne, ouverte aux citoyens et centrée sur six thématiques. Sur plus de 9.000 contributions, l'abrogation de la loi Taubira ouvrant le mariage aux couples de même sexe arrive en tête des revendications (5897 votes), après la mobilisation des réseaux militants très marqués à droite. 

 

"Lors d'une consultation, tous les citoyens sont libres de s'exprimer", rappelle le Cese sur son compte Twitter. "Des collectifs en ont profité pour porter leurs revendications. Nous en avons conscience et nous en tiendrons compte", est-il écrit.

 

Dans un sujet diffusé par France 2 dimanche soir, le président du Cese Patrick Bernasconi a confirmé que la revendication d'abrogation de la loi Taubira "figure sur la plateforme (de consultation)". "Ceux qui voudront l'utiliser pourront l'utiliser, mais nous, nous ne travaillerons pas dessus, pas dans le cadre de l'avis qui sera rendu le 12 mars", a ajouté le président du Cese qui a pour première mission de conseiller le gouvernement et le Parlement par ses avis, qui ne sont que consultatifs.

 

"On ne débat pas des droits humains consacrés !", a déploré le président de SOS homophobie Joël Deumier, pointant "le risque de libérer la parole homophobe".

 

À partir du 15 janvier et jusqu'en mars, quatre thèmes seront au cœur du "grand débat national" auquel les citoyens sont invités à participer : la transition écologique, la fiscalité et les dépenses publiques, la démocratie et la citoyenneté (dont l'immigration), l'organisation de l'État et des services publics.

 

(Avec AFP)

 

Extrait de l'interview de sur Europe 1

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Gilets jaunes

Virginie Tellenne a poussé les anti-mariage pour tous à truster la consultation en ligne

Et le Conseil Économique, Social et Environnemental va tenir compte de cette tentative pour biaiser la consultation.

Virginie Tellenne
Virginie Tellenne

Le résultat de la consultation en ligne lancée le 15 décembre par le Conseil économique, social et environnemental a fait frémir les défenseurs de la loi Taubira.

 

Sur l'ensemble des propositions faites en prélude au grand débat national, c'est en effet l'abrogation de la loi sur le mariage pour Tous qui a recueilli le plus de soutiens. Sauf que le résultat a en réalité été biaisé par des votes émanant d'opposants au mariage pour tous, comme le reconnaît sans sourciller ce dimanche 6 janvier Virginie Tellenne auprès d'Arrêt sur Images.

 

Depuis le début de leur mouvement, les gilets jaunes ont émis des revendications diverses. Mais bien qu'elles soient très variées, elles tournent majoritairement autour des questions de pouvoir d'achat et de démocratie. Pourtant, sur les sept premières propositions à avoir émergé à la fin de la consultation du CESE le vendredi 4 janvier, trois sont relatives aux questions de la famille, du mariage pour tous et de la PMA. Soit des sujets très éloignés du discours martelé par les gilets jaunes.

 

Comment alors de telles idées ont-elles pu se faire une place dans cette consultation censée servir de base au gouvernement pour satisfaire les gilets jaunes? Tout simplement parce que la consultation, ouverte à tous, a été utilisée pour promouvoir toutes sortes de revendications, parfois sans aucun rapport avec les doléances des gilets jaunes. Et c'est exactement ce qu'a fait Virginie Tellenne, ancienne figure de la Manif pour tous, qui assume avoir créé plusieurs propositions et usé de ses relations pour les faire monter.

 

"Le débat n'était pas ouvert qu'aux gilets jaunes. Pour réunir des votes dans ce genre de consultation, ce qui compte c'est d'avoir un gros fichier de contacts. Ceux qui ont fait leur petite proposition dans leur coin, ils ont eu trois votes, en comptant leur femme et leur chien", explique à Arrêt Sur Images Virginie Tellenne, qui a ainsi fait passer en troisième position son idée d'un Référendum d'Initiative Citoyenne sur le projet de loi Bioéthique.

 

Sur Twitter, des captures d'écrans encourageant à soutenir des propositions sur la PMA ont circulé. Selon Arrêt sur Image, elles ont été envoyées par l'association Avenir pour Tous... créée par Virginie Tellenne.

 

Mais elle n'aurait pas été la seule à le faire, loin de là. Virginie Tellenne se défend d'être à l'origine de la proposition pour abroger la loi Taubira, qui émane selon elle de la Manif pour Tous, par le biais du "Collectif On ne lâche rien". Mais elle explique à Arrêt Sur Image que les bases de contact de l'association présidée par Ludovine de la Rochère ont sans doute été utilisée pour encourager les anti-mariage pour tous à faire monter la proposition : "La Manif pour tous a un très grand réseau, c'est grâce à cela qu'ils ont réuni tant de votes", affirme-elle.

 

Les résultats de cette consultation ont provoqué surprise et énervement chez de nombreux internautes, qui n'ont pas manqué de le faire savoir au CESE.

 

Face au tollé provoqué par les résultat, l'organisme a d'ailleurs indiqué dès le 5 janvier avoir "conscience que des collectifs en ont profité pour porter leurs revendications" et a affirmé qu'il en tiendra compte pour la suite. La secrétaire d’État à l'Égalité hommes/femmes Marlène Schiappa a d'ailleurs rapidement remis les pendules à l'heure, indiquant que l'abrogation de la loi Taubira ne se ferait "pas sous sa garde".

 

(Source Le HuffPost)

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Italie

Touristes français homophobes mis en fuite par une drag queen

Deux énergumènes qui s’étaient mis en tête d’agresser un duo de performeuses, le mois dernier à Turin, ont trouvé plus fort qu’eux.

Elektra Bionic, alias Mattia Di Rienzo
Elektra Bionic, alias Mattia Di Rienzo

"Ces braves garçons imaginaient qu’ils pourraient importuner et agresser impunément quiconque n’est pas habillé selon la mode à laquelle ils sont habitués", a commenté Giziana Vetrano, de la Torino Pride. La presse italienne a raconté le mois dernier la mésaventure de deux touristes francophones qui ont tenté de s’en prendre à deux drag queens dans une rue de Turin, au petit matin du 14 décembre.

 

Les artistes, encore en tenue de scène, venaient d’animer une soirée privée quand ils ont décidé de prendre leur voiture et d’aller manger un morceau dans une boulangerie du quartier avant d’aller se coucher. Sur la route, deux individus qui traversaient une rue à pied ont aperçu les deux occupantes du véhicule. D’abord surpris, ils se sont mis bientôt à les apostropher en français, bloquant le passage, puis tapant sur le véhicule et montant sur la carrosserie.

 

Riposte à coups de poing

C’est alors qu’Elektra Bionic est sortie de la voiture : une géante de près de 2 mètres! Elle a reçu un coup à la poitrine, auquel elle a riposté en mettant son poing dans la figure de son agresseur. Au terme d’une brève bagarre, les deux touristes ont finalement détalé.

 

"Il ne faut pas faire passer le message que les homosexuels sont des personnes fragiles qui ne peuvent pas se défendre", a expliqué Elektra Bionic, alias Mattia Di Rienzo, à "La Repubblica". Le jeune performeur et maquilleur de 24 ans s’est rendu à l’hôpital le jour même pour recevoir des soins et faire constater ses blessures, avant de porter plainte contre inconnus auprès de la police.

(Source La Repubblica )

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Gilets jaunes

L’abrogation du mariage pour tous, première revendication de la consultation en ligne

La consultation citoyenne initiée par le Conseil économique, social et environnemental (Cese) a été fermée ce vendredi.

C'était un vote autonome, qui devait donner le pouls du grand débat national à venir sur la crise des gilets jaunes: la consultation en ligne lancée le 15 décembre par le Conseil économique, social et environnemental (Cese), qui s'achève ce vendredi 4 janvier, a livré ses premiers résultats.

 

En tout, quelque 9000 contributions avaient été déposées vendredi soir sur cette plateforme censée recueillir les inquiétudes des citoyens, "gilets jaunes ou non", et lister les thématiques ayant émergé avec la crise et sur lesquelles des débats pourraient être ouverts.

 

Chacun a pu "donner son avis" sur six sujets: "inégalités sociales", "justice fiscale", "inégalités territoriales", "pouvoir d'achat", "participation des citoyens" et "transition écologique". Chaque "contribution" est une proposition faite sur l'un de ces sujets et pouvant être "votée" par chacun pour être soutenue.

 

Des propositions issues de réseaux militants

À la clôture de la consultation, les contributions les plus votées étaient souvent celles issues de réseaux militants très marqués à droite comme celles de l'Institut pour la justice ou de collectifs opposés au mariage pour tous ou à la PMA.

C'est d'ailleurs une contribution pour l'abrogation de la "loi Taubira" qui a recueilli le plus de voix, avec près de 5900 votes sur un total de 260.879 votes exprimés, tous sujets confondus. La contribution a été formulée par le collectif "On ne lâche rien", opposé à la loi pour le Mariage pour tous votée en 2013.

 

Sur son site internet, le groupe appelait d'ailleurs à voter sur le site du Cese pour peser dans le débat sur le mariage homosexuel.

Comme le souligne le journaliste de Libération Vincent Glad, le mariage pour tous ne figure pas parmi les revendications affichées par les gilets jaunes. Difficile, donc, de considérer que les résultats de cette consultation traduisent les inquiétudes des manifestants qui se revendiquent comme gilets jaunes.

 

Une quinzaine d'autres propositions visent à "abroger la loi Taubira", contre deux seulement destinées à la protéger.

 

(Source  Le HuffPost)

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États-Unis

Un nouveau Congrès américain queer comme jamais

La 116e législature des États-Unis a pris ses fonctions ce jeudi 3 janvier 2019. Et elle sera la plus diversifiée de son histoire.

Sharice Davids élue du Kansas, Kyrsten Sinema sénatrice de l’Arizona et Angie Craig élue dans le deuxième district du Minnesota

Le Congrès américain (formé par le Sénat et la Chambre haute, NDR) n’aura jamais été aussi diversifié. Au total, on dénombre 437 nouveaux élus. La Chambre des représentants, conservatrice jusqu’alors, passe de 87 à 102 femmes. Parmi elles, trois sont homosexuelles ou bisexuelles. Du jamais vu.

 

Des femmes queer

Les nouvelles têtes sont féminines et queer. Il s’agit d’Angie Craig, 46 ans, élue dans le deuxième district du Minnesota. Elle a battu Jason Lewis, connu pour son rôle de Jerry dans Sex and the City, acteur et homme politique républicain. Elle devient la première mère ouvertement homosexuelle à siéger au Congrès.

 

Sharice Davids, est élue du Kansas, et elle est devenue la première femme américaine LGBT+ ouvertement élue au Congrès. C’est également la première amérindienne à siéger. Ancienne combattante de MMA (arts martiaux libres, ndlr), elle est avocate et a centré sa campagne sur l’accès à l’éducation et le soutien à la réforme de santé de l’ancien président, Barack Obama. Un discours qui a su séduire les classes moyennes.

 

La sénatrice de l’Arizona, Kristen Sinema, est devenue la première personne ouvertement bisexuelle à siéger. Elle est également la deuxième personne ouvertement LGBT+ à occuper un poste à la Chambre des représentants. Elle remplace le très conservateur et républicain Jeff Flake.

 

Un Congrès diversifié

Plusieurs femmes musulmanes ont également été élues, faisant du 116e Congrès le plus diversifié de son histoire. Rashida Tlaib, élue dans le Michigan et Ilhan Omar, élue dans le Minnesota. Au Texas, les démocrates Veronica Escobar et Sylvia Garcia deviennent les premières femmes à siéger.

 

Selon Annise Parker, présidente et directrice générale de l’organisation non gouvernementale, LGBTQ Victory Institute, il s’agit d’un record. "Un nombre historique de personnes LGBTQ siégeront au nouveau Congrès des États-Unis et leur influence façonnera le débat sur la législation relative à l’égalité et les questions à venir."

 

(Source TÊTU)

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Brésil

Bolsonaro fait disparaître les questions LGBT+ du ministère des Droits de l’homme

Quelques heures seulement après son investiture, Jair Bolsonaro a décidé de retirer du ministère des Droits de l’homme les préoccupations liées aux personnes LGBT+. De quoi faire craindre le pire pour l’avenir.

Crédit photo : ASSOCIATED PRESS Jair Bolsonaro lors de sa cérémonie d'investiture.
Crédit photo : ASSOCIATED PRESS Jair Bolsonaro lors de sa cérémonie d'investiture.

C’est une décision très inquiétante. Quelques heures seulement après son arrivée au pouvoir ce mardi 1er janvier, le nouveau président brésilien Jair Bolsonaro a pris deux décisions, dont l’une qui vise directement la communauté LGBT+.

 

Dans une ordonnance publiée le 2 janvier au Journal officiel, il retire de son nouveau ministère des Droits de l’homme, dont Damares Alves est à la tête, les "préoccupations liées aux personnes LGBT+".

 

La veille, lors de son discours d’investiture, il avait vivement critiqué ce qu’il appelle "l’idéologie de genre", la qualifiant de "menace pour les valeurs chrétiennes du Brésil".

 

D’autres attaques à craindre

"Les revendications des personnes LGBT sont très délicates, mais mes relations avec les mouvements LGBT sont très bonnes, avait pourtant assuré Damares Alves, qui aura été chargée de ces questions l’espace de quelques heures seulement. Il est possible d’avoir un gouvernement de paix entre le mouvement conservateur, le mouvement LGBT et les autres mouvements."

 

Interrogée par l’agence de presse AP à ce sujet, l’activiste LGBT+ Symmy Larrat s’est montrée très pessimiste. "Il n’y a aucun signe indiquant qu’une structure gouvernementale s’occupera des questions relatives aux personnes LGBT+", a-t-elle regretté.

 

Selon le journal Folha de S. Paulo, Jair Bolsonaro s’apprête également à annoncer la fermeture d’une agence du ministère de l’Éducation chargée de la promotion de la diversité dans les écoles publiques et les universités.

 

Des attaques contre toutes les minorités

Et Bolsonaro ne s’en est pas pris qu’aux personnes LGBT+. L’ordonnance publiée le 2 janvier prévoit aussi que la démarcation des terres indigènes, autrefois gérée par la Fondation nationale de l’Indien (Funai), le soit désormais par le ministère de l’Agriculture. Tereza Cristina, à la tête de ce ministère, aura à sa charge la "réforme agraire, la régularisation de la propriété dans les zones rurales et les terres indigènes".

 

"Pour les défenseurs de la cause indienne, ce transfert de compétences dans la démarcation des terres revient à livrer les territoires ancestraux à l’appétit vorace de l’agrobusiness", analyse le Huffpost.

 

L’élection de Jair Bolsonaro, ouvertement homophobe, fait en tout cas craindre le pire. A l’approche de sa prise de fonction, le nombre de mariages entre personnes de même sexe a explosé au Brésil. Le 30 octobre dernier, plusieurs jeunes LGBT+ confiaient à TÊTU qu’ils envisageaient même de quitter leur pays.

 

(Source Huffpost)

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Autriche

Le mariage officiellement ouvert aux couples homos

Depuis le 1er janvier, les gays, les bis et les lesbiennes peuvent se marier en Autriche.

Après la Californie, c'était au tour de l'Autriche de légaliser le mariage homosexuel
Après la Californie, c'était au tour de l'Autriche de légaliser le mariage homosexuel

Conformément à une décision de la Cour constitutionnelle du pays alpin de décembre 2017, le mariage civil, autrefois réservé aux hétéros, a en effet être ouvert à tous les couples une fois la nouvelle année entamée.

 

C'est d'ailleurs un couple lesbien qui a ouvert le bal dans le sud du pays. Fiancées depuis 4 ans selon le quotidien Der Standard,Daniela Paier et Nicole Kopaunik se sont dit oui peu après minuit dans la localité de Velden am Wörther See. "Nous sommes habitués à accepter les défis, ce fut un grand plaisir et un honneur pour nous que Nicole et Daniela se marient ici à Velden, la procédure a été lancée, tout était en ordre et nous avons un couple heureux", s'est félicité le maire socialiste de la ville Ferdinand Vouk.

 

(Source Libération)

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Réveillons-nous européens

Alors que les mouvements nationalistes gagnent du terrain en Europe, une menace d’égale importance plane sur les droits LGBT. Dans ce contexte, les prochaines élections européennes s’avèrent cruciales.

Ces élections, rappelons-le, dessineront le visage du Parlement européen de Strasbourg. Les eurodéputés éliront par la suite le président de la Commission européenne qui aura été tête de liste du groupe parlementaire victorieux.

 

Les parlementaires valideront également les candidatures des commissaires proposés par les États membres. Autant dire que le renouvellement des pouvoirs législatifs et exécutifs va faire de Bruxelles et Strasbourg le centre de toutes les attentions politiques en 2019. Mais le vrai enjeu de ce scrutin se joue dans les États.

 

L’euroscepticisme est un des socles idéologiques des partis nationalistes qui gagnent du terrain chez tous nos voisins et logiquement la défiance à l’égard de l’Union va crescendo. Ces mêmes partis font de l’homophobie un axe de mobilisation de leur électorat.

 

On se souvient par exemple des propos du nouveau ministre Italien de la famille Lorenzo Fontana (Lega) qui nous gratifiait, dès son arrivée au palais du Quirinal, d’un aussi inquiétant qu’inoubliable "la famille naturelle est attaquée. Les homosexuels veulent nous dominer et effacer notre peuple."

 

Beaucoup se joue à Bruxelles

A cette formule choc qui a fait mouche dans une Italie catholique, nous pouvons opposer celle du vice-président néerlandais de la Commission européenne invité lors du meeting annuel de l’International lesbian and gay association section Europe (ILGA Europe) réunie à Bruxelles fin octobre. "Nous ne détruisons pas les familles, nous les créons", affirmait alors Frans Timmermans, pour qui "empêcher ce retour en arrière est la responsabilité de tous et de toutes et non pas uniquement des personnes [LGBT] directement concernées."

 

Nous le disions plus tôt, les mouvements nationalistes gagnent du terrain en Europe et les attaques sur les droits des personnes LGBT se multiplient.

 

A l’image du récent référendum en Roumanie (pays qui assure depuis aujourd’hui la présidence de l’UE) sur l’interdiction du mariage égalitaire.

 

Avant le scrutin, le président de l’association Roumaine Accept, Florin Buhuceanu, affirmait dans les colonnes du Monde: "Le but de ce référendum est de rompre avec l’UE et ses valeurs qu’une partie des hommes politiques détestent. C’est une attaque contre la démocratie, et c’est immoral de faire de nous les boucs émissaires de partis politiques qui essaient de regagner une popularité par tous les moyens. Mon pays me fait peur." Le référendum aura au final été invalidé en raison d’une participation trop faible.

 

Une idéologie rampante

L’enjeu du prochain scrutin européen est donc bien de contrebalancer ces mouvements rétrogrades nationalistes. Pologne, Italie, Slovaquie, Hongrie, Autriche, Bulgarie sont autant de pays actuellement gouvernés en partie par des partis nationalistes. Des partis qui progressent en Suède, en Allemagne, en Croatie, en Grèce, en Belgique ou encore dans les pays baltes (liste non-exhaustive) mais aussi ici en France.

 

Ce qui est d’autant plus inquiétant est que l’objectif de déconstruire le tissu juridique en matière de liberté sexuelle et reproductive n’est pas voilé.

 

Au contraire, il se cristallise dans une feuille de route tenue secrète jusqu’à peu et intitulée "Restoring the natural order" ou dans sa version plus soft "Agenda Europe". Un texte qui a produit des effets concrets sur le débat autour de l’avortement en Pologne, sur les tentatives d’interdire le mariage égalitaire dans certains pays d’Europe centrale ou encore sur les velléités de limitation des droits des femmes. L’hebdomadaire américain de Gauche The Nation rappelait en novembre dernier que "ce mouvement puise (…) son inspiration et son expertise de groupes évangéliques américains proches de l’administration Trump et d’oligarques Russes ayant des liens avec le Kremlin, selon des documents d’initiés et des rapports des médias."

 

Cette situation nous rappelle que la tendance nationaliste n’est de loin pas qu’une affaire européenne mais qu’elle s’exprime bien au niveau mondial.

 

La récente élection de Jair Bolsonaro à la tête du Brésil n’est qu’un des nombreux exemples récents qui s’inscrivent parfaitement dans cette tendance.

 

Des droits fondamentaux

Il serait bien audacieux de croire que cette trame pourra s’inverser par la seule force du prochain scrutin européen. Bien au contraire, les tendances électorales sont plutôt inquiétantes malgré une poussée annoncée des Verts (10 à 15 sièges) et une éventuelle recomposition des coalitions.

 

Il devient également urgent que le corps électoral européen s’assure comme l’appelle de ses vœux l’eurodéputée écologiste Petra de Sutter – également invitée au meeting d’octobre de l’ILGA à Bruxelles – que l’on développe des mécanismes pour éviter des retours en arrière sur les questions liées aux droits des minorités. Bruxelles gère le budget européen et distribue les enveloppes, ce qui demeure un puissant outil coercitif.

 

L’Europe fixe le cadre pour les États membres et ceux qui les entourent. L’Europe n’est certainement pas parfaite, la gestion de la crise migratoire est là pour nous le rappeler. Quoiqu’il en soit, "l’Union est fondée sur les principes de la liberté, de la démocratie, du respect des droits humains et des libertés fondamentales, ainsi que de l’État de droit, principes qui sont communs aux États membres" (Art.6 al.1 du traité de Maastricht). "L’Europe fixe les standards et conditionne nos droits : voter fin mai, ce n’est rien d’autre que se mobiliser pour notre liberté collective et celle des minorités."

 

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Société

les moments LGBT+ doux, forts ou les deux à la fois qui ont marqué 2018

Des coming out, des coups de gueule, des surprises… retrouvez tout ce qui nous a inspiré, bouleversé et fait marrer en cette année 2018.

Miss… Vaanjie, Miss Vaaaanjie, Miss… Vaaaaaaanjie

Comment faire d’un échec cuisant sa meilleure réplique ? Miss Vanjie a la réponse. En quittant la scène dès le premier épisode de la saison 10 de RuPaul’s Drag Race fin mars, Vanessa Vanjie Mateo se fend d’un lancinant triple "Miss Vanjiiiie" en ondulant à reculons, provoquant le fou rire incontrôlable de RuPaul. Et de nous tous. Une improvisation désespérée lors d’un grand moment d’émotion qui a définitivement marqué son époque : dans les 24 heures qui ont suivi, Miss Vanjie est devenu un mème incontournable de 2018.

 

La puissante réponse Conchita Wurst à un chantage sérophobe

"Faire son coming out vaut mieux que d’être outée par une autre personne". C’est par ces mots que Conchita Wurst, la drag queen autrichienne incarnée par Thomas Neuwirth, a révélé sa séropositivité sur Instagram. Celle qui a marqué les esprits en remportant le concours de l’Eurovision en 2014 a décidé de parler de son statut sérologique pour que, grâce à ce geste, d’autres puissent à leur tour parler et ainsi combattre la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH. Avait-on besoin d’une raison pour l’aimer et l’admirer encore plus ? Wir lieben dich Conchita.

 

Queering the map

C’est l’idée lumineuse qui a ensoleillé ce début d’année : Lucas LaRochelle, designer québécois, a créé une carte interactive offrant à chacun.e la possibilité d’inscrire des moments sur une mappemonde : ceux où l’on s’est aimé, où l’on s’est découvert, où l’on a fait son coming out, nos adieux, nos retrouvailles, nos premiers baisers… Tous les moments forts et importants de nos vies réunis sur un seul et même support. À vous d’ajouter le vôtre !

 

Le coming out d’Océan

"Je vis ma transition comme un continuum, pas une rupture, je ne coupe pas avec mon passé parce que j’ai l’impression d’avancer vers moi". C’est avec Komitid qu’Océan a choisi de parler pour la première fois de sa transition. Le 17 mai dernier, le comédien a fait son coming out en tant qu’homme trans. Un geste fort et rare en France, où la question de la transidentité reste encore teintée d’idées reçues et de préjugés. Tout au long de l’année, Océan a documenté sa démarche pour une série qui sera diffusé en 2019 par France Télévisions.

Rafiki ovationné à Cannes

Il est l’un des films qui a volé le cœur de la Croisette. Touchant, frais et pop, Rafiki, réalisé par Wanuri Kahiu, était le premier film kenyan à être sélectionné au festival de Cannes. Très chaleureusement accueillie par le public, cette histoire d’amour entre deux adolescentes de Nairobi a fait l’objet d’une censure dans son pays d’origine, car accusée de normaliser l’homosexualité. L’interdiction de diffusion a finalement été levée et le film a pu être présenté au public kenyan pour une durée très limitée.

Lena Waithe et sa cape rainbow au Met Gala

On n’avait d’yeux que pour elle au Met Gala, à New York, en mai dernier : la réalisatrice, scénariste, actrice, productrice Lena Waithe a foulé le tapis rouge drapée d’une cape arc-en-ciel. Elle avait le regard droit et le menton fier, parce qu’il y a de quoi quand on est une femme noire, lesbienne et butch aussi talentueuse dans le monde blanc, masculin et hétéronormé d’Hollywood.

Le t-shirt de Kiddy Smile à l’Élysée

"Fils d’immigrés, noir et pédé"… et à l’Élysée. Invité à se produire en DJ set sur les marches du palais présidentiel pour la fête de la musique, Kiddy Smile a saisi la balle au bond pour transformer sa présence en geste politique. La flamboyance de ses performeurs et performeuses a fait hurler la droite et l’extrême-droite, tandis que certain.e.s ont cru voir en sa présence chez Emmanuel Macron une validation de sa politique migratoire. Heureusement Kiddy Smile a remis les pendules à l’heure.

Le coup de gueule des lesbiennes pour l’ouverture de la PMA

L’année 2018 s’achève et la PMA est toujours réservée aux couples hétérosexuels. Tous les indicateurs sont au vert pour étendre ce droit et pourtant, cette année n’a donné lieu qu’à des débats sur les lois bioéthiques longs et pénibles et à des reculs successifs du gouvernement, avec en toile de fond, une invisibilisation chronique des principales concernées. Elles ont justement poussé un coup de gueule sur FranceInfo à ce sujet : "Le gouvernement a beau dire qu’il veut un "débat serein, apaisé, et calme" sur la PMA, nous savons que la paix ne se décrète pas. Il n’y aura rien de constructif apporté par ceux qui s’opposent à son extension aux couples de femmes et aux femmes célibataires. Depuis la rentrée et jusqu’à la proclamation de la loi, nous subissons et allons devoir subir leurs arguments, répétés ad nauseam."

 

Bilal Hassani répond aux haters

Retenez bien son nom, car vous n’avez pas fini d’entendre parler de Bilal Hassani. Ce jeune talent passé par la case The Voice Kids est en passe de régner sur l’année 2019. Récemment harcelé et menacé sur les réseaux sociaux, le chanteur a usé de son influence (colossale) pour dénoncer le harcèlement en ligne. Non content de tenter de faire bouger les choses sans rien perdre de sa flamboyance, il pourrait bien représenter la France au prochain concours de l’Eurovision avec Roi, une chanson co-écrite par Madame Monsieur qui lui va comme un gant. Autant vous dire qu’à Komitid, nos doigts sont déjà croisés.

Le podcast Quouïr

Parmi tous les podcasts qui nous ont fait du bien au cœur et aux oreilles, on retiendra Quouïr : des récits intimes de sorties de placard, de découvertes de soi, des personnes LGBT+ qui parlent par et pour elles-mêmes. Une mini-série impeccablement menée par la journaliste Rozenn Le Carboulec, à (re)découvrir sur Nouvelles Écoutes.

 

Le micdrop de Marina Foïs sur Instagram

Des alliés comme elle, on en veut PLEIN. La comédienne Marina Foïs n’a pas goûté la censure d’Instagram après sa publication d’un cliché du photographe Tom Bianchi.

 

Passablement énervée, elle a dénoncé l’homophobie latente du réseau social en démontrant qu’une photo d’elle embrassant à pleine bouche Romain Duris, non sans une certaine violence, passe crème… puis elle a posté une autre œuvre de Tom Bianchi pour défier Instagram.

Nanette

On vous l’a répété mille fois et on vous le répétera encore : le spectacle Nanette d’Hannah Gadsby (toujours sur Netflix) est le meilleur rouleau-compresseur émotionnel de cette année 2018. C’est drôle, parfois dur, c’est plein d’inspiration et d’énergie féministe, bref tout ce qu’il nous faut pour passer le cap de 2019.

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